Il est toujours minuit quelque part – Cédric Lalaury

Le livre : Il est toujours minuit quelque part de Cédric Lalaury Paru le 7 février 2018 chez Prélude. 15€90 ; (345 p.) ; 20 x 14 cm

4’e de couv : 

Et si votre secret le plus noir devenait un roman à succès ?

Bill Herrington est un homme heureux.

La cinquantaine approchant, mari et père comblé, il occupe un poste de professeur de littérature dans une prestigieuse université américaine. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes… Jusqu’au jour où il trouve dans son casier l’exemplaire d’un roman à sensation publié par un mystérieux inconnu : R. P. Kirkpatrick. Pas de quoi chambouler Bill.

À un détail près : il s’agit d’une histoire vraie. Celle d’un crime dont il était persuadé que personne n’en avait jamais eu connaissance. Sur une île qu’il aurait voulu oublier pour toujours.

Cet ouvrage envahit bientôt l’existence de Bill et contamine tout autour de lui. Sa vie paisible et confortable ainsi que son équilibre psychologique vont vite menacer de voler en éclats sous l’effet dévastateur de ce livre vengeur qui a réveillé tous les fantômes du passé.

Tu m’avais dit qu’après minuit c’en serait fini,
Que nos âmes tourmentées trouveraient le repos,
Mais tu te trompais, car rien ne s’achève à minuit, et ce moment
Sur le point d’arriver ne se produit jamais
Parce qu’il est toujours minuit quelque part dans le monde pour les criminels de notre espèce,
Et que c’est là le point indépassable de notre horizon.

William Shakespeare, Macbeth, IV, 4*.

L’auteurs : Cedric Lalaury est né à Montluçon. Après des études de lettres modernes à l’université Blaise-Pascal, il donne des cours de soutien à des élèves en difficulté. Admirateur d’Henry James, de Proust et de Stephen King, il se consacre désormais à l’écriture.

 

 

Extrait :
À présent, il se demandait comment il avait pu oublier ce regard intense. Pendant deux décennies, il n’avait plus eu de visage, de voix ni aucun trait particulier. Il était un fantôme, une silhouette informe endormie dans un coin de sa mémoire. Bill restait persuadé que s’il n’avait pas à nouveau fait irruption de manière si violente dans sa vie par le biais de ce livre, il n’aurait plus pensé à lui – sinon, peut-être, au moment de sa propre mort, à cette seconde ultime où tous les visages entraperçus au cours d’une existence se donnent rendez-vous, un peu comme au théâtre les acteurs d’une pièce viennent saluer le public une dernière fois avant que le rideau ne soit baissé pour de bon.

 

Le petit billet de Fanny

Il est toujours minuit quelque part, Cédric Lalaury, Editions Préludes,

ISBN 978-2-253-04560-1, 15.90€

 

L’histoire :

Tout semble réussir à Bill Herrington, un professeur de littérature quinquagénaire reconnu par ses pairs, mari et père comblé, jusqu’au jour où le roman de Richard Philip Kirkpatrick atterrit dans son casier de la prestigieuse université américaine. Pourtant, Bill était persuadé que le crime raconté dans l’ouvrage n’avait eu aucun témoin.

 Nouvelle lecture et nouvelle découverte d’un auteur français jusqu’alors inconnu pour moi. Sur la couverture, une accroche prometteuse d’Estelle Lenartowicz, « Lire » : « Un thriller psychologique impossible à lâcher » …

Et il est vrai qu’une fois commencée, cette histoire intrigue. L’auteur nous présente le personnage principal, Bill, sa vie fort peu trépidante, son environnement qui est loin de faire rêver, son job routinier de prof, exercé sans grande passion. Jusque-là rien de bien passionnant dans la vie de Bill. Mais bientôt,  la vie plan-plan de ce banlieusard privilégié va basculer dans une atmosphère de peur et d’angoisse permanente.

Bill reçoit un livre qui peu à peu va bouleverser son existence d’apparence si paisible. Ce même livre est également envoyé à tous ses proches. L’histoire narrée dans ce roman : la sienne ! Enfin plutôt, celle de son secret, vieux de vingt ans, presque oublié de lui-même et qu’il pensait disparu à jamais.

Qui est l’auteur de ce livre ? Qui l’envoie à ses proches ? Qui veut révéler au monde le lourd secret d’un crime à peine suggéré au fil d’une histoire qu’il ne connait que trop bien puisqu’il en a été l’élément clé ?

On suit dès lors Bill tout au long de ce qui ressemble à une brutale plongée dans les abîmes. Ses proches lui tournent le dos. Ses seuls alliés : Alan, une étudiante passionnée de littérature déterminée à l’aider et le soutenir, et l’auteur de ce livre maudit, Dick (R.P.Kirkpatrick) , dont l’histoire lui a été inspirée par une nouvelle lue lors d’un atelier littéraire qu’il animait.  Dick qui déboule dans sa vie et qui devient sa bouée de sauvetage alors qu’il traverse cette période trouble et douloureuse, noyé dans l’alcool.

Extrait page 199 :

« Bill ne lui en voulut pas. Il en convenait : l’image de la jeune femme héroïque qui sortait une vieille épave puant l’alcool de l’enfer des corvées ménagères avait quelque chose d’éculé, mais pourquoi rejeter une aide si gentiment offerte ? » 

Dans ce roman, on est confronté à la culpabilité, au déni, au mensonge qui sont autant de sentiments humains déjà douloureux individuellement mais terribles lorsqu’ils doivent être tous affrontés en même temps. Comment Bill va-t-il gérer cette situation inextricable alors qu’il ne peut parler de ce secret à personne ? Qui semble vouloir se venger de lui ? Qui veut lui faire payer pour ce crime sans témoin commis il y a si longtemps ?

Si vous voulez le savoir, alors je vous encourage à plonger dans cette histoire, n’hésitez pas.

J’ai aimé ce roman qui démarre doucement, au rythme de la vie monotone de Bill. J’ai aimé la montée en puissance à mesure que la vie de Bill part en lambeaux et que son univers qu’il croyait solide, s’effondre à vitesse grand V.

Cédric Lalaury manie le sarcasme à la perfection, il se joue des clichés des américains sur les français, il multiplie les clins d’œil à Stephen King et Henry James qu’il aime apparemment beaucoup même si les « écrivains » en général en prennent pour leur grade.

Extrait page 232 :

« Ecoutez Alan, je ne voulais pas vous heurter…

Tout ce que je voulais dire, c’est que vous devez faire attention avec lui : les écrivains sont souvent des vampires ou des charognards. Les êtres les plus égoïstes que la terre ait jamais portés. »

C’est bien écrit, c’est parfois drôle, souvent teinté d’humour noir, les personnages sont complexes et attachants.

Pour résumer mon sentiment, je dirais que j’ai passé un très agréable moment de lecture.

19 réflexions sur “Il est toujours minuit quelque part – Cédric Lalaury

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