La GAV : @Guy Rechenmann sous le feu des flingueuses, épisode 2

Papote d’auteur : @Guy Rechenmann sous le feu des flingueuses

Episode 2

Jeudi 19 avril

Suite de la Garde à vue de monsieur Rechenmann

2e audition par Dany notre mamie Flingueuse

La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé)

Allez place à la suite de la  GAV de Guy Rechenmann


17h57 : Début de cette deuxième audition de la journée

 Danièle : Coucou, il y a quelqu’un(e) ?

 Guy : hello… 
Danièle : Et la Patronne @Geneviève ? On attend quelques minutes et on s’y met ? 
Guy : no problème
 Danièle : La journée fut bonne Guy ?

Guy : oui et il me tarde demain 😉 

Danièle : …….

Geneviève : 👍 je suis là !

 Guy : ok allons-y…
 Danièle : Parlons ce soir de tes romans … Leur contexte : pourquoi as-tu choisi les années 90 pour ancrer ton héros récurrent Anselme Viloc ? Une allergie aux nouvelles technologies ? 

Guy : oui uns sorte d’allergie et pourtant elles sont utiles, la preuve… 😉… je ne voulais pas de téléphone portable pour que mon inspecteur puisse réfléchir pendant ses trajets… c’est un moment important tant pour les descriptions que pour les réflexions… et je ne voulais pas trop de dialogues aussi, exercice difficile à mon sens…

 

 Danièle : tu ne voulais pas du « tout » police scientifique ?
Guy : non pareil comme je l’ai expliqué ce matin, on m’a mis dans la catégorie polar un peu par hasard et à vrai dire je me sens plus proche de la littérature blanche que du thriller décapant…ce qui m’intéresse c’est les thèmes traités… et sans parler de police scientifique même les procédures policières sont réduites à leur plus simples expressions…
Danièle : Est-ce aussi le moyen (détourné) pour ne pas aborder les problèmes de société d’aujourd’hui ?

Ne pas prêter le flanc à la polémique …

Guy : l’histoire est un recommencement, les révoltes ont souvent des dénominateurs communs et les demandes des populations les mêmes..
Danièle : noire vision que de dire qu’il n’y a pas d’évolution … mais réaliste je te l’accorde ! 
Guy : la polémique elle est partout grâce ou plutôt à cause de ces technologies…
Danièle : Les personnages : Un héros récurrent : Anselme … c’est lui le littéraire, le poète, dans ta galerie de personnages. Est-ce que tu y as mis beaucoup de toi? 
Guy : évidemment je me suis demandé comment quelqu’un comme moi, pas spécialement attiré par l’ordre, pas bagarreur, pas polémiste, plutôt timide se débrouillerait dans la police dans un pays qu’il ne connaît pas… ce fut Flic de papier et comme Hélène de Ligneris à l’issue de sa lecture m’a dit que je tenais un personnage, j’ai embrayé…
 Guy  : … au début je n’avais pas prévu de suite…
 Danièle : C’est assez réussi car il tient la distance …
Pour   @Geneviève Hélène c’est la patronne atypique de la machine à lire … librairie indépendante à Bordeaux

Avec Hélène, la libraire de la Machine à Lire qui soutient Anselme et m’a poussé à écrire les autres enquêtes après le flic de papier 😉

…Les personnages secondaires sont aussi très riches … Lily : le lecteur se demande si cette surdouée existe vraiment.

Guy : oui mais dans le prochain j’éprouve le besoin de le faire partir à Paris dans les quartiers d’Asnières, Argenteuil, Bougival… je crois que le Bassin sans l’avoir assez vu, se lasse de ses méditations au soleil couchant 😉
 Danièle : Et le bassin n’est pas franchement une zone de non-droit sauf … peut-être pour l’urbanisme ?
 Guy : concernant Lily j’ai transposé en fille mon fils Nicolas qui nous a posé de gros problèmes car surdoué non intégré… il a fallu se battre… maintenant il a 33 ans et c’est super… donc la petite Lily a les réflexions de Nico mais assume tout le reste… grosse grosse différence…
 Danièle : C’est vrai qu’on a envie de la rencontrer …
 Guy : non je parle pour le lecteur, il est peut-être lassant de lire des descriptions Bassinales de façon répétée…

Oui Lily est entêtante et écrire à la façon d’une gosse même brillante est un exercice…

