Elijah de Noël Boudou

Le livre : Elijah de Noël Boudou. Paru le 27 février 2017 chez Flamant Noir Editions. 19€50 ; (275 p.) ; 22 x 14 cm

4e de couv : 

Elijah. C’est le prénom de mon petit frère.
Celui que je lui ai choisi quand on me l’a mis dans les bras.

Il est né alors que la violence était devenue une routine à la maison. Mon ivrogne de père terrorisait tout le monde et nous frappait tous les jours, ma mère et moi, sans que personne ne l’en empêche.

Jusqu’à ce fameux soir… Quand j’ai eu dix-huit ans.

J’ai attendu qu’il soit ivre à nouveau et je l’ai égorgé de sang-froid dans la cave. Hélas, ma mère venait de mourir sous ses coups en me laissant un petit frère pas comme les autres :

Aujourd’hui, il a dix ans et il est handicapé.
Je m’occupe de lui depuis sa naissance. Je sais mieux que quiconque ce dont il a besoin. Il est mon unique raison de vivre. Ensemble, on est plus forts que tout, et rien ne peut nous séparer.

Mais un jour ils sont venus chez moi pour le kidnapper.
Qui sont ces hommes ? Pourquoi cet enlèvement ?

C’est à ce moment-là que j’ai perdu toute raison.
Je suis devenu un monstre. Comme eux.

Et la traque pour sauver Elijah, qui ne survivra pas longtemps sans moi, a commencé.

L’auteur : Noël Boudou-Pergay est né à : Toulouse , le 28 novembre 1974 est nouvelliste et romancier.
Il a travaillé pendant quinze ans au CHU de Limoges. Il travaille aujourd’hui à domicile avec des personnes âgées ou handicapées.
« Elijah », son premier thriller, a été publié en 2017.
Père d’une petite fille, il est également musicien et chanteur.

 

Extrait :
Il y a exactement dix ans, j’avais attendu que mon père soit une fois de plus ivre mort, comme il l’était pratiquement chaque soir. J’avais patienté jusqu’à ce qu’il me tape, me crache dessus, m’insulte un peu, puis me fouette avec la boucle de son gros ceinturon de cuir afin d’être sûr de me faire véritablement mal. Et j’avais fait semblant de crier, de souffrir, de gémir, de le supplier, pendant qu’il finissait de se torcher à coups de longues gorgées de whisky, en renversant la moitié sur sa chemise à carreaux noirs et bleus.
Une fois la bouteille vidée, il me l’avait balancée en pleine poitrine de toutes ses forces. J’avais fait semblant de geindre et de m’écrouler dans l’escalier qui descendait à la cave, puis j’avais rampé jusqu’au meuble au fond de la pièce, sous lequel j’avais caché le couteau à viande aiguisé comme un rasoir. Ensuite, je m’étais allongé en bas des marches en pleurnichant assez fort pour qu’il m’entende. Je savais qu’il en avait horreur.

Le Off de Oph

Elijah de Noël Boudou   chez Flamant Noir Editions.

Avant de vous livrer mon ressenti, qui je précise a été très difficile à rédiger, je tiens à remercier Noël Böudoü et notre goût commun pour Disturbed dont je vous conseille d’écouter le dernier album. Il a accompagné ma lecture mais aussi la rédaction de cette chronique et il se marie particulièrement bien avec ce roman.

Elijah: Chronique d’un chambouleversement!

Elijah, tu es un enfant pas comme les autres. Ta mère est morte sous les coups de ton père. Ton père est mort égorgé par ton frère. On peut dire que tu es né dans le sang, dans tous les sens du terme.
Tu es devenu « le soleil » de ton frère, son unique raison de vivre au point qu’il s’est déshumanisé pour toi:
« Elle m’a demandé quel était mon prénom, alors je lui ai répondu que j’avais eu un prénom, autrefois, mais que je ne m’en servais plus. Qu’elle n’avait qu’à m’appeler « le frère d’Elijah ». »
Tu es devenu son univers. Ce frère qui ,rituellement, t’embrasse
« sur le front. Toujours.
Sur le bout du nez. Toujours.
Sur le menton. Toujours. »
Ce frère qui, quand tu as été enlevé, est devenu fou.

Ce roman, le premier de Noël Boüdoü m’a complètement chamboulée, bouleversée. Il est violent. Extrêmement violent. Certaines scènes, très visuelles, m’ont donné des hauts le cœur tant elles sont crues et sans filtre.
La souffrance est omniprésente, elle est viscérale et s’immisce dans nos esprits de lecteurs au point de la ressentir physiquement tant l’auteur la décrit avec précision et justesse.
Mais paradoxalement, il émane de ces pages tant de lumière. L’amour que ressent le frère d’Elijah pour celui qu’il appelle « son soleil » est inconditionnel, il est si pur et si fort qu’il est impossible de voir en ce jeune homme un monstre, et pourtant… Lui qui a voué sa vie à son jeune frère est devenu ce que son père a fait de lui.

Ce roman est une pépite, un de ces rares romans qui vous fait ressentir physiquement les émotions des personnages: l’amour, la haine, la colère, la révolte, la peur, la douleur…
Sous le prisme des violences intra-familiales, Noël dresse un portrait en clair obscur du frère d’Elijah. Un ange déchu, un jeune homme dans lequel cohabite l’enfant brisé et l’adulte aimant, protecteur, capable de tout pour ce petit frère qu’il vénère.
Les apartés dans la tête d’Elijah apportent une touche supplémentaire d’émotions et permettent de montrer à quel point l’amour entre les deux frères est au-delà de tout.
Les personnages sont poignants et bouleversants dans ce qu’ils ont de beau et monstrueux, écœurants dans ce qu’ils ont de perversion et de violences.
La fin du roman m’a emmené dans les tréfonds de mes émotions et je n’ai pu retenir mes larmes, la douleur me vrillant les tripes.

« Elijah » fait parti de ces romans inclassables qui mériteraient d’être distribués plus largement et d’avoir plus de visibilité tant par la qualité de la plume de son auteur, que par son histoire bouleversante.

Ce roman ne se lit pas, il se vit.

Elijah, ton frère et toi allez m’accompagner longtemps. En rédigeant ces lignes, mes larmes coulent encore. Vous avez marqué ma vie de lectrice de votre empreinte.

12 réflexions sur “Elijah de Noël Boudou

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