GAV @Romain R Martin sous le feu des flingueuses, 3ème audition


La GAV : @Romain R. Martin sous le feu des flingueuses

Episode3

Lundi 25 juin

On poursuit la Garde à vue de monsieur Martin

3e interrogatoire par Ophélie


La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé)

Allez place à suite de la GAV de monsieur Martin

Lundi 25 juin 19h58

 

Oph : Toc toc…Romain es-tu prêt pour cette troisième audition ?

Ge : ðŸ‘

Romain : Oui !

Ge : Je serai là aussi derrière la vitre teintée

Oph : Parfait !

Avant de commencer, avocat or not avocat ? (Ben oui la législation évolue )
Je ne voudrais pas que la procédure soit caduque et frappée de nullité 

Romain : Je pense pouvoir assurer ma défense, not avocat 

Oph : Ok Alors on y va
Tu as beaucoup parlé de toi, ton passé, la personne que tu es, avec mes copines flingueuses. Nous allons nous concentrer davantage sur ton « Vermines »

Romain : Entendu

Oph : Arnaud, ton personnage principal est particulièrement cynique et asocial. Nous avons vu dans tes auditions précédentes que tu étais quelqu’un d’assez sombre. Y-a-il une part de toi dans Arnaud ?

Romain : J’ai lu que dans tous les premiers romans, les auteurs y plaçaient beaucoup d’eux. Plus que dans les autres. Je pense ne pas déroger à la règle, oui, il y a de moi dans cet Arnaud.

Oph : Quelle(s) partie(s) de toi ?

R : Vous savez, c’est comme les fous, seuls eux ne savent pas qu’ils le sont. J’ai d’horribles points communs avec lui, à la différence notable que moi je sais les avoir et peut-être donc les combattre. Je pense être trop cynique, trop sombre et méprisant parfois. J’ai essayé avec Arnaud de faire ressortir tout ce qu’il y a de plus vil en nous. Il est un condensé de tout ce qu’il y a de plus repoussant chez l’homme. Je dirais le cynisme et cette faculté à tout voir dans l’obscurité.
Un coté chaotique également.
En revanche, il y a beaucoup de points que je ne partage pas.

Oph : C’est vrai qu’il est détestable…  Enfin je dis ça mais j’ai adoré le détester… sans doute parce que son humour, bien que cynique, lui apporte un côté lumineux ou en tous cas attachant
Quels points ne partages-tu pas avec lui du coup ?

R : Sa lâcheté, son injustice, le fait qu’il soit fort avec les faibles et faible avec les forts. Ce sont les deux points principaux que je ne partage absolument pas, enfin, j’espère (rires)

Oph : Effectivement ça le caractérise beaucoup ! Et tu me vois ravie de savoir que tu ne partages pas ces traits de caractère là avec lui !
Arnaud est taxidermiste, pourquoi lui avoir choisi ce métier ?

R : Pour synthétiser, comme je vous le disais, j’ai voulu trouver un métier à forte charge émotionnelle. On a tous des images qui viennent en tête à l’évocation de la taxidermie.
Il y a un rapport à la mort, fut-il avec des animaux. C’est aussi inquiétant que fascinant.
J’aime ce qui ne laisse pas indifférent, et la taxidermie est un vaste sujet, sorte de métier hors du temps, artisan de la mort, voilà

Oph : Je ne sais pas si on a tous beaucoup d’images en tête en pensant à ce métier, en dehors de l’animal empaillé à la fin, peu sur les techniques.
En revanche oui le côté morbide et artisan de la mort noircit encore le personnage.
Plus généralement comment as-tu construit tes personnages?

R : Je les ai tous écrit sans y réfléchir, c’est venu comme ça,
Petit à petit, ils me sont apparus

Oph : aucune fiche, aucun fil conducteur alors ?

R : Non, si ce n’est la volonté que chacun contre balance le précédent
qu’il y ait possibilité de ressorts comiques

Oph : Quand ils te sont apparus, comment as-tu fait pour les apprivoiser ?
Leur as-tu donné des caractéristiques de proches ou pas du tout?

R : Il y a dans tous ces personnages, tout ce qui j’ai pu rencontrer de grotesque et de vil chez l’humain. Les attitudes, l’habillement aussi, c’est une sorte de zoo de l’étrange.
Je voulais que ça soit autant visuel que profond … la forme et le fond
Ils sont des condensés, des absurdités sur pieds

Oph : J’adore ! C’est effectivement ce que l’on ressent à la lecture… un côté très glauque, parfois absurde, voire dérangeant… D’ailleurs Vermines a beaucoup fait parler lors de sa sortie, autant en positif qu’en négatif de part ce côté caustique. Comment as-tu vécu cet accueil ?

R : J’ai trouvé l’accueil très bon, la majorité des chroniques m’apparaissaient bonnes comme encore aujourd’hui. Je n’ai pas souvenir d’un mauvais accueil. On ne m’en a rien dit.
Personne n’est jamais venu me voir en me disant que mon petit livre était mauvais.
Du coup, je le vis assez bien
pour te répondre.

Oph : Je n’ai pas dit mauvais… Il y a eu des avis négatifs de part ce côté malsain et dérangeant, je t’avais d’ailleurs fait la remarque à Nemours 
C’est d’ailleurs ce qui m’a donné envie de le lire.
Dans négatif je ne m’entends pas mauvais, loin de là… je ne parle pas de la qualité d’écriture (on y reviendra après) mais du malaise à la lecture justement parce que tu as très bien su rendre l’univers de ton roman « palpable »

JP :  ðŸ‘

Oph : D’ailleurs puisqu’on en arrive à l’écriture et à ton style.

R : Je me souviens que tu me l’ais dit, je n’esquive absolument pas la question, mais sincèrement personne ne me l’a dit. J’ai en mémoire une seule critique qui irait peut-être dans ce sens
De mon point de vue, l’accueil a été très bon, vraiment. Au-delà de mes espérances.

Oph : Je ne doute pas que tu ne cherches pas à esquiver 
Et tu sais ce que je pense, je suis vraiment ravie pour toi
Je disais donc sur le style … Deux questions :

R : Je t’écoute

Oph : La première : tu nous as dit ne pas avoir lu depuis longtemps, pourtant au début de chaque chapitre de Vermines il y a une citation, littéraire d’ailleurs, pourquoi ce choix et comment as-tu choisi ces citations ou extraits
?

R : J’ai une grande passion pour les citations, je les collectionne et essaye de les apprendre par cœur. Je trouve qu’en peu de mot, on peut atteindre le vertige.

Aline : ðŸ‘

R : j’ai donc regroupé celles qui

Oph : C’est assez paradoxal avec le fait de ne pas lire non ? Qu’en penses-tu?

