Papote d’auteur Maud était avec Guillaume Richez

Papote d’auteur Maud était avec Guillaume Richez

Les Enquêtes et indiscrétions de Maud

 

 Bonjour Guillaume Richez, je vous remercie d’avoir accepté cet entretien qui va nous permettre de mieux vous connaître. Ne vous inquiétez pas, il ne s’agit pas d’un interrogatoire, pas besoin de témoins ou d’avocat !

 Pouvez-vous nous parler un peu de vous, nos lecteurs sont un peu curieux ?

 J’ai 43 ans. Je vis près de Marseille. Je suis diplômé de Lettres Modernes de la faculté d’Aix-en-Provence. Je suis chef de projet au sein d’une collectivité territoriale des Bouches-du-Rhône. Je travaille dans le domaine de l’éducation.

En ce qui concerne l’écriture, je ne me suis intéressé à la littérature qu’assez tard, au lycée. Ma première passion a été pour le cinéma, très jeune. De là me vient mon envie de raconter mes propres histoires. Je devais avoir neuf ou dix ans et je voulais réaliser des films. Ce qui peut expliquer l’aspect cinématographique, – visuel, qui semble caractériser l’écriture de mes deux thrillers.

C’est en classe de seconde que j’ai vraiment commencé à lire des romans, du théâtre, et à écrire. Je fréquentais assidûment la magnifique bibliothèque municipale Ceccano d’Avignon, la ville où j’ai grandi. C’est un lieu magique, un superbe bâtiment du XIVème siècle. Je flânais dans les rayons, je prenais des livres, presque au hasard. C’est ainsi que j’ai découvert l’œuvre du dramaturge américain Eugene O’Neill (publiée en France chez L’Arche) qui m’a profondément marqué.

Blackstone est votre deuxième roman. Vous pouvez nous en dire un peu plus ?

Après la parution de mon premier roman, Opération Khéops, j’ai envisagé de donner une suite aux aventures de mon héroïne Kate Moore. L’action de ce nouveau thriller devait se dérouler en Chine. J’avais déjà commencé à élaborer la trame principale et à me documenter sur la République populaire, les services de renseignements chinois et américains, l’armée, etc.

Opération Khéops devait être le premier titre d’une série inspirée des célèbres romans de Gérard de Villiers, les fameux SAS à la couverture si facilement reconnaissable. Quand j’ai appris qu’il n’y aurait pas de suite à ce thriller, j’ai utilisé tous les matériaux dont je disposais pour bâtir un nouveau scénario, plus complexe que celui d’Opération Khéops.

Je n’étais pas limité en nombre de signes, je n’avais pas d’éditeur, j’étais donc libre d’écrire le livre que je voulais. J’étais très avancé dans mes recherches et je tenais un sujet qui m’intéressait. C’était le point de départ pour me lancer. Ensