Ces dames du noir Pépita Sonatine, une bibliothécaire papote avec une libraire

Ces dames du noir, une bibliothécaire papote avec une libraire,  Pépita Sonatine

 J’ai la chance aujourd’hui de recevoir Pépita Sonatine. Pour ceux et celles qui ne la connaisse pas encore, Pépita est libraire à Mont de Marsan à la librairie Lacoste. Mais c’est aussi une psychopathe du polar et organisatrice du salon Polar entre deux mers

C’est un peu aussi pour ça qu’elle est ici aujourd’hui.

Allez c’est parti pour un intérrogatoire « Dame du Noir »


GVL : Bonjour Pépita es tu prête à passer sous le feu des question ?

Pépita : Oui . Avec plaisir.

1ère Partie :

GVL : Alors pour démarrer tu pourrais répondre déjà  à ces premières questions ?

 Très bien,. C’est parti pour l’aventure avec les Dames du Noir !

 

 GVL : Tu es libraire mais depuis combien de temps exerces tu ce métier ?

 Si mes souvenirs sont bons, j’ai commencé le 13 juin 1983  pour être précise.

 

GVL : Et pourquoi l’avoir choisi ? 

 Pur hasard ! Job d’été à France-Loisirs dans la région parisienne.

Ce n’est pas vraiment le métier de libraire mais ça lui ressemble quand même beaucoup. Ma chef a voulu me garder, j’ai abandonné mes études de droit.

GVL : Quelles études as-tu fais pour cela ?

 Bac ES (Sciences économiques et sociales) et DEUG de droit, je voulais être avocate.

GVL : Ton boulot, vocation ou hasard  ?

Il me semble avoir répondu à la question précédemment : Par le plus grand des hasards.

Une petite annonce dans un France Loisirs au centre commercial de Belle Epine (92) où mes parents se rendaient régulièrement.

 

GVL : Quel a été ton parcours en librairie ?

7 ans à France Loisirs (Paris IVème et 1er ) puis arrivée à la librairie Lacoste de Mont-de-Marsan en 1989.

 

GVL :  Ensuite je veux bien que tu me parles de ton arrivée à la Maison Lacoste.

Maman d’une petite fille de 3 ans, je ne voulais plus perdre de temps dans les transports en commun et  rentrer tard le soir. Un retour aux sources dans la ville de mon enfance me semblait être la solution. 24h à peine après mon arrivée à Mont-de-Marsan, Mr Lacoste, directeur de l’époque, me proposait un poste de remplacement.

29 ans après, je suis fidèle au poste !

 

  GVL :  Et comment tu es arrivé à t’occuper du rayon polar ?

Nous sommes 2 libraires à gérer l’ensemble des rayons de  la Maison Lacoste , cela étant dit certains rayons nous font de l’œil plus que d’autres. Ma collègue étant plus littérature, le Polar s’est imposé à moi comme une évidence.

GVL : Comment choisis-tu les romans que l’on pourras trouver dans ton rayon polar ?

Nous recevons les représentants des différentes maisons d’éditions qui nous présentent les nouveautés des 3 mois à venir.

Dans un 1er temps, il y a « la grosse cavalerie », ceux qu’il serait inconcevable de ne pas travailler : Chattam, Grangé, King, Thilliez…

Ensuite viennent nos incontournables, les nôtres, ceux que l’on a aimé, ceux avec lesquels le rendez-vous annuel est devenu indispensable, comme une drogue. Il nous faut notre dose de lecture, notre kilo de pages à lire. Ma dose à moi c’est Barbara Abel, Ingrid Desjours, Karine Giebel, Claire Favan, Bernard Minier, Olivier Norek, Patrick Bauwen et tant d’autres….

Et puis, arrivent les découvertes… Les coups de cœur du hasard, les auteurs que personne ne connaît et que l’on aide à grandir auprès du public. Ma plus belle découverte, que personne ne connaissait , c’est Ingrid Desjours avec « Sa vie dans les yeux d’une poupée ». Mais il y a aussi Cicéron Angledroit, Laurent Loison, Nicolas Bleuglet, mes Bébés à moi.

