La confrérie des mutilés de Brian Evenson

Le livre : La confrérie des mutilés de Brian Evenson , traduit de l’américain par Françoise Smith.Paru le 25 septembre 2008  chez Le Cherche Midi dans la collection Lot 49  septembre 2008. 20€ ; (219 p.) ; 22 x 14 cm

réédition en poche le 18 novembre 2010 chez 10/18 ; 7,50 € ; (221 p.) ; 18 x 12 cm

4e de couv :

La Confrérie des mutilés

Après avoir perdu une main lors d’un règlement de comptes, Kline, un détective privé, se voit confier une enquête au sein d’une société secrète composée de mutilés volontaires, où un meurtre a été commis.

Mais, pour mener son enquête, Kline doit gagner la confiance des membres de cette étrange secte. Or cette confiance se paie cher car, pour accéder à certains niveaux de la hiérarchie, il convient d’être à chaque fois davantage amputé… Jusqu’où Kline sera-t-il prêt à aller pour découvrir l’insoutenable vérité ? Les voies de la confrérie sont-elles impénétrables ?

Dans la lignée de Poe et de Borges, une prose incisive au service d’un récit dérangeant, où rivalisent humour noir et banalité de l’horreur.

 

 

 

L’auteur :téléchargement (27)

Contraint de quitter l’église mormone en raison de la nature de son oeuvre, Brian Evenson enseigne actuellement à la Brown University. Il est également traducteur en anglais d’écrivains français (Jacques Jouet, Christian Gailly…).

 

 

Extrait 1:
« – Le savoir est le plus précieux des biens, rétorqua Borchert en souriant. Faisons un marché, voulez-vous ? Le savoir en échange d’un membre.
– Quoi ?
– Vous m’avez bien compris. J’échange le savoir contre un membre. À vous de choisir lequel. Une main ou un pied fera l’affaire, à la rigueur.
– Non, protesta Kline.
– Voilà votre problème, déplora Borchert. Vous n’avez pas vraiment envie de savoir.
– Si, je veux savoir.
– Chair ou vérité ? Qu’est-ce qui compte le plus ? »

 

 

 

 



 

Mon avis :

Après avoir perdu une main, Kline, un détective privé, se retrouve plongé au sein d’une société de mutilés volontaires où l’on attend de lui qu’il résolve un meurtre. Il doit gagner la confiance des membres de cette étrange secte. Le degré d’amputation détermine l’accès à certaines personnes et informations. Jusqu’où sera-t-il prêt à aller pour découvrir l’insoutenable vérité ?

Brian Evenson nous plonge encore une fois au cœur de la folie. Plus exactement au cœur de la rencontre entre la folie de son héros et la folie institutionnelle. Ici celle d’une secte qui voit la mutilation volontaire comme un acte de rapprochement avec Dieu. Oui je sais ça glace le sang.

 La maîtrise du récit d’’Evenson évite la complaisance. La concision de son écriture dans la description de scènes très violentes permet de garder de la distance et de tomber dans le voyeurisme malsain.  Il arrive même que l’absurde des situations nous face sourire voire rire. L’auteur nous offre une nouvelle fois un texte qui dérange, une texte que l’on pourrait qualifié de dingue tant la Folie affleure à tous les niveau. L’auteur n’a pas froid aux yeux. Il va jusqu’au bout de son propos. Brian Evenson est sans conteste un très grand auteur et pas qu’à mes yeux !

Une écriture au scalpel qui ne laisse pas indifférent. Nous faisons passer de l’angoisse à l’horreur mais heureusement l’auteur manie l’humour avec un tranchant certain.

Dans la lignée de Poe et de Borges, une prose incisive au service d’un récit dérangeant, où rivalisent humour noir et banalité de l’horreur.

Un ovni à découvrir.

 

 

téléchargement (29)

Extrait 2:

« Une tête mutilée se détachait sur l’oreiller, le corps invisible sous une couverture. Il s’agenouilla près du lit. Les yeux avaient été évidés, les paupières découpées. Des oreilles arrachées, il ne restait que deux spirales de chair lisse et rosée. A la place du nez, il y avait un trou sombre et béant. Les lèvres semblaient avoir été rognées, peut-être par les dents que l’on devinait à travers les lambeaux de chair restants.
Tandis qu’il l’observait, le visage frémit, la tête bougea légèrement et il eut l’impression que les yeux énucléés fixaient les siens. Il détourna le regard et, se saisissant de la couverture, découvrit le corps.
Ce n’était qu’un torse dépourvu de membres, aux tétons coupés et au pénis tranché. Il observa la poitrine se soulever au rythme de la respiration, de l’air qui sifflait en passant entre les dents. La façon dont le corps reposait avait quelque chose d’étrange, se dit-il en le poussant un peu, suffisamment pour constater que les fesses avaient été découpées.
La bouche bredouilla quelque chose qu’il ne put comprendre car la majeure partie de la langue manquait. »

15 réflexions sur “La confrérie des mutilés de Brian Evenson

  1. ben dis donc rien qu’avec les extraits , ça fait froid dans le dos !!!!! à la fin du bouquin plus personne n’est entier à ce train là 😉 ….mais oui effectivement il doit être interressant à lire …..je note 🙂

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