Avis d’expert, saison 2 : Affaire n° 19 : Pierrot le Fou.

Avis d’expert, saison 2 : Affaire n° 19 : Pierrot le Fou. Enfin voici nos avis d’Expert revenus.

Aussi profitez en bien car vous le savez déjà peut-être…C’est l’avant dernier de cette série sur  » Les grandes affaires criminelles ».

Mais il se pourrait bien que Cathie revienne avec une nouvelle saison !

Allez place à notre nouvelle affaire.


Affaire n° 19 : Pierrot le Fou.

    Acte 1 : Jeunesse.

   Pierre Bernard Loutrel est né le 5 mars 1916 dans une famille de paysans aisés  de Château-du-Loir, petit village situé dans le sud de la Sarthe. En toute logique, Pierre aurait pu reprendre la ferme familiale mais, à l’âge de seize ans, il s’engage comme mousse sur un navire de commerce. C’est ainsi qu’il entre en contact avec les milieux interlopes des ports dans lesquels il fait escale.

  Alors qu’il est débarqué à Marseille pour insubordination, il tente en vain de se faire admettre dans la bande de Carbone et Spirito, figures du milieu marseillais de la prostitution, de la drogue et du racket, de 1920 à la déclaration de la guerre. Quelques temps plus tard, il est arrêté pour cambriolage et emprisonné. Une fois libéré, il est contraint d’effectuer son service militaire dans les bataillons d’infanterie légère d’Afrique. Son régiment disciplinaire est basé dans le bagne militaire de Foum Tataouine, au sud-est de la Tunisie, à plus de 500 kilomètres de la capitale, connu pour ses conditions de détention très rudes. Les recrues étaient des prisonniers de droit commun ou des soldats indisciplinés. C’est là que Pierre fera la connaissance de Jo Attia, qui deviendra une figure notoire du milieu.

   Acte 2 : L’Occupation.

   En 1938, Pierre Loutrel est libéré. Il s’installe à Paris où, le jour il travaille comme garçon de café, et la nuit commet des cambriolages. Il fait la rencontre de Marinette Chadefaux, de son vrai nom Jacqueline Laferrière qui devient sa maîtresse. Ensemble, le couple reprend la gérance d’un bar-hôtel.

   En 1941, il rejoint l’équipe de René Launay, surnommé « le grand René », chef de la Gestapo de l’avenue Foch, dont la mission consiste à repérer les agents français travaillant pour les services britanniques. Pour la plupart, ses membres sont des malfaiteurs qui, pour couvrir leurs activités illégales, se sont mis au service de l’occupant. Concrètement, ils poursuivent les résistants, s’enrichissent grâce au marché noir et en spoliant les Juifs de leurs biens. De bien sinistres personnages ! C’est dans les locaux de l’avenue Foch que Loutrel sympathise avec Henri Fefeu et Abel Danos, malfaiteurs et membres bien connus du Milieu.

   Occasionnellement, il prête main forte à l’équipe de Lafont, dirigeant de la Gestapo de la rue Lauriston, dans le 16e arrondissement de Paris, surnommée « La Carlingue », groupe composé de gangsters et de policiers révoqués, responsable de nombreux trafics et sévices. Nageant dans ce milieu louche comme un poisson dans l’eau, Pierre Loutrel, responsable de meurtres gratuits, se forge une réputation d’un homme violent et incontrôlable. Il est surnommé par ses « camarades » le dingue ou le « ouf ».

   Affectionnant les actrices, il fréquente les cabarets dans lesquels il est vu en compagnie notamment de Ginette Leclerc et de Milly Mathis, connue pour son rôle de la tante Claudine dans la trilogie marseillaise de Pagnol.

   L’inspecteur de police Henri Ricordeau, qui tentait de s’opposer à une extorsion au bar Le Chaplin, est enlevé par Loutrel et sa bande, roué de coups et , grièvement blessé, abandonné dans la forêt de Clamart. Le malheureux en réchappera. Indignée, la police française proteste auprès des autorités d’occupation mais Loutrel et ses complices ne seront pas arrêtés.

   Acte 3 : Le vent tourne.

   Au cours de l’année 1944, Pierre Loutrel, sentant que les Allemands commencent à perdre pied, juge opportun de changer de camp. En juillet 1944, il rejoint Toulouse et, sous le nom de lieutenant Héricourt, il intègre le réseau de résistants Morhange.

   Créé peu de temps après l’armistice par l’adjudant Marcel Taillandier, fondateur et animateur d’un des plus importants réseaux de contre-espionnage, le groupe Morhange, constitué d’anciens militaires de carrière dont la mission est de repérer et liquider les espions allemands et leurs collaborateurs français dans la région du sud-ouest. Au total, 93 agents de l’Abwehr (mot signifiant « défense » en allemand), service de renseignement de l’état-major allemand, de la Gestapo et de ceux considérés comme « traîtres » seront exécutés par le groupe.

   Mais le 11 juillet 1944, Taillandier et son adjoint Léo Hamard sont arrêtés et tués par les occupants. Pierre Rous prend alors le commandement du réseau qui, ayant perdu 34 de ses hommes, a grand besoin de nouvelles recrues. C’est alors que Loutrel entre en scène et accomplit plusieurs missions pour le groupe Morhange, notamment l’exécution spectaculaire d’un officier allemand sur la terrasse d’un café, en plein Toulouse.

