Ces Dame du noir : Papote avec Isabelle Bourdial pour Polar Osny

Bonjour. Isabelle

Il y a quelques temps nous papotions autour du salon du que tu organises à

Osny.  Aussi je voudrais que tu nous parle de ce projet de salon.

Mais avant, je voudrais que tu te présentes un peu à nos lecteurs.

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GVL : Alors Isabelle, d’où viens-tu ?

Du pays vert. Je suis née à Brive-la-Gaillarde, en Corrèze.

GVL : Quelle place avait la lecture dans ton milieu familial ?

A la maison, tout le monde lisait. Les goûts étaient très éclectiques.

 

GVL  Comment appréhendait-on le livre chez toi ?

Simplement, naturellement. Il y a eu une période, tout de même, où on a dû freiner ma boulimie de livres. Je faisais passer la lecture avant tout le reste.

GVL Et.. Qu’elle a été ta formation ?

J’ai suivi des études de sciences, Biologie, océanographie, environnement.

GVL :  Ton boulot, vocation ou bien ?

Vocation tardive. J’ai découvert juste à la fin de mes études un métier qui conciliait sciences et lettres. Ô joie! Je suis devenue journaliste scientifique. Plus tard, j’ai bifurqué vers l’histoire des civilisations, toujours en tant que journaliste.
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GVL Dis moi, Isabelle, pourquoi le polar ?

Ah, le polar! Je suis tombée dedans très tôt, comme Obélix. D’abord avec le roman à énigmes et le roman policier classique, Edgar Alan Poe, Agatha Christie, Exbrayat… Puis j’ai découvert le roman noir, le policier social, le thriller et j’en passe. Je ne lis pas que du polar, loin de là. Mais il m’en faut toujours plusieurs dans ma PAL. C’est vicéral! Et maintenant que je fréquente ces lieux de perdition (dixit mon banquier) que sont les salons, quand je rencontre un auteur, je me précipite sur ses livres pour voir ce qu’il écrit.

GVL : Mais alors ! Combien par semaine, par moi, par ans ?

En ce moment, je lis les derniers livres parus des 24 auteurs invités à Polar’Osny. Donc je lis 2 à 3 livres par semaine.

GVL : Lis-tu en numérique ou préfère-tu le livre papier ?

Papier dans la journée, la nuit je passe au numérique pour lire sous la couette. Autre avantage du numérique: il allège les valises.

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 GVL : Parle-moi du salon.

Comment vous est venue l’idée de le créer?

 Quand j’ai publié mon propre roman policier, l’année dernière, j’ai rencontré l’équipe de la médiathèque de ma ville et on a organisé ensemble un chouette apéro littéraire. Pour le préparer, on a pris plaisir à papoter polar (on ne dira jamais assez l’importance du papotage, n’est-ce pas, Geneviève? Le papotage, c’est essentiel. De grandes idées naissent du papotage. Moi je dis: vive le papotage!). Bref, les bibliothécaires m’ont proposé de plancher avec elles sur un truc plus important. Or, j’avais papoté juste avant avec Lolo, une amie blogueuse et brodeuse, et on faisait le triste constat du faible nombre de salons dédiés au polar dans la région. ça a fait tilt: il fallait créer un salon du polar à Osny! On était tellement enthousiastes, on avait tellement d’idées que le salon est devenu festival.
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GVL : Avez-vous monté une assos. . Et combien de membre dans cette assos, combien de personne actives ?

Non. C’est la médiathèque d’Osny, la MéMO, qui est aux commandes pour le compte de la municipalité. Moi je suis chargée de mission.

 Dans notre dream team: les 2 Stéphanie, Florence et Fati de la MéMO, Cécile à la com d’Osny avec son équipe.

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polar osny

De gauche à droite: Florence, Stéphanie T., Isabelle , Stéphanie D. et Fati. Quatre bibliothécaires de la MéMO et une intruse… sous le regard attentif de Sandrine Collette, cachée dans la photo

GVL : Ah oui, dis moi pourquoi ce nom Polar’Osny 

C’est court, les deux mots clé y sont. Et ça se retient facilement. ça a un petit côté cosy (ça se prononce « Polar au nid »).

