Papope d’auteur : L’interrogatoire de Chris Roy par Oph

Aujourd’hui Oph nous a concocté un interrogatoire comme on les aime. Et c’est Chris Roy, l’auteur d’un premier roman qui nous a bluffées toutes les deux, Là-haut les anges, qui ce retrouve sous le feu des questions de ma flingueuse.

Allez place à…

« Papope d’auteur : L’interrogatoire de Chris Roy par Oph »

 


Oph : Bonjour Chris, merci à toi d’avoir accepté de te soumettre à mon interrogatoire…  Enfin en général difficile de se soustraire à un interrogatoire ! Peut-être souhaites tu attendre l’arrivée de ton avocat ???:

 Chris  : Pas d’avocat entre nous, juste toi et moi !!!

Oph : Tant mieux, tes réponses n’en seront que plus libres 😉

Avant d’attaquer « sur les faits » comme on dit chez nous, parle nous un peu de toi… Qui es- tu Chris Roy ? (pas l’âge ça ne se demande pas aux Dames… Mais d’où viens-tu, ton métier, tes passions…) Oui, oui, nous sommes d’incorrigibles curieux au Collectif Polar.

Chris : Mon métier, c’est la musique. Je suis auteur/ compositeur pour la variété française, plutôt des jeunes. C’est un monde dur et sans pitié, mais avec beaucoup de moments forts, j’adore ce que je fais. J’ai écrit ce premier roman sans cesser mon activité principale. Mais je me suis très vite rendue à l’évidence, quand j’étais sur un projet de chansons, je mettais de côté l’écriture de mon roman. J’aime être à fond dans tout, alors il fallait cloisonner.

Oph : Etrange ce switch entre musique et roman noir… Quoique parfois la musique permet de transmettre de belles histoires! Mais tu n’assouvis pas pleinement notre curiosité là… Je saurais te convaincre au prochain interrogatoire de te livrer davantage, je ne veux pas t’effrayer trop vite 😉

« Là-haut les anges » est ton premier roman, l’écriture a-t-elle toujours fait partie de ta vie ou est-elle arrivée tardivement ?

Chris : Oh oui, l’écriture a toujours fait partie de ma vie ! J’ai commencé à écrire des chansons vers 13 ans, ou plutôt des poèmes, et je tenais évidemment mon journal dans des cahiers noirs. Déjà en 3ième, ma prof de français mettait en marge de mes copies : « trop prolixe », et ça m’énervait, j’avais tellement de choses à raconter. Écrire des chansons m’a permis de faire passer quelques messages, par petites touches. Mais le format « chanson » ne m’a plus suffi. Je ne l’ai pas senti venir mais c’est arrivé, j’ai eu cette idée de journal d’un psychopathe et je me suis lancée… Je n’avais jamais tenté d’en écrire un avant, c’est drôle quand j’y pense.

Oph : Eh bien heureusement pour nous que tu te sois lancée, il faut croire que ta créativité n’attendais que cette autre voie pour s’exprimer!
Quel a été l’élément déclencheur de ton passage à l’acte ? ( l’écriture de ce roman et sa présentation en maison d’édition)

Une nuit, j’ai rêvé d’une phrase (ça m’arrive souvent, des formules de refrain par exemple) : « Je te vois sur Facebook ». Et le lendemain je commençais la rédaction du journal du tueur. L’histoire s’est comme écrite toute seule, j’en conviens, ça paraît fou, mais j’avais tant à dire sur les réseaux et ses dérives, sur un certain type d’adolescentes, sur la crédulité des parents, sur les relations amoureuses etc.

Une fois terminé, j’ai envoyé mon roman un peu partout sans trop d’illusions, non pas que je ne croyais pas en mon histoire, mais étant dans la musique, je sais tellement à quel point il faut être introduit pour avoir la chance d’être écouté ou lu.

Donc, envoyer mon manuscrit sans recommandation me paraissait improbable. Il y a eu des frémissements de la part de quelques maisons d’éditions, puis la réponse des Éditions Inspire, ma rencontre avec Audrey Cornu, notre entente immédiate, et sa perception précise de ce qu’elle attendait de mon roman.

Oph : Elle a eu du flair Audrey!!! Elle aurait fait un fin limier.
« Là-haut les anges » aborde des thèmes difficiles (pédophilie, deuil d’un enfant, les dangers des réseaux sociaux…) Comment en es-tu venue à choisir ces sujets pour ton premier roman ?

Je crois que je ne les ai pas vraiment choisis. Ce sont des thèmes qui me touchent vraiment, évidemment. Alors écrire, c’est aussi, il me semble, regarder en face la possible réalité, l’innommable, la violence.

Je suis souvent en présence d’ados connectés, tête baissée, les yeux hagards dès qu’ils relèvent la tête. Certains philosophes comme Michel Serres restent positifs sur l’avenir des petites « poucettes », ces jeunes filles qui pianotent plus vite que leur ombre. Certains parents s’en émerveillent même.

Mon histoire raconte juste ce qui existe déjà.

 

Oph : Et c’est bien le plus effrayant je crois… Elle raconte non seulement ce qui existe déjà mais pousse la réflexion plus loin en mettant ces jeunes femmes entre les pattes de ton « hackeur de coeurs d’adolescentes ».

