Papote d’auteur : @Nick Gardel  sous le feu des flingueuses, Ep3

Papote d’auteur : @Nick Gardel  sous le feu des flingueuses !

Episode 3

Imaginez que les flingueuses ont parfois des goûts étranges … Quelques fois le phénomène interpelle même la Porte-Flingue. Oui, elles  peuvent avoir les mêmes chouchous et ne pas voir les mêmes choses … Alors quoi de plus normal pour que la Cheffe leur demande de jouer collectif …

Ophélie, Aline, Dany et la Patronne partent ensemble à la rencontre d’un OVNI … Nick Gardel

Dany


Lundi 14 janvier, 06h26

Suite de la Garde à vue de monsieur Gardel

3e interrogatoire par Aline

Aline  :Si vous êtes sur le pont, on peut commencer !

Ge : C’est toi la cheffe ce matin.

Allez emmenez nous le suspect, que l’interrogatoire commence.

Nick : Je suis là !

Ge : Je me doute ! Aline c’est à toi !

Aline :  Bonjour Nick.  Vous disiez hier être à votre 11 éme roman. ça demande du travail et de la rigueur. parlez nous de vos rituels d’écriture (où, quand, comment) ?

Nick : J’ai deux rituels d’écriture en fonction de mon mode de vie : sédentaire ou mouvant.

Aline : mais encore ?

Nick : L’essentiel de l’année, j’écris le soir sur ordinateur quand le quotidien est réglé. Je laisse la page ouverte et je fais des allers-retours pour compléter le chapitre en cours.

Ge : Heueeeeeu

Nick : Quand je me déplace, j’écris dans des petits carnets snobs (des moleskine). Et je réécris ensuite en prenant le carnet comme base.
J’écris avec de la musique non signifiante (pas de paroles) et je suis capable d’être interrompu. Pas besoin de concentration intense.

Aline : donc plus productif le soir et toujours en alerte (page constamment ouverte). Des moleskine, j’adore ça fait très flic !!

Nick : Oui le soir parce que mon boulot est en journée et que je ne peux pas écrire du tout pendant que j’ai la classe (mais tu as toujours la classe, voyons !)
Sinon le week-end aussi et là c’est toute la journée. Les vacances servent à corriger en général. Car le roman est souvent fini avant l’été.

Aline : ah vous ne donnez pas de devoir sur table pour vous dégager du temps !!! lol

Nick : Non, il faut corriger ensuite, c’est une fausse bonne idée.

Aline : ah oui fausse bonne idée, pardon !

On dit souvent qu’un auteur met/laisse une part de lui dans ses oeuvres. quelle part de vous dans vos écrits, dans vos personnages ?  – hormis l’humour bien sur.

Nick : Je suis très intuitif dans mon écriture. Cela provoque que les paroles de mes personnages proviennent de moi. Il y a forcément une partie de ma psyché en eux. Et puis certains détails viennent de moi.
Peter Raven aime la même musique que moi par exemple. Jed de Fourbi étourdi a la même culture catholique.

Aline : ok je vois. à choisir vous seriez plutôt un bon flic ou un mauvais méchant ?

Nick : Mon frère m’a fait le relevé de ce qu’il avait reconnu dans certains de mes romans. Il y a toujours un certain nombre d’anecdotes familiales dans mes écrits.
Il y a finalement très peu de flics dans mes romans. J’aime les gens qui se trouvent dans une situation inhabituelle pour eux et qui doivent se dépatouiller. Mes flics sont plutôt bons, même si j’écorne la profession régulièrement.
Mes méchants c’est une autre paire de manche. J’essaye d’y rajouter toujours une certaine complexité. Ils sont souvent caricaturaux pour devenir des figures fortes, mais je rajoute des failles et des points de dérision.

Aline : en parlant de  méchant, pensez vous que tout un chacun, avec les circonstances/contextes adéquates, peut devenir/être un assassin potentiel ?

Nick : En mettant une acceptation étendue du terme d’assassin. Si on réduit la chose à une préméditation voire une conceptualisation du meurtre, sans doute pas. Il faut vraisemblablement un déclic pour passer de ce côté. Mais pour ce qui est de l’impulsion, oui c’est ouvert à tous. L’open-bar du crime.