Une belle complicité s’installe avec les auteurs, c’est une belle aventure à vivre.

GVL : Comment as-tu constituer ton fonds polar. Car il doit bien y avoir un socle de polar dans ta librairie en plus des nouveautés ? 

Je ne fais pas ce que je veux non plus. Question de budget et de place !

La durée de vie d’un livre est très courte, 3 mois en moyenne. C’est effrayant quand on songe au temps que cela peut prendre d’écrire un livre. Très frustrant pour les auteurs, sans aucun doute.

Cela étant dit, j’ai la chance d’avoir une place consacrée à mes « Lus et Appréciés par votre libraire », mes coups de cœur, mes préférés. Ceux-là auront la chance de rester sur mes étagères jusqu’à leur sortie en poche, environ un an.

2e Partie

GVL :  Depuis quelques années tu invitais régulièrement des auteurs en dédicace dans ta librairie mais pas seulement… tu avais monter un mini salon. Comment t’es venue cette idée ?

Quand Pépita est née sur facebook, j’étais loin d’imaginer que mon personnage deviendrait ce qu’il est aujourd’hui. Petite libraire du Sud-Ouest de la France, à Mont-de-Marsan, trou du c.. du monde, très mal desservi par la SNCF, très très loin de la capitale, et pourtant !

C’est en partageant mes lectures, mes coups de cœur, mes habitudes ( je pédale tout les matins avec un livre dans les mains…c’est ainsi que j’ai été repérée sur la planète FB ) que j’ai fait la connaissance de beaucoup d’auteurs et de lecteurs.

En 2013, j’ai eu un énorme coup de cœur pour Ingrid Desjours « Sa vie dans les yeux d’une poupée » Ingrid dévoilait chaque jour un carré de la couverture de son roman à paraître, j’ai joué le jeu à fond car j’avais lu le livre en avant-première (privilège de librairie), une belle complicité s’est installée entre nous. Je l’ai invitée, elle est venue !

En 2014, C’était au tour de Karine Giebel avec « Meurtres pour rédemption » de venir à notre rencontre avec son éditrice Céline Toulouze. J’ai crié si haut et si fort que ce livre était remarquable, que la France entière m’a entendu.

Suite aux succès de ces deux belles rencontres, j’ai eu envie d’aller lus loin. J’ai crée le « Salon Monde Mare d’sang » avec 10 auteurs à la clé mais pas des moindres Marin Ledun, Barbara Abel, Claire Favan, Bernard Minier, etc… J’ai vu arriver des gens de la France entière pour ce mini-salon, on a rempli 2 hôtels  pour l’occasion.

Un très joli succès et surtout un merveilleux souvenir pour nous tous.

 

La suite plus tard……

GVL :  L’an dernier avec quelques psychopathes tu montais un vrai premier salon. Racontes nous cette aventure.

J-6 Les Psychopathes du Polar peaufinent les derniers détails d’un salon qui , je l’espère sera à la hauteur de vos espérances.
Fargues-Saint-Hilaire prend des airs de scène de crime.
Les auteurs se préparent psychologiquement pour une journée polardesque exceptionnelle.
Nous ferons tout pour que ce samedi 12 mai 2018 devienne Le jour de fête du Polar.
Nous avons besoin de vous. On compte sur vous !

GVL : Dis moi Pépita, un salon c’est un sacré investissement en temps et en énergie, comment prépare-t-on un tel événement ?‌

