Ces dames du Noir : Aline popote avec Flora Dequenne

Papote avec Flora Dequenne : chargée de projets chez Mon’s livre.

 

 

Miss Aline : Comment devient-on chargée de projets  sur un salon comme celui-là ? Quel est votre lien avec les livres ?

Flora : Alors moi je suis passionnée de lecture et de littérature depuis que je suis toute petite. J’ai un diplôme de communication. Un jour on ma dit « Mon’s livre cherche une chargée de projet », j’ai rien à perdre, il cherche un master j’en ai pas.  J’ai foncé et une semaine plus tard je prenais mes fonctions. Je suis rentrée dans le monde du livre la tête la première. Et j’ai bien fais !

Miss Aline : Concrètement Mon’s livre c’est quoi ?  Vous me racontez son histoire ?

Flora : Mon’s livre c’est une ASDF au départ. C’est deux employés mon collègue Marcel Etienne et moi. On a un conseil d’administration bien sur. On édite des ouvrages sur la vulgarisation du patrimoine et s’est surtout le salon. On a commencé il y a 7 ans. La première édition c’était 1 200 visiteurs sur deux jours. L’année dernière presque 8 500 visiteurs, on en attend au moins 9 000 pour ce week-end. Et vu le nombre de visiteurs hier on devrait y arriver. Mon’s Livre c’est 550 auteurs en dédicaces, 250 exposants.

Miss Aline : Comment est venue l’idée de Mon’s Livre ?

Flora : L’idée vient de Catherine Hocquet qui est notre Présidente. Elle trouvait qu’il y avait un manquement dans les activités culturelles gratuites dans la région. Elle a décidé de lancer au départ un salon du livre avec des auteurs très régionaux. Et finalement la renommée a fait que maintenant on attire des éditeurs français,  des éditeurs du Luxembourg, des éditeurs francophones qui viennent d’un peu partout.

On a voulu devenir un peu le « maître » des activités littéraires pour remplacer justement ce qu’il n’y avait pas avant.

Miss Aline : Il y a le salon de Bruxelles ?

Flora : On n’est pas à la même échelle que Bruxelles, il y a une entreprise derrière. On ne peut pas l’atteindre avec les moyens que l’on a. Mais on est le plus grand salon du livre de Wallonie depuis 2015.

Miss Aline : Comment se fait le « recrutement » des auteurs ?

Flora : Ce sont  eux qui viennent nous chercher. On envoie à notre listing d’auteurs,  qui sont  présents aujourd’hui,  en mars leur document de demande d’inscription. Pour le reste, c’est des gens qui ont entendus parlés de nous, qui nous contactent, nous envoie des mails. Toute l’année nous avons des demandes mais malheureusement au bout d’un moment nous ne pouvons pas pousser les murs. Peut-être que dans quelques années, si on est plus d’employés, on pourrait ouvrir d’autres halls et de passer à 8 000 m² au lieu de 4 000.

 

Miss Aline : Il faut combien de temps pour mettre en place ce genre d’événement (organiser, planifier, les contacts, etc.) ?

Flora : Mon’s livre c’est toute l’année, on ne s’arrête jamais.  J’ai pris mes fonctions fin mars, ça avait déjà été mis en route par mon ancienne collaboratrice.

Là, Mon’s livre on est en plein dedans puis on va démonter la semaine prochaine. On prend quelques congés en décembre pour les fêtes. Et en début d’année on commence les préparations : réserver les fournisseurs, le matériels, lancer les inscriptions…

On a deux petits salons qui se font en aparté mais Mon’s livre c’est vraiment un travail de longue haleine qui se fait toute l’année.

 

Miss Aline : Est-ce que sur le long terme vous voudriez vous agrandir ?

Flora : Question un peu compliquée, je vais vous répondre à titre personnel et non en tant qu’employée. Mon’s livre en tant que lectrice et amatrice de littérature je trouve que c’est bien.  Parce que logistiquement on ne pourrait pas faire mieux, on ne pourrait pas être plus grand. Il faut aussi que ça reste intimiste. A titre personnel encore une fois, j’ai envie de rester convivial, familial.  Je n’ai  pas envie de devenir une entreprise, une usine et j’ai surtout pas envie que mon public ait l’impression que l’on veut être un salon où on met  le plus de monde possible pour gagner le plus d’argent.

Nous ne prenons aucune commission sur les livres vendus. Les auteurs viennent avec leur stock. Chacun gère ses propres ventes.

On a juste notre librairie partenaire qui se charge des livres des invités d’honneur.

 

Miss Aline : Avez-vous des retours de vos auteurs sur leur vente, le salon en général ?

Flora : Oui parfois. Même ceux qui n’ont pas « super bien » vendu, nous disent : « j’ai rencontré tel ou tel auteur ; j’ai rencontré une lectrice qui voulait me voir depuis longtemps ; j’ai rencontré tel éditeur ». Le côté familial c’est ça aussi Mon’s livre. Alors peut-être qu’il y aura pour certain moins de vente que dans un salon « industriel » mais la rencontre humaine, je pense que Mon’s livre est l’endroit propice à ça.

