Nada la BD de Doug Headline et Max Cabanes

nad cabanes manchetteLA BD : Nada scénario Doug Headline et dessin Max Cabanes d’après Jean-Patrick Manchette. Paru le 5 octobre 2018 chez Dupuis. 28€95 ; (192 p.) ; illustrations en couleur ; 31 x 24 cm

Quatrième de couverture

  • Qu’est-ce tu veux au juste ?
  • Des camarades et moi, on aurait besoin d’un expert.

  • Expert en quoi ? Je suis expert en des tas de choses.

  • Les camarades en question et moi, on va se payer l’ambassadeur des États-Unis.

En ce tout début des années 1970, les cendres de mai 68 rougeoient encore et les âmes insatisfaites s’embrasent vite. Comment diable s’occuper en attendant le Grand Soir, si l’on est un petit groupe de paumés d’extrême gauche ? Et si on frappait un grand coup : enlever l’ambassadeur des États-Unis en plein Paris, au nez et à la barbe des forces de l’ordre ? Riche idée, sauf si la mort vous attend au bout de la route…

En adaptant Nada du romancier Jean-Patrick Manchette, Max Cabanes au dessin et Doug Headline au scénario ont su restituer tout l’amer désespoir de ce chef-d’oeuvre du néo-polar.

 

Les auteurs :

dougheadlineNé en 1962 à Paris, Doug Headline grandit dans une famille de cinéphiles et d’amoureux de littérature. Son père, Jean-Patrick Manchette, fait partie d’une génération d’écrivains qui rénove le roman noir français et en dynamite les codes. Baigné dans l’amour des « mauvais genres », Doug devient rapidement critique cinéma pour Charlie Mensuel, puis rédacteur au sein de Métal Hurlant, haut lieu de la culture alternative en France. En plus de son activité de journaliste, Headline commence à écrire des scénarios pour les dessinateurs de l’équipe des Humanoïdes Associés : Yves Chaland, Luc Cornillon,… Tout en poursuivant un travail de critique de cinéma et de traducteur, il devient éditeur d’une collection de livres-jeux chez Hachette. En 1987, il co-fonde les éditions Zenda qui vont mettre en lumière des pans entiers de la bande dessinée américaine et anglo-saxonne, classique ou contemporaine. Depuis les années 1990, il travaille également pour le cinéma et la télévision, comme producteur ou scénariste. En 1995, suite au décès de son père, Doug Headline s’investit dans la réédition de son travail. Un chantier éditorial de longue haleine qui l’amène à revenir à la bande dessinée en 2009, avec Max Cabanes. Cette année-là, les deux auteurs donnent une fin dessinée à « La Princesse du Sang », roman inachevé de Manchette. En 2014, le duo signe son retour aux Éditions Dupuis et adapte une autre oeuvre mythique : « Fatale ».

Homme multimédia et érudit, Doug Headline a toujours cultivé son goût pour les mauvais genres comme le cinéma de série B ou le polar. Tour à tour, critique, éditeur, scénariste, traducteur ou adaptateur Headline a touché à toutes les étapes du processus de création en bande dessinée.

 

max cabaneCabanes Dessinateur et scénariste

C’est en 1976 que Max Cabanes a commencé sa chronique délirante et fantasque Dans les villages, précisément dans le magazine Tousse Bourin (!). Le premier tome (La Jôle) paraît alors en noir et blanc aux Éditions Audie (Fluide Glacial), la suite dans Charlie Mensuel. Dargaud rééditera le premier tome en couleurs, avant de publier les suivants : L’Anti-jôle, La Crognote rieuse, Le Rêveur de réalité.

L’auteur a (entre autres !) collaboré avec le génial Jean-Claude Forest sur Le Roman de Renart (1985 – Futuropolis), nous a ravis avec Rencontre du troisième sale type (1982 Dargaud), a exploré l’autobiographie avec Colin Maillard et Les Années Pattes d’eph (1986 et 1992 Casterman). Il a réalisé le diptyque Bellagamba chez Casterman (1999 et 2002).

Il est consacré Grand Prix d’Angoulême en 1990 (qui distingue l’ensemble d’une oeuvre et son apport à la bande dessinée) et entre ainsi à l’Académie des Grands Prix de la ville.

Son dessin s’est révélé dans la série Dans les villages, où explosent aussi son talent narratif et sa puissante inspiration. Humour, angoisse, rêve et réalité s’y mêlent dans une sarabande ambiguë et grisante.

Cabanes a reçu le Prix « Polar’Encontre » 2010 pour le 1er tome de « La Princesse du sang » sur un scénario de Manchette.

 

Extrait :

Nada BD 0

Le post It de Ge

Je ne suis pas une fana de BD, j’y connais même pas grand chose en fait, je fonctionne plus au feeling, et là j’avoue c’est le titre de Manchette qui m’a d’abord attirée, et l’illustration de la couv est très belle aussi. Alors je me suis laissé tenter. Grand bien m’en a pris.

Ils sont six : Épaulard, l’expert vieillissant ; D’Arcy, l’alcoolique violent ; Buenaventura Diaz, le caméléon aux identités multiples ; Treuffais, le prof de philo désabusé ; le jeune Meyer, dont la femme folle finira bien par le tuer un de ces quatre ; et Cash, la putain auto-proclamée à l’intelligence troublante. Des profils aussi disparates que leurs passés respectifs. Pourtant, ensemble, ces paumés d’extrême gauche formeront le groupe « Nada ». Leur premier coup d’éclat : enlever l’ambassadeur américain, en visite discrète dans une maison close parisienne. Une opération aussi risquée exige audace et maîtrise. Mais si le gang de marginaux l’exécute sans coup férir, la suite ne sera pas si simple. Chargé de l’affaire, le rusé commissaire Goémond va mener une sanglante traque aux ‘anarchistes' »

L’histoire du groupe Nada, des anarchistes qui exécutent l’enlèvement de l’ambassadeur des Etats-Unis en France. Repérés par la police, ils tuent leur otage avant d’être abattus à leur tour par les forces de l’ordre

Bande dessinée racée tirée du chef-d’œuvre du néo-polar écrit en 1972 par Jean-Patrick Manchette.  Max Cabanes et Doug Headline  avait déjà ensemble commis un premier forfait avec l’adaptation de « Fatale »  de même Manchette. Ici nos deux comparses nous livrent un album élégant.  La noirceur du roman y est parfaitement retranscrite .

Le graphisme aux traits secs, taillés à la hache rappelle à merveille le caractères de nos personnage. Il confère à nos protagonistes un petit coté humaine malgré leur dureté. Et donne tout son relief à ce récit tragique  De plus l’alternance des couleurs délavées colle admirablement au récit désespéré du roman.

2 réflexions sur “Nada la BD de Doug Headline et Max Cabanes

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