1789, l’été de sang de Frédéric Michelet

Le livre : 1789, l’été de sang de Frédéric Michelet. Paru le 09 novembre 2017 aux Editions  Inspire  prix : 22.50 €  ;  (396 p.)  édition papier – existe en e-book

 4ème de couverture :

Et si la Révolution Française n’avait pas été provoquée par le début des États généraux mais par les manifestations populaires ayant eu lieu à la suite du massacre de la rue du Faubourg-Saint-Antoine ? Y aurait-il eu un complot pour compromettre la réussite de ces États généraux et le roi lui-même ? Qui en serait l’instigateur ?

19 avril 1789, rue Cassette. Un couple est sauvagement assassiné. L’enquête est menée par le lieutenant général de la ville de Paris lui-même. Pour Joseph Beyraud, frère d’une des victimes et jeune portraitiste talentueux, il ne peut donc s’agir d’un simple brigandage. Sa famille serait-elle compromise dans une effroyable affaire ? Les désirs de vengeance et de vérité du jeune peintre vont le mener malgré lui dans un labyrinthe de conspirations et de secrets d’État dont il devra trouver la clé pour pouvoir sauver sa propre vie.

1789, l’été de sang est une œuvre de fiction qui s’inscrit dans les événements historiques de mi-avril à la nuit du 4 août 1789. De nombreux personnages, lieux, faits et actions ont réellement existé.

 

 L’auteur : Frédéric Michelet est auteur, metteur en scène et comédien. Il commence à Paris où il joue avec plusieurs compagnies, puis il est engagé comme permanent par une compagnie de Montpellier. Il rencontre Jérome Savary, participe au premier match d’improvisation France/Québec, et prend part à diverses performances de rue. Transporté par ce nouveau rapport au public, il fonde sa propre compagnie, la CIA, avec laquelle il va créer des événements de rue, puis un spectacle « Silence On Tourne », qui, après un coup de maître à Avignon en 1987, va tourner plus de 600 fois.

Sa compagnie était lancée, elle est toujours aussi vivante. Sa particularité, des spectacles « à texte » tout public, qui défendent « sur le trottoir » des thèses éthiques, philosophiques ou politiques. Ses trois derniers spectacles, comme son roman 1789, l’été de sang, embarquent le spectateur dans l’Histoire avec un grand H. Ce sera « 1789 secondes », création sur la Révolution Française, « Rue Jean Jaurès » création sur la vie mouvementée de Jean Jaurès, et le tout dernier « Dessous d’Histoire » qui met en scène 2400 ans d’histoire de Socrate à aujourd’hui.

Passionné d’écriture de théâtre, il écrit plus d’une cinquantaine de pièces, toutes montées, dont trois seront éditées. Il se lance dans l’écriture de roman, de scénarios, et devient un ardent défenseur des écritures pour l’espace public.

Dans ce cadre, il sera élu plusieurs fois pour des mandats de trois ans en tant qu’administrateur de la SACD (Société des Auteurs et compositeurs Dramatiques), où il créera notamment des dispositifs d’aide aux auteurs et aux compagnies.

Il vit à Pérols, côté mer de la métropole de Montpellier, il est marié et père de deux enfants, et il écrit déjà une nouvelle pièce et un nouveau roman.

 

Extrait :
« Dans la cour, un policier au visage grêlé tenait un flambeau. Devant ces deux hommes, me pressant en pleine nuit, je pris peur que l’affaire ne fut autrement grave. Que me reprochait-on pour m’enlever en pleine nuit ? Allait-on me jeter au cachot ? Je repassais dans ma tête toutes mes actions des jours passés qui auraient pu entraîner cette disposition, mais je ne trouvais rien de plus reprochable que le côtoiement de Bailly, Sieyès et quelques autres personnes devenues des personnalités en vue. Le sergent nous devança à grands pas et nous conduisit à un fiacre qui attendait devant la porte cochère de la rue Mouffetard. Tandis que l’homme au flambeau prenait place au côté du cocher et ébranlait l’équipage, je me tournai à nouveau vers mon mentor en quête de paroles, mais devant son visage hermétique, je me serrai contre la paroi, l’entendement secoué par une peur irraisonnée. Il m’avait posé des questions sur ma sœur Anne. Il s’agissait de ma sœur ! Ma petite sœur Anne ! Que pouvait-il lui être arrivé ? Elle ne méritait point la vigilance de la police. Elle était mariée depuis plus d’une dizaine d’années avec un homme de très bonne condition, l’avocat Jacques Henri Lantelme. Je n’aimais point cet homme, trésorier et homme de loi qui conseillait le précédent surintendant des finances du royaume, monseigneur de Loménie de Brienne. »

 

 

La chronique jubilatoire de Dany

Une hypothèse d’historien pour commencer et attribuer la rogne qui s’empare de Paris en avril 1789 à une émeute suivie d’un massacre rue Saint-Antoine plutôt qu’aux Etats Généraux, éclaire la Révolution d’un jour nouveau. L’auteur nous immerge au cœur des événements qui ont changé la France et relate leur succession de façon très réaliste, nous faisant baigner dans les préoccupations vitales de la piétaille et les tentatives des riches à sauvegarder leurs biens.