NDLR****** pas de réponse en suivant 

R : me paraissaient les plus adéquates pour chaque chapitre, et parfois l’inverse
J’écrivais le chapitre en fonction de la citation.
Oui, ça peut être vu comme une originalité de plus
Je ne suis pas de fil conducteur
et

Oph : C’est vraiment surprenant, d’autant plus que tu as choisi des citations d’auteurs très classiques de Dostoïevski à Platon en passant par Voltaire..

R : du coup pour moi qui ne suis pas du monde littéraire, je n’ai pas même pensé à cette cohérence
En tous cas, pour moi, outre l’originalité, c’est cohérent et renforce le « message » ou le sujet abordé dans le chapitre
Oui, je ne lis pas, mais je m’informe quand même. Je lis des articles, je suis « connecté »
et j’ai lu avant

Oph : Un geek  En tous cas on sent une marque…

Ma seconde question sur le style est la suivante : Tu as dit avoir assez mal vécu le fait de ne pas avoir le BAC. Et pourtant, sans te brosser dans le sens du poil, tu as un style très littéraire, tu uses de métaphores bien construites et de phrases qui font « mouche ». D’où te vient ton appétence pour ce style et l’as-tu travaillé ou est-ce que cela te vient naturellement ?

R : C’est toujours un peu délicat de répondre à ce genre de question. Oui, c’est naturel chez moi. Mon éditrice pensait d’ailleurs que j’étais journaliste ou quelqu’un gravitant dans les sphères littéraires. Absolument pas. Je pense que tiens ça de mon éducation et que je suis la somme de mes parents.
Ma mère est une grande lectrice
Et mon père est artisan…
(rires)
J’ai un amour des mots, du sens et même de l’esthétisme d’une phrase

Oph : Tes parents parlent en métaphores ?  Je te taquine…
Mais tu as un vrai don de ce côté. J’ai vraiment pris mon pied (pardon) en lisant certaines d’entre elles ! Ton amour des mots se ressent à la lecture. 

R : Très jeune, j’avais une grande admiration pour les tribuns, pour les gens de lettres, ceux qui manient les mots avec aisance, qui les font danser comme si de rien n’était
J’aime la langue française éperdument, l’oral surtout

Oph : Vraiment bravo parce qu’user sans abuser de métaphores, sans tomber dans des lieux communs ou sans que ce ne soit pompeux c’est un tour de force !
Les tiennes se fondent totalement avec l’ambiance de ton roman. 
Je comprends mieux alors si tu t’inspires ou en tous cas te nourris de ce genre de personnes. Cet amour est tout à ton honneur

R : Je t’en remercie

Oph : Mais de rien

R : et puis, il fallait pour le ressort comique, un fossé entre le cru et le martial des mots

Oph :  Tu as choisi la Creuse comme cadre géographique… pourquoi ce choix ? Appuyer sur le côté glauque ?
Parce que perso ce département ne me fait pas rêver

R : oui effectivement ça donne de l’épaisseur
J’ai choisi la Creuse parce que malheureusement, c’est un département oublié, et l’un des plus pauvres de France. Je l’ai choisi aussi par affection pour le monde rural mais je ne voulais pas que mon récit se passe en Normandie, ma région natale.

Oph : Alors tu vois, pour moi ça renforce le côté triste et glauque… ta campagne normande est superbe… (j’ai de la famille en Normandie )
La Creuse a un côté déprimant je trouve, comme la Beauce (qui pour le coup n’est pas pauvre…)
Ce côté vide… brrrrr

R : Oui, c’est très juste, tout ceci provoque chez moi de l’empathie

Oph : Tu aurais choisi la Normandie je n’aurais pas eu autant ce sentiment de malaise

R : j’aime voir les étoiles dans les yeux de ceux qui me disent connaitre ou habiter Bourganeuf

Oph : Empathie par rapport aux habitants?

R : Une empathie pour la France périphérique et plus précisément pour le monde rural. Oui les habitants. Je suis né à Vire

Oph : Pourtant même si tu sites leur ville, les aspects petit village, on ne peut pas dire que tu en donnes une image flatteuse…
Cites pardon ! Grrrr de correcteur !
Après je pense que c’est lié aussi à l’histoire

R : Il faut voir mon traitement comme quelque chose d’affectif, comme le fait par exemple Groland
il y a en réalité beaucoup d’amour
je peux développer si tu le souhaites.

Oph : Ok je comprends même si, pour ma part, je n’ai pas eu cette deuxième lecture…
J’ai vraiment repensé à ma campagne beauceronne (j’ai vécu plusieurs années à Chartres), au mal être des gens (d’une partie de la population rurale) où tu as moins de « troc » et de contacts entre voisins qu’en Normandie
Donc oui développe si tu veux bien, parce que ça n’a pas été flagrant pour moi. 

R : Disons que lorsque l’on se sent proche du milieu rural, petit mes parents avaient des moutons et nous vivions dans une maison en pierre, on se sent plus légitime pour se moquer, c’est purement affectif.
J’ai passé mes vacances parfois chez oncles et tantes à la campagne, il n’y aucun mépris de ma part, aucune volonté de nuire.

Oph : Je comprends ce que tu veux dire...

R : Pour te répondre clairement, je ne suis pas un parisien qui se moque des gueux.
Non, j’ai rencontré ces personnes, et j’ai voulu en faire un divertissement, un divertissement excessif, subversif, corrosif, tout à l’excès parce que je suis une personne excessive
(rires)

Oph : Je vois oui… et la ch’ti que je suis comprends tout à fait !
Effectivement tu as pris le contrepied total et de manière très poussée!
Pourquoi avoir choisi « Vermines » comme titre pour ce roman? Même si j’ai ma petite idée…
L’excès n’est pas mauvais, il est un guide dès lors qu’on le maîtrise 

R : Je parlais tout à l’heure de l’esthétisme des mots, je trouve que VERMINES cogne juste. On a cherché avec Nathalie quelque chose qui soit très efficace avec la couverture.
Nathalie est mon éditrice chez Flamant noir

Oph : Ce n’est pas efficace qu’avec la couverture… ça colle très bien à Arnaud aussi

R : C’est un mot lourd de sens et très beau … « tout ce qui est dégueulasse porte un joli nom » …c’est une chanson

Oph : Tu viens de l’apprendre quelque chose !

R : De Jean-Louis Foulquier
je t’invite à l’écouter

Oph : Je le ferais avec plaisir !
Je ne veux pas entrer plus en profondeur sur le roman en lui-même parce que je ne veux pas ôter le plaisir de la découverte aux futurs lecteurs!
Si toi tu devais en quelques mots présenter ton livre, comment le ferais-tu pour titiller la curiosité du lecteur?

