Polar Osny : les blogueurs (euses) passent aux aveux

 Le 20 janvier dernier  avait lieu à Polar’Osny

(Polar au Nid)

Une table ronde « Les bloggeurs passent aux aveux… ».

Mes copains et copines blogueurs zé blogueuses sont passés aux crible par Isabelle.

J’ai failli passer entre les mailles du filet, j’ai mis les voiles et quitté le nid, mais Isabelle m’a rattrapée

 

Aussi voilà ce que ça donne

Coucou Dame Geneviève,

voici donc les questions que j’ai posées à la table ronde: les blogueurs (euses) passent aux aveux. A ton tour d’y répondre.

Merci d’avoir eu envie de participer a posteriori. Mais tu étais déjà un peu parmi nous le 20 janvier dernier (ne serait-ce que par Blogs en stock et le prix Osny & Clyde).

 

 1 – Ces critiques littéraires « amateurs » sont de véritables prescripteurs… Ils peuvent lancer un auteur inconnu, inciter un éditeur à acheter les droits d’un roman pour l’éditer en poche, lever des fonds pour soutenir une maison d’édition en difficulté. Ils sont des acteurs incontournables de l’économie du livre. Jalousés par des lecteurs lambda, critiqués par certains journalistes, courtisés par les éditeurs, parfois très proches des auteurs, qui sont-ils ? Comment travaillent-ils ? Peuvent-ils garder leur indépendance ?

Très beau lancement chère Isabelle. Et triple question pour débuter l’ITW ça démarre fort !

Qui sommes nous ! Nous sommes avant tout des passionné(e)s, des fous de lectures. Ici chez Collectif Polar chacun à sa façon de travailler. Enfin c’est vrai que si c’est du travail, ça reste avant tout un plaisir. J’ai d’ailleurs fait ce blog pour m’amuser. Je me plait à le répéter, certains sont addicts aux jeux moi c’est à la chronique de livre. Peut-être peut-être même plus aux lecteurs de livre.

Comment je travaille. Alors puisque nous sommes un Collectif, je passe beaucoup de ton à coordonner le gang de chroniqueuses, pardon le gang des flingueuses. A mettre en page leur avis.

Sinon quand c’est moi qui chronique, c’est simple, enfin presque. Je ne peux faire de retour de lecture que la nuit. Quand la maison ronronne tranquillement, que lorsque j’attends les petites respirations de toute la famille. Cela explique un peu le nom du blog, Collectif Polar, chronique du nuit.

Alors soit je fais dans la foulée de la lecture ma chroniques, soit parfois cela prends des jours voire des semaines avant que je n’arrive à exprimer mes sentiment et trouver les mots pour expliquer mon ressenti de lecture.

Sinon une fois devant l’ordinateur, je tape ce qui me passe par la tête, comme les mots viennent. Je laisse parler mes émotions, juste je les couche sur la page blanche. Ces émotions sont celles que la lecture m’a fait ressentir. Je ne fais pas une critique du livre mais un ressenti de lecture.  Je ne réfléchis pas ma chronique, je ne l’ordonne pas. J’écris, je ne me relis pas je laisse et garde le premier jet. Et hop je balance ça sur le blog et la page du blog.

Et je ne m’impose aucune contrainte, donc oui je garde mon indépendance.

2 – Un auteur se plaignait récemment sur Facebook de la difficulté qu’il avait à faire connaître son roman à des critiques professionnels, qui ignorent trop souvent les premiers romans, ou snobent les auteurs publiés dans des maisons d’édition de taille modeste ou moyenne. Ce romancier racontait le mépris ou la désinvolture dont certains journalistes littéraires avaient fait preuve vis-à-vis de lui, sans même essayer de le connaître. Il remerciait d’autant plus chaleureusement les blogueurs de l’avoir écouté, d’avoir découvert son roman et de lui avoir fait un retour, pas forcément positif, mais toujours constructif. Comment vous expliquez cela ? Est-ce que vous êtes plus disponibles, plus curieux, moins pris par les contingences professionnelles ?