Aline : oui je parlais surtout de déclic, d’un instant sur lequel tout bascule. la préméditation c’est autre chose.

Nick : Ouvrir FB fait de vous un assassin potentiel. Dans la mesure où il est salutaire de dézinguer la bêtise.
Déclic et des claques…

Aline : surtout des claques…. qui se perdent !

Nick : Mes méchants sont des affreux à l’ancienne, de profession. C’est un choix de vie, pas un hasard d’amateur.

Aline : les méchants à l’ancienne, c’est aussi un certain code d’honneur, des valeurs… qui n’appartiennent qu’à eux certes mais tout de même un code de conduite.

Qu’aimeriez faire en vrai pour être au plus près de la vérité dans vos romans : voir une scène de crime, assister à une autopsie, suivre un interrogatoire ?

Nick : J’essaye d’être au plus près de la réalité dans mes romans. C’est pour cela que je contourne souvent le caractère « enquête » car je ne le maîtrise pas. Mes heros sont des monsieur-tout-le-monde a qui il arrive des bricoles.
Mes recherches de documentation se font à l’instant donné par besoin.
Une fois j’ai lu une thèse sur la mythologie sioux pour comprendre ce que je pouvais en utiliser.
Une autre j’ai lu des témoignages de garde à vue pour savoir comment ça se passait.

Aline : Donc vous ne voulait pas voir de sang, de tête coupée et de tripes à l’air…
Est ce que tous vos écrits sont gardés, je veux dire est ce qu’il vous arrive de jeter un texte parce qu’il n’aboutit pas ?

Nick : ça ne me dérange pas plus que ça. Je stockerai le truc dans un recoin de ma tête pour le ressortir une autre fois.
ça a été le cas, mais c’est très rare désormais. C’est dû à ma méthode d’écriture. J’écris de façon linéaire, sans plan. Donc chaque écrit est pertinent.
Je ne prépare pas des petits bouts à assembler. Donc j’ai peu de perte.

Aline : j’adore « recoin’ de ma tête donc plutôt bien enfui alors ! j’avoue que ce ne serait pas ma tasse de thé non plus.

Nick : Tout n’est que recoin dans ma tête. C’est excessivement bordélique.

Aline : pas de plan, pas de petits bouts à assembler … donc vous écrivez au feeling ?

Nick : Mon palais mental ressemble à une construction du facteur Cheval.
Oui écriture au feeling. Un sujet, une vague idée, un vague déroulement et j’enchaîne les chapitres.
Puis vient un moment dans l’histoire où j’écris un plan pour canaliser la fin.

Aline : pourquoi canaliser la fin si tout le reste est au feeling ?

Nick : Pour la cohérence madame. Il n’y a rien de plus beau que le bordel dompté. C’est le principe du décoiffé-coiffé.

Aline : c’est tout un art le coiffé décoiffé !

Nick : Une dizaine de chapitre avant la fin, je fais un état des lieux et je réunis tous les éléments pour arriver à l’apothéose finale. Ça évite de prendre son lecteur pour un glandu en disant « ah ah, en fait c’était son frère ! »

Aline : donc ne pas chercher le frère !

Nick : Se laisser porter. J’ai bossé pour vous amener là !

Aline : quand la fin apothéose est placée… vous faites quoi : laisser dormir/mijoter un peu ou vous donnez de suite à votre premier(e) lecteur(trice), ou lecteur test (comme vous voulez) ?

Nick : Depuis Fourbi étourdi, j’écris « pour » quelqu’un. Je fais lire mes chapitres à des potes directement en brut de décoffrage après l’écriture.
Lors de la phase de relecture, je peux tout modifier ou remodeler, ou rajouter des chapitres.
Mais de base j’ai un certain nombre d’amis qui me lisent directement.

Aline : pouvez vous développer le « j’écris « pour » quelqu’un » ?

Nick : Fourbi étourdi a été écrit en guise de plaisanterie par mail pour une auteure. J’avais écrit un chapitre comme ça, puis un autre etc…
J’ai bien aimé ce mode qui me forçait à ne pas avoir des chapitres « de remplissage ». Il fallait être pertinent à chaque fois.
Donc j’écris en fait mes chapitres comme des nouvelles qui se doivent d’avoir un petit truc pas ennuyeux chacun.