R : Je dirais que Vermines est un thriller campagnard hors norme, hors cadre. Qu’il y a une volonté d’écrire un roman amusant et sombre, mêlant littérature noire et le cru des choses.
Je dirais que j’ai voulu faire une expérience littéraire, après je ne sais pas si j’ai réussi.
J’ai voulu écrire un roman qui ne laisse personne indifférent, en bien ou en mal.

Oph : Je valide… sauf que tu ne dois pas dire « je ne sais pas si j’ai réussi » 
Non seulement c’est réussi mais en plus il me tarde de lire le second et de retrouver ton style!
Effectivement Vermines ne laisse pas indifférent…
Tu le sais déjà mais personnellement j’ai adoré!

R : Je travaille très sérieusement sur le second actuellement. Je pense que ceux qui ont apprécié Vermines, aimeront beaucoup le prochain

Oph👍

R : Merci à toi, ça me flatte et ça permet chaque jour d’écrir

Oph👍

R : j’écris pour lire ce genre de choses

Oph :  ðŸ‘

R : ça aussi, ça permet de tenir.

Oph : Dans quel sens ? Par rapport aux écorchures que tu évoquais ce matin ?

R : Et bien, l’écriture est une école de l’humilité et de la patience. Curieusement, ce ne sont pas mes principales qualités, enfin du moins avant. Alors, j’ai besoin de me sentir épaulé dans ma tâche
Oui, c’est exactement ça

Oph : Et notamment par tes proches en plus de tes lecteurs ?
sans retours, sans support, je ne ferais pas grand-chose

R : Oui, que mes proches soient fiers de l’entreprise dans laquelle je me suis lancé est une chose essentielle pour moi.

Oph : Pourtant, si je peux me permettre, tu n’as pas que la littérature comme support. Tu as un rapport à l’image artistique très fort aussi, en tout cas de ce que je ressens en te suivant sur les réseaux sociaux.
Pour tes proches, ça se sent et je pense qu’ils doivent être fiers de toi et de ton parcours

R : J’ai besoin, comme tout à chacun, d’être validé par ceux qui savent et qui lisent

Oph👍

R : comme chaque auteurs, je voulais dire.
ahaha, la garde à vue commence à me faire perdre le fil

Oph :  Ceux qui lisent ne savent pas forcément… il y a beaucoup de paramètres à prendre en compte… un lecteur n’en n’est pas un autre… et quand tu sors du commercial c’est plus difficile…
Mais te concernant c’est réussi!

R : L’esthétisme est une chose très importante chez moi

Oph : Pardon pour le fil! 
Tiens je te le rends 

R : c’est toujours cette idée, cette quête du fond et de la forme
allié le visuel avec le profond

Oph : Eh bien Romain, très sincèrement c’est réussi… Vermines est autant visuel que littéraire et bravo

R : Je passe beaucoup de temps, par exemple, juste pour la mise en page, comment les mots se succèdent
l’apparence générale de la page.

Oph : Soucis du détail…

R : Oui, c’est d’ailleurs pour ça que Vermines est court
Merci encore à toi, ça me fait très plaisir

Oph : Court mais un concentré de plaisir… sincèrement
Plus long il n’aurait pas la même saveur… 

R : Oui, et il se serait dilué. Je pense.

Oph :  Je pense aussi
Pour ma part j’ai terminé de te torturer 
Mais peut être que d’autres flingueuses ont des questions à te poser sur ce que nous venons de dire ?
Les flingueuses ?

R : J’ai essayé, encore une fois, d’être sans langue de bois et le plus franc possible.

So : Merci pour ces échanges, pour ma part je poserais les questions demain

Oph : C’est parfait Romain ! Et on ne te ménage pas en plus…

R : Pour un auteur, c’est très plaisant. J’ai beaucoup de chance, je ne pensais pas un jour effectuer cet exercice

R : Merci à vous

Ge  : Oui un exercice de style là aussi cette garde à vue.

Eppy – Fanny : Bonsoir Pt Loup

Oph : J’espère que tu n’es pas trop fatigué pour autant! Tu es un auteur, un vrai 

Eppy : j’étais derrière la vitre

Oph : Apprends à te faire confiance Romain  

Romain :

Oph : Coucou Fanny Eppy

Ge : Et tu as des questions Fanny Eppy

Eppy : J’ai gardé en mémoire l’essentiel de nos échanges en tête à tête et en retrouve la substance ici,
Coucou ma Blondie

Oph :

Eppy : Je ne veux pas empiéter sur l’intervention de So

Romain : Demain 13h ? est-ce bien cela ?

Oph : Eh bien Cheffe Geneviève,  je crois que nous pouvons libérer Romain  pour ce soir non?

Eppy : Du coup pour éviter d’empiéter sur ce qu’elle souhaite aborder

So : 13h si c’est bon pour vous

Ge : Mais tu peux intervenir sur ce qui a été dit là

Romain : j’ai juste une question

Oph : On t’écoute

R : j’ai le sentiment d’avoir tout dit

Eppy : à toi de jouer

Ge : Tiens les rôles changent 

Romain : qu’en pensez-vous ?

So : Tu peux Eppy Fanny, , il n’y a rien de figé, aucun problème

Oph : Tu en as déjà beaucoup dit oui, mais Sofia a sans doute d’autres questions pour compléter le tout…
Ce sera peut-être plus court…
Mais les Flingueuses sont surprenantes et ont de la ressource côté questions 

R : Aucun souci

Eppy : Romain je retiens majoritairement une soif de reconnaissance, celle de ta mère que tu as cité

Eppy : Elle en particulier.

Oph : Oui… je suis d’accord avec Fanny Eppy

Romain : Ma mère est veuve depuis peu, et j’ai le sentiment que je lui dois bien ça. Qu’elle soit fière.

Eppy : Si je suis indiscrète et vais où tu ne souhaites pas tu m’éjectes sans soucis
C’est effectivement légitime.

R : Elle aurait voulu écrire, alors étant une prolongation d’elle, j’accomplis un peu son rêve

Oph : Toi aussi tu peux être fier de toi et du parcours accompli…
Et c’est très beau ce lien… cette prolongation que tu évoques

Eppy : C’est plus clair. Lorsque nous avons échangé (je ne t’ai tjrs pas lu) nous avions parlé des cases qui nous saoulaient et que nous fuyons. Et je suis surprise de ne pas avoir retrouver ton côté rebelle ici
pourtant autant affirmé que ton humour caustique que j’adore

R : Parce qu’il déborde du livre, que j’en ai peut-être pas besoin. L’écriture à ce mérite également

Romain : On a moins besoin d’en rajouter, tout est déjà là. le côté rebelle, j’entends

 Merci à toi

Eppy : Justement ce fameux côté rebelle (que j’apprécie tu le sais) l’as-tu largement exprimé dans tes jeunes années,
Et l’écriture serait-elle venue canaliser ce bouillonnement

R : Oui, j’ai largement profité de la vie et de ce qu’elle peut proposer, j’en abuse encore parfois, je suis garçon libre de 39 ans

Eppy : c’est de ton âge puisque toujours du mien

R : un peu immature, un peu foufou. J’aime m’amuser de la vie

Oph : L’abus n’est qu’une vue de l’esprit, de normes établies par d’autres… ce qu’il l’est pour l’un ne l’est pas pour l’autre…

Eppy : oui mais la tendresse est perceptible dans les échanges que tu as aux autres

Eppy : et dans le regard que tu leur portes

R : Oui, j’ai une empathie naturelle, je ne me force pas. Je ne joue pas avec les gens

R : c’est encore une fois, mon éducation. J’ai été élevé dans le respect de l’autre, et surtout des plus faibles

Eppy : une dernière question : d’où te viens cette lucidité, cette capacité d’analyse et de dissection que tu portes sur notre monde ?

R : Après, c’est un délice de tout faire voler en éclat le temps d’un ouvrage

Eppy : ah la transgression

R : Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été dans l’introspection.
la sociologie me passionne, les pourquoi, les comment. Ce qui conditionne les êtres, leur rapport aux choses
Tout ceci façonne une personnalité pour le moins singulière

Oph : Unique… comme ton Vermines 

 Romain : Danke

Oph : de rien

Eppy : Nous avions échangé sur ces points et je souhaitais partager avec les autres

Oph : merci 

R : tu as bien fait

Eppy : Je te remercie

R : c’est moi qui te remercie, qui vous remercie toutes

Eppy : Je garde quelques munitions
Te fais de gros bisous

Oph : On va te laisser te reposer maintenant… c’est éprouvant!

Eppy : Et bisouilles les flingueuses

Oph : Merci Romain  pour ce temps que tu nous accordes, ton honnêteté et ta confiance

R : Je vous embrasse les Flingueuses, à demain 13h So

So : Belle et douce soirée à tous. A demain Romain R. Martin

Bonsoir à tous.

Oph : Bisous Romain et on se voit très vite 

Sylvie : belle nuit Romain

R : Bonne nuit et encore merci !

Oph et So ðŸ‘

Ge : Vous êtes bien bienveillantes les flingueuses avec notre prévenu. Aussi il est plus que temps que je mette fin à cette troisième et avant dernière audition.

 Romain, Eppy et Oph : ðŸ‘

R : ahahah

JP et Oph😍

Ge : Alors fin de la Garde à vue, en ce retrouve demain 13h pour le face à face entre So et Romain.

Mais t’inquiète So, pour ta première GAV, nous serons là derrière la vitre teintée et dans l’oreillette !

Et à demain !

GAV @Romain R Martin sous le feu des flingueuses, 2ème audition


La GAV : @Romain R. Martin sous le feu des flingueuses

Episode 2

Lundi 25 juin

Suite de la Garde à vue de monsieur Martin

2e interrogatoire par Miss Aline


La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé)

Allez place à suite de la GAV de monsieur Martin

Lundi 25 juin 09:47

 

Aline : Bonjour Romain. Si vous êtes prêt on peut commencer.

Romain : Je le suis !

A : Vous vous consacrez pleinement à l’écriture. Avez vous des rituels ? Des temps pour écrire ? Des endroits ? Ou c’est n’importe où , n’importe quand ?

R : Mes séquences d’écriture démarrent aussitôt levé. Quand l’esprit est en ébullition, le cerveau reposé. Je n’écris que dans mon salon à bougie, en tapant à deux doigts sur un tout petit clavier. Je ne peux écrire qu’ici, dans mon salon. Mais, je prends régulièrement des notes sur mon portable. En ce qui concerne les horaires, je ne respecte aucune discipline, je peux me lever à 14h, comme à une heure du matin.

1 heure du matin, avec une bougie »

A : Belle ambiance. À la bougie ! C’est pour la concentration (avoir un univers restreint par ce petit cercle de lumière)?

R : Exactement, le climat, l’ambiance est essentielle. J’aime mettre également de la musique, ou rester dans le vertige d’un silence absolu. Tout dépend de ce que j’écris. Le mystique est source d’inspiration.

La bougie aide beaucoup en cela.

A : Je suis d’accord

R : Les encens également ! 🙂

A : Pourquoi écrire ? Qu’est que vous cherchez dans l’écriture vous qui n’êtes pas un lecteur assidu ?

Est ce que vous écrivez les histoires que vous auriez aimé lire ?

R : Comme tous les auteurs, de la reconnaissance. Celle de ses paires. Plus personnellement, il y a une volonté de se prouver que l’on est capable aussi d’écrire une petite histoire. C’est important de finir ce que l’on commence. On écrit pour exister aux yeux des autres.

Comme toutes démarches, ce sont les autres qui vous font exister. Oui, écris ce que j’aurais aimé lire. Tout à fait. J’écris »

A : La reconnaissance de ses pairs .. vous parlez du monde littéraire ou de l’ensemble des personnes qui vous entourent ?

R : De l’ensemble, des proches, des inconnus, des professionnels, des amoureux des mots.

A : Il y a d’autres façon d’exister, d’avoir la reconnaissance alors pourquoi écrire ?

R : Parce que lorsque l’on n’a pas le BAC comme moi, le premier réflexe est de se diriger vers ce qui vous semble le plus accessible dans l’immédiat … ouvrir une page blanche WORD … c’est accessible à tout le monde

A : Ça vous réussi plutôt bien .

R : c’est une porte vers autre-chose, que le tout monde peut emprunter

Le temps le dira, j’espère 

merci

A : Vermines c’est la taxidermie. C’est pas banal comme thème pour commencer dans l’écriture . Pourquoi ce thème ?

R : J’ai beaucoup aimé plus jeune le film TAXIDERMIE. Et j’avoue être fasciné par ce type de travail. J’ai beaucoup regardé de reportages, je me suis intéressé aux types d’hommes qui exercent cet artisanat.

L’idée était de trouver quelque chose, un métier hors du temps. Original, contesté aussi

Aline : ðŸ‘

R : que son évocation suscite déjà quelque chose chez les lecteur.

Aline : ðŸ‘

dans l’insconscient collectif, la taxidermie soulève déjà des émotions, des questions

Aline :  ðŸ‘

A : Quand vous dites qu’un auteur heureux n’écrirait sans doute rien. Vous pensez que pour être un (Bon)auteur il faut porter des blessures, des failles ?

R : Je pense que l’histoire de l’Art, selon moi le prouve. C’est mon avis

A : Vous pouvez développer ?! Un bon auteur c’est un auteur en souffrance ?

R : Il faut être écorché un peu je pense pour vouloir se mettre ainsi à nu. Les expériences en elles-même ne suffisant pas. Je pense oui, qu’il faut avoir des blessures de guerre, des failles comme vous dites. Être humain, en somme. Je suis toujours très méfiant de voir les gens heureux de notre époque.

ALine : ðŸ‘

R : Oui, je le crois. Il faut souffrir. Écrire c’est de la souffrance et du fun. Un subtile mélange

A : Que cherche t il , cet auteur en souffrance, une sorte d’extériorisation ? Cherche t il a aller mieux ou juste à se nourrir de son mal ?

R : Exister, que tout ceci fasse sens. Être mal pour être mal n’a aucune raison d’être. En revanche, on peut avoir une démarche constructive de son mal-être, écrire en est une.

Faire rire, amuser, réfléchir, tout ceci est positif et l’écriture le permet.

Le mal n’est qu’un moyen pour aller mieux 

A : Certes .

Écrire pour « guérir « . Vous allez mieux depuis que vous écrivez ?!

R : Oui et non. Disons que l’on gagne de la confiance en soi. Mais tout ceci met également en lumière que malgré l’estime que peuvent avoir certains lecteurs pour soi, c’est soi-même que l’on doit aimer.

Il faut s’aimer soi, c’est une tache difficile.

A : Oui ce n’est pas tâche aisée. Auteur à temps plein , quelles sont vos soupapes, vos sas de décompression : sport etc ?

R : Comme je le disais, je consomme énormément de cinéma et de série. Mais à l’heure actuelle, je passe le plus clair de mon temps à faire vivre ce premier roman.

J’aime aller me ressourcer en Normandie ou en Corse

La musique également est une chose qui me permet de tenir, j’écoute beaucoup de musique.

A : Il a une belle vie ce roman.La musique vous permet de tenir , par rapport à quoi ?

R : Par rapport à ma condition humaine, sans employer de grand mot, vivre est une tache difficile.

Il faut tenir, le monde est trouble. Je pense que quiconque a un tant soit peu de sensibilité le ressent, le monde est dur, l’époque est cruelle.

A : Pas pour le commun des mortels qui se « contente » de vivre (ou survivre) dans ce poser de questions .

R : il faut tenir fasse à cela. C’est certainement mon principal défaut, je me pose beaucoup de questions.

A : Votre expérience de flic vous a sûrement apporté une certaine vision et approche du monde.

Et pas que le bon côté . C’est toutefois un métier tourné vers les autres . Votre empathie vient de là  ?

R : Durant mes 5 ans comme réserviste police nationale à la Préfecture de Paris, j’ai pu effectivement consolider mes pensées, voir et me frotter au réel. C’est une expérience importante. On oublie pas les femmes violées, les agressions, ces petits vieux frappés, les pleurs, les angoisses de notre société moderne.

Oui, les gens m’intéressent. Avant cela, j’ai été bénévole pour la police nationale, je rendais visites aux personnes âgés.

A : Je n’en doute pas. C’est ça que vous portez en vous et qui vous nourri pour être l’auteur que vous êtes aujourd’hui ?

R : Je dirais que j’étais déjà ainsi avant, mais que la police, les horaires, le sérieux m’ont aidé à me poser devant une page blanche.

A : Je veux parler de la noirceur du monde.

R : le coté scolaire. C’est une lutte contre soi-même d’écrire. Avant je n’aurais pas pu avoir cette discipline.

J’aurais certainement abandonné.

A : Vous auriez pu poursuivre cette route pourquoi en changer. Vous lutter contre quoi (d’intérieur ou pas) pour vous lancer dans l’écriture.

R : Parce que n’ayant pas le BAC, je n’avais le droit qu’a des missions subalternes et un contrat de 5 ans. J’avais envie d’autre chose.

La première motivation est de réussir quelque chose de peu commun, de tenter comme je vous le disais d’écrire une petite histoire.

Faire quelque chose qui sorte de l’ordinaire

A : Pensez vous que l’homme soit fondamentalement mauvais ?

C’est un cri, écrire, on a envie d’être vu, exister.

R : Non, je pense que l’homme est fondamentalement humain. Je pense que tout est gris, je ne suis pas manichéen. Je pense que tout est plus complexe qu’une zone blanche ou noire.

C’est ce qui fait d’ailleurs tout le sel de la vie.

A : Je suis d’accord avec le gris.Être vu, vouloir exister … en dehors de l’écriture ça vous semble impossible ou c’est un moyen efficace pour retranscrire un mal être . Vous êtes votre propre thérapeute ?

R : C’est l’outil le plus efficace et le plus accessible. Faire un film par exemple demande beaucoup d’autres conditions. L’écriture à ceci de fascinant, c’est qu’elle est à la porté de tous, c’est un exercice universel.

Je suis malheureusement, oui mon propre thérapeute. (rires)

On se doit de l’être d’ailleurs

A : Votre premier roman c’est une première thérapie. Ça a fonctionné ?

R : personne ne nous sauvera à mis à part nous-même, je le crois.

A : Vous vous êtes sauvés avec vermines ?

R : Ce premier roman me comble déjà vis à vis de ma mère, elle l’aurait souhaité que j’écrive. Elle est fière, ça me fait beaucoup de bien. J’imagine que je me sentirai sauvé si d’autres romans viennent le suivre. Encore une fois, je ne pense pas que son activité, fut-elle artistique sauve les âmes. Il faut s’aimer soi-même. Beaucoup vivent en paix sans écrire, sans besoin de reconnaissance.

Non, Vermines ne m’a pas sauvé. Mais, j’y vois la possibilité d’en écrire un second  C’est toujours cette quête du constructif

A : Vous pouvez être fière de vous pour ce premier roman. C’est une belle réussite et on vous en souhaite de nombreuses autres.

R : Je vous remercie, c’est très flatteur. Ca me touche

Aline : ðŸ‘

A : Je vous en prie. 

Comment vous sentez vous dans le milieu littéraire, avec vos collègues auteurs ? C’est un monde nouveau pour vous .

R : Oui, n’étant pas de ce monde, tout est nouveau. Il m’a fallu petit à petit intégrer les personnes, les noms. D’une façon générale, les gens sont bienveillants avec moi.

Je ne perds pas de vue que c’est une chance

J’ai beaucoup de plaisir à participer à des salons

A : Ils n’ont pas de raison d’être malveillant. Il y a de la place pour tous.

R : C’est un réflexe hérité certainement de mes vies passées

Aline : ðŸ‘

A : Puisque vous parlez salon : êtes vous sensible à la critique , à vos lecteurs !

?

R : Oui, j’essaye autant que faire ce peut de dialoguer avec ceux qui m’ont accordé de leur temps pour me lire. J’essaye de répondre comme j’aurais aimé que l’on le fasse avec moi. 