En tant que flic, et ayant exercé en brigade des mineurs, j’avoue avoir été bluffée par la justesse avec laquelle tu décris les sentiments de Stan, Sara et leurs collègues. Quel est ton secret ? Es-tu allée à la rencontre de ces policiers ou peut-être en avais-tu dans ton entourage ?

Alors on va dire que comme Sara, je suis issue d’une longue lignée de policiers, grand-père, oncles, cousin, cousine, peut-être cela m’a-t-il influencée, je ne pourrais le dire. Après en bonne Sorbonnarde, je ne voulais rien laisser au hasard, alors j’ai fait mes propres recherches, et j’avoue que ton compliment me fait vraiment plaisir ! J’ai voulu à un moment faire mon Maxime Chattam et me présenter dans un commissariat pour soumettre mes questions, mais je n’ai pas osé, je voulais rester dans ma fiction.

Oph : Je vois parfaitement ce que tu veux dire. Je suis la troisième génération de flics et les sujets professionnels sont souvent au cœur des discussions avec mon père. Tu as bien fait de ne pas débarquer dans les commissariats avec tes questions, l’intimité est bien plus propice aux révélations et d’autant plus quand ces dernières touchent l’émotionnel et nos fragilités.

Les réseaux sociaux et notamment facebook constituent quasiment un personnage à part entière de ton roman, quelle relation entretiens tu avec cette sphère digitale ? Juste un outil (communication, publicité ou bien plus que ça) ?

C’est un outil pour moi, et dans la musique tu te doutes que c’est essentiel. Aujourd’hui les maisons de disques ne réagissent qu’aux nombres de vues et aux « like », peu importe le talent, il faut faire du buzz.

Pour ma part, j’ai toujours été très discrète, trop d’ailleurs, avoir ma page pro me chamboule un peu, je n’aime pas m’exposer. En revanche, exposer mon travail ne me pose aucun problème.

Je suis tous les jours sur les réseaux et j’y vois beaucoup de jeunes ados sans filtre et je m’interroge. 

 

Oph :Je comprends mieux ta réponse évasive à ma première question!

Comment as-tu abordé la rédaction du journal intime de ce « hacker de cœurs adolescentes » ? J’ai vraiment eu le sentiment d’entrer dans son intimité, sa psyché, son esprit malade et pour autant diablement intelligent… Je dois d’ailleurs d’avouer que j’étais presque fascinée en lisant ces passages du roman, non pas que je cautionne l’horreur de ce qu’il y est écrit, mais la façon dont tu l’as décrit, cette voix que tu lui as prêté via ta plume, cette personnalité dont tu l’as doté.

Ecrire en « je » n’a pas été chose facile. Je dois t’avouer que parfois j’avais du mal à me relire. Je l’ai vécu comme un rôle, une peau que je revêtais à chaque nouvelle page. Je voulais aller jusqu’au bout du monstre.

OPH : Je n’ose pas imaginer à quel point l’exercice a dû être difficile… Mais tu y es arrivée avec brio et ce monstre n’en n’est que plus réel.

Avais-tu un but précis en écrivant « là-haut les anges » ? Je m’explique, j’ai réellement eu le sentiment que ce roman avait pour but premier de nous mettre en garde, lecteurs et parents potentiels d’adolescents, face aux nouveaux dangers qui guettent nos enfants, et ce avant même de choisir d’écrire un « polar ».

Bien vu, Ophélie ! Mais je crois que c’était inconscient. Au début, je ne me rendais même pas compte que ce roman pouvait avoir une portée pédagogique. Tant mieux si c’est le cas, mais moi, j’ai juste voulu raconter une histoire d’aujourd’hui, parler des dérives du net, mais aussi des gens, des trentenaires qui se posent tant de questions sur le choix d’une relation sex-friend ou d’une cohabitation avec l’autre, mettre un enfant au monde ou prendre le risque d’être stigmatisé par la société, savoir séparer le boulot de sa vie privée etc.


Oph : Ton inconscient a fort bien fait les choses!
J’aurais encore mille questions à te poser, mais je dois être raisonnable, et tu as le droit à un temps de repos entre deux interrogatoires 😉 Mais j’espère pouvoir le faire sous peu lors d’une rencontre et pourquoi pas, d’un apéro-polar!
Alors une petite dernière pour la route sur une note plus légère:  Quand et où nos lecteurs auront-ils l’occasion de te rencontrer?

Une séance de dédicace est en train de s’organiser dans une librairie parisienne, il y en aura aussi probablement dans la région de Tours et dans le sud de la France, et j’espère encore beaucoup d’autres. Dans tous les cas je te tiens au courant !

Oph : Je compte sur toi!
Cet interrogatoire étant terminé, tu peux relire et signer tes déclarations avec un petit mot pour nos lecteurs 😉

Merci à tous mes futurs lecteurs. C’est excitant de penser que les mots de mon histoire vont résonner dans la tête d’inconnus au fond de leur lit, ou dans un train, ou ailleurs !

OPH : Un grand merci à toi Chris d’avoir répondu à mes questions, et à vous lecteurs, foncez chez votre libraire pour vous procurer « Là-haut les anges », vous ne serez pas déçu…

NDLR : Vous pouvez aussi retrouver ICI la chronique de Oph sur « Là-haut les anges« 

 

8 réflexions sur “Papope d’auteur : L’interrogatoire de Chris Roy par Oph

Vous avez la parole, laissez un commentaire, ça fait toujours plaisir.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s