L’exquis cadavre exquis, épisode 44

L’exquis cadavre exquis, épisode 44

Elle s’appelait Camille, avait la phobie de la chlorophylle et n’a rien trouvé de mieux que de se cacher dans une serre pour tenter d’échapper à son l’Assassin .

Les inspecteurs Lerot et Remini sont sur le coup mais de nombreuses questions restent encore inexpliquées

Pourquoi Max a-t-il été si troublé en apprenant la mort de Camille ? Qui envoyait à la victime de petits cercueils en bois ? Que sait la brigade financière sur cette mystérieuse affaire ?

Accrochez-vous, l’histoire se complique ! Camille a-t-elle été assassinée parce qu’elle enquêtait sur un vaste scandale pharmaceutique, avec Klatschmohn Aktion ? Ou bien à cause d’un détournement de fonds lié au Museum ? A moins qu’elle n’ait découvert l’escroquerie vinicole de son beau-père. Et si sa disparition était liée à celle de sa soeur jumelle ? La dépression de sa mère explique-t-elle son silence ? Quant à Costes, le privé à la réputation sulfureuse, quel rôle a-t-il joué dans l’histoire ?

Maintenant la suite c’est vous qui l’inventez !


L’exquis cadavre exquis

Episode 44

 

By Lucienne Cluytens

Le dieu des flics existe, je l’ai rencontré !

Une suée inonde le corps de Sebastián. La voix de Pavel clamant : «Coucou mon trésor, on arrive» vient de ruiner tous ses espoirs de se délivrer de son piège mortel. Quand il avait senti, posé verticalement contre la paroi du coffre de la voiture, un objet dur et plat, recouvert d’un bout de tissu que ses pieds entravés avaient fait glisser, il s’était contorsionné pour amener une de ses jambes tout contre afin d’en déterminer la nature. Il avait alors laissé tomber sa jambe un peu rudement dessus, entaillant son pantalon et son mollet. Il avait poussé un cri, étouffé par le bâillon. C’était une lame ! Il avait alors pensé à un genre de machette, oublié dans le coffre, autant dire le salut. Et voilà que les deux Tchèques revenaient, animés d’intention on ne peut plus homicides, l’odeur de l’essence qu’ils amenaient avec eux ne laissait planer aucun doute.

Un déclic et la porte du coffre se déverrouilla. Sebastián comprit que sa carrière s’arrêtait là, c’en était fini de lui. Et cette odeur d’essence ! Cramé, il allait mourir cramé.

C’est alors que, comme le clairon de la cavalerie lors des attaques d’Indiens dans les films de Far-West, le portable d’Anton sonna à nouveau. Le coffre entrouvert ne s’ouvrit pas. Pavel attendait visiblement le résultat de cet appel. Sebastián entendit des oui, oui, espacés puis la voix de Pavel qui interrogeait son frère :

– Alors ?

– C’est le boss. Il veut interroger le flic. Il est en route. Il sera là dans quelques heures.

– Fait chier. Y’a rien à faire ici, y’a même plus rien à boire. Qu’est-ce qu’il veut savoir, ce con ?

– J’en sais rien, il ne m’a pas fait de confidence. Je vais aller au village chercher du ravitaillement. Toi, tu surveilles le flic, ajouta-t-il avec un gros rire, des fois qu’il lui prendrait l’idée de se barrer.

– Tu fais chier, je suis pas le larbin. Je viens avec toi. Avec les nœuds que je lui ai faits, il ne peut même pas bouger le petit doigt.

Sebastián entendit les voix des deux frères s’éloigner de plus en plus. Sa deuxième chance était que Pavel, sous le coup de sa déconvenue, n’avait pas reclaqué la porte du coffre. Sans perdre une minute, il commença les manœuvres pour se libérer : positionner les cordes entre ses pieds au-dessus de la lame, cisailler avec une prudence extrême pour pas que la lame glisse et se mette à plat. Il suait de grosses gouttes mais il tenait bon, il allait s’en sortit.

Après avoir délivré ses jambes de leurs liens, il put se retourner plus facilement dans le coffre pour présenter ses poignets à la lame salvatrice. Une exaltation étrange l’avait envahi. Il était protégé par le dieu des flics. Il avait une chance, il n’en aurait pas deux. Aussi, malgré son impatience, il se contraignit à prendre les plus grandes précautions pour tenir la lame droite tout le temps de sa délivrance.

Lorsqu’il sortit du coffre, il pleurait de bonheur. Et là, tandis qu’il s’employait à se dérouiller les jambes, son regard s’hallucina : les clés de la Mercédès s’offrirent à son regard, posées sur un genre de rayonnage fixé dans le mur du garage. Anton avait dû les déposer machinalement là avant de répondre au téléphone.

 Si je n’étais pas un athée convaincu, je croirais en la providence divine. Bénis soient les cons ! Pensa-t-il en enclenchant la clé pour démarrer le moteur.

Vous avez la parole, laissez un commentaire, ça fait toujours plaisir.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s