Joseph, jeune veuf, portraitiste et joailler, humble et sans le sou, n’était pas prêt à endosser ce rôle de « père » auprès de sa nièce éduquée dans un monde privilégié. Ces deux là vont s’affronter, se confronter et s’éduquer mutuellement et faire progresser leurs jugements.

Joseph va rencontrer une jeune militante féministe, adepte des salons philosophiques de ce siècle des lumières.

C’est donc ces trois personnages qui vont évoluer au gré d’une intrigue sordide, dans la foule des révolutionnaires et royalistes.

Une façon originale et bien peu scolaire d’approcher cette année 1789 où Robespierre est encore contre la peine de mort … au vocabulaire délicatement suranné.

Belle fresque historique, qui se termine au lendemain de l’abolition des privilèges, avec sa galerie de personnages illustres ou non et où l’ultime dénouement romantique est peut-être un peu trop improbable. Mais là n’est pas l’essentiel de ce thriller de près de 400 pages où l’on ne s’ennuie pas un seul instant.

Agréable moment de lecture par le biais de la petite histoire baignée cependant de sang, rançon de la révolte.

          Extraits
« Ne tenait-il pas sa boutique de façon trop aimable, laissant son commis Antoine et ses apprentis travailler à leur guise ? Leur parlant presque comme s’ils étaient ses proches et non de vils employés ? Jamais son père n’aurait permis un tel comportement. Il fallait montrer de la puissance et de la domination si l’on voulait se faire obéir avec célérité et rendement. Mais Joseph n’avait-il pas raison lorsqu’il refusait que l’on donnât le fouet à un enfant ? »
« La constitution délicate des femmes est parfaitement appropriée à leur destination principale, celle de faire des enfants ! Sans doute la femme doit régner à l’intérieur de la maison, mais elle ne doit régner que là. Partout ailleurs, elle est déplacée ! “
« Pauvre enfant ! Je repensai à Grellier qui talochait usuellement ses enfants, à l’oncle de Dourdan qui frappait d’importance et je me pris à maudire ce siècle qui permettait de tels agissements. Les femmes sous le boisseau, offertes en pâture aux hommes, les enfants dressés tels des chevaux ou des chats sauvages. Les manifestants brûlés au fer et envoyés mourir aux galères. Je serrai les poings, ivre de colère envers les hommes, la police et les gouvernements. Les phrases de Jean-Jacques Rousseau me revinrent soudain en mémoire : « L’homme est né libre, et partout il est dans les fers. ». Nous ne pouvions rester immobiles devant tant d’injustice, devant tant de misères. Mais que pourraient les États généraux ? Allaient-ils changer le statut des hommes ? Pour cela, il faudrait bien plus qu’une assemblée qui passait des heures à discourir. »
« — Vous avez dû apprendre que, pour la cérémonie d’ouverture à l’église, le 4 mai, tout semblait se passer au mieux. Les premières journées étaient offertes à la paix et à l’espoir, mais bien vite les choses se sont gâtées. Dès le lendemain, le Tiers-État, que l’on avait fait entrer le premier dans la salle des Menus Plaisirs, avait occupé les rangs de devant. On les fit reculer comme de la valetaille sans aucun ménagement. Déjà, de grands mots furent lâchés, on entendit des tirades contre le luxe de la Cour tandis que le pays comptait tant de malheureux. Un député fit une allusion aux sommes allouées à la construction du Petit Trianon de la reine Marie-Antoinette. Tout le Tiers applaudit à cette tirade. Ce fut une véritable foire ! Pendant ce temps, le roi et la reine, entrés séparément mais tous deux dans le silence et non point sous les acclamations, faisaient l’un, semblant de sommeiller, l’autre, de ne point entendre. »
«  En cette matinée du 14 juin, les rues bruissaient d’affairement. Des cris et des appels se répondaient de bas en haut de la rue. Les marchands et les colporteurs exhibaient leurs marchandises comme si, en ce début d’été, le temps ne s’était point suspendu dans la salle des Menus Plaisirs de Versailles. Je me fis la triste réflexion que ces vaines querelles de procédure ne pouvaient pas être l’affaire du peuple, car Versailles était bien loin et les nouvelles annoncées dans La Gazette, le Mercure et les libelles des députés n’étaient point à la portée de la populace. Bien peu d’entre nous savaient lire et écrire. Mais nous ne pourrions être libres, comme le souhaitait Jean-Jacques Rousseau dans son précieux Émile, que lorsque chaque enfant de ce pays et de toutes les nations recevrait une gracieuse instruction. »

31 réflexions sur “1789, l’été de sang de Frédéric Michelet

  1. Ne devrait-on pas instaurer le « mois des lectures zen » ? Parce qu’avec tout ces trucs sanglants qu’on lit, on va finir par voir des meurtres partout ! 😆

    Tout les grands événements de notre Histoire ont pu être piloté d’en haut… Hitler avait bien fait attaquer un poste de garde allemand par des allemand déguisés en polonais, afin d’avoir l’autorisation de les attaquer en retour !

    Aimé par 3 personnes

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