Le démon du vitrail de Helen Grant

9782749917733,0-1527011GRANT, Helen : Le démon du vitrail. . Traduit par Pascal Loubet. Paru le 17 janvier 2013 chez M. Lafon. 19€ ; (394 p.) ; 23 x 14 cm

Quatrième de couverture: 

Une malédiction ancestrale.
Un vitrail médiéval hanté par un démon.
Et une série de meurtre effroyables…
Pour la jeune Lin Fox, pas question d’être la prochaine victime.

Lin à 17 ans. Son père, un universitaire anglais, décide de s’installer avec sa famille dans un village allemand pour mener des recherches : retrouver les célèbres vitraux médiévaux d’Allerheiligen. Selon la légende, quiconque s’en approche serait condamné à mort. Et c’est Lin qui découvre le premier corps, entouré de verre brisé…
Bientôt, les cadavres s’accumulent. Aidé par son jeune voisin, Lin veut éclaircir ce mystère avant que la mort ne frappe de nouveau. Mais pourra-t-elle arrêter la malédiction?

images (6)L’auteur :
Née à : Londres , 1964, Helen Grant s’est passionnée très tôt pour art. Elle écrivait de courtes histoires pendant ses cours de mathématiques. Elle z fait ses études supérieures à Oxford en lettres classiques, puis a travaillé une dizaine d’années dans la marketing. Ce travail lui a permis de financer de nombreux voyages notamment en Syrie et en Inde.
En 2001, elle s’installe avec sa famille en Allemagne à Bad Müenstereifel. Elle en profite pour explorer l’histoire de cette ville. C’est de celle-ci qu’elle tire l’inspiration de son premier roman : »The Vanishing of Katharina Linden »
Helen vit maintenant en Belgique, dans les alentours de Bruxelles avec son mari et ses deux enfants.

Citation :
« A cet instant…..Je ne me doutait pas que dans six heures, cette journée allait devenir la pire de ma vie. »

Le post-it de Ge

Le démon du vitrail de Helen Grant

Lin Fox, 17 ans, emménage dans un village allemand, Baumgarten. Son père, universitaire anglais spécialiste du Moyen Age, pense y trouver les célèbres vitraux d’Allerheiligen, disparus depuis des siècles. La découverte lui assurerait fortune et gloire. Mais les habitants ne partagent pas son enthousiasme : pour eux, les vitraux sont maudits. Selon une légende, ces vitraux seraient hantés par le démon Bonschariant. Il tuerait ceux qui s’en approchent.

Superstition ? Pourtant, dès le jour de leur arrivée, Lin découvre le corps d’un vieil homme entouré d’éclats de verre… Bientôt les cadavres s’accumulent, et la vie de la jeune fille vire au cauchemar. Elle se lance à son tour, aidé par son jeune voisin dans la quête aux vitraux, persuadée qu’ils la mèneront au tueur. Mais ce n’est pas sans danger, et Lin danse avec le diable. Pourra-t-elle arrêter la malédiction et sauver sa famille ?

Voilà un polar bien décevant : écriture scolaire, vocabulaire « adulescent » qui finit par agacer, personnages inconsistants pour certains, caricaturaux pour d’autres ; tout y est ! L’idée de départ était bonne, pourtant. Quand Helen Grant emménage en Allemagne, elle tombe amoureuse des légendes locales et commence à écrire Le Démon du vitrail. Le roman s’inspire d’ailleurs d’une histoire vraie : la disparition d’un vitrail du Moyen Âge retrouvé un siècle plus tard intact en Angleterre et vendu pour 800 000 livres aux enchères.  Mais la « mayonnaise » ne prend pas. Les personnages subissent sans réfléchir, telles des marionnettes passives qu’on a de plus en plus envie de secouer. Les indices ne sont pas habilement distillés pour harponner la curiosité du lecteur, mais prennent plutôt la forme de dialogues (de « pavés » ?) indigestes. Et que dire des fins de chapitre avec ce suspense poussif et trop prévisible ? C’est un 1er roman, et malheureusement, ça se voit.

Mais peut-être que je n’ai pas su déceler le charme de cette histoire visant plutôt un public young-adult.