C’est mon côté catholique certainement

A : C’est tout à votre honneur.

La critique , bonne ou mauvaise, vous en tenez compte ?

R : Sans lecteur, nous ne sommes rien. Je suis réellement flatté que des personnes puissent être intriguées par mon travail.

Oui, j’en tiens compte. Je suis quelqu’un d’assez fier, donc la mauvaise me vexe mais j’en tiens toujours compte. Je n’en suis pas moins humain, toute critique vous touche.

J’ai la chance pour le moment d’avoir une critique assez favorable. J’en suis très heureux. Je tiens compte de tout le monde. Tout est important à retenir.

Oui tout est important : les êtres qui vous sont attachés , les inconnus qui vous lisent … et vous, ne vous oubliez pas dans l’histoire.

comment cela ?

A : Vous êtes le centre, voir la base , dans l’écriture. C’est vous qui allez insuffler la vie à votre carrière.

R : Oui, tout à fait. Nous sommes nous mêmes notre propre pierre angulaire

Le livre est une chose, je pense que l’auteur doit aussi jouer un rôle

Aline : OK ! comment imaginez vous la suite de votre vie d’auteur ? .

De quel rôle voulez-vous parler ? Auteur est un passeur de messages ?

R : Pour être totalement franc avec vous, je vais essayer, tout mettre en œuvre pour qu’un maximum de personnes qui le souhaite puisse me connaitre et me lire.  Mon but est d’être lu et de partager avec un maximum de lecteurs.

A : Pour ça vous êtes sur la bonne voie.

Danièle Ben moi ça me donne bien envie de lire Vermines tout ça … 

A : Et donc le rôle d’un auteur ?

R : Je ne pense pas que le rôle d’un auteur soit de passer des messages, il y a des politiques pour cela. Non, mais en revanche on peut même dans le roman noir, avec de l’humour faire voir les choses sous un autre prisme

c’est le prisme de l’auteur qui est intéressant

A : Développez ?

R : D’où il parle, sa façon de romancer même quelque chose de banal. On a tous un rapport aux choses différent. Les lecteurs, je pense, s’attachent à un auteur pour son prisme

sa façon de cerner, de percevoir ce qui nous entoure

A : Ah vous m’avez devancé, j’allais mettre à nouveau « développer »  LOL

Romain : 🙂

A : Pensez vous qu’à son insu un auteur apporte une forme de réflexion au lecteur.?

Réflexion sur la société ou autre.

R : Oui, il faut plusieurs niveaux de lecture, sans cela  le récit n’aurait pas d’épaisseur.

Même dans Vermines, il s’agit de parler de l’abus de pouvoir, des rapports de force, de la cruauté hiérarchique, de la misère en milieu rurale, de l’alcoolisme.

Voilà

Mais ce ne sont pas des messages.

A : Vous faites ces différents niveaux de lectures ?

R : tout un chacun de les percevoir ou non

Oui, tout est pensé en amont. J’essaye du moins. 

On peut lire Vermines comme l’on le souhaite.

A : Pensez vous qu’un auteur porte une certaine responsabilité dans ses écrits sur ce qu’il fait entrevoir du monde, du genre humain. ?

R : Non, je n’infantilise pas les personnes, je pense que chacun est adulte. Chacun est libre de lire ce qu’il souhaite

A : Il ne s’agit pas d’infantiliser .

R : Je veux dire par là, que souvent il y aurait un devoir moral devant ses écrits. Je m’en affranchis, j’aime la liberté et je considère les lecteurs comme adultes. 

A : Le lecteur lit une histoire pas une pensée ou une morale … en tout cas pour moi. Après suivant son vécut, sa sensibilité il va y trouver des choses en échos.

R : Personnellement, je vois beaucoup de morale dans les écrits actuels. Je préfère la notion de divertissement, mais si elle donne à réfléchir

Aline : ok

A : Je vais vous libérez ROMAIN. Je vous remercie pour cette échange. 

Les filles quelque chose à ajouter ?

Geneviève ?

Oph : 20h ce soir ça te convient Romain ?

Avant ça va être difficile

R : Ok ! ça marche pour moi 

j’essaye d’être le plus franc possible, je ne sais pas ce que ça rendra

Danièle : ðŸ‘

GVL : Pas trop éprouvante cette matinée ?

Oph : Nickel!  C’est très bien!

R : je suis rassuré alors 

Oph : Reprends des forces  Tu t’en sors très bien Romain,  ce n’est pas un exercice facile

R : Non ça va, j’aime beaucoup cet exercice. Ca me plait, c’est amusant, le concept est excellent

Danièle : ok

Aline : Merci. 

Romain : 🙂

 Geneviève ….. intransportable !!!!!!!!!!!!!!

R : Les questions sont bonnes alors j’essaye de faire de mon mieux 🙂

Oph : Tant mieux alors si en plus tu apprécies la GAV 

Ge : Et tu t’en tire parfaitement.

R : je ne pensais pas un jour apprécier une GAV

A : Vous vous en êtes très bien sorti

R : Merci à vous encore pour cet espace d’expression, je suis très touché

Oph :  Oui elle est plus agréable que la nôtre 

Romain :  ðŸ‘

Oph : Merci à toi de nous accorder du temps

Ge : Les filles te découvrent là. Les lecteurs aussi ce sera certain

Oph : ðŸ‘

A : Nous aussi nous le sommes : touchée.

Oph et Danièle : ðŸ‘

R : Alors j’en suis très heureux, c’est important que chacun et chacune y prenne plaisir

Oph : 😮

R : j’en prends beaucoup

Oph : 😮

Ge : Allez si vous n’avez plus de question. Je déclare cette seconde audience terminée.

Oph et Danièle 

R : Je ne sais pas quand vous mettrez en ligne, mais hier je suis allé faire une nouvelle séance photo, si vous le souhaitez j’aurais certainement de nouvelles pour illustrer

Eppy et Oph👍

R : vous me direz

Ge : Reprenez des forces et à ce soir

R : entendu 

Oph : On se la fait avec ou sans bière ce soir Romain ? 

R : jamais pendant le service ! 

Ge : Et oui pour les photos…

R : D’accord. Je n’ai jamais écrit un seul mot de vermines sous quelque drogue que ce soit. La bière c’est pour l’intime !

Oph :  😮 hahaha

R : on ira se boire un verre

A : Tout ce que vous direz pourra été utilisé contre vous … ne pas faire de déclaration inutile ! LOL

R : ahahah

Oph : Yes on se fera ça!

Et ce soir on parle plus précisément de Vermines.

Repose toi bien

À toute

JP et Ge : 😮

R : Merci ! à tout à l’heure 

Oph

Ge : Oui il n’y a pas de Off ici.!

