3 ans du blog : Jeu 2, une flingueuse a disparu, épisode 7

3 ans du blog : Jeu 2, une flingueuse a disparu, épisode 7

Bonjour

 Juste pour le fun j’ai eu envie de participer. Si cela ne vous dérange pas veuillez trouver en PJ ma petite contribution.

Bien à vous


3 ans du blog : Jeu 2, une flingueuse a disparu, épisode 7

Cela fait maintenant 3 semaines que la rumeur enfle Mamie Danièle, une des flingueuses de Collectif Polar aurait disparu. Je n’ai pas pour habitude de prêter attention aux ouïes dire mais il est vrai qu’en y réfléchissant bien cela fait un moment que je ne l’ai pas vu.

Les tous premiers temps je me suis dit qu’elle avait besoin d’un peu de recul lequel disparait parfois dans ce monde hyperconnecté, mais quand même, ne nous en aurait-elle pas informé au préalable ? Puis forcément, vu la saison j’ai pensé qu’elle était malade, cette saloperie de grippe est retorse cette année. Enfin j’ai imaginé qu’elle était peut-être partie rendre visite à son fils au pays des caribous, en effet ce dernier vient de lui donner une magnifique petite fille et en toute logique elle avait hâte de rencontrer de visu ce petit être…Mais très vite aucune de ces hypothèses ne pouvait être la bonne, qu’elle nous laisse sans nouvelle si longtemps, ça n’était pas normal, ça, je pouvais en mettre mon Smith et Wesson à rouiller.

Dans un mélange d’inquiétude et de curiosité, je décidais donc de me rendre au domicile de Danièle pour tenter de résoudre le mystère de sa disparition. Pour entrer chez elle, nul besoin de commission rogatoire ou autre autorisation de baveux, pas plus que d’une carte bleue (y’a que chez les ricains que ça fonctionne ça). Il y a bien longtemps que je sais où elle cache un double de ses clés pour les soirs où elle rentre un peu fatiguée de son club de lecture… Dans l’appentis jamais fermé à clés ou elle dépose des caisses de livres dans lesquels quiconque le souhaite peut se servir, dans l’appentis donc, se trouve un renfoncement. Dans ce dernier une trappe et derrière cette trappe un coffre. Et le code de ce coffre est simplissime pour qui la connait un peu : 590568. En un tournemain j’ai pu rentrer dans la maison ou calme et ordre régnait du moins en apparence. Bien que gênée de pénétrer ainsi dans l’intimité de notre flingueuse, je décide de faire un rapide tour des pièces espérant trouver la clé de l’énigme et avoir des nouvelles de cette dernière … je rêve qu’elle me surprenne, qu’elle m’engueule même d’être ainsi entrée chez elle…cela signifierait que nous étions de sombres crétins et l’affaire serait close … mais il n’en fut rien.

Parvenue à la chambre j’ai été surprise de voir les portes de la penderie entre ouvertes alors que rien ne dépassait d’un centimètre par ailleurs. Intriguée et pas rassurée je l’avoue (lire des polars n’aide pas à être serein dans ce type de situation je vous assure) j’ouvre les 2 battants. OUF pas de corps, seulement Dewey son chat qui s’est trouvé une confortable place sur le gros sac de baroudeur qu’elle utilise toujours pour ses déplacements. Autant que je puisse le voir ses vêtements sont tous présents…. Le mystère reste donc entier … apparemment Danielle n’est partie nulle part de son propre chef, ou pour le moins elle n’avait pas prévu de partir sur plusieurs jours.

Je descends dans le salon. Abattue et de plus en plus inquiète je tombe dans les bras du fauteuil préféré de notre flingueuse. Essayant de rassembler mes esprits et de faire le tour des possibilités sur cette mystérieuse disparition, je parcours nonchalamment la pièce du regard. Sur la table un roman policier. Notre amatrice de polars lit essentiellement en numérique, ce livre ne peut-être qu’un de ceux qu’elle doit chroniquer pour le blog ou un cadeau. Machinalement je prends le roman pour le feuilleter. « Dîtes 33 : meurtres dans le milieu médical bordelais », tout un programme ! 3 feuillets s’échappent des pages, l’un porte la belle graphie fine de Danielle, tandis que les autres, sans mauvais jeu de mots, sont recouverts de gribouillis ressemblant fort à l’écriture informe d’un médecin. J’entame la lecture de la missive de Danièle bien plus lisible que les 2 autres.

