Apero Polar : Rencontre avec Laura Sadowski.

Apero Polar : Rencontre avec Laura Sadowski.

Samedi 29 juin avait lieu à la bibliothèque Parmentier dans le onzième arrondissement de Paris, une grande première.

La bibliothèque proposait une rencontre avec un auteur pendant ses heures d’ouverture au public.

Jusque là, les rares rencontres programmées avaient eu lieu après la fermeture de la bibliothèque.

Ce pari risqué, je voulais le réaliser à tout prix. Faire cohabiter une animation en direct avec les services habituels de notre bibliothèque.

Même si j’ai eu un peu de mal à convaincre ma direction, j’étais sûre de mon coup.

Surtout que pour le réaliser, j’ai fait appel à Laura Sadowky.

Laura c’était mon joker, mon atout. Je savais que si cela se faisait, avec Laura j’avais toutes les cartes en main pour tenter la quinte flush.

Et cela est arrivé, la rencontre a eu lieu et la quinte flush a été royale.

Laura Sadowsky a donc accepté ,malgré la programmation tardive.

Ce 29 juin ce n’était vraiment pas la bonne date.

Le premier week-end des départs en vacances des parisiens.

Le premier week-end des soldes.

Un samedi forcément plus calme dans notre bibliothèque.

Laura Sadowsky a fait 300 km pour venir à notre, à votre rencontre. Et quand elle est arrivée force était de constater que le public manquait au rendez vous.

Je ne sais pas qui de l’auteur ou de la bibliothécaire était la plus déçue.

Puis la rencontre a débuté, et notre petite salle improvisée c’est remplie.

Tous se sont mis à écouter religieusement la conférencière.

Mais de conférence il n’en était point question, enfin point au sens où nous l’entendons.

Non, Laura a appelé le public à elle. Elle pose la problématique et interroge les personnes présentes dans la salle.

Le polar, une littérature populaire mais bien plus qu’un simple genre littéraire.

Elle expose des faits, raconte des anecdotes, remonte ainsi le temps. Du 17e à nos jours nous visitons la littérature qu’elle soit blanche ou noire. Pas de différence.

Tout y passe, qu’est-ce que le polar? Que met-on derrière ce mot?

On appelle récit policier, un texte narratif (un roman ou une nouvelle) dans lequel une énigme (meurtre, vol, etc.) doit être résolue. Dans le cadre de cette énigme, une enquête est ouverte et est menée par un détective ou un inspecteur qui doit l’élucider.Un récit policier a du succès s’il réussit à maintenir le lecteur en haleine. Pour cela, l’auteur utilise ce qu’on appelle le suspense. On parle de suspense quand un péril grave menace un héros ou une population.

Ex. : Un tueur en série se livre à de nombreux crimes et il faut absolument trouver le coupable avant que d’autres crimes ne soient commis.

 De The Murders in the Rue Morgue d’Edgar Poe (1841),à Une ténébreuse affaire de Balzac.

D’Émile Gaboriau aux feuilletonistes du 19e siècle, nous esquissons les prémices du genre.

Où nous allons voir émerger le figure de l’enquêteur, le personnage de pur enquêteur dans une logique scientifique devient la référence en la matière.

De Sherlock Holmes à Routabille, de Conan Doyle à Gaston Leroux ou encore Maurice Leblanc le roman de détection ou d’énigme ou de mystère (variante anglo-saxonne : le whodunit) ; le roman d’enquête (enquête pouvant être menée par un policier, un détective privé ou autre) Le roman policier a trouvé ses héros.

 

Biensûr Le célèbre commissaire Maigret et sa fameuse pipe ainsi que son créateur ont été évoqués. Simenon propose une intrigue simple, mais un décor et des personnages forts, un héros attachant d’humanité, obligé d’aller au bout de lui-même, de sa logique. N’est-il point précurseur du roman noir?

Roman policier donnant une vision réaliste des conditions sociales et de la criminalité. Il est en plein essor aux Etats-Unis dans les années 1950. Il faut lire Dashiell Hammett, mais aussi Raymond Chandler, Howard Fast, Chester Himes, mais aussi quelques britanniques comme James Hadley Chase, ou des français Jean Amila, Léo Mallet

Sans oublier Ross Macdonald, Jim Thompson, James Ellroy….