Romain et Oph😮

Eppy : Merci Romain R. Martin. Merci Mesdames

Passionnant. Je retrouve l’ambiance de l’Itw que j’avais fait de toi Romain R. Martin

Romain et JP : chouettte

R :  J’en suis ravi. D’ailleurs, pourrais-tu me l’envoyer ?

Eppy : Suite à des soucis de santé je ne l’ai pas retranscris. Dès qu’il sera taper (je vais le faire lorsque je ferais ma chronique de Vermines) ce qui fera une intro journalistique sur notre rencontre et le retour de lecture. Mais pas avant aout.

R : Très bien, merci à toi !

Eppy : Normal

Bises

So : Hello,Romain, , tout à l’heure la 3ème partie de la GAV avec Ophélie, demain j’aurai le plaisir d’échanger avec vous, est-ce que 13h pourrait vous convenir?

Romain et Ge : parfait pour nous !

Ge : Moi je serai là

Romain et So : super

R : C’est parfait pour moi, 13h, très bien 

Ge et So  : pour nous aussi

So : impeccable, en attendant, bel après-midi!

Ge : Merci

R : Merci beaucoup ! Excellente journée à vous aussi 

So : Merci

Ge  : Oui bel aprem à vous

Romain : A ce soir

Ge : So  est une nouvelle venue dans l’équipe de flingueuse mais méfies-toi Romain, elle est redoutable ! lol

Danièle,  JP et So : 

So : si peu Geneviève

Ge : 😮

R : J’agirai en conséquence ! Merci du conseil 

Ge : Allez, fin de cette seconde audition !

On retrouve Romain et Oph autour de 20h

GAV @Romain R Martin sous le feu des flingueuses, audition 1


La GAV : @Romain R. Martin sous le feu des flingueuses

Episode 1

Lundi 25 juin

Début de la Garde à vue de monsieur Martin

1e interrogatoire par Ge notre porte flingue

La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé)

Allez place à la GAV de Romain R. Martin



Lundi 07:02

Ge : Coucou tout le monde

So : Bonjour

Romain : Bonjour

Aline : Bonjour

Romain : :)

Ge : Si vous êtes prêt on peut commencer en douceur, Romain je te vois sourire, tu es drôlement détendu pour un garder à vue.

Aline : Ok pour moi aaussi

Ge : Alors ce matin je vais chercher à savoir quel lecteur tu es.

Mais avant j’aimerai que tu te présentes Romain

Nom âge profession études ….

Ton pedigree quoi !

Romain : Je m’appelle Romain R. MARTIN, j’ai 39 ans et je suis né à Vire en Normandie.

Ge : C’est un bon début. Tu fais quoi dans la vie ?

Romain : j’ai un niveau Bac + 2, actuellement j’écris mon second roman. Je n’exerce aucune autre activité.

Ge : Très bien. Alors Romain tu écris mais lis tu ?

Romain : Non, mon dernier roman lu, date de plus de 15 ans. J’aimerais m’y remettre.

Ge : Non par manque de temps ou bien ?

Romain : Je souffre d’un manque de concentration, je n’arrive pas bien souvent à me focaliser sur l’histoire sans moi-même digresser sur autre chose. Mes pensées.

Ge : Tu veux dire que tu aurais tendance à vouloir écrire histoire ?

Romain : C’est exactement cela. Oui. Ou du moins produire quelque chose. C’est un phénomène qui m’arrive également lorsque je visionne un film, mais à moindre proportion. La suspension consentie d’incrédulité est nettement plus forte chez moi dans le 7ème art.

Ge : ðŸ‘ Tu as toujours connu ça même petit ? Et lors de l’apprentissage de la lecture.

Romain : Non, plus jeune je lisais. J’ai lu jusqu’il y a une quinzaine d’années. C’est juste qu’à un moment de ma vie, la littérature ne m’a pas paru essentielle. Je l’ai remplacée par le cinéma, un condensé tout aussi efficace d’histoires. Je suis très fan de thrillers coréens  par exemple.

Ge : Je vois le genre. Mais malgré tout …y a-t- il des auteurs qui t’ ont marqué ?

Sylvie : Suis avec vous…

Aline : ðŸ‘

Romain : Oui, Maurice Dantec pour « Les racines du mal « , Eric Emmanuel Schmitt également, J’adore « Le Parfum  » de Suskind

Aline et Sylvie👍

Ge : As tu des auteurs fétiches ? De ceux qui t’ont donné envie d’écrire

Romain : N’étant pas du monde littéraire, et n’étant pas un lecteur assidu, non je n’ai pas d’auteurs que je pourrais qualifier ainsi.

Je garde cependant beaucoup d’affection pour King et Clive Barker

Sylvie et GVL 👍

Ge : Tu nous parlais du cinéma … pour toi le cinéma est-il un vecteur aussi important que la littérature dans la construction de la personnalité d’un auteur ?

Romain : Je pense que tout média, toute production artistique peut être un solide point de bascule pour se mettre à écrire. Toute œuvre  a elle quelque chose qui peut donner envie d’écrire, de produire une histoire. Le cinéma, mais aussi la peinture, la musique, tout ceci façonne les hommes et également par extension les artistes.

Ge : J’ai entendu un jour quelqu’un dire : on peut être un excellent auteur, raconter d’excellentes histoires sans jamais en avoir lu, sans jamais en avoir vu.

Penses-tu que sans culture il est possible de transmettre une histoire ?

Pardon penses-tu que sans avoir abordé la culture, quelque culture que ce soit, il est possible de transmettre une bonne histoire ?

Romain : Non, sans culture ça me parait difficile. Par contre, je pense que l’on peut produire un livre si on a saisi l’essence des histoires.

Ge : Explique-moi ça

Aline : ðŸ‘, hahaha on dirait moi : « Tu peux préciser »

Romain : Toutes les histoires ont des codes, un rythme, un tempo, et je pense l’on peut les intégrer en ayant lu que quelques ouvrages. Finalement, il y a beaucoup de répétition, un même schéma dans le déroulé des histoires. C’est une question de sensibilité j’imagine. Etre en phase avec les histoires et son temps.

Ge : Tu penses que pour écrire un livre il suffit un peu de technique et un peu d’imagination

Personnellement j’en suis bien incapable

Romain : Non, justement je pense qu’il faut énormément de travail. Mais pas forcément là où on le pense. Il y a un travail en amont sur soi, être compréhensif des autres, les regarder, être attentif à ses contemporains.

Je pense que l’écriture demande beaucoup de bienveillance, et une grande sensibilité.

Ge et Sylvie👍

Romain : Un recul des choses, sur soi, sur la vie. Nous ne sommes là que pour distraire,

Il faut comprendre, au sens premier, avoir en soi, les autres.