Plus curieux, c’est certain. Je crois que nous sommes tous de gros lecteurs car oui forcément nous aimons découvrir. Moi la curiosité c’est la base de mon métier, pour ceux qui ne le savent pas, je suis bibliothécaire aussi, à mes temps perdus. Et pour mon job, je me dois de découvrir de nouvelles plumes, de sentir les futurs tendances. Aussi rien de mieux que les nouveaux auteurs pour voir de quoi le polar de demain sera fait. 

Ce qui est paradoxale c’est que nous, blogueurs, nous faisons ça par plaisir. Nous ne sommes pas payé pour le faire, nous prenons sur notre temps personnel pour alimenter et faire vivre notre blog. Nous sommes juste animer par la passion et l’envie de partage. Nous avons tous un job, une famille, une vie, là où le journaliste est payé et à du temps pour lire et faire son job de critique.

Et puis les médias aiment parler de ce qui est connu, ce qui fait vendre, eux aussi veulent de l’audience.

Je le remarque sur le blog, je parle souvent de premiers romans ou d’auteur peu connus mais de temps à autres il nous arrive de parler d’un auteur phare qui a une plus grand notoriété. Et là frce est de constater de nous faisons plus de vue.

 

 

–         3 –  Quelles sont vos relations avec les auteurs ? Recherchez-vous à tout prix le contact avec eux ? Pourquoi fréquentez-vous assidûment les salons?

    La relation avec l’auteur c’est presque une fin en soi. Nous aimons partager nos avis de lecture avec d’autre lecteurs mais quoi de plus naturel aussi de le partager avec l’auteur.

Je me souviens d’un jour où j’ai enfin osé aller vers un auteur que j’appréciais énormément. Je lui expliquais ma timidité impressionnée que j’étais, intimidée donc mais gênée aussi et peut-être un peu complexée, qui étais-je ,moi la simple lectrice pour lui dire, à lui le grand auteur adulé, ce que j’avais pensé de son livre. Et bien ce monsieur de me dire pour me rassurer. » Si vous avez aimé et même si vous ne trouvez pas les mots pour l’exprimer, dites le aussi simplement que ça : « j’ai aimé votre livre » rien ne peut nous faire plus plaisir je de voir une lectrice satisfaite.  « 

Alors oui les salons, les rencontres avec les auteurs c’est devenus vital. Nous sommes accros de ces moments de total partage.

Les salon c’est les auteurs, c’est aussi les autres lecteurs et pire les autres blogueurs. C’est passé de sa lecture, de son clavier, du virtuel au réel. Des réseaux sociaux aux échanges face à face et ça a une autre gueule, crois moi !

     4 – Pour être suivis, êtes-vous tenus de lire et de chroniquer toutes les nouveautés ? Combien de livres lisez-vous par semaine ou par mois ?

 Je te le disais gros lecteurs nous sommes. Au moins 3 livres par semaines soit minimum 150 livres par ans.

Mais non contente d’être une grande lectrice, je fais appelle à des chroniqueurs. Enfin c’est surtout des chroniqueuses. Forcément 80% des lecteurs sont des lectrices surtout en fiction.

Alors j’ai aussi leur avis à partager

Et puis j’ai voulu ce blog « Collectif » pour faire entendre différentes voix. Pas seulement la mienne.

Et non nous ne chroniquons pas que des nouveautés. Moi j’aime bien parler d’un livre aussi quand il parait en poche. Car je sais que les livres coûtent chers et que nous sommes nombreux à attendre qu’un titre soit publié en format poche pour l’acquérir.

 

–          5 – Cela a un coût. Comment faites-vous pour tenir le rythme ? Sollicitez-vous les éditeurs pour recevoir gratuitement les nouveautés ? Quelles relations entretenez-vous avec eux ?

 Oui, cela a un coût comme toutes passions ! Perso j’ai de la chance, par mon job j’ai accès à quasi tous les livres que je veux lire ou voir. En bibliothèque, on bosse avec des libraires et ils sont tenus de mettre à notre disposition les bouquins pour que nous puissions faire le choix  de nos acquisitions.