Aline : ça fait beaucoup de monde en première lecture, vous écoutez chacun d’entre eux pour les modifications.

Nick : J’entends tout le monde, je n’écoute personne.

Aline : pourquoi je ne suis pas surprise ? lol
si vous n’écoutez personne, pourquoi les entendre alors ?

Nick : ça me fait réfléchir sur les motivations de mes perso, sur la compréhension qu’on les gens de ce que j’écris. Déjà que je n’ai pas un vocabulaire facile, il faut quand même qu’ils pigent un truc à l’histoire.
Donc j’entends leurs remarques, mais quand je les juge allant à contre courant de ma pensée, j’ai quand même le dernier mot.

Aline : votre premier roman (non pas les nouvelles ou recueils de nouvelles) avec sa couverture, sa 4éme de couve et  toutes ses pages imprimées….ça fait quoi quand vous l’avez en mains ?

Nick : Comme souvent les brainstorming sont des monologues. Les gens exposent leurs idées mais n’interagissent pas avec celles des autres, je ne suis pas meilleur qu’eux.
J’étais excessivement fier et joyeux. Mais ça représente une telle masse de boulot et de nouveauté qu’on en perd quand même le plaisir. Un peu comme un cuistot qui travaille sa recette jusqu’à la perfection. Est-ce que lorsque l’assiette est servie le plaisir est intact ? Une grande partie du plaisir vient de l’écriture et de la conception même du livre.
Je m’excite, je m’agite jusqu’à la parution, mais l’essentiel est dans l’écriture tout de même.

Oph : J’adore cette dernière remarque

Nick : Tout en sachant que le livre ne commence réellement à vivre qu’après.
Le plaisir est dans la conception (le premier qui parle d’enfant, va aller au coin !)

Ge : Et que chaque lecteur va se l’approprier et en faire un livre différent du tiens

Aline : oui je comprends. Est ce qu’une fois publié vous vous êtes dit  » ah j’aurais pu le développer comme ça  » ou  » c’est cette idée à la con que j’ai placé ici » . ? avez vous envie de reprendre, changer vos écrits (ne dites pas : oui on peut toujours (s’) améliorer, sinon vous aussi vous allez aller au coin) ?

Oph : Euh là aussi le plaisir est à la conception lol. Parce qu’après vive les nuits blanches

Nick : Totalement. Le livre publié ne vous appartient plus. C’est assez stupide finalement de s’angoisser pour son devenir, dans la mesure où vous n’avez aucune maitrise là-dessus.  Je n’ai pas envie de reprendre mes romans. Je reste assez fragile pour ce qui est de livrer mes histoires. Il y a toujours à reprendre mais parfois je suis assez fier d’une tournure, d’un passage.

Aline : je prends cette réponse, vous ne serez pas puni … lol

Nick : Et puis je mets une masse de petits trucs dans mes romans, ça me plait quand même de savoir qu’ils sont là.

Aline : Parlez nous de vous en dehors de l’écriture : passions, frustrations, boulot ?

Nick  : Je suis un être pragmatique assez dépassionné. J’aime beaucoup de choses, mais j’ai un sens assez aigu de l’inutile et du galvaudage. Ni vocation, ni passion, donc. C’est trop fort et ça pique. J’ai énormément la musique sans qu’elle ne me soit indispensable, totalement le cinéma sans y aller très souvent et énormément la lecture sans en avoir le temps.
J’aime les lieux pour les gens que j’y vois. J’adore rencontrer les lecteurs.
Mon métier est totalement difficile mais je m’y retrouve.
La frustration principale reste sur le chiffre de mes ventes, mais je me soigne.

Oph : Et on se revoit bientôt hiiiii 😍😍😍😍

Ge : Oph on se calme là, même si je sais que tu veux tout lire de monsieur Gardel depuis ton coup de coeur pour Fourbi étourdi !

Reprenez monsieur Gardel

Nick : J’ai pris une bonne résolution qui dirige ma vie désormais. Je ne fais plus rien « contre ». Je fais « pour ». Si je peux aider, je le fais. Sinon je ne fais rien.

Aline : vos lecteurs nous amènent à : êtes vous sensible à la critique, surveillez les chroniques ?