Pour lire le début c’est ci dessous

Le démon du vitrail de Helen Grant

1
Si on me demandait quelle est la cause de tous les maux, je ne répondrais pas « l’argent », mais « la nourriture ». C’était cela – ou plutôt son manque – qui avait tué ma sœur, ou du moins qui y avait contribué. Et ce jour-là, le vieillard du verger de Niederburgheim était la seule personne que j’aie jamais vue morte parce qu’elle avait mangé une pomme.
Il était allongé dans les hautes herbes et nous n’avons tout d’abord aperçu qu’une chemise à carreaux et le genou usé d’une salopette bleue. Nous avons tous pensé qu’il dormait.
— Descends de la voiture et va demander au monsieur dans l’herbe, dit Tuesday.
— Je crois qu’il dort, répondis-je, dubitative.
— Je suis sûre que ça ne le dérangera pas, répliquat- elle d’un ton sévère. Et ferme la portière. Il y a du vent et je n’ai pas envie que mes cheveux…
Le claquement de la portière l’interrompit au beau milieu de sa phrase. C’était la fin d’un été long et chaud et l’herbe où je me frayai un chemin était sèche et cassante, avec une agréable odeur de foin.
— Entschuldigen Sie bitte ? criai-je vers la silhouette allongée.
Pas de réponse. Je sentais presque le regard agacé de Tuesday dans mon dos.
Je répétai ma question, un peu plus fort. Un instant, il me sembla voir quelque chose bouger, mais ce n’était que le vent dans l’herbe. Un gros bourdon voleta devant mon nez et je le chassai instinctivement d’un geste en m’approchant. Il avait le sommeil lourd, ce bonhomme. Peut-être qu’il avait bu trop de bière au déjeuner. Je voyais d’ailleurs un reste de son repas près de sa main tendue : une grosse pomme rose avec une marque de dents. Je m’approchai encore.
J’entendis la portière s’ouvrir.
— Qu’est-ce que tu fabriques ? s’impatienta Tuesday.
Je ne répondis pas. Les pointes des herbes picotaient mes jambes nues et la brise ébouriffait mes cheveux bruns. J’avais la bouche sèche et les yeux écarquillés. C’était un cadavre qui gisait à mes pieds. Un cadavre. Le regard gris-bleu déjà voilé par la mort contemplait le ciel estival. La bouche était grande ouverte, même si l’homme n’aurait plus jamais rien à dire. Et à la tempe, un trou, obscène, dans la courbe de ce crâne aux cheveux ras. Rouge sur fond d’herbes jaunies. Du sang. J’avais presque les pieds dedans.
La portière se referma et Tuesday me rejoignit en pestant dans un crissement d’herbes froissées. Arrivée derrière moi, elle s’apprêta à parler, mais elle eut le souffle coupé. Sa main se posa sur mon épaule ; Tuesday se cramponnait à moi, l’autre main devant sa bouche.
— Oh, mon Dieu, finit-elle par piailler. Il est mort ?
La gorge nouée, je n’arrivais plus à parler. Je me contentai de hocher la tête.
— On ne devrait pas lui prendre le pouls ? demanda Tuesday d’une voix étranglée.
— Je ne crois pas que ça vaille la peine, parvins-je à répondre.
Je baissai de nouveau les yeux vers l’herbe rougie, puis sur mes pieds nus dans mes sandales. Je reculai, entraînant Tuesday dont les ongles s’enfonçaient dans mon épaule.
— Qu’est-ce qu’on fait ? demanda-t-elle.
— Appelle papa.
Je dus résister à la tentation de la repousser tant ses ongles me faisaient mal. Bizarrement, regarder ce cadavre ne me faisait rien. Cela n’avait pas l’air réel, mais ressemblait plutôt à une illustration pour une affiche de prévention des accidents. Une caisse de fruits au pied d’un pommier. Une échelle contre le tronc. La pomme rouge avec la marque des dents dans la chair blanche. Et étendu sur le sol, le cadavre. Mon imagination commençait déjà à galoper. Le vieil homme – apparemment septuagénaire – cueillait des pommes. Peut-être avait-il oublié qu’il n’était plus tout jeune. Il avait gravi l’échelle et s’était mis à la tâche parmi les branches. Puis il avait vu cette pomme rouge – celle qui gisait maintenant par terre – et n’avait pu y résister. Il l’avait cueillie, avait croqué dedans et – soit parce qu’il n’avait qu’une main de libre, soit parce que la saveur de la pomme lui avait fait oublier le reste – il avait perdu l’équilibre et était tombé. Boum. Il suffisait de tomber malencontreusement sur une souche ou une pierre : terminé. C’était bien la peine d’avoir mangé sainement durant toute sa vie.