 

Bordeaux le 15 février 2018

Monsieur de Je-suis-un-auteur-moi
Vous m’avez envoyé il y a quelque temps votre roman « Dîtes 33 : meurtres dans le milieu médical bordelais », afin que j’en fasse l’éloge dans un billet du blog « collectif polar » arguant du fait qu’habitant moi-même la région je me devais de valoriser les auteurs locaux. Comme je vous l’avais signalé dans mon précédant courrier, il n’était pas question pour moi de faire une critique dithyrambique d’un ouvrage sans être sincère, ni simplement de partager un avis du seul fait de notre lieu d’habitation proche. La critique littéraire demande une certaine probité que je m’essaie de respecter de mon mieux et je ne saurais y faire d’exceptions. Cependant comme promis également j’ai lu votre écrit. Je suis au regret de vous annoncer que je ne publierais pas de chronique sur votre livre. Il possède certes des qualités mais pas suffisamment à mon sens, de caractéristiques lui permettant de se démarquer d’autres ouvrages. Si vous envisagiez de retravailler l’intrigue pour rendre la fin moins prévisible, le coupable moins évident (je l’ai identifié à la trentième page, sur 250 avouez que c’est tôt), si vous étoffiez les personnages pour les rendre plus crédibles ou que votre inspecteur de police ne se déplaçait pas en intervention sur une trottinette Hello Kitty avec un gyrophare fixé sur sa casquette votre roman aurait peut-être plus de chance de rencontrer son public.
Monsieur de Je-suis-un-auteur-moi, ne voyez dans mes propos aucune mauvaise intention mais seulement les modestes remarques d’une fan de polar.
J’espère, Monsieur de Je-suis-un-auteur-moi, que vous ne me tiendrez pas rigueur de ma franchise, mais j’ai confiance car un écrivain c’est quelqu’un qui possède du recul sur le monde et sur lui-même.
Sincères salutations
Danièle, flingueuse du collectif polar

Je laisse tomber le premier feuillet en hiéroglyphe, daté du 10 janvier 2018, à priori il ne m’apprendra rien de plus que le billet de Danièle. Le second daté lui du 20 février 2018 et contenant un message d’une écriture encore plus nerveuse et difficilement déchiffrable que le premier feuillet me semble plus prometteur.

 

Bordeaux le 20 février 2018

Madame
Terminer votre brulot par de la flagornerie ne fonctionne pas sur un vieux de la vieille comme moi. Il est clair que vous ne savez pas de quoi vous parlez et que contrairement à ce que vous prétendez vous êtes totalement ignorante en matière de littérature policière sans quoi vous ne seriez pas passez à côté de mon roman.
Il va de soi que je n’accorde aucun crédit à vos propos d’autant que vous n’avez pas été capable d’argumenter le moins du monde. Quant à vos pseudo conseils vous pouvez vous les garder.

Etant un gentleman, je me dois cependant de vous offrir une chance de vous racheter et l’opportunité de défendre de véritables arguments pour revoir votre jugement. Pour cela un tête-à-tête s’impose et si vous avez le courage de débattre face à moi, venez me retrouver ce 24 février Au temps qui passe.
Monsieur de Je-suis-un-auteur-moi

 

Oh là là, l’égo de ce monsieur me semble un tantinet chatouilleux. Mais bon cela ne m’avance guère dans ma recherche de Daniele. Je remis le livre et ses missives à leur place et continuai mon tour d’horizon. Arrivée près du téléphone un détail m’intrigue : Les pages jaunes de l’annuaire sont posées à côté du téléphone et non à leur place sous l’appareil. Et soudain un déclic se fait. Je récupère la lettre de l’écrivain mécontent ainsi que la missive de mon amie. Je prends le bottin et me mets à chercher un établissement du nom de Au temps qui passe.