   Mais le naturel revenant au grand galop, avec ses complices Henri Fefeu et Raymond Naudy, il renoue avec le banditisme en pratiquant à nouveau extorsion et pillage au détriment d’anciens collaborateurs. Loutrel est arrêté, incarcéré en octobre 1944 à la prison Saint-Michel de Toulouse mais rapidement libéré.

   Acte 4 : Le gang des Tractions Avant :

    De retour à Paris, Loutrel retrouve ses anciens complices Jo Attia, Naudy, Fefeu, Georges Boucheseich, Marcel Ruard et Abel Danos avec lesquels il forme le fameux « Gang des tractions avant », tout simplement parce qu’ils utilisent les célèbres automobiles mises au point par les unines Citroën pour perpétrer leurs braquages. De février à novembre 1946, ils commettent une quinzaine d’attaques à main armée dans la région parisienne, sur la Côte d’Azur ainsi qu’en Provence, thésaurisant un très important butin.

   Ils commencent par l’attaque fu fourgon du Crédit Lyonnais de l’avenue Parmentier à Paris, le 7 février. Bilan : trois millions de francs ; aucune victime.

Trois jours plus tard, gare de Lyon, ils braquent une camionnette des PTT. Bilan : huit millions de francs, aucune victime. La bande se sépare pour étendre leurs méfaits jusque dans le sud de la France.

   En juillet, ils se retrouvent tous à Paris et, en l’espace de deux mois, ils vont réaliser cinq braquages qui leur rapporteront 25 millions de francs et 500 kilo d’or. Ce n’est qu’à partir de l’attaque de l’hôtel des postes de N ice, perpétrée le 1er juillet, que la police identifie Loutrel comme étant le cerveau de tous ces braquages. Le 24 août, lors de l’agression du fourgon postal rue de Maubeuge, il est formellement reconnu par un témoin.

   Le milieu commence à se méfier de lui, à cause de ses accès de violence incontrôlable et de son caractère imprévisible, notamment lorsqu’il est saoul. De plus, la police multiple les coups de filet, portant un grand préjudice à la prostitution. Edouard Depreux, le ministre de l’Intérieur de l’époque, exige des résultats et ordonne que toutes les forces de police conjuguent leurs forces pour coincer le gang.

 

   Acte 5 : Le siège de Champigny.

   Dans le courant du mois de septembre 1946, la police est informée que le gang fréquente l’auberge « Les Marronniers » à Champigny-sur-Marne. Ainsi, le 25 septembre, un groupe de 350 policiers, dirigés par les commissaires Casanova et Pinault, et par l’inspecteur Nouzeilles, investit l’établissement. Mais aucun des gangsters ne s’y trouve. Cependant, trois d’entre eux, Boucheseiche, Fefeu et Attia, sont repérés dans un établissement voisin. Le préfet Charles Luizet ordonne de l’assiéger. Une fusillade éclate. Des renforts de police arrivent peu après, avec deux automitrailleuses, véhicule militaire armé et légèrement blindé.

   Loutrel, absent lors de la fusillade mais informé par des complices, arrivent au volant d’une Delahaye avec laquelle il force les barrages, récupère Attia et Fefeu, puis prend la fuite en arrosant les gendarmes d’un feu nourri. Peu après, ils abandonnent la voiture, criblée de balles et les pneus crevés, et volent un autre véhicule à Saint-Maur, puis d’un camion avec lequel ils rejoignent Auvers-sur-Oise, où ils possèdent une planque. Seuls deux malfaiteurs ont été tués dans la bagarre, mais les principaux membres du gang en ont tous réchappés.

    Acte 6 : La fin de Loutrel.

   Le 5 novembre 1946, Pierre Loutrel est accidentellement blessé au cours du braquage de la bijouterie Sarafian, située au 36 de la rue Boissière. Une fois le butin dérobé, Pierrot le fou, passablement ivre, blesse gravement le bijoutier et assomme la femme de ce dernier en prenant la fuite. Apparemment, il se serait tiré un coup de revolver dans le ventre pendant qu’il montait dans la voiture de ses complices qui l’attendaient dans la rue.

  Les complices de Loutrel le conduisent chez une de leurs amies où un médecin, après l’avoir examiné, déclare que la gravité de la blessure nécessite une hospitalisation. Ils le font alors admettre à la clinique Diderot, rue Daumesnil. Trois jours plus tard, déguisés en infirmiers, craignant qu’il soit identifié, ils l’emmènent chez un de leurs hommes nommé Courtois. Il décède quelques heures plus tard. Ils enterrent son corps sur une île de la Seine, face à Porcheville. Ce n’est que trois ans plus tard, en 1949, que Courtois, arrêté par la police, avoue que Loutrel est mort le 10 novembre 1946 et qu’ils ont enterré son corps dans l’île de Gillier. Les policiers l’exhument le 7 mai. Ainsi s’achève la carrière d’un des plus fameux gangsters du 20e siècle .

   

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