GVL : Oh oui Polar au Nid, sympa effectivement. Sinon, dis moi…Comment prépare-ton un salon ?

Imagine un tonneau des Danaïdes qui se serait pris des tirs en rafales et serait percé de partout! C’est un boulot sans fin. Car si le salon n’a lieu qu’une journée (le 20 janvier) notre festival, lui, dure 3 semaines (du 6 au 31).  Les tâches sont très variées, depuis la préparation des tables rondes du salon à l’organisation des ateliers d’écriture dans les écoles de la ville, en passant par la distribution des programmes, le montage d’une grosse exposition, l’organisation du prix Osny & Clyde de la plus belle couverture de polar, la promo. En ce moment, je planche avec Cécile sur la préparation d’une seconde expo, Blogs en stock, qui met en avant 12 blogs polardeux.

GVL. Comment cherche-t- on des partenaires ? Et quels sont-ils ?

Avec culot et ténacité, sans forcément aller les chercher très loin. Grâce à l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (l’équivalent de la police scientifique pour toute la France) installé à Cergy, nous accueillons l’exposition Les sciences du crime prêtée par le musée de Melun. Le trophée de notre prix Osny & Clyde est créé pour nous et forgé par une école d’Osny, L’IFA Chauvin. On travaille avec l’association Le Labo des histoires, Grand Ouest, pour la partie Ateliers d’écriture. Notre partenaire libraire est la librairie Lettre et Merveilles, à Pontoise.

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GVL : Comment on le finance ?

La MéMO avait un petit budget au départ, et nous pouvions compter sur les infrastructures de la mairie. On a rempli plusieurs demandes de financement. Sachant que les réponses seraient longues à venir, on a conçu un programme à options. Lorsque l’on a su que la région Ile de France nous avait accordé une aide, on a validé certaines options. On espère que la DRAC fera de même… et que le programme s’étoffera encore! On a aussi des sponsors parmi les commerçants locaux. Ils offrent le petit déjeuner et le repas aux auteurs et aux blogueurs participants.
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GVL : L’échéance arrive, comment te sens-tu ?

Fébrile! Je commence à rêver du salon mais pour le moment je ne succombe pas au stress. J’enchaîne les tâches administratives et puis soudain une respiration, un temps de réflexion, une discussion… me remettent à l’esprit le but de tous ces préparatifs et donnent du sens à l’ensemble. Hier, Stéphanie D. de la MéMO et moi avons laissé la paperasse pour interviewer notre invitée d’honneur, Sandrine Collette, et la questionner sur son prochain roman. Jubilatoire! Je suis prête à abattre une forêt pour vivre des moments comme celui-là (on récupèrera le bois pour faire des livres). Cela n’empêche pas les montées d’angoisse. Et si une épidémie de grippe clouait nos 24 auteurs au lit? Si l’exposition était réduite en cendres avant l’ouverture? Mais je me dis que la peur n’ôte pas le danger, et l’angoisse reflue.

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GVL : Quelles énergies demande un tel projet ? Quel investissement ?

Beaucoup d’énergie physique et mentale.  Pour éviter d’être vampirisée et d’y laisser mes forces, je n’ai pas abandonné mes autres activités. Dès que je peux, je poursuis l’écriture d’un second roman, je continue à faire du sport.

GVL : Comment choisi-t- on les auteurs invités ?

Au début de l’aventure, nous rêvions à voix haute en lançant les noms des auteurs que nous aimerions inviter. A chaque fois le nom de Sandrine Collette revenait, comme une évidence. C’était naturel de penser à elle en tant qu’invitée d’honneur.

