Diamants sur Maccabées de Michael Fenris

Le livre : Diamants sur Maccabées de Michael Fenris. Paru le 15 mars 2018 en autoédition, Ed Michaël Fenris. 15€ ; (324 p.) ; 13×20 cm.

4e de couv : 

David Llerellyn a disparu. Se méfiant de la police, sa sœur Vera décide d’engager un détective pour le retrouver. Mais il semble que beaucoup de personnes s’intéressent à ce petit malfrat sans envergure, et que sa disparition ne soit pas le seul fruit du hasard.

Quand le privé Jeff Fergusson commence à enquêter, il soulève certaines choses qui n’ont pas envie d’être révélées, et réveille de vieilles rancœurs. Car rien n’est jamais bon lorsqu’on hante les rues de la Ville…

 L’auteur : Michael Fenris est né le 03 mai 1968, d’origine lorraine, où il garde de profonds attachements avec la ville de Nancy, et installé professionnellement comme médecin en région parisienne depuis 2002.
Passionné par la lecture et l’écriture, il entasse pendant plus de trente ans des pages manuscrites dans des cartons, mais ce n’est qu’en 2015 qu’il décide de franchir le cap en proposant ses premiers manuscrits aux Éditions Prisma.  De là est né Feuilles en 2015, et Le Syndrome Noah en 2016. En Juin 2017 sort Aaverhelyon, première incursion dans le milieu de l’autoédition. En Mars 2018, toujours en autoédition, Diamants sur Macchabées, première incursion dans le polar noir. 2018 sera également la sortie du prochain roman à paraître aux Editions Prisma.
 Annoncés pour 2018 ; trois romans !  Thérianthrope chez Prisma ; Whistlers, en auto édition; Diamants sur Maccabées, en auto édition également et la chronique à lire ci-dessous. Soit un thriller, un roman plutôt « horreur, épouvante » et un polar à l’ancienne … Un touche à tout ce Fenris !

 

Extrait:
« Il n’est pas grand, je dirais un mètre soixante à tout casser, frêle, flottant dans un costume écossais du plus mauvais effet. Son crâne semble aplati en hauteur, comme passé sous une presse, ce qui lui donne une ressemblance avec une saucière dont les oreilles seraient les becs verseurs. Il a de petits yeux fuyants, le gauche est affublé d’un strabisme divergent et se balade tout seul dans son orbite comme un dé dans un gobelet de casino. La peau est couverte d’éphélides et ses cheveux sont d’un rouge de cuivre. Je suis furieux contre lui de m’être fait surprendre comme un bleu. Bordel, trente ans de police ! Faut croire que le mauvais alcool t’émousse sérieusement les réflexes. J’ai soudain comme une envie de lui faire mal. Le rouquin tente de se relever, mais la première chose qu’il aperçoit, l’œil noir du canon du .38, l’incite à la prudence et il se contente de se coller contre le mur. »

La chronique jubilatoire de Dany

Il fallait vraiment oser, en 2018, écrire un roman en noir et blanc, un vrai polar de la fin des années 50, en Amérique dans « la ville » dont le nom symbolique apparaît en fin de roman … sans ADN, avec une seule caméra de surveillance même pas exploitée, une balistique balbutiante. En prime une ambiance bien glauque, qui sent la sueur de flic négligé, le tout dans une atmosphère enfumée, alcoolisée. Une plongée dans l’univers de Chandler et Léo Malet, avec la palette classique du détective privé intègre et au cœur presque grand, que n’aurait pas renié Petre Cheyney (le père de Lemmy Caution), du flic pourri, des mauvais garçons chatouilleux de la gâchette, de la bourgeoise couverte de fourrure (animale, oui à cette époque les auteurs osaient encore …), la petite droguée à peine pubère, des belles voitures …

Tout ce petit monde se trouve embarqué dans une intrigue somme toute classique mais bien menée, aux multiples rebondissements et au final digne d’un film de Tarentino. N’oublions pas non plus « la bande son » jazzy car en fait ce roman agit sur le lecteur comme un vrai film de gangsters, servi par la précision du style de cet auteur que je lis pour la première fois, dans lequel le narrateur, son héros nous fait immanquablement penser à Philip Marlowe. On ne s’y ennuie pas une seule seconde !

 

“La boutique en question s’appelle Meadows Handguns & Rifles. Elle est située sur l’une des quatre principales avenues. Pas de risque que tu la braques : elle est aussi protégée qu’un petit Fort-Knox. Ça n’empêche pas que n’importe qui peut aller s’acheter une arme, il suffit d’une pièce d’identité, d’une adresse, d’un peu d’oseille, et d’un permis. Quoique le dernier soit le plus souvent facultatif. Dans la Ville, on considère que le bon citoyen a le droit de se défendre contre le voyou qui hante les rues à la nuit tombée. Seule la taille des pétoires est limitée, grâce à notre inspecteur préféré. Mais le mal est fait : ce qui a été acheté auparavant est bien dans les mains de n’importe qui, pas seulement le couple de petits vieux prêt à protéger ses maigres possessions, mais aussi tous les psychopathes, les tarés, les instables qui peuvent pulluler. Je pense que la criminalité a un peu baissé avec Tyler, mais elle reste sans aucun doute l’une des plus élevées du pays. La vie ne vaut pas grand-chose ici-bas.”

“Il me force à grimper à l’arrière de son véhicule. Je suffoque sous l’odeur. Ça sent la sueur, la chaussette, le graillon et la mauvaise haleine. Tyler s’installe à mes côtés, et allume un de ses barreaux de chaises pour me souffler la fumée à la figure.”

3 réflexions sur “Diamants sur Maccabées de Michael Fenris

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