Tuesday me lâcha l’épaule et retourna vers la voiture en titubant comme si elle avait trop bu. Entre-temps, mon père avait ouvert sa portière et l’appelait. Elle agita une main comme pour l’écarter. J’espérai qu’elle aurait le bon sens de lui dire de garder Polly et Ru dans la voiture.
Je me retournai vers l’homme étendu. La scène était si incongrue, avec la pomme à quelques centimètres de sa main tendue, comme s’il allait soudain se redresser et continuer à croquer dedans. À contrecœur, je posai les yeux sur l’horrible blessure à la tempe, songeant à la force qu’il fallait pour fendre un crâne. Je crus que j’allais vomir et je détournai la tête. C’est alors que j’aperçus du coin de l’œil quelque chose qui scintillait.
Malgré ma nausée, je ne pus m’empêcher de regarder de nouveau. Au début, je ne vis rien du tout, puis la brise fit bouger les branches de l’arbre et, dans les taches d’ombre et de lumière changeantes, je vis un éclair dans l’herbe. Il me fallut un petit moment pour me rendre compte que c’était du verre : tout autour du cadavre, le sol était jonché d’éclats de verre. Sur l’instant, je ne compris pas, et de toute façon, j’étais saisie par l’énormité de la scène. C’est seulement plus tard, quand je me rappelai la légende de Bonschariant – le Démon du vitrail –, que je commençai à m’interroger.
2
J’étais toujours plantée à regarder les éclats de verre scintiller dans le soleil quand mon père arriva auprès de moi.
— Tu as touché quelque chose ?
Je secouai la tête en frissonnant à l’idée de toucher ces mains sans vie ou, pire, ce crâne fracassé. Tu rigoles ?
— Alors partons.
— Quoi ? demandai-je, stupéfaite.
— Monte dans la voiture, Lin.
Il avait déjà tourné les talons et s’éloignait. Je jetai un dernier regard à la forme allongée avant de courir derrière lui.
— Papa ? On va au commissariat ?
— Non.
— Mais il le faut.
— Non, répéta-t-il en me jetant un regard intransigeant.
— Mais il y a un mort.
— J’ai vu.
— On ne doit pas le signaler ?
— Il faut que quelqu’un le fasse. Mais ce ne sera pas nous.
— Mais, papa…
— Écoute, Lin, ce n’est pas nous qui avons tué ce vieux bonhomme. Il a dû tomber de son échelle, faire une crise cardiaque, je ne sais pas. Nous ne pouvons rien faire pour lui – sinon nous irions chercher de l’aide, évidemment. Il est mort et si nous ne nous en mêlons pas, nous n’aurons pas à passer des heures sinon des jours dans un commissariat allemand. Alors, monte dans la voiture, veux-tu ?
— Mais si ce n’était pas un accident ? bafouillai-je.
— Évidemment que c’en était un. Que veux-tu que ce soit d’autre ? Personne n’irait agresser un vieil homme juché sur une échelle en train de cueillir des pommes, voyons. Maintenant, viens.
Nous arrivâmes à la voiture et il m’ouvrit la portière.
— Allez, dépêche-toi. Je ne tiens pas à rester ici.
Je montai à contrecœur.
— Il ne m’est jamais rien arrivé de pire, disait Tuesday, prostrée sur le siège avant, un mouchoir sur le nez.
Il n’est jamais rien arrivé de pire à ce vieillard non plus, songeai-je alors que la voiture reprenait la route dans un crissement de pneus. Je me retournai pour essayer d’apercevoir par la lunette arrière la silhouette allongée dans l’herbe, mais nous étions déjà trop loin.
Je me renfonçai dans la banquette, tentant de réfléchir à ce que nous venions de voir et de faire. J’étais tombée sur un mort. Assez près pour le toucher. Je me sentais étrangement détachée. Peut-être que la réaction viendrait plus tard. Ou bien, songeai-je en entendant les sanglots devant moi, Tuesday était assez hystérique pour nous deux.
Ni elle ni mon père n’avaient remarqué les éclats de verre qui scintillaient autour du cadavre comme un givre surnaturel. Je finis par balayer l’idée à mon tour, pensant – à tort, comme l’avenir nous le dirait – que cela n’avait rien à voir avec nous.

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