Au cinquième étage de la faculté de droit – Christos Markogiannakis

Souvenez vous, il y a quelques jour nos Flingueuses Jumelles nous racontaient leur soirée spéciale Albin Michel avec Christos Markogiannakis.

Aujourd’hui elles nous offrent leur double chronique du polar de Christos Markogiannakis, Au 5ème Etage de la faculté de droit .

Aussi ce matin c’est Maud qui a débuté cette double chronique. Son retour est ICI

Cet après-midi c’est d’Oph qui nous fait part de son ressenti.

Allez c’est parti pour la seconde partie de la…

« Double Chronique« 


Le livre : Au 5e étage de la faculté de droit de Christos Markogiannakis. Traduit du grec par Anne-Laure Brisac. Paru le 28 mars 2018 aux Éditons Albin Michel dans la collection Thrillers.

4eme de couv : 

Cinquième étage de la faculté de droit d’Athènes, section de criminologie. Anghélos Kondylis, doctorant en criminologie, découvre le corps sans vie de la professeure Irini Siomou… avant d’être tué à son tour. Chargé d’enquêter sur ce double meurtre, Christophoros Markou, jeune capitaine fraîchement diplômé, entre dans l’univers secret de l’Université : un effrayant dédale où s’entrelacent ambitions professionnelles, compromissions, lâchetés et vanités. Markou trouvera-t-il la lumière ?

Puisant dans sa propre expérience, Christos Markogiannakis, diplômé de criminologie et de droit, auteur d’un essai remarqué, Scènes de crime au Louvre, signe un brillant premier polar qui dévoile la personnalité atypique du capitaine Markou, empêcheur de tourner en rond dans une Grèce au bord du chaos

L’auteur : Christos Markogiannakis est né en 1980 à Héraklion. Il a étudié le droit et la criminologie à Athènes et à Paris et travaillé pendant plusieurs années comme avocat pénaliste. Auteur de romans policiers et d’installations mêlant l’art et le crime, ses « Criminarts », il réside actuellement à Paris. En 2017, il a publié un essai intitulé Scènes de crime au Louvre (éditions Le Passage) qui analyse la représentation du crime dans les tableaux du Louvre, et qui a reçu un très bon accueil critique. Au 5e étage de la faculté de droit est son premier roman traduit en français.
Citations:
Un léger soubresaut, plus brusque cette fois, et les portes de l’ascenseur s’ouvrirent sur le département de criminologie 9où il avait passé quatre ans, entre son master et le début de son doctorat. Il s’avança dans le hall obscur et silencieux. Depuis qu’il fréquentait les lieux, c’était la première fois qu’il les voyait absolument déserts. Pas étonnant, les portes du campus sont fermées depuis au moins une heure, se rappela-t-il. Lui-même, quelques minutes plus tôt, avait traversé au pas de course l’enceinte de l’université et pénétré dans le bâtiment par l’entrée des professeurs située près de la loge du gardien, et non verrouillée comme chaque fois qu’il venait là pour quelque rendez-vous nocturne. Sauf que d’habitude, il croisait des gens, à la loge ou au rez-de-chaussée. Ce soir-là, personne.

Le Off de Oph

« Au cinquième étage de la faculté de droit » de Christos Markogiannakis aux Éditions Albin Michel, paru le 28 mars 2018.

Chronique d’un Cluedo façon Hercule Poirot au coeur de la faculté de droit d’Athènes.

C’est avec une écriture fluide, sans chichis et avec des touches d’humour savamment distillées, que Christos Markogiannakis nous entraîne au cœur d’une enquête qui rappelle les classiques. Du « crime de l’orient express », à « huit femmes » je n’ai pas cessé d’avoir cette impression tout au long de ma lecture.
Un semi huis-clos, un nombre de personnages réduit, un seul enquêteur, deux cadavres, des personnages qui ont tous un mobile pour commettre ces meurtres et nous voilà lancés dans une partie où plusieurs scénarios sont possibles. Mais lequel est le bon?

Si pendant les 66 premières pages, le genre « Cluedo » domine largement la narration, l’auteur intègre ensuite différents styles apportant du rythme à une lecture tout en suspens. De flash back en découvertes de pensées de certains protagonistes, ces changements évitent de donner un goût de « déjà vu » à son roman.

Il utilise le microcosme de la faculté pour dénoncer certains travers de la société et utilise largement les théories du sociologue Emile Durkheim qu’il illustre sans pour autant le citer (exception faite d’un passage):
« Selon Durkheim, une société a les criminels qu’elle mérite. Le sociologue considérait le crime non comme un phénomène notable et remarquable, mais comme un fait social naturel, une donnée inhérente à toute société, indépendamment du temps, de la structure ou de la culture. Partant de là, nous pouvons déduire que l’université en soi, et plus particulièrement le département de criminologie, dans toutes ses composantes humaines, constitue une microsociété et que des crimes peuvent fort bien se dérouler en son sein. Des crimes plus ou moins grave ».
D’autres théories de Durkheim sont sous-jacentes et en fil rouge tout au long du roman (la science, la morale…)

Un bon moment de lecture, même si j’ai trouvé la fin trop abrupte et manquant un peu de développement. Toutefois, un très gros point positif sur ce final qui, malgré les ressemblances évoqués précédemment, m’a surprise. Une question d’éthique et de morale que pose l’auteur une fois les meurtres élucidés, une question que je n’ai que très rarement lue… (ça c’est ma touche suspens).

Enfin, Christos nous livre des personnages qui m’ont vraiment fait penser à ceux de « huit femmes » ou du « cluedo », des personnalités marquées( je sais je me répète), des secrets inavouables, pas une construction psychologique dense certes mais juste ce qu’il faut pour se régaler de leurs individualités.
Je vous en citerai un en particulier, notre héros finalement, le Capitaine Christophoros Markou. Ce jeune policier, issu de la faculté dans laquelle se déroule l’action, a de nombreux points communs avec notre auteur: cursus de criminologie, prénoms proches… Serait-ce une façon pour Christos de vivre ,au travers son personnage, la carrière dans la police qu’il n’a pas choisi? Il faudra que je lui pose la question!
J’aurai d’ailleurs la joie de le faire le 14 septembre prochain.

Donc pas de coup de cœur pour moi mais un très bon moment de lecture et un suspens qui monte crescendo (moins de 24H pour le lire).

Si vous aimez les énigmes, les classiques du genre policier je vous conseille cette lecture rafraichissante, sans hémoglobine et sérial killer… Un pur roman policier.

Clin d’œil à Les lectures de Maud : je félicite également le Capitaine Christophoros 😉

14 réflexions sur “Au cinquième étage de la faculté de droit – Christos Markogiannakis

Vous avez la parole, laissez un commentaire, ça fait toujours plaisir.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s