Nick :  Mais totalement  ! Je suis un angoissé ultime de la critique. Chacune me tue ou me regonfle.
C’est stupide de ma part dans la mesure où je ne peux pas changer un bouquin. Mais quand même, ça me fout sur le grill à chaque fois.

Aline : je comprends parfaitement.

Nick : Et pas la peine de se cacher derrière les « on peut pas plaire à tout le monde ». Bullshit.
Moi je veux plaire à tout le monde. MOI MOI MOI !!!!
Et partout dans la rue, jveux qu’on parle de moi, que les filles soient nues, qu’elles se jettent sur moi….

Aline : je pense qu’il faut donner ce que l’on a donner, prend qui veux prendre. et on plait pour des raisons différentes.
on va attendre l’été pour que les filles soient nues dans la rues… sinon pas de soucis même en hiver elles peuvent se jeter sur vous !!lol

Nick : Il ne faut pas accéder à mes désirs malheureuse ! Sinon je serai le pire des dictateurs. Je ferai raser la tête de Sire Cédric et emprisonner Nicolas Lebel !

Aline : oh oui rasé la tête…

Nick : Voilà que je m’emporte…

Aline  : vous écrivez tout le temps ou vous vous accordez des « vacances d’écriture  » ?

Nick : Les vacances ne sont pas conceptualisées. Parfois je n’écris rien pendant quelques mois, souvent à la sortie d’un roman. Mais la reprise vient tôt ou tard.
Là je n’ai rien écrit depuis deux semaines par exemple. Mais ça n’est pas intentionnel. C’est juste conjoncturel.

Aline : du coup ça bouillonne dans votre cerveau bordélique (c’est vous qui l’avez dit que c’était le bazar la’dans) ?

Nick : En fait l’état de bouillement est permanent chez moi. Comme une machine à vapeur. Parfois on se sert de la pression pour faire bouger des roues, d’autres fois c’est pour le sifflet. J’ai toujours des idées, des phrases, des recherches de bons mots. P
Parfois je les canalise vers l’écriture, parfois c’est juste du quotidien.
FB m’aide beaucoup à dire des bêtises en continu.

Aline : merci FB !! Je crois que j’ai fais le tour de la question en ce qui me concerne. avez vous quelque chose à ajouter à notre échange ?

Nick : Non . C’est très agréable d’avoir à réfléchir le matin. N’est ce pas Geneviève Van Landuyt

Ge:  Moi oui  j’aime le matin voir le petit matin quand tout est calme!

Mais sinon Nick,  pas d’urgence d’écriture quand la conjoncture ne le permet pas ?

Nick : Je n’ai aucune deadline pour mes romans, alors l’urgence d’écriture, je me la met seul.
Bien que je sois très bon dans l’urgence en général
J’ai longtemps été paniaque. Maniaque de la panique, à rendre les travaux en limite.

Aline : ah , @Geneviève , , le travail dans l’urgence., je ne suis pas la seule.

Nick : Les plus grands sont ainsi… lol

Aline : je ne fais qu’1.60 m… lol

Nick : Si les pieds touchent le sol, ça suffit.

Ge : Comme disait Coluche

Aline  : Je vous remercie, Nick du temps que vous m’avez accordé dés le matin. Ça sera un plaisir de vous rencontrer en vrai sur un salon. je vous souhaite une excellente journée.

Nick : Coluche a déjà tout dit
Merci à vous Aline

Aline : je vous en prie.

Ge : Merci à vous deux pour ce belle entretien. Bravo Aline tu as tenu le cap, même si j’ai bien cru à un moment que comme Oph, tu été séduite par notre bonhomme.

Et Nick Gardel  tu repars en cage. Ta garde a vue n’est pas terminée.
Dany viendra t’interroger ce soir.
Il se peut aussi que Oph fasse un nouvelle apparition.
Et j’aurai le privilège de conclure.
Alors toujours d’attaque ?

Nick : Oui c’est intense, mais je tiens le coup !

Ge: Ok alors on arrête là pour ce matin. Remettez moi le suspect au frais. On verra quel tête il a en fin d’apem.

Et nous on se retrouve donc en fin d’après midi pour ce qui devrait-être le dernier interrogation de Nick Gardel.

En attendant Nick Gardel est toute la journée au Salon du livre de Nemours « Autour du Polar »

Et vous pouvez l’y retrouver.

Plus d’info ICI

 

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