1 rue des petits pas de Nathalie Hug

 Salut les polardeux,

Sur Collectif Polar c’est tous les jours la journée de la femme.

Ce n’est pas les flingueuses qui me contrediront.

Mais en ce 8 mars, nous tenions, je tenais à rendre hommage au courage des femmes à travers deux romans que j’ai adoré de deux auteures que j’aime profondément.

Aussi pour bien commencer cette journée, nous vous proposons la chronique du 3e roman solo de Nathalie Hug.

Le livre :  1, rue des petits-pas de Nathalie Hug . Paru le 5 février 2014 chez Calman Levy. 18€90 (345 p.) ; 22 x 14 cm.

Réédité en poche  le 1er avril 2015 chez Le livre de poche.  7€60 ; (401 p.) ; 18 x 11 cm

 

4e de couv : 

Lorraine, hiver 1918-1919. Dans un village en ruines à quelques kilomètres du front, une communauté de rescapés s’organise pour que la vie continue.

Louise, seize ans, est recueillie au 1, rue des Petits-Pas par une sage-femme qui va lui transmettre son savoir : accoucher, bien sûr, mais aussi lire et écrire, soigner les maux courants et, enfin, être l’oreille attentive de toutes les confidences. Mais dans ce village ravagé par la guerre et isolé du monde, les légendes nourrissent les peurs, et la haine tient les hommes debout. Ces peurs et cette haine, Louise va devoir les affronter car elle exerce son art dans l’illégalité, élève un enfant qui n’est pas le sien, aime un être qu’elle n’a pas le droit d’aimer, et tente de se reconstruire dans cet univers où horreur et malveillance rivalisent avec solidarité et espoir.

Avec 1, rue des Petits-Pas, Nathalie Hug compose avec talent un magnifique roman d’apprentissage, d’une sincérité et d’un réalisme bouleversants.

 

L’auteur : Nathalie Hug  est née  à Nancy en 1970. Elle a grandi en Lorraine. 1, rue des Petits-Pas est son troisième roman, après L’Enfant-rien et La Demoiselle des tic-tac, publié chez Calmann-Lévy. Elle est écrivain et scénariste et depuis 2004 elle publie en association avec son mari Jérôme Camut des thrillers et des romans d’anticipation. Son premier roman en solo est publié en 2011.
Extrait :
Les hautes bâtisses de la Malaumont se détachèrent de l’obscurité à la faveur d’un rayon de lune. Reliées entre elles par un porche surmonté d’un pigeonnier, les tours carrées ressemblaient à une bouche prête à m’engloutir. Des dizaines de pigeons en surgirent dans un fracas d’ailes, mêlant des plumes aux flocons de neige.
Surprise, je lâchai les bras de la carriole. Le corps de Jehanne tressauta. Une rafale tourbillonnante souleva une poignée de cristaux de glace qui scintillèrent brièvement, et le ciel se dégagea sous le souffle de vent, nimbant les massifs contours d’une étonnante clarté.
Je louai la lune de m’éclairer ainsi, alors que je passais sous le porche, car il n’était de pire endroit à des kilomètres à la ronde.
Une légende locale disait que des siècles plus tôt, une vouivre nommée Lusiane était devenue femme pour l’amour d’un architecte du bourg. Mais leur histoire avait connu un tragique épilogue et depuis, le monstre hantait le moulin où nous abandonnions les cadavres, faute de savoir qu’en faire.

 

Le OFF de OPH

 

Eppy FannyGeneviève et Stef m’avaient pourtant prévenue…
Mais quelle émotion, quelle sensibilité dans les mots de Nathalie.
En ouvrant le « 1, rue des Petits Pas », je ne pensais pas vivre au fil des pages une telle immersion au point de me sentir habitante de ce petit village de Lorraine qui tente de reprendre vie au cours de l’hiver 1918.
Dans ce village en ruine, proche du front, les rescapés survivent et s’organisent. Louise a 16 ans, battue, violée, elle est recueillie par Anne, une sage-femme, qui pratique tant les accouchements « physiques » que la maïeutique.
Auprès d’Anne, Louise va tenter de se reconstruire, de soigner, en toute illégalité, les maux des autres femmes du village.
Dans un village coupé de tout, qui a souffert de la Guerre, la haine et la violence s’opposent à l’espoir et à la solidarité…
Au fil des pages, j’ai fait corps avec ses femmes qui, au travers de leurs histoires, m’ont rappelé la chance que j’avais de vivre dans une société où la Femme, même si elle n’est pas encore l’égale de l’homme dans ses droits, n’a plus à souffrir autant de ne pas être née homme.
Ce petit bijou de Nathalie Hug est une histoire de Femmes, une histoire d’abnégation, une histoire de don de soi, une histoire d’Amours…

Extrait :
J’avais grandi dans le vide de ma mère, dans le manque de tout, dans la douleur des travaux de forçat auxquels on me soumettait, dans l’euphorie de l’alcool qu’on me faisait ingurgiter pour étouffer mes pleurs quand après avoir labouré des heures, je devais passer la nuit à ensemencer les champs, courbée au-dessus des sillons.
J’avais grandi dans l’idée que la vie n’était que souffrance, et qu’il me fallait accepter ce sort, puisque tel était celui que Dieu m’avait choisi. Ce Dieu que je devais chanter le dimanche, tellement fourbue par ma semaine que je ne parvenais plus à me lever pendant la messe, quand le curé l’ordonnait. Ce même Dieu qui m’avait enlevé mes parents d’abord, puis Hortense, la frappant de la vérole, et qui nous avait livrées à des soudards, la Vieille et moi.
– Dieu me punit tout le temps, murmurai-je, il ne peut pas s’en empêcher.
– Dieu n’a rien à voir là-dedans, affirma la sage-femme. Crois-moi. Les hommes sont assez stupides pour s’entre-tuer et martyriser les femmes. Et après, on comptera les morts sur le front en oubliant toutes celles qu’on a assassinées autrement.

Alors à ce soir pour un autre roman, une autre auteure et une autre héroïne !

 

15 réflexions sur “1 rue des petits pas de Nathalie Hug

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