Le cramé de Jacques-Olivier Bosco

Le livre : Le cramé de Jacques-Olivier Bosco. Paru le 19 mai 2011 chez Jigal dans la collection Jigal Polar. 17€24 ; (286 p.) ; 21 x 14 cm.

Réédité en poche d’abord chez Jigal puis chez Pocket mais indisponible actuellement !

 

 

 

4e de couv : 

Deux ans que le Cramé et sa bande, un vrai commando, braquent les banques et vident les coffres avec une détermination et une efficacité redoutables… Deux ans qu’ils se moquent du monde et que la police est sur les dents.

Jusqu’à ce qu’un traître les balance dans les filets de Fabiani, le chef de l’Antigang, qui à l’issue d’un braquage en laisse plusieurs sur le carreau et colle le Cramé au placard. Mais celui-ci n’a qu’une idée en tête : se faire la belle… et retrouver l’enfoiré qui les a donnés !

Après une évasion rocambolesque, il infiltre le commissariat de Saint-Denis et se retrouve bien malgré lui dans la peau d’un flic à la recherche d’un môme disparu. Mais en ressuscitant ses cauchemars de gamin des quartiers, le pire devient alors possible…

Le problème avec le Cramé, c’est que même l’enfer ne veut pas de lui !

L’auteur : Né le 10 mai 1967 et vivant à Nice, Jacques-Olivier Bosco (JOB) est l’auteur de nombreux romans plusieurs fois primés. Il a été balayeur, éboueur, plongeur, barman puis entre dans le milieu de cinéma où il est scénariste dans les années 90( de courts métrages ), régisseur avant de s’installer comme restaurateur sur une plage près de Gruissan.  Il écrit déjà quelques polars qui restent à l’état de manuscrits, des nouvelles aussi. Début des années 2000, quelques unes de ses nouvelles sont publiées  et les Éditions Jigal acceptent son premier polar, Et la mort se lèvera qui paraît en ce début 2010.  Suivra le cramé puis de nombreux polar. Brutale (« La Bête noire », 2017, et Pocket, 2018), a été nominé au prix Polar de Cognac 2017.
Extrait :
« Viviani voulut sortir le premier. Le crépitement des balles… puis son corps était venu s’éclater contre la baie vitrée de la banque, l’éclaboussant de sang, comme sur un écran de télé géant. Les otages femelles se mirent à hurler… Gosta jeta un oeil sur Tino et Stéph, ils avaient chacun un gros sac en bandoulière, bourré à craquer de billets, une cagoule noire sur la gueule et un fusil-mitrailleur en main. »

La chronique d’EPPY FANNY

LE CRAMÉ DE Jacques-Olivier BOSCO

Editions JIGAL

L’histoire :

Gosta, le physique rital assumé, avec sur la joue gauche un bon morceau de peau labouré par le feu. D’où son surnom : le Cramé. Un voleur, à la tête d’une bande. Mieux, d’une famille.

Un homme qui aime l’action, l’argent et les belles filles. Et qui en profite à 200 % sachant que ce choix de vie peut s’arrêter à tout moment.

Le cercle proche, les intimes :

Olga l’arnaqueuse

Isabelle la jolie motarde

Les frères Paoli, deux corses de Nice

Cheyenne le hacker

Francis un ancien flic

Le vieux Fernand, le perceur de coffre

Puis Lino, l’ami de toujours, le quasi frère

Un casse qui tourne mal. Des morts. Un seul responsable : une balance. Inimaginable, et pourtant.

Son ennemi juré, Fabiani, le cador de l’antigang qui jubile et le serre enfin.

Extrait page 21 : « La bave acide de la haine mordait sa lèvre inférieure, son flingue tremblait de plus en plus, au moins deux fois plus vite que le dernier vibromasseur d’Amanda Lear. »

Des regards qui se croisent alors que Gosta, gravement blessé, pense mourir.

Une dette à rembourser.

Mais Gosta reste le roi de l’évasion. Une fois encore il le prouve.

Un coup de bistouri plus tard, le voici plus belle gueule que jamais et prêt à tout pour découvrir la balance. Il se transforme en Ange. Enfin en Ange noir. Vengeur.

Il infiltre la police. Jubilatoire en diable cette situation. Mais ce pied de grue qu’il pensait faire durer quelques heures va devoir se prolonger. Car, ange ou démon, il reste un homme de parole et rembourse ses dettes.

D’autant que l’innocence d’un enfant c’est sacré, sa vie aussi.

L’enquête le conduit à rechercher des hommes déviants. Des pédophiles. La lie de cette société. Quelle que soit leur position sociale, aucun ne sera à l’abri. L’ange s’effacera, le Cramé ressurgira et les pervers chanteront et seront châtiés.

Le récit de Jacques Olivier Bosco nous conduit sur les pas de ces déviants sexuels, de ces organisations qui offrent de la chair fraîche aux amateurs. Juste à notre porte.

Il nous entraîne également dans l’univers des cités, remarquablement décrit.

Nous parle des trafics en tous genres qui y fleurissent.

De ces zones de non-droit où la police est impuissante.

De ces habitants, otages d’une minorité, qui courbent le dos pour juste survivre.

De ces Caïds dangereusement intelligents capables de manipuler les pires pervers, sans état d’âme, pour mener à bien leur mission ultime.

Il nous parle aussi de ce que les drames de l’enfance engendrent.

De ces êtres qui se construisent sur les cendres de leur innocence.

Innocence immolée pour survivre… dans la haine. Pour ne plus subir. Jamais.

Le récit est fort. Mais l’humour, toujours présent, le rend agréable.

Le personnage, qui n’est pas un sain, est attachant en diable.

Son attitude et son discours sont jubilatoires.

Un charmeur ce Cramé. Enfin pour nous les femmes.

J’ai découvert un auteur, vivement conseillé par mon dealer favori (Olivier Le Corbac Vanderbecq) via cette lecture. Elle ne sera pas la seule de JOB.

« Quand les anges tombent » m’attend dans ma PAL. Je le dévorerai également avec plaisir.

9 réflexions sur “Le cramé de Jacques-Olivier Bosco

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