Au départ je pense à un restaurant mais le vieil homme n’a pas indiqué d’heures donc il doit s’agir d’un établissement ouvert sans horaires trop restrictifs. Je recherche alors les hôtels, les maisons d’hôtes, auberges, maison de convalescence, maison de retraites d’abord sur Bordeaux puis par ordre alphabétique. Quand soudain, BINGO. Le temps qui passe, maison de retraite à Arcachon. Je sais bien que c’est fou mais je commence à croire que notre intrépide flingueuse a pu vouloir expliquer son point de vue à ce monsieur de. Et puis les dates correspondent … le dernier courrier de l’auteur est le 20 février, le rendez-vous proposé le 24 février et c’est depuis cette date que l’on est sans nouvelle. Mais pourquoi ? Aurait-elle pu avoir un accident, auquel cas nous serions au courant depuis le temps.

Je décide d’en avoir le cœur net, après tout Arcachon n’est qu’à une heure de route de Bordeaux. Sur place, une grande allée mène à l’établissement et aux logements pour seniors qui le jouxte. Je décide derechef d’aller aux renseignements pour rencontrer ce monsieur et savoir si Danièle est venue le voir. A l’accueil on me répond tout d’abord que Monsieur de Je-suis-un-auteur-moi ést inconnu du lieu. J’insiste un peu en précisant le statut d’écrivain du monsieur, au vu de sa réaction à la lettre de Danièle je ne l’imagine pas cacher son art à son voisinage. Et en effet la mémoire revient à la jeune employée, certes il ne fait pas partie des pensionnaires de la maison de retraite mais il dispose d’un logement individuel dans la résidence.

Informations prises je vais frapper à la porte de l’individu. Un vieux monsieur à l’air bonhomme m’ouvre la porte. Je me présente et expose rapidement les raisons de ma présence. Ce dernier nie dans un premier temps connaître Danièle mais devant l’évidence il rectifie en précisant qu’il ne l’a jamais rencontrée. N’ayant pas de preuve du contraire, je m’apprête à prendre congé lorsque je remarque sur le petit guéridon de l’entrée un porte clé que je reconnaîtrais entre mille. Celui que nous avions confectionné à 4 mains pour les 65 ans de Danièle : 4 pièces de Puzzle contenant chacune une lettre du diminutif de notre mamie flingueuse DANY clin d’oeil à un de ses auteurs fétiches Thilliez. Il n’y en avait pas 2 comme celui là c’était certain. L’homme a dû sentir qu’il se passait quelque chose car il tente de fermer la porte mais je suis plus rapide et pénètre dans l’appartement. Personne dans le salon et la cuisine visible d’un coup d’œil. J’ouvre la première pièce en appelant de toutes mes forces, personne dans la chambre, armoire comprise. Rien non plus dans la salle d’eau. Ne reste qu’une pièce et c’est là que je la vois, bâillonnée, mains attachées aux accoudoirs du fauteuil un livre face à elle avec un tourneur de pages automatique et à côté d’elle une pile de romans tous signés Monsieur de Je-suis-un-auteur-moi.

Ce dernier n’opposa aucune résistance aux forces de l’ordre venues l’interpeller pour séquestration. Danièle elle, a été emmenée à l’hôpital pour des examens mais elle semblait globalement en bonne forme. L’égocentrique ne l’avait pas véritablement maltraitée, il avait eu besoin de l’entraver pour l’obliger à lire tous ses romans chéris, une heure par jour deux parfois il lui libérait une main pour qu’elle écrive des critiques élogieuses de son œuvre.

Je sursaute un grand coup en entendant la chevauchée fantastique hurler …et merde mon môme est comme celui de Merlicht, il adore mettre des sonneries originales sur mon téléphone. Non d’un chien, il faudra que je lui dise que c’est beaucoup trop violent pour sortir sa vieille mère du lit, même après un cauchemar de cette envergure, ma pauvre Danièle quelle aventure je viens de te faire vivre …

Je crois qu’on a un peu trop picolé à l’apéro polar d’hier.

Eppy Fanny, Cécile et moi !

 

16 réflexions sur “3 ans du blog : Jeu 2, une flingueuse a disparu, épisode 7

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