GAV @Romain R Martin sous le feu des flingueuses, audition 1

La GAV : @Romain R. Martin sous le feu des flingueuses

Episode 1

Lundi 25 juin

Début de la Garde à vue de monsieur Martin

1e interrogatoire par Ge notre porte flingue

La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé)

Allez place à la GAV de Romain R. Martin



Lundi 07:02

Ge : Coucou tout le monde

So : Bonjour

Romain : Bonjour

Aline : Bonjour

Romain : :)

Ge : Si vous êtes prêt on peut commencer en douceur, Romain je te vois sourire, tu es drôlement détendu pour un garder à vue.

Aline : Ok pour moi aaussi

Ge : Alors ce matin je vais chercher à savoir quel lecteur tu es.

Mais avant j’aimerai que tu te présentes Romain

Nom âge profession études ….

Ton pedigree quoi !

Romain : Je m’appelle Romain R. MARTIN, j’ai 39 ans et je suis né à Vire en Normandie.

Ge : C’est un bon début. Tu fais quoi dans la vie ?

Romain : j’ai un niveau Bac + 2, actuellement j’écris mon second roman. Je n’exerce aucune autre activité.

Ge : Très bien. Alors Romain tu écris mais lis tu ?

Romain : Non, mon dernier roman lu, date de plus de 15 ans. J’aimerais m’y remettre.

Ge : Non par manque de temps ou bien ?

Romain : Je souffre d’un manque de concentration, je n’arrive pas bien souvent à me focaliser sur l’histoire sans moi-même digresser sur autre chose. Mes pensées.

Ge : Tu veux dire que tu aurais tendance à vouloir écrire histoire ?

Romain : C’est exactement cela. Oui. Ou du moins produire quelque chose. C’est un phénomène qui m’arrive également lorsque je visionne un film, mais à moindre proportion. La suspension consentie d’incrédulité est nettement plus forte chez moi dans le 7ème art.

Ge : ðŸ‘ Tu as toujours connu ça même petit ? Et lors de l’apprentissage de la lecture.

Romain : Non, plus jeune je lisais. J’ai lu jusqu’il y a une quinzaine d’années. C’est juste qu’à un moment de ma vie, la littérature ne m’a pas paru essentielle. Je l’ai remplacée par le cinéma, un condensé tout aussi efficace d’histoires. Je suis très fan de thrillers coréens  par exemple.

Ge : Je vois le genre. Mais malgré tout …y a-t- il des auteurs qui t’ ont marqué ?

Sylvie : Suis avec vous…

Aline : ðŸ‘

Romain : Oui, Maurice Dantec pour « Les racines du mal « , Eric Emmanuel Schmitt également, J’adore « Le Parfum  » de Suskind

Aline et Sylvie👍

Ge : As tu des auteurs fétiches ? De ceux qui t’ont donné envie d’écrire

Romain : N’étant pas du monde littéraire, et n’étant pas un lecteur assidu, non je n’ai pas d’auteurs que je pourrais qualifier ainsi.

Je garde cependant beaucoup d’affection pour King et Clive Barker

Sylvie et GVL 👍

Ge : Tu nous parlais du cinéma … pour toi le cinéma est-il un vecteur aussi important que la littérature dans la construction de la personnalité d’un auteur ?

Romain : Je pense que tout média, toute production artistique peut être un solide point de bascule pour se mettre à écrire. Toute œuvre  a elle quelque chose qui peut donner envie d’écrire, de produire une histoire. Le cinéma, mais aussi la peinture, la musique, tout ceci façonne les hommes et également par extension les artistes.

Ge : J’ai entendu un jour quelqu’un dire : on peut être un excellent auteur, raconter d’excellentes histoires sans jamais en avoir lu, sans jamais en avoir vu.

Penses-tu que sans culture il est possible de transmettre une histoire ?

Pardon penses-tu que sans avoir abordé la culture, quelque culture que ce soit, il est possible de transmettre une bonne histoire ?