Je reçois aussi quelques SP (Service de Presse) des éditeurs, mais je ne suis pas vraiment demandeuse ou vraiment très peu souvent. S’ils viennent vers moi, je demande à mes flingueuses si elles sont intéressées par tel ou tel titre et je le leur fait envoyer. 

Je suis sollicitée et les flingueuses aussi par des auteurs indépendants. Si le contact est bon et que le livre nous plait alors on fait une petite chronique.

Mais on ne s’oblige à rien !

 

–          6 – Vous sentez-vous libre de dire du mal d’un livre que vous n’avez pas aimé ? Autrement dit, vous sentez-vous indépendant ? Pourquoi les blogueurs disent-ils ne pas écrire des critiques mais des chroniques? Quelle est la différence?

 Si un livre ne nous plait pas nous pouvons faire une chronique, oui. L’auteur ou l’éditeur est prévenu. Ils savent d’avance qu’il n’y aura aucun avis de complaisance. Ils sont aussi prévenus que peut-être il n’y aura pas de chronique du tout.

Je te le disais, on ne s’oblige à rien ! Bon c’est vrai que l’on essaie de faire un retour pour un SP, enfin mes flingueuses font des chroniques des livres qu’elles reçoivent en SP. Moi, je n’ai aucune obligation, sauf des peut-être. Il m’est arrivé de faire quelques chroniques négatives, mais toujours en expliquant pourquoi moi, je n’avais pas aimé. Il nous est arrivé de ne pas accroché à un livre. Aussi on ne se force pas à le lire et donc il ne sera pas chroniqué. 

Et puis il y a déjà tellement de bons livres à mettre en avant pourquoi parler de ceux que l’on a pas aimés. Nous ne sommes pas un blog comparateur, ni 60 millions de consommateurs.

Et puis, chroniquer un titre, ça prend du temps et de l’énergie, alors autant les utiliser pour du positif, non ?

–      7 –  Vous êtes suivis par des lecteurs qui se fient à vos avis et qui achètent leurs livres en conséquence. Espérez-vous des retours ? Avez-vous envie de savoir si vos coups de cœur ont été partagés ? Entrez-vous en contact avec eux et comment ?

 Enfin oui, on espère être suivi par les lecteurs. On aimerait être prescripteur. Mais je crois qu’il faut toute proportion garder. Tu disais en préambule, « Ils sont des acteurs incontournables de l’économie du livre ». Certains sans doute. Perso moi j’ai créé le blog pour m’amuser. J’ai la chance d’être suivi et d’ailleurs j’en profite pour remercier tous ces lecteurs fidèles. Mais la plupart d’entre nous n’avons pas une audience si importante que ça !

Aussi quand un auteur, un éditeur reprend les propos de ton blog ça fait plaisir c’est sur. Mais ce qui fait encore plus plaisir c’est quand les lecteurs et plus souvent les lectrices reviennent vers toi et te dise :  » rhooo comme je suis contente, le livre que vous m’avez conseillé, qu’est ce qu’il était bien » Une fois sur mon mail, une lectrice m’a dit que « j’étais le Gérard Collard des bibliothèques ». J’ai failli prendre la grosse tête.  (Rire).

Ce qui me fait kiffer c’est de faire parler ces lecteurs et lectrices. Aussi sur mon blog, je leur donne souvent la parole. Soit à travers des interviews, soit par des jeu-concours. J’aime beaucoup ces échanges. En plus mais faut pas leur dire ça nourrit mes connaissances pour mon boulot de bibliothécaire. En effet ça m’aide à mieux appréhender les différents types de lecteurs de polars.

 

       8 – On voit de plus en plus de blogueurs participer à l’organisation de salons, être modérateurs de tables rondes, faire partie de jury littéraires…(et là je ne parle pas de tes activités de bibliothécaire, Geneviève). C’est une évolution naturelle de vos activités   ?

