L’exquis cadavre exquis, épisode 53

L’exquis cadavre exquis, épisode 53

Elle s’appelait Camille, avait la phobie de la chlorophylle et n’a rien trouvé de mieux que de se cacher dans une serre pour tenter d’échapper à son l’Assassin .

Les inspecteurs Lerot et Remini sont sur le coup mais de nombreuses questions restent encore inexpliquées

Pourquoi Max a-t-il été si troublé en apprenant la mort de Camille ? Qui envoyait à la victime de petits cercueils en bois ? Que sait la brigade financière sur cette mystérieuse affaire ?

Accrochez-vous, l’histoire se complique ! Camille a-t-elle été assassinée parce qu’elle enquêtait sur un vaste scandale pharmaceutique, avec Klatschmohn Aktion ? Ou bien à cause d’un détournement de fonds lié au Museum ? A moins qu’elle n’ait découvert l’escroquerie vinicole de son beau-père. Et si sa disparition était liée à celle de sa soeur jumelle ? La dépression de sa mère explique-t-elle son silence ? Quant à Costes, le privé à la réputation sulfureuse, quel rôle a-t-il joué dans l’histoire ?

Maintenant la suite c’est vous qui l’inventez !


L’exquis cadavre exquis

Épisode 53

by Michael Fenris

 

Le Lien

L’auberge s’appelait Der listig Fuchs. Le rusé renard. Un endroit paumé au milieu de la campagne allemande, presque à l’écart de toute civilisation, là où les secrets les plus inavouables se révélaient à demi-mot. Un endroit idéal pour quelqu’un comme Costes, il s’y sentait comme un poisson dans l’eau. Ce n’était pas le cas de Max. Le voyage jusqu’en Allemagne l’avait fatigué, il se rendait compte qu’il n’avait plus l’énergie de ses vingt ans. De plus il faisait un temps épouvantable, une pluie battante, un ciel plombé, un air de fin du monde. Le simple fait de traverser le parking pour entrer dans l’établissement, et il se sentait plus trempé qu’un hameçon en fonctionnement. Même le verre de schnaps n’arrivait pas à le réchauffer. S’il était là, c’était pour Camille, pour honorer sa mémoire et confondre les salopards qui l’avaient tuée.

Le type en face d’eux avait dit se prénommer Dieter. Seulement Dieter. En somme, ça ne voulait rien dire, il aurait pu s’appeler Hans ou Helmut. Il connaissait bien Friedrich Sonnen, le journaliste du Spiegel, et semblait en savoir long sur « Klatschmohn Aktion ». Ce qu’il avait raconté, à Costes et à Max, recoupait les informations du journaliste. Une enquête internationale. Des investissements colossaux. Des multinationales de l’industrie chimique se battant pour obtenir les meilleurs marchés. Un seul critère : produire plus avec moins. Moins de terre, moins de semences, moins d’engrais. Peu importait les risques sanitaires, une fois lancées, ces récoltes d’un nouveau genre seraient mêlées à d’autres, plus saines, jusqu’à ce qu’il devienne impossible de les différencier. Car le but ultime était bien entendu là : parvenir à développer le produit indétectable et intraçable.

Selon Dieter, les premiers tests in vitro avaient montré des résultats encourageants, laissant espérer des rendements céréaliers à l’hectare comme jamais l’Europe n’en avait jamais connu. C’était au moment de passer à l’essai sur des animaux que tout s’était compliqué. Les rats de laboratoire avaient commencé à développer des tumeurs et, plus grave encore, des modifications de leur ADN. Pour les représentants des firmes il s’agissait juste d’un lot contaminé, rien de plus, une erreur facile à réparer. Néanmoins, les autorités allemandes comme les françaises restaient réticentes. C’était là qu’était intervenu Pierre Blanchard, ancien gestionnaire du Museum, mais aussi ancien directeur financier d’un des groupes agroalimentaires incriminés. Il avait organisé une réunion au sommet entre les grands patrons et quelques ministres, celui de la Santé et celle de l’Economie et des Finances, deux de ses anciens condisciples d’université. Tout ce joyeux monde devait se retrouver au cours d’un cocktail… Cocktail dont Max comprit qu’il s’agissait de celui qui fut fatal à son amie Camille. Ce soir-là, Dieter en était persuadé, les patrons de l’agro-alimentaire étaient prêts à signer un très gros chèque aux ministres en échange d’une simple signature et d’une fermeture de paupières…

– Je croyais Pierre Blanchard encore en taule suite à son détournement de fonds, grogna Max. Faut croire que ses amitiés lui ont permis de sortir bien plus vite que prévu.

– Avec plusieurs ministres dans son carnet mondain, il n’a sûrement eu aucun souci en effet, opina Xavier Costes. Blanchard, démissionnaire d’une grosse boîte, rappelé pour jouer les entremetteurs, et qui embauche une tueuse à gages pour éliminer les témoins gênants, dont Gisela Löwenbrau ici, et Romain Richard et Camille… Il faut qu’on retrouve ce type. Max, je crois que tu as assez d’informations pour ce cher Sebastián Lerot, tu ne crois pas ?

 – Oui, si j’arrive à le joindre. Ce type passe son temps à être insaisissable… Merci pour toutes ses informations, Dieter. Il nous reste à trouver le lien entre Camille et ce Blanchard autre qu’une simple soirée cocktail…

– Je sais de source sûre qu’à Interpol ils s’intéressent beaucoup à Blanchard, reprit Dieter. Il serait mêlé à un trafic de fausses bouteilles de bordeaux depuis la France jusqu’à l’Allemagne. Une façon d’écouler aussi les pots-de-vin de l’industrie agroalimentaire ? Il serait en cheville avec son frère, ou plutôt son demi-frère, un certain Lalande. Mais jusqu’ici on n’a jamais pu rien prouver, et ce Lalande n’apparait pas comme intervenant dans l’affaire qui nous occupe.

Max Lindberg pâlit brutalement. Le voilà le lien qu’il cherchait ! Bon sang, et il fallait que ce soit un quidam allemand, avec un nom sans doute faux, qui le mette sur la voie !

– Vous voulez parler de Bruno Lalande ?

– Tu vois de qui il s’agit ? demanda Costes.

– Je ne connais qu’un Lalande. C’est, ou plutôt c’était le beau-père de Camille. Il a quitté sa famille après avoir été inculpé pour coups et blessures et menaces envers elle et sa sœur.

– Tu crois que Lalande aurait pu charger son demi-frère d’engager une tueuse pour buter son ex-belle-fille, juste par ressentiment ?

– Peut-être, mais il a pu aussi vouloir se débarrasser d’elle en apprenant qu’elle était trop curieuse. Il faut qu’on rentre tout de suite !

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