Le néo-polar né en France, désigne un renouveau du roman noir dans les années 70. Jean-Patrick Manchette en est sans doute le précurseur.

Dans les années 80-90 – on voit apparaitre une nouvelle génération d’écrivains Jean-Bernard Pouy, Didier Daeninckx, Tonino Benacquista ,Frédéric H. Fajardie, Marc Villar ou encore Maurice Georges Dantec.

L’ambiance du néo-polar est souvent violente et macabre et dénonce la société contemporaine, les scandales politiques et affectionne le monde des marginaux et des exclus.

Le roman noir devient parfois une œuvre hybride. Les thèmes abordés, leurs traitements, les styles sont différents. Il n’y a pas nécessairement d’enquête, mais la mort y est présente sous une forme souvent dure. Elle est souvent l’œuvre de psychopathes et de tueurs en séries effrayants.

C’est en 1966 avec Truman Capote est la publication de son chef d’oeuvre De sang-froid (In Cold Blood), un roman de « non-fiction » où il suit le trajet de deux assassins.

Un nouveau genre va voir le jour.

Laura Sadowski nous raconte le fait divers que Truman Capote découvre dans le New York Times du 16 novembre 1959 et qui, tout de suite, le passionne : un quadruple meurtre frappant une famille de fermiers du Kansas.

Elle nous décrit le Kansas des année 50, ces meurs, ces habitudes, la mentalité de ses habitants…

Elle nous narre les longs mois qu’a passé Truman à interroger d’innombrables témoins, à étudier les rapports de police et, après l’arrestation des deux assassins, à les rencontrer en prison grâce à la confiance d’Alvin Dewey le policier chargé de l’enquête. Il gagne l’amitié de Perry Smith et de Dick Hickock au cours de ses visites.

Elle insiste sur la difficulté qu’a Capote à finir son livre, comment cela le ronge, l’obséde. Quand enfin vient l’exécution par pendaison, « car au Kansas on tue par pendaison, et encore de nos jour ».

Elle nous explique comment Truman Capote ne s’est pas contenté de décrire les faits. Il utilise l’énigme que représentent ces quatre meurtres sauvages et gratuits pour s’approcher du mystère de l’homme doué de raison et pourtant capable du pire. Il explique, il comprend et replace dans son contexte cet acte de barbarie pur .

Elle parle de l’écriture ciselée de Truman Capote, de son verbe facile, les phrases, les mots choisis à la perfection, rien de trop. Juste pour nous toucher ou alors provoquer le frisson.

Laura nous fait vivre le drame, intensément. Elle nous scotche à nos chaises.

Elle nous fascine. 

Et surtout, surtout… elle nous donne envie de lire ou de relire De sang-froid.

Au milieu des année 70, Thomas Harris crée le personnage Hannibal Lecter. Il s’inspire du travail de l’agent du FBI Robert Ressler.

On va voir apparaître la figure emblématique de l’assassin, du vengeur, du criminel, incarnation absolu du mal.

Et c’est ainsi que le 21e siècle va faire la part belle au Thriller. Au thriller sous toutes ses formes.

Mais en plus de nous emmener dans le temps, Laura nous a emmenés dans l’espace.

Du roman noir nord américain, à la déferlante scandinave et ses romans lents à l’ambiance glauque jusqu’à l’émergence du genre dans de nouveaux pays. Pays souvent émergents, du continent asiatique, Chine en tête, à l’Afrique ou en passant continent sud américain. Le polar est partout présent.

On y entraperçoit Jorge Luis Borges ou Henning Mankell. et d’autres encore.

Pour sûr le polar est un genre qui se renouvelle constamment.

Pour en savoir plus sur Laura Sadowski :

C’est Ici, rappelez-vous je mettez Laura à l’honneur l’an dernier

 

 

 

8 réflexions sur “Apero Polar : Rencontre avec Laura Sadowski.

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