L’exquis cadavre exquis, épisode 57

L’exquis cadavre exquis, épisode 57

Elle s’appelait Camille, avait la phobie de la chlorophylle et n’a rien trouvé de mieux que de se cacher dans une serre pour tenter d’échapper à son l’Assassin .

Les inspecteurs Lerot et Remini sont sur le coup mais de nombreuses questions restent encore inexpliquées

Pourquoi Max a-t-il été si troublé en apprenant la mort de Camille ? Qui envoyait à la victime de petits cercueils en bois ? Que sait la brigade financière sur cette mystérieuse affaire ?

Accrochez-vous, l’histoire se complique ! Camille a-t-elle été assassinée parce qu’elle enquêtait sur un vaste scandale pharmaceutique, avec Klatschmohn Aktion ? Ou bien à cause d’un détournement de fonds lié au Museum ? A moins qu’elle n’ait découvert l’escroquerie vinicole de son beau-père. Et si sa disparition était liée à celle de sa soeur jumelle ? La dépression de sa mère explique-t-elle son silence ? Quant à Costes, le privé à la réputation sulfureuse, quel rôle a-t-il joué dans l’histoire ?

Maintenant la suite c’est vous qui l’inventez !


L’exquis cadavre exquis

Episode 57

by Kate Wagner

Personne ne sortira indemne

 

Norek retrouva sa voiture, écrasa sa cigarette, et s’y engouffra avec une rapidité surprenante malgré les vertiges qui l’assaillaient. Il avait oublié, comme trop souvent en ce moment, de manger. Fumer lui coupait l’appétit comme aucune pilule amaigrissante magique n’était capable de le faire. Demeurer mince et affûté pour rester dans la course. Il voulait garder son physique de jeune séducteur mais, à plus de 40 ans, cela devenait de plus en plus difficile.

Il démarra dans un bruit désagréable de crissement de pneus et dans l’odeur de gomme brûlée. La décision de suivre le scooter était une fulgurance qu’il regrettait déjà mais trop tard, il devait aller jusqu’au bout. Peut-être la chance allait, pour une fois, tourner à nouveau en sa faveur. Elle ferait de lui le leader qu’il avait toujours été aux yeux de nombre de ses collègues. Féminines surtout.

Il grilla un premier feu rouge à l’angle de la rue Van Landuyt et du Boulevard Pellault. Il roulait vite mais le scooter, plus maniable, prenait de l’avance. La silhouette de cuir sombre, casquée de noir, incarnait à elle seule toutes les violences.

Norek tourna brusquement à droite et soupira de soulagement en distinguant le deux-roues au bout de la route. Ce moment d’inattention à se focaliser sur sa cible lui coûta plusieurs précieuses secondes. Une femme traversait au passage piéton, poussant la trottinette d’une fillette en robe rouge. Détail troublant que Norek enregistrait malgré lui. Il voyait le point d’impact se rapprocher à une allure vertigineuse. Impossible de l’éviter. Il imaginait les deux petits pantins tournoyer dans le ciel gris. Il appuya avec force sur la pédale de frein comme si l’énergie de sa rage pouvait décupler son efficacité. Il voyait à présent la couleur des yeux écarquillés de la mère. Elle ressemblait à un lapin pris dans les phares. Puis, un clignement de paupières pour s’apercevoir que sa voiture s’était stabilisée, le pare-choc collé à la hanche de la petite. La sueur ruisselait le long de sa colonne vertébrale. L’odeur opiacée de la peur emplissait l’habitacle de la Peugeot.

Il ne prit pas le temps de s’apitoyer sur les piétonnes, les contourna et redémarra dans un tourbillon de gaz d’échappement. Paniqué, il chercha à visualiser le scooter. Il l’avait perdu.

Impossible. Ne pas baisser les bras. Fonce Norek, montre-leur qui tu es, montre-leur quel seigneur ils peuvent vénérer. Il passait la cinquième, à fond au feu rouge du carrefour des Surréalistes lorsque, venant de sa gauche, une grosse BMV ne put l’esquiver. Le choc, terrible, enfonça la portière du flic pour atteindre quasiment le siège passager. Norek, dans la carcasse fumante et le verre brisé, sentit ses os craquer, sa bouche se remplir du goût ferreux du sang et s’étonna de ne ressentir aucune douleur. Il glissait doucement dans un autre monde, revit sa vie en accéléré. Sa dernière pensée fut que personne n’allait sortit indemne de cette histoire de dingues.

Vous avez la parole, laissez un commentaire, ça fait toujours plaisir.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s