Sylvie👍

Ge : L’empathie la compréhension du monde et de soi à travers la lecture, tout cela sont aussi des qualités de lecteurs

Romain : Certainement, c’est une démarche propre aux hommes. Se distraire des idées d’un autre.

Ge : La lecture n’est pas qu’un simple divertissement c’est avant tout une ouverture sur le monde qui nous permet de nous reconnecter à la vie à la réalité. Écriture que pour distraire

Romain : Je suis d’accord, je répondais du point de vue de VERMINES, mon premier roman

Ge : ðŸ‘

Romain : C’est un livre qui flirte énormément avec l’absurdité des choses. L’humour … C’est en cela que je parlais de divertissement.

Ge : Quand tu parles d’être attentif à tes contemporains … Tu penses être en empathie avec eux ou simplement tu penses observation de ceux ci.

Romain : Après, oui, il y a plusieurs niveaux – justement – de lecture.

Ge : Observer pour mieux retransmettre

Romain : Je suis en empathie avec les personnes, j’aime les gens. Même si, comme tout à chacun, l’humanité bien trop souvent me blesse. Oui, c’est de l’observation, de l’amusement, de l’agacement parfois !

Ge : C’est tout ces sentiments qui alimentent ton imaginaire ?

Romain : Oui, c’est tout ce chaos, ces paradoxes qui nourrissent mon imaginaire. Il y a une forte volonté chez moi, de retransmettre par l’amusement et le sombre ce que je ressens de ce qui m’entoure.

Sylvie👍

Ge : Par l’amusement effectivement mais aussi peut-être un peu par la provocation non

Romain : C’est un univers où je me sens à l’aise, peut-être que je me m’y complais

Ge : Le sombre est ton univers ?

Romain : Oui, j’aime les phénomènes de réactions, la vie, ce qui provoque les choses.  J’ai du mal avec les choses tièdes

Oui, je suis une personne assez joviale mais très sombre. Comme beaucoup de mes contemporains vivant à notre époque dans ce monde trouble, je suis assez dépressif. C’est, je crois, le revers de la médaille, lorsque l’on est assez sensible.

Ge : Le monde que nous vivons est assez désespérant je te l’accorde. Mais ne trouve-t-on pas quelques intérêts pour le bonheur ?

Romain : Il ne nous reste pas souvent grand chose, si ce n’est en rire. C’est le parti pris de Vermines.

Ge : C’est ce que tu essaies de faire en écrivant

Romain : Je crois, que si les artistes étaient heureux, ils ne produiraient absolument rien. C’est mon ressenti sur l’instant

Ge : J’allais te poser la question : N’y a-t-il que des Artistes malheureux ?

Romain : Je crois que si je l’étais, heureux, pour ma part je ne serai pas ici pour te répondre (rires)

Je n’aurais jamais rien écris

Ge : Mais pour ma part effectivement je pense qu’il y a de la dérision et d’humour dans vermines. Mais j’en parlais tout à l’heure il y a beaucoup de provocation aussi non ?

Romain : Oui, il en faut je crois dans toute œuvre. C’est bien d’essayer de surprendre. Vermines est petit ouvrage sombre et subversif, amusant et sombre

Ge : De surprendre ou de choquer

Romain : Oui, je pense que tu as raison. C’est une façon d’exister

Ge : Tu ne réponds pas à ma question là

Romain : Disons que ce qui peut choquer, certainement moi m’amuse. C’est tout à chacun le seuil de tolérance des choses, l’humour également. C’est difficile d’ailleurs en cela, de plaire à tout le monde

Ge : ðŸ‘ Ok Romain

Romain : ça dépend des époques, ce qui provoque aujourd’hui peut devenir banal demain. C’est ma vision des choses 🙂

Ge : On va en rester là pour cette GAV ce matin. J’ai déjà pas mal débordé mon thème. Mais tout ceci est fort intéressant et je pense que mes petites camarades te feront développer tout ça par la suite

Sylvie👍

Ge : je devais te parler de bibliothèque. Du coup la bibliothécaire que je suis serait frustrée si je ne te posais pas au moins une question sur le sujet.

Romain : Je tiens à te remercier pour cet espace que tu m’offres. Ca me touche, c’est flatteur.

Oui, je t’en prie

Ge : On va avoir le temps de parler de vermine et de ta façon de voir les choses. De tes personnages aussi … Mais revenons à ma question

As-tu fréquenté des bibliothèques plus jeune et penses-tu de celles-ci et ont-elles joué un rôle dans ton parcours de vie ?

Et ce sera ma dernière question

Romain : J’en ai fréquenté plus jeune, c’était obligatoire et une excellente chose. Je garde un excellent souvenir des livres imposés également au collège. Sans cela, je n’aurais jamais découvert la Baudelaire par exemple Baudelaire (tout court) ðŸ˜‰

Ge : Toujours le côté sombre derrière les vers lumineux de l’auteur.

Romain : 😉🙂

Ge : Bon les flingueuses présentes si vous voulez parler et poser des questions sur ce qu’on vient d’aborder c’est maintenant à vous

… Sylvie … pour ta première GAV ?

Sylvie👍

Sylvie : Ton 2eme roman sera il sombre et subversif aussi?

Romain : Oui, j’ai dans l’idée de faire ainsi une trilogie, sur l’absurdité mêlant humour et obscurité. Le second sera dans la même veine que Vermines, j’y travaille actuellement.

Sylvie : Où puises-tu le profil de tes personnages ?

Romain : De mes rencontres. J’ai une poussière de démon dans l’œil, ce qui me fait souvent voir les choses en noir. J’accentue les traits, les défauts, tout devient excessif.

L’improbable et le grotesque des comportements m’aident beaucoup. J’aime m’amuser de tout cela

Ge : Holà Sylvie tu anticipes sur la prochaine garde à vue qui sera menée par Aline d’ici moins 2h

Sylvie : Oups…..je sors.  Ca ferait un beau titre poussière de démon.

Ge : Non reste Sylvie, c’est ta première GAV, normal que tu fasses des gaffes. ðŸ˜‰

Sylvie : ðŸ‘

Romain : 🙂

Ge : Aussi même si tout cela est plus qu’intéressant je vais mettre fin à cette première audition la seconde aura lieu à 10h je vous donne rendez-vous à tout à l’heure

Romain : Merci à vous, je serai à l’heure. Je vous embrasse 🙂

Ge : A très vite cher prévenu

Romain : à tout à l’heure Geneviève

Ge : ðŸ‘  Moi je ne serai là que dans l’oreillette

Romain : ðŸ‘

Romain : D’accord, je ferai attention alors ðŸ™‚

Ge : ðŸ˜† Allez on va se reposer un peu reprise des auditions dans 1 heure.