Miss Aline : Un salon multi-genre c’est un choix délibéré ?

Flora : C’est notre point fort la diversité : histoire, littérature, art, recherche scientifique. Il y a des visiteurs pour chaque genre.

Et surtout le fait que nous soyons accessibles pour nos auteurs littéraires. On a énormément d’auteurs autoédités qui viennent parce qu’ailleurs on leur a fermé la porte au nez ou que les espaces soient impayables.  Pour nous ce n’est pas possible. Si on prône l’accès gratuit et l’accessibilité à la culture pour le public, on doit aussi prôner le fait que nos auteurs doivent pouvoir venir sans devoir mettre leur maison en hypothèque ! Parce que si eux ne peuvent pas accéder au salon pour présenter la culture et l’écriture qu’ils produisent alors on ne peut pas dire qu’on prône la culture gratuite.

On ne peut pas organiser un salon totalement gratuit, on est bien d’accord aussi. Mais nos tarifs permettent à Christine, 60 ans, qui vient d’écrire son auto biographie (parce qu’elle en avait envie) d’être avec nous. Vendre 5 livres ou 30 livres, ce n’est pas le problème. C’est juste qu’elle veuille être là. Elle est fière, elle a réalisé quelque chose et elle peut se présenter chez nous. Et ça c’est un cadeau formidable de les voir heureux parce qu’ils peuvent le faire alors que peut-être ailleurs on leur a fermé la porte au nez.

Miss Aline : Est-ce que plus tard, avec l’expérience acquise avec Mon’s livre, vous aimeriez avoir votre propre salon ?

Flora : Mon dieu, non ! Je ne pense pas que les gens réalisent, et je ne le réalisais pas non plus en tant que visiteuse, le travail qui est fait en amont. Quand je vois le nombre de kms que j’ai marché, les heures de fatigue accumulées, le nombre de crise de larmes sur le salon … non, je ne voudrais pas mon propre salon parce que toute seule je ne pourrais pas. C’est un travail d’équipe. Ici on a une trentaine de bénévoles qui veillent en toute discrétion sur  le déroulement du salon, sur le bien-être des auteurs. Et puis je n’ai pas envie de créer de la concurrence, je suis bien ici.

Miss Aline : Vous êtes lectrice de quel genre littéraire ?

Flora : Je lis depuis que je suis toute petite. J’ai commencé par la BD puis je suis passée très vite à la littérature de l’imaginaire. Maintenant j’aime plutôt ce qui est brut, ce qui est vulgaire. J’adore Claire Castillon. J’aime lire des tranches de vie, des choses qui font mal quand on les lit, qui me font ressentir la haine, la tristesse, la colère. J’aime les choses qui m’apportent une émotion forte. Et bien sur je reste amatrice de jeunesse, je ne pourrais pas en sortir. Je suis fan de Pierre Bottero.

 

Miss Aline : Papier ou liseuse ?

Flora : Ah papier… mon dieu c’est l’horreur ! Pour moi c’est un non catégorique. On m’a proposé de m’offrir ça pour mon anniversaire. C’est pratique, j’en conviens. Pratique à balader, moins lourd, on peut  avoir plus de livres. Mais j’aime le contact intime du papier. Le papier je le touche, il a une odeur. Parfois il se déchire. J’ai des livres auxquels il manque des pages.

Miss Aline : le mot de la fin ?

Flora : Vivement demain que ça soit fini et que je puisse dormir ! Non, le mot de la fin c’es que je suis vraiment super contente d’être là parce que je ne pensais pas acquérir un tel poste dans le milieu de la littérature.

Que les auteurs vivent leurs rêves  et qui est aussi le mien. Je suis super heureuse et j’espère que Mon’s livre va continuer encore comme ça pendant de nombreuses années.

****

Mon’s livre c’est des auteurs avant tout mais c’est aussi une chargée de projet entièrement tournée vers ce salon. Tel le lapin blanc d’Alice, Flora courre partout, elle répond à toutes les demandes aussi bien d’auteurs que de visiteurs. Elle fait ça avec un dévouement et une gentillesse incroyable.  Son dynamisme déborde de toute part. Je suis ravie d’avoir pu partager ce petit moment d’interview avec elle. Un grand merci pour m’avoir accueillie à Mon’s livre. Rendez-vous l’année prochaine !

 

 

6 réflexions sur “Ces dames du Noir : Aline popote avec Flora Dequenne

  1. Quelle chance d’habiter à quelques minutes à peine. Et pourtant, c’est la première année où je suis comblé.

    Il y a encore deux ans, le salon de profilait comme une file d’attente d’une attraction. Un sens de marche, une entrée, une sortie.

    Les changements sont spectaculaires et promettent de beaux salons dans les années à venir. Vivement l’année prochaine. En attendant, j’économise pour éviter une crise d’angoisse à mon banquier qui n’a pas apprécié les 20 livres achetés au salon cette année.

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  2. Ce fut une excellente journée. Sûr que j’y retourne l’an prochain.Encore un grand merci à Flora pour son invitation, son accueil, sa disponibilité, son enthousiasme. Merci pour les minutes consacrés à cette interview.

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