C’est un travail sur l’année effectivement. Chacune son boulot même si nous sommes très complémentaires.
Marie Noëlle est notre trésorière,c’est elle qui gère le porte-monnaie mais aussi s’occupe de toute la paperasse,des demandes de subventions, etc.. Mais aussi de toute l’intendance sur place, des rendez-vous avec nos partenaires, Mairie, Ecoles, Bibliothèques. En ce moment, elle court partout pour distribuer les Flyers. C’est qu’il faut de l’énergie pour ça ! 
Il y a aussi Natalie Roca,l’adjointe à la culture qui fait un travail formidable avec son équipe pour que l’organisation soit parfaite.  
Moi, je gère les auteurs,  les attachés de communication. Je lance les invitations dès septembre et ensuite je négocie avec l’éditeur. Qui prend en charge quoi ? Qui arrive quand ? Seul ou accompagné ? Cette année, tout se complique avec la grève des cheminots que je respecte complètement mais qui nous mettent vraiment dans l’embarras. Stress des derniers jours supplémentaires dont nous nous serions bien passées.
Je m’occupe de la communication, présence sur les réseaux sociaux, création de dossier de presse. 
En bref, on ne s’ennuie pas. On se mail ou on se téléphone très régulièrement , voir quotidiennement. Un trio de Psychopathes solidaires et unies autour d’une seule passion : Le Polar.

Les bénévoles

GVL : Quel est le programme exactement , combien d’auteurs ?

Cette année encore un joli programme nous attend. Deux conférences vous seront proposées.
L’une sur le thème du roman policier pour la jeunesse animée par Marin Ledun, Danielle Thiéry et Jeanne Faivre d’Arcier. Elle se déroulera à partir de 11h.
La seconde, un sacré duo d’auteurs pour nous parler des sérails killers Claude Cancès et Stéphane Bourgoin.
Le Crédit Mutuel de Créon organisera un concours de dessin avec les enfants sur le thème du « Braquage de banque ».
Et surtout, séance de dédicaces toute la journée avec les auteurs présents sur le salon.

 

‌GVL :  Parles moi des partenariats, des sponsors.

C’est sans aucun doute ce qui est le plus difficile : trouver des partenaires.
Cette année nous en avons 17. Certains restent dans l’aventure depuis 2017, d’autres apparaissent.
Essentiellement Farguais, c’est Marie Noëlle qui les a convaincu de la viabilité de notre projet.Beaucoup d’entre-eux n’y croyaient pas vraiment. Elle a fait un énorme travail et y a consacré beaucoup de son temps.
Un grand merci à eux de nous suivre dans cette aventure !

 

3e Partie

GVL :  Sinon, Pépita, je ne résiste pas à te poser les questions rituel :

Alors  Quelle était la place du livre dans ton milieu familial ?

De mémoire, il y a toujours eu des livres à la maison.

4ème d’une famille de 5 enfants, je récupérais les bibliothèques roses et  vertes de mes frangines.

 GVL :  Comment était perçu le livre ?

Comme une récompense : tu travailles bien à l’école, tu as un livre en cadeau.

Le livre était synonyme de bons résultats à l’école pour progresser en français (vocabulaire, imagination, orthographe)

GVL :  Et toi quelques est ton rapport aux livres d’abord et à la lecture ensuite ?

Le livre est partout dans la maison et me suit partout dans la  journée. Des piles dans chaque pièce, des PAL à n’en plus finir. Cela me rassure, j’aime savoir qu’une pépite se cache dans un recoin de mon intérieur.

Quant à la lecture, c’est un mal nécessaire. Pas un jour sans lire,soit très tôt le matin, soit pause déjeuner et parfois même au cours d’insomnies polardesques.

GVL :  Pépita pourquoi le polar ?

Et pourquoi pas ?

Le Polar,c’est l’illusion d’être le “Mêchant”, réaliser des fantasmes en toute impunité. Et puis, lire un polar…ça va plus vite. Il y a une intrigue, on veut savoir. On ne lâche plus le bouquin. On mène l’enquête, on souffre avec les personnages, on frissonne. C’est comme un jeu de rôle où on se met à la place de chaque protagoniste de l’histoire.

GVL :Attention Pépita, question piège…. Comment définis-tu les littératures policières  ?

Addictives !

GVL : Piège bien évité même si je reste sur ma faim. Mais bon …

Donc pour finir dernières questions ! Alors…

Tes livres et polars préférés du moment ?

Du moment “Toutes blessent, la dernière tue” chez Belfond de Karine Giebel, sans aucune hésitation ! Un roman noir exceptionnel. Tama, jeune esclave de 9 ans,vous marque à vie et je défie quiconque d’être insensible à ce chef d’oeuvre.