 Danièle : D’autres personnes t’ont servi de modèles, parfois à peine retouchés semble-t-il, comme David ton pote restaurateur, mais les femmes de tes romans …elles tiennent une place centrale …
 Guy : David et le commissaire Plaziat existent, je les ai simplement déplacés dans le temps… les femmes sont essentielles dans la vie d’Anselme mais il en a peur à vrai dire… il en a besoin mais est finalement très maladroit avec elles…
 Danièle : elles sont ses amarres … Une tendresse particulière pour les personnes âgées ?
 Guy : comme je l’ai exposé ce matin, la vision de la cellule familiale idéale m’obsède et par voie de conséquence Anselme aussi…

les personnes âgés… oui… j’ai été élevés par des personnes âgés… donc tendresse…

 

 Danièle : Tu ne les ménages cependant pas dans le dernier … on verra ça tout à l’heure Les intrigues : Il y a toujours deux parts d’histoire à élucider au travers tes romans … la petite ou la grande histoire … Le mur de l’Atlantique, la « construction » d’Arcachon, les camps d’extermination, l’histoire t’impressionne ?
 Guy : oui et principalement la guerre de 14… raison pour laquelle j’ai pratiqué des régressions en essayant de savoir pourquoi cet intérêt… je suis revenu en 14 lors d’une séance et dès lors je me suis libéré non de l’intérêt mais de l’obsession… par écrit ce serait trop long à expliquer mais Anselme les décrit très bien 😉
Geneviève : Oui tu as déjà parlé de ces régressions ce matin. Il faudra quand même nous en dire un peu plus. Là tu en as dit trop ou pas assez !
 Danièle : La régression … oui elle fait partie des thèmes du dernier roman tu abordes ce que l’on peut nommer « les sciences occultes », psychanalyse, régression, géobiologie, thème astral … outre la documentation sérieuse dont tu fais preuve, ta femme nous dit que toutes les expériences relatées ont été menées « en vrai » …

Geneviève : 👍

 Guy : j’étais persuadé avoir fait la guerre dans les tranchées et cette image revenait toujours dans mon sommeil… c’était compliqué… et quand j’ai découvert que je n’avais pas fait cette guerre car j’étais boiteux, mon sommeil s’est trouvé apaisé et l’image a disparu…
Danièle : et les autres expériences

Geneviève : Oui on veut savoir !👍

Geneviève : Ce matin je te parler d’écriture thérapie. Il semblerait tout de même qu’il y est un travail cathartique dans tes romans ?

 Guy : j’ai fait 5 séances régressives, je fus ouvrier dans le cuir au 19 ème par exemple, mais c’est un travail fatiguant… l’horoscope de mon héros est également surprenant car il correspond tout à fait au caractère d’Anselme et la géobiologie m’a fait découvrir des évidences en discutant après coup avec les uns et les autres sur différents épisodes de leur vie… par exemple un couple d’amis ne pouvant pas avoir d’enfant ont changé de chambre sur les conseils d’un sourcier et vlan, 3 filles sont arrivées… pas d’un coup… un enfant famélique est devenu costaud rien qu’en changeant d’endroit… pareil pour la mort subite du nourrisson… il y a un travail cathartique en effet…

Danièle : 😮  ! Dans « même le scorpion pleure » … Anselme y recherche opiniâtrement ses origines … cette intimité donne de la profondeur à ce roman. D’après toi, ne peut-on se construire sans connaître ses origines … déterminisme ou libre arbitre …

 Guy : ce thème je l’ai développé dans le choix de Victor en même temps que le thème du bonheur d’ailleurs… par hasard… et je place le libre arbitre en tête de mes revendications ayant, encore une fois été élevé dans  » de toute façon, c’est écrit »…
 Danièle : Et la résilience …
 Guy : en ce qui me concerne je connais mes origines mais le manque affectif fait toute la différence… la résilience c’est différent… je n’ai pas lu une ligne de Boris car je voulais la traiter à ma façon… la résilience c’est un état… en physique c’est la faculté qu’a un métal à reprendre sa forme initiale… pour Anselme c’est retrouverson état d’homme bien dans sa peau qu’il a enfin trouvé à un certain moment de sa vie lorsqu’il était à Chambéry…
 Guy : sorry pour les coquilles…

Danièle et Geneviève👍

Geneviève : Pas de souci ça fait parti du jeu 

 Danièle : Tu as parlé de ton intérêt pour la première guerre mondiale mais tu as aussi écrit sur l’après … était-ce dû à la spécificité du Bassin ? ou a ton intérêt personnel pour cette période ?
 Guy : dans Fausse Note je voulais rendre un hommage à Charles Rechenmann dont mon père ne cessait de me parler vers la fin de sa vie… quand il est mort j’ai repris les arbres généalogiques et les écrits, lu les Bienveillantes, Primo Levy, Hanna Arendt ( pas tout) La mort est mon métier de Robert Merle et j’ai envoyé Fausse note…