Romain : Non, sans culture ça me parait difficile. Par contre, je pense que l’on peut produire un livre si on a saisi l’essence des histoires.

Ge : Explique-moi ça

Aline : ðŸ‘, hahaha on dirait moi : « Tu peux préciser »

Romain : Toutes les histoires ont des codes, un rythme, un tempo, et je pense l’on peut les intégrer en ayant lu que quelques ouvrages. Finalement, il y a beaucoup de répétition, un même schéma dans le déroulé des histoires. C’est une question de sensibilité j’imagine. Etre en phase avec les histoires et son temps.

Ge : Tu penses que pour écrire un livre il suffit un peu de technique et un peu d’imagination

Personnellement j’en suis bien incapable

Romain : Non, justement je pense qu’il faut énormément de travail. Mais pas forcément là où on le pense. Il y a un travail en amont sur soi, être compréhensif des autres, les regarder, être attentif à ses contemporains.

Je pense que l’écriture demande beaucoup de bienveillance, et une grande sensibilité.

Ge et Sylvie👍

Romain : Un recul des choses, sur soi, sur la vie. Nous ne sommes là que pour distraire,

Il faut comprendre, au sens premier, avoir en soi, les autres.

Sylvie👍

Ge : L’empathie la compréhension du monde et de soi à travers la lecture, tout cela sont aussi des qualités de lecteurs

Romain : Certainement, c’est une démarche propre aux hommes. Se distraire des idées d’un autre.

Ge : La lecture n’est pas qu’un simple divertissement c’est avant tout une ouverture sur le monde qui nous permet de nous reconnecter à la vie à la réalité. Écriture que pour distraire

Romain : Je suis d’accord, je répondais du point de vue de VERMINES, mon premier roman

Ge : ðŸ‘

Romain : C’est un livre qui flirte énormément avec l’absurdité des choses. L’humour … C’est en cela que je parlais de divertissement.

Ge : Quand tu parles d’être attentif à tes contemporains … Tu penses être en empathie avec eux ou simplement tu penses observation de ceux ci.

Romain : Après, oui, il y a plusieurs niveaux – justement – de lecture.

Ge : Observer pour mieux retransmettre

Romain : Je suis en empathie avec les personnes, j’aime les gens. Même si, comme tout à chacun, l’humanité bien trop souvent me blesse. Oui, c’est de l’observation, de l’amusement, de l’agacement parfois !

Ge : C’est tout ces sentiments qui alimentent ton imaginaire ?

Romain : Oui, c’est tout ce chaos, ces paradoxes qui nourrissent mon imaginaire. Il y a une forte volonté chez moi, de retransmettre par l’amusement et le sombre ce que je ressens de ce qui m’entoure.

Sylvie👍

Ge : Par l’amusement effectivement mais aussi peut-être un peu par la provocation non

Romain : C’est un univers où je me sens à l’aise, peut-être que je me m’y complais

Ge : Le sombre est ton univers ?

Romain : Oui, j’aime les phénomènes de réactions, la vie, ce qui provoque les choses.  J’ai du mal avec les choses tièdes

Oui, je suis une personne assez joviale mais très sombre. Comme beaucoup de mes contemporains vivant à notre époque dans ce monde trouble, je suis assez dépressif. C’est, je crois, le revers de la médaille, lorsque l’on est assez sensible.

Ge : Le monde que nous vivons est assez désespérant je te l’accorde. Mais ne trouve-t-on pas quelques intérêts pour le bonheur ?

Romain : Il ne nous reste pas souvent grand chose, si ce n’est en rire. C’est le parti pris de Vermines.

Ge : C’est ce que tu essaies de faire en écrivant

Romain : Je crois, que si les artistes étaient heureux, ils ne produiraient absolument rien. C’est mon ressenti sur l’instant

Ge : J’allais te poser la question : N’y a-t-il que des Artistes malheureux ?

Romain : Je crois que si je l’étais, heureux, pour ma part je ne serai pas ici pour te répondre (rires)

Je n’aurais jamais rien écris

Ge : Mais pour ma part effectivement je pense qu’il y a de la dérision et d’humour dans vermines. Mais j’en parlais tout à l’heure il y a beaucoup de provocation aussi non ?

