Les encombrants – Jeanne Faivre d’Arcier

Le livre : Les encombrants de Jeanne Faivre d’Arcier. Paru le 17 février 2017 chez Milady dans la collection Milady Poche Thriller. 7€20 ; (323 p.) ; 18 x 11 cm.

4e de couv :

Elle mit bas au petit matin, sur la table de la cuisine. De violentes contractions l’avaient réveillée. Elle braillait à pleine gorge, elle pensait qu’elle allait mourir.

À Pigalle, le crime ne dort jamais. À l’heure où les rapaces croisent les oiseaux de nuit, le vieil Antoine trouve un nourrisson dans un meuble abandonné sur le trottoir et décide de lui offrir un nouveau foyer. Jusqu’à ce qu’un inconnu lui fracasse le crâne et lui enlève l’enfant. Le brigadier Muriel Hardy prend en charge une enquête où tout, étrangement, semble lui échapper. Dans ce quartier de malheur bat le pouls de la violence mais y répondent aussi, parfois, la justice et la solidarité.

 

L’auteur : Diplômée de l’IEP de Paris, Jeanne Faivre d’Arcier est chasseur de têtes pour l’industrie des cosmétiques, des produits de luxe, le monde des médias et de la communication.
Elle se partage entre Paris, où elle vit, à Pigalle, et le Cap Ferret, où elle trouve son inspiration face à l’océan et à la forêt landaise.
Les voyages lointains font, depuis toujours, partie de ses respirations. Elle a une forte attirance pour l’Orient, l’Inde et l’Asie du Sud-Est, pays de cultures mythiques et de forte tradition philosophique et religieuse. Elle a une prédilection pour l’hindouisme dont elle apprécie l’humour, l’irrespect et la poésie. Elle aborde les mythes et les légendes hindouistes au premier degré, comme des BD ou des dessins animés de Disney.
Ses livres sont fortement nourris de ses voyages et de ce goût pour l’Orient, au sens où l’entendaient les orientalistes du dix-neuvième siècle. Ses romans sur les vampires sont autant des récits fantastiques que des livres d’aventure, des dérives dans le temps et l’espace.
Elle adore les chiens, aime le sien, un terrier du Tibet, d’un amour totalement déraisonnable qui lui a inspiré le thème de son deuxième livre, Gengis Khan et le loup bleu.
Enfin l’une de ses sources d’inspiration récurrente est la transgression sexuelle. L’interdit est présent dans tous ses livres, qu’il s’agisse des romans consacrés aux vampires, de la biographie d’une chanteuse juive tunisienne brûlée vive par un amant éconduit, ou de son roman noir : L’Ange blanc s’habille en noir.
Lauréate du Grand Prix de l’Imaginaire, Jeanne Faivre d’Arcier est l’auteur d’une quinzaine de romans noirs et fantastiques, pour les adultes comme pour la jeunesse, qui lui valent d’être comparée à Anne Rice. Dans Les Encombrants, elle dépeint avec humanité, loin des clichés, un quartier de légende dont elle connaît d’autant mieux la faune bigarrée qu’elle y vit depuis plus de vingt ans.
Extrait :
« La mère Sadji est sur la mauvaise pente, ajoute la technicienne de surface. Sa boîte est devenue le repaire de petites frappes qui se battent et s’échangent de la dope et des filles peinturlurées comme des totems. Toute cette clique fait fuir la clientèle des fêtards aisés qu’elle voulait attirer en organisant des concerts ou des soirées privées. Résultat : elle doit plusieurs mois de loyer au propriétaire des murs, un Libanais installé à Bruxelles où il dirige plusieurs clubs huppés. Lorsqu’il se décidera à l’expulser, la rue fera une foiridon à tout casser, achève l’Algérienne avant de jeter une bassine d’eau sale dans les jambes d’un acteur et chansonnier nonagénaire presque aveugle qu’elle n’a pas vu arriver (il traîne un westie édenté, grisâtre et couvert de pustules au bout d’une corde à linge effilochée).
Le chien glapit, la Maghrébine s’excuse et le comédien, qui la croise tous les jours quand il se hasarde hors de chez lui en tremblotant sur ses cannes pour faire pisser son saucisson poilu, lui crie d’une voix aigre : « Et alors, la Kabyle téléphonique, je vous ai pas sonnée ! » Il s’éloigne à petits pas, modulant un rire gras d’asthmatique. Ulcérée, la femme de ménage le traite de vieux déchet. »

La chronique jubilatoire de Dany

Des personnages cocasses, une intrigue originale mais au-delà de tout, une chronique sur Pigalle qui nous fait découvrir la faune implacable et équivoque qui peuple cette eau trouble et une approche très sociale de la prostitution et aussi une ode à la solidarité …. C’est ainsi que se mêlent un faux médecin, un travesti, une ivrogne patente, un couple de danseurs, une apprentie peintre, des prostituées « Poulpe » ou « Rascasse », un couple de charognards, quelques flics et fliquettes qui cherchent leurs orientations sexuelles, quelques serveurs de bars louches et une flopée de chiens tous aussi barrés … Oui, une galerie de personnages tous plus barrés les uns que les autres, que ne renierait pas Nick Gardel … Un bébé abandonné dans une armoire destinée aux encombrants, puis une rixe, qui tourne mal et en fait un enjeu meurtrier ! Une jubilation à l’état pur, une découverte due au hasard d’une rencontre programmée dans un salon à venir …

Cette auteure, cataloguée souvent dans la catégorie jeunesse (5 romans), fantastique ou épouvante a commis à ce jour 15 romans dont certains inspirés par son goût de l’orientalisme. Avec « les encombrants » elle signe son premier polar pour adultes.

« Devinant qu’il cherche un dérivatif à ses pensées moroses, Pocahontas lui confie qu’à ses débuts elle travaillait à l’ombre des marronniers de la place Pigalle. Hélas, cette période bucolique avait pris fin lorsque des édiles municipaux à cheval sur la moralité avaient fait raser les arbres et ensevelir sous une chape de ciment la pelouse qui servait d’écrin à la fontaine centrale. La pièce d’eau a survécu aux bétonneuses, mais elle n’est plus en état de marche. De peur, sans doute, que les transsexuels défoncés à l’ecstasy qui fréquentent le Folie’s Pigallen’aient l’idée d’y faire trempette cul nu, histoire de se rafraîchir les circuits.
Le quartier perd son âme, tout change, tout se dégrade et le pire reste à venir, babille Pocahontas. »

13 réflexions sur “Les encombrants – Jeanne Faivre d’Arcier

  1. Pour les encombrants, nous avons « Bruxelles Brol » et ils passent pour les vieux brols (les vieux objets)… Ah mince, ce n’est pas un roman qui met nous éboueurs à l’honneur ! 😆

    Pas encore eu le temps de le lire, alors, je noyais le poisson 🙂

    Aimé par 1 personne

  2. Un grand merci pour cette belle chronique Danièle et une petite précison toyt de meême : Les Encombrants n’est pas mon premier roman noir. j’en ai écris trois autres : l’Ange Blanc s’habille en noir publié par l’Atalante en 2001 « Les Yeux de cendre ( le Cherche-Mid 2006  » et Les Passagers du Roi de Rome » ( Le Rocher 2008) deux romans noirs se déroulant sur le bassin d’Arcachon qui ont lancé une vague littéraire sur ce lieu avec des publications plus ou moins heureuses.

    Aimé par 2 personnes

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