Mais tu exagères là chère Isabelle, mon job a beaucoup à voir avec mes envies de blogueuse.

Ok j’essaie de jouer le jeu.  Et…Oui je crois que c’est une évolution logique.

J’ai la chance de participer à Saint Maur en Poche (SMEP), et j’ai eu le privilège d’animer quelques plateaux. J’avoue que cela m’éclate. Bon à SMEP le format est super cours, c’est un putain d’exercice. C’est vrai qu’à la bibliothèque, oups pardon lors des Apéros Polar j’ai 1h30 pour faire avouer les auteurs. A SMEP c’est 10 max 15 min avec deux auteurs en plateau, c’est chaud mais c’est super chouette à faire.

Et j’avoue j’ai fait partie de différent prix, le dernier et celui dont je suis le plus fière c’est celui créé par mister Yvan Fauth pour le salon du polar de Mulhouse, Le Festival Sans Nom l’an dernier. Cette année j’ai à nouveau la chance d’en être avec mister David Smaja aussi.

Sur nos blogs, en fait des interviews aussi naturellement nous sommes amené à prolonger ceci lors de tables rondes ou de simples entretiens sur des salons.

Quand à l’organisation d’un salon j’en rêverai. Mais chez moi il y a déjà SMEP, pas simple à détrôner et à Paris, si tu n’es pas soutenu par la Ville et si tu as pas de sponsor solide, difficile de monter quelques choses.

Non là je me contente juste de mettre en place un prix polar des lecteurs de la ville de Paris. Et crois-moi, je galère déjà pas mal comme cela. Bon ok, c’est vrai j’ai déjà l’aval de la direction des affaires culturelles. Mais ça ne suffit pas ! Il faut que je reparte convaincre. Allez je file !

Merci Isabelle pour ces chouettes questions, ça a été un plaisir d’y répondre.

Je te préviens j’ai fait comme si j’étais sur le plateau avec mes petits camarades. J’ai dicté tout cela d’une traite, pas de retouche, du live, je te dis !

Sinon à très vite mais sans doute que cette prochaine fois les rôles seront inversés !

Hé, les lecteurs !

Voici les réponses de mes petits camarades.

En image en plus !!!

Polar’Osny 2018 : vidéo de la Table ronde « Les Blogueurs passent aux aveux » !
Spéciale dédicace à Isabelle Bourdial ! Et un grand merci à Jessica Blet, Aurélie Perreaud, Lolo Brodeuse, Jean Michel Isebe , Yannick Provost  et David Smajapour avoir rendu cette table ronde si passionnante !

 David du webzine C’est Contagieux , Jessica Blet et Aurélie Perreaud du blog Livres Addict, Lolo Brodeuse du blog Pause Polars, Jean-Michel Isebe du blog Polarmaniaque, Yannick Provost du blog NigraFolia.

 

La vidéo :

 

Le lien vers l’article de mon ami David :

http://cestcontagieux.com/…/polarosny-2018-table-ronde-les…/

 

Et… j’ai pas oublié la réponse à notre jeu, les trois chauves

Là voici

Bob Garcia, Didier Fossey et Stanislas Petrosky.

 

 

5 réflexions sur “Polar Osny : les blogueurs (euses) passent aux aveux

  1. Encore une belle façon de conter la blogosphère, Dame Ge ! Partages, découvertes, rencontres (Même virtuelles) font de notre passion de la littérature une vraie joie que tu décris à merveille ! Et il est vrai que le meilleur moment est assurément quand un lecteur (blogueur ou pas) vient te remercier d’un conseil après avoir adoré un livre !

    Aimé par 1 personne

  2. Heureuse de t’avoir attrapée dans mon filet à papillon ! Et merci pour tes réponses franches et spontanées. Et pour le jeu des chauves, de gauche à droite c’est Bob Garcia, Stanislas Petrosky et Didier Fossey. Ils avaient échangé leurs livres, les fourbes! Mais tes lecteurs et lectrices auront rectifié! Bisou

    Aimé par 2 personnes

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