Romain : Oui, il en faut je crois dans toute œuvre. C’est bien d’essayer de surprendre. Vermines est petit ouvrage sombre et subversif, amusant et sombre

Ge : De surprendre ou de choquer

Romain : Oui, je pense que tu as raison. C’est une façon d’exister

Ge : Tu ne réponds pas à ma question là

Romain : Disons que ce qui peut choquer, certainement moi m’amuse. C’est tout à chacun le seuil de tolérance des choses, l’humour également. C’est difficile d’ailleurs en cela, de plaire à tout le monde

Ge : ðŸ‘ Ok Romain

Romain : ça dépend des époques, ce qui provoque aujourd’hui peut devenir banal demain. C’est ma vision des choses 🙂

Ge : On va en rester là pour cette GAV ce matin. J’ai déjà pas mal débordé mon thème. Mais tout ceci est fort intéressant et je pense que mes petites camarades te feront développer tout ça par la suite

Sylvie👍

Ge : je devais te parler de bibliothèque. Du coup la bibliothécaire que je suis serait frustrée si je ne te posais pas au moins une question sur le sujet.

Romain : Je tiens à te remercier pour cet espace que tu m’offres. Ca me touche, c’est flatteur.

Oui, je t’en prie

Ge : On va avoir le temps de parler de vermine et de ta façon de voir les choses. De tes personnages aussi … Mais revenons à ma question

As-tu fréquenté des bibliothèques plus jeune et penses-tu de celles-ci et ont-elles joué un rôle dans ton parcours de vie ?

Et ce sera ma dernière question

Romain : J’en ai fréquenté plus jeune, c’était obligatoire et une excellente chose. Je garde un excellent souvenir des livres imposés également au collège. Sans cela, je n’aurais jamais découvert la Baudelaire par exemple Baudelaire (tout court) ðŸ˜‰

Ge : Toujours le côté sombre derrière les vers lumineux de l’auteur.

Romain : 😉🙂

Ge : Bon les flingueuses présentes si vous voulez parler et poser des questions sur ce qu’on vient d’aborder c’est maintenant à vous

… Sylvie … pour ta première GAV ?

Sylvie👍

Sylvie : Ton 2eme roman sera il sombre et subversif aussi?

Romain : Oui, j’ai dans l’idée de faire ainsi une trilogie, sur l’absurdité mêlant humour et obscurité. Le second sera dans la même veine que Vermines, j’y travaille actuellement.

Sylvie : Où puises-tu le profil de tes personnages ?

Romain : De mes rencontres. J’ai une poussière de démon dans l’œil, ce qui me fait souvent voir les choses en noir. J’accentue les traits, les défauts, tout devient excessif.

L’improbable et le grotesque des comportements m’aident beaucoup. J’aime m’amuser de tout cela

Ge : Holà Sylvie tu anticipes sur la prochaine garde à vue qui sera menée par Aline d’ici moins 2h

Sylvie : Oups…..je sors.  Ca ferait un beau titre poussière de démon.

Ge : Non reste Sylvie, c’est ta première GAV, normal que tu fasses des gaffes. ðŸ˜‰

Sylvie : ðŸ‘

Romain : 🙂

Ge : Aussi même si tout cela est plus qu’intéressant je vais mettre fin à cette première audition la seconde aura lieu à 10h je vous donne rendez-vous à tout à l’heure

Romain : Merci à vous, je serai à l’heure. Je vous embrasse 🙂

Ge : A très vite cher prévenu

Romain : à tout à l’heure Geneviève

Ge : ðŸ‘  Moi je ne serai là que dans l’oreillette

Romain : ðŸ‘

Romain : D’accord, je ferai attention alors ðŸ™‚

Ge : ðŸ˜† Allez on va se reposer un peu reprise des auditions dans 1 heure.

2 réflexions sur “GAV @Romain R Martin sous le feu des flingueuses, audition 1

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