Nous avons contacté d’autres personnes en faisant en sorte que plusieurs courants de la littérature policière soient représentés, polars historiques avec Jean-Christophe Portes, Jean-Michel Lecocq (mais il a plusieurs cordes à son arc)…, polars « policiers » avec Danielle Thiery, Didier Fossey, Fabrice Pichon…, polars humoristiques avec Stanislas Petrosky, Ciceron Angledroit… thrillers avec François-Xavier Dillard, polar futuriste avec Henri Duboc… polars régionaux avec Jean-Louis Serrano, polar noir avec Armelle Carbonel, polar fantastico-romantique avec Sandrine Roy, etc. Je connaissais certains des auteurs, rencontrés lors de salons. Beaucoup ont accepté de venir. Leur confiance me touche. Des amies blogueuses, Lolo encore, mais aussi Jessica Blet, ont relayé mes demandes auprès d’auteurs en dédicace. D’autres enfin ont eu vent du projet et nous ont contactés directement.

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GVL. Quelle est la logistique à mettre en place ?

Trois sites à aménager pour les manifestations: le forum des arts et des loisirs d’Osny avec un lieu dédié à la conférence de Bob Garcia (sur l’histoire du polar, à ne pas louper!). La MéMO, avec les 2 expos, un thé littéraire et le vote du prix Osny & Clyde (vote en ligne possible, ne vous en privez pas!!). Le château de Grouchy pour un Cluedo grandeur nature qui aura lieu le 13 à 20h. L’inauguration du 6 janvier nécessite aussi quelques aménagements. On a également un plan de communication tentaculaire.
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GVL :  En fait tu l’auras compris je veux tout savoir.

Pose ta semaine, Geneviève. Car là, je ne t’ai dit que le dixième du programme.

 GVL : J’ai posé ma semaine, même deux semaines. Mais je ne serai point disponible car au bout du monde. Mais j’aurai aimé être des vôtres, tu t’en doutes, hein ?

« Oh mais tu seras bien présente! D’abord en ayant participé à la pré-sélection des livres en lice pour le prix O&C, ensuite parce que Collectif Polar figure dans l’expo Blog en stock. Tu ne croyais pas que j’allais te laisser partir… »

GVL : Isabelle…Que pense-tu de l’évolution du roman noir / policier et thrillers en ce moment ?

Très contente d’assister au retour du thriller géopolitique (mais était-il vraiment parti?). Côté Noir, je regrette parfois une surrenchère de gore, tortures glauquissimes et autres sévices un peu vaine, un soupçon d’acharnement à malmener ses personnages. Faut faire gaffe, quand même. Moi j’ai rencontré un de mes personnages dans la vraie vie, et il s’est vengé à sa manière! Mais c’est affaire de style, de dosage et de goût. Par ailleurs je suis frappée par la grande qualité littéraire de la production polardeuse. A bas les idées reçues!
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GVL : Ton écrivain préféré et cinq romans que vous nous conseillez ?

Pour rester dans le registre du polar, pas d’écrivain préféré mais de grands auteurs que j’aime beaucoup.

Côté polar classique, Fred Vargas.

Côté Noir, Hervé Le Corre.

Côté « socialthriller », Sandrine Collette, of course!

Des romans récemment lus et appréciés :

De cauchemar et de feu, de Nicolas Lebel (Nicolas, il faut que tu viennes l’année prochaine à Polar’Osny!!!),

La toile aux alouettes de Lou Vernet,

Les loups et l’agneau de Christophe Dubourg,

La fin des mystères, de Scarlett Thomas,

Je suis Pilgrim, de Terry Hayes.

Merci pour ces quelques confidences, Isabelle et bravo pour ce bel investissement envers notre genre littéraire de prédilection.

Et vive Polar’Osny, pardon Polar au Nid

Mais pourrais-tu, pour le blog et pour nos lecteurs qui comme moi ne pourront s’y rendre, nous faire un petit compte rendu de votre premier salon ?

 Avec joie! J’aurai sûrement beaucoup de choses à raconter!

Et moi je te remercie pour ton soutien indéfectible. Cette ITW est très importante, pour nous. L’avenir de Polar’Osny dépendra de la fréquentation du salon, le 20 janvier. Gros enjeu pour moi aussi. Si ça ne marche pas, je me retire en Laponie. Il paraît que le grand Nord réussit aux auteurs de polar 

Vous pouvez chers lecteurs retrouvez plus d’info sur  ICI le site de Polar Osny

7 réflexions sur “Ces Dame du noir : Papote avec Isabelle Bourdial pour Polar Osny

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