Les livres qui ont marqué ma vie de libraire :

Meurtres pour rédemption de Karine Giebel (encore elle !) sans compter sur “Le purgatoire des innocents”

Le tueur intime de Claire Favan

Derrière la haine de Barbara Abel

Reflex de Maud Mayeras

Les yeux dans la vie d’une poupée d’Ingrid Desjours

L’apparence de la chair de Gilles Caillot

J’en oublie, la liste est longue….

GVL : Un coup de coup de coeur ( mais pas un bouquin ) et un coup de gueule à lancer. Je t’écoute !

Mon Petit Prince, le bijou de ma vie.

Coup de gueule ? Je n’aime pas balancer mes coups de gueule sur la toile.

Mais si je devais vraiment en donner un… je suis malade d’entendre que des petites filles comme Angélique sont assassinées par des récidivistes. J’ai du mal à admettre que cela soit concevable de nos jours.

Ces mecs là méritent le pire. Une paire de “couilles” en moins et la peine à perpétuité.

GVL : C’est ton dernier mot ? 

C’est presque dommage de finir ainsi notre conversation. Je plombe un peu l’ambiance, non ?

GVL : Normal l’actualité est plombante, cette histoire nous le rappelle malheureusement. Aussi pour sortir de cette ambiance pesante as-tu quelque chose à rajouter ?

Venez nombreux à Fargues-Saint-Hilaire au salon du Polar de l’Entre-deux-Mers le 12 mai.

On vous a concocté une journée de folie. 33 Auteurs au top ! Bernard Minier comme invité d’honneur et une joyeuse bande de bénévoles qui ne demande qu’à vous faire plaisir.
On compte sur vous !!!

 

GVL : Dis- moi j’ai une dernière question ! Peux-tu me dire Nathalie pourquoi tu te fais appelé Pépita Sonatine ?

I‌l y a 4 ans, Pépita Sonatine est née. C’est un personnage que j’ai crée et je suis restée au moins 2 ans sans qu’on sache à quoi je ressemblais. Je voulais rester anonyme.

C’est quand j’ai fait les salons « Monde Mare ‘Sang » que les photos sont apparues.

Alors Pépita  car dans mes souvenirs d’enfance c’était le nom d’un personnage de roman qui m’était familier et…

Sonatine à cause de maison d’édition éponyme  très connue pour ses romans policiers.

Le tout sonnait très bien. Voilà, tu sais tout….ou presque ! Un grand merci à toi. Bonne journée. Bisous

GVL : OK, alors …On en reste là Pépita ?

Non j’aimerai conclure en te disant : Merci à toi de ton soutien et de cette belle mise en lumière de notre association. Les Psychopathes du Polar t’en sont très reconnaissantes et j’espère qu’un jour, tu nous rejoindras à Fargues au salon du Polar de l’Entre-deux-Mers

 

 

Vous pouvez aussi adhérez à l’assos. Les psychopathes du Polar ICI

Ou les aidez ICI avec la collecte des psychophes du Polar

Ou mieux vous pouvez faire les deux

14 réflexions sur “Ces dames du noir Pépita Sonatine, une bibliothécaire papote avec une libraire

  1. Moi aussi quand je bossais bien à l’école j’avais une bédé en récompense !! Qui a dit que je n’ai pas dû en recevoir beaucoup ? 😆

    Bravo à Pépita (♫ Mi Corazón ♪) et à son beau parcours et toutes ses découvertes livresques dont nous avons dû bénéficier au travers des chroniques des autres.

    Au fait puisque la librairie est « Lacoste »: Que fait un crocodile mâle quand il croise un crocodile femelle ??? Il l’accoste ! 😆

    Aimé par 1 personne

  2. Oui la seule réponse c’est tous à Fargues samedi … la météo ne sera pas bonne alors autant se mettre à l’abri avec des potes !
    Bravo Pépita pour tout ce que tu fais et merci à ton équipe !
    A samedi !

    Aimé par 1 personne

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