Ce qui se dit la nuit – Elsa Roch

Le livre : Ce qui se dit la nuit d’Elsa Roch. Paru le 8 février 2017 chez Calmann- Levy.   18€90 ; (298 p.) ; 22 x 14 cm

Réédité en poche le 7 février 2018  chez Le Livre de poche dans la collection Thriller. 7€40 ;  (283 p.) ; 18 x 11 cm

Disponible en numérique aux Editions de Lépée.

4e de couv : 

« Je ne crois pas au hasard. Ni aux malédictions. Sinon je ne serais pas flic. »
Amaury Marsac

Rentrer chez soi.

Tout oublier après le cadavre de trop, vingt ans dans la police à collectionner les « ides » : homicides, Infanticides, parricides… À peine quadragénaire, le commissaire Amaury Marsac a l’impression de porter mille ans de noirceur sur ses épaules. Il n’en peut plus. Il fuit Paris direction le village de ses origines.

Mais alors qu’il renoue avec Elsa, son amour de jeunesse, une vieille dame est retrouvée morte chez elle, égorgée et tondue, un morceau de tissu bleu cousu au niveau du coeur.

Cette femme, c’est Marianne, une figure bienveillante de son passé. Horrifié, Marsac s’impose dans l’enquête. De nouveau happé par les sombres coulisses de l’âme humaine, il va devoir démêler passions amoureuses et superstitions, blessures de l’enfance et cicatrices de l’Histoire jamais refermées.

L’auteur :  Elsa Roch écrit depuis son enfance, de la poésie d’abord. A l’adolescence, une rencontre  change sa vie, celle d’une petite fille autiste dont elle s’occupe pendant son temps libre. C’est ainsi que naît sa première vocation, et qu’elle devient  psy, avec pour spécialisation les troubles autistiques, ceux de l’adolescence, et les addictions.  Parallèlement elle écrit toujours, et la découverte de Lehane, James Lee Burke, Fred Vargas… est un déclic.  Désormais elle écrira des polars. « Ce monde est le mien. Il concentre tout. La vie, l’amour, la mort. » Elle vit près de Grenoble. Elsa Roch écrit des polars pour explorer une à une les failles de l’être humain.
Extrait :
Marianne reposait, mais le mot était mal choisi car rien dans sa posture n’évoquait une quelconque détente, nue, sur le divan. Sa tête, tondue, pendait presque dans le vide, à peine retenue par l’épaisseur de l’accoudoir rembourré. Sans cet appendice, sa tête se serait-elle détachée du reste de son corps ? Marsac s’approcha davantage – égorgée, de part et d’autre des muscles scalènes. Il ferma les yeux un millième de seconde, le visage soudain crayeux, dépassé par l’horreur. Chasser ce cauchemar de sa rétine avant que ces images ne se gravent à jamais, au burin, dans sa mémoire. Il savait déjà que ce serait vain. Il n’oublierait jamais. Il s’obligea à rouvrir les yeux. Continuer son exploration visuelle. Délaisser le visage, auparavant solaire de Marianne, autoriser son regard à descendre le long du corps. Cou. Déjà vu, passer. Buste. Il aurait aimé ne pas s’y attarder, mais. Stop. Il crut halluciner. Il y avait un truc, cousu à gros points noirs, sur… son… sein gauche… au niveau du cœur. Un morceau de tissu bleu ciel, effiloché, de deux centimètres sur deux environ. Il cilla, et vomit dans son masque pour la première fois de sa carrière. Sortir d’ici.

Le Off de Oph

« Ce qui se dit la nuit », un roman dans lequel, les croyances de nos provinces, tissent une toile de fond pour la plume précise mais aussi très sensible et poétique d’Elsa Roch.

« Elle se replia dans l’herbe, comme un bâton d’encens qui, après s’être peu à peu consumé, se délite brusquement et s’effondre. »

Dès les premières pages je savais que ce roman me plairait. Assaillie d’émotions, pour des raisons très personnelles, elles ne m’ont pas quittées tout au long de ma lecture.

Elsa nous emmène au cœur du Berry où le Commissaire Marsac a choisi d’aller se ressourcer pour échapper aux « ides »: homicides, infanticides, parricides… et comme je le comprends. Elsa a décrit avec justesse le « trop plein » du vécu d’un policier confrontés aux « ides » et surtout au « ide » de trop… celui qui, pour des raisons personnelles , peut nous faire basculer…
Mais alors que Marsac pensait se ressourcer, il en sera tout autrement.

Une intrigue nimbée de mystères et des croyances de tout un village. Un village où tous se connaissent… un village au rythme duquel vous vivrez tout le temps de la lecture.
C’est dans cette ambiance à la limite du huis-clos qu’Elsa a choisi de faire évoluer des personnages puissants, attachants, tellement humains, avec leurs fêlures et leurs passions.

« On raconte que les soirs de pleine lune, dès la nuit tombée, les lupeux, ces créatures surnaturelles à tête de loup et voix humaine qui attirent les voyageurs égarés dans les fondrières, viennent ici et qu’on ne peut les regarder sans mourir de peur. »

Enfin Elsa aborde des thèmes tels que la passion amoureuse, la rivalité, l’évolution des amitiés nouées à l’adolescence ou encore l’ambition.

Je dois avouer que si Marsac est le personnage central de ce roman , c’est un autre personnage, Manon, qui m’a le plus touchée. Un personnage que Marsac connaît depuis l’enfance, une jeune femme pour laquelle j’ai ressenti une réelle tendresse.

Je peine à croire qu’il s’agisse d’un premier roman de part la qualité de l’écriture… et pourtant… Elsa a sorti son second roman « Oublier nos promesses » le 7 février dernier, et « Ce qui se dit la nuit » est, quant à lui, paru en poche.

Si vous n’avez jamais lu Elsa, n’hésitez pas, elle fait partie des nouveaux auteurs que je compte suivre!

11 réflexions sur “Ce qui se dit la nuit – Elsa Roch

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