Geneviève : 👍 De  saines lectures

 Guy : là aussi l’intrigue policière quoique présente passe pour moi au second plan… excuse pour le polar…
 Danièle : C’est une histoire très touchante que celle du petit violoniste … comme dans les autres romans il y a l’histoire et la petite histoire
 Guy : c’est ça la vie recommence en se déguisant différemment à chaque fois…
 Danièle : Une dernière pour moi : Pour les non-Bordelais : Casteja c’est ce que sera le 36 pour les Parisiens après le total déménagement. Tu regrettes les vieux murs ?
Guy : oui Castéja est le commissariat principal de Bx… ils ont déménagé au début du 21 ème siècle… il est évident que je vis toujours un peu dans la nostalgie, je regrette les vieux murs et tant pis si je ne colle pas à l’actualité car d’autres le font et très bien d’ailleurs…

Guy devant feu le commissariat de Castéja de Bordeaux

Geneviève : 👍 je vois le genre !

 Guy : le roman c’est un voyage…

 Danièle : Merci Guy, pour ma part je n’ai plus de question.
Geneviève : J’aurai une question encore @Guy.
.Guy : oui chef…
Geneviève : J’aimerai savoir… Je vais revenir à l’enfant que tu étais. Ce pensionnaire a qui on a dit que tout été écrit. Il n’a pas aussi chercher dans l’écriture un échappatoire ? Une façon a lui de s’évader et de…,se rebeller.
 Guy : j’ai été … comment dire… allez, un peu castré par une attention trop précautionneuse sans doute de mes grands-parents ( ils avaient une grande responsabilité tout de même)… donc trop dans le coton ( je parle de 2ans à 10 ans) mes armes de défense se sont résumées dans l’expression corporelle et dans le sport où il faut dire j’excellais… ça suffisait à mon équilibre du moment car les résultats suivaient… je n’avais nullement besoin d’autres échappatoires pour être un petit centre du monde… par exemple jamais quiconque ne m’a cherché de noises… en pension j’étais adoré des curés (en tout bien tout honneur) et cela me suffisait… puis il y a eu la vrai vie et heureusement que j’ai rencontré ma femme ( un roc qui déteste les faux semblants, ce qui pose parfois des problèmes mais c’est tant mieux… il faut dire les choses… ce qui n’étais pas du tout le cas chez moi)… voilà maintenant je vais me couvrir parce qu’à poil il ne fait pas chaud … 😉
Geneviève : Il s’est perdu là le petit garçon en cours de route.
 Guy : pas tout à fait mais il a de nouvelles armes, il lui arrive de montrer les dents… mais le fond reste à tout jamais inscrit…
Geneviève : Et l’adolescent qui a pris sa place il a réussi à vivre et réaliser ses rêves ? D’ailleurs quels rêves avait il ?
 Guy : ça a mis du temps mais je voulais avant tout fonder une famille unie et ça c’est réussi…
Geneviève : 👍 C’est un chouette rêve en fait. Si tu le veux bien on va s’arrêter là ce soir. Restons sur ce constat positif.
 Guy : ce thème revient dans tous mes textes si tu regardes bien… la séparation familiale fut une déchirure et après ça dépend de la couturière…
Geneviève : 👍 je vois ! sinon…Ça va l’exercice n’est pas trop pénible,  ?
 Guy : pas facile de se livrer mais il faut être sincère… demain 8h30 ?
Geneviève : Pour être sincère tu l’as été. Même si parfois j’ai eu l’impression que tu disais les choses de façon elliptique.
 Aline : J’arrive à la fin de votre audition… oui demain 8,30 mais possible avant si ça l’est pour vous .
 Guy : l’ellipse je la pratique tout le temps dans mes poèmes… je la pratique beaucoup dans la vie courante, c’est pratique pour moi mais pas toujours pour les autres..

Geneviève : 😆 Oui pas toujours simple de te suivre et de suivre ta pensée.

Geneviève : Demain matin,  c’est @Aline qui sera au commande
 Guy : alors bonsoir Aline et à demain matin je fais ma gym à 7 heures donc on peut y aller à partir de 8 ça me va… 😉
Geneviève : 👍, je note 8h
Aline : Ok je serais là pour 8h
Geneviève : Moi normalement aussi.
 Aline :  👍
 Aline : À demain. Bonne soirée à tous.
Vu par Guy Rechenmann à 19:39Guy : 👍
 Danièle : Bonne soirée et Merci @Guy

Geneviève : Allez on met notre Suspect à l’isolement 

A demain tout le monde pour la suite de cette GAV !

Et nous les Flingueuses, on débriefe avec le reste de l’équipe !

2 réflexions sur “La GAV : @Guy Rechenmann sous le feu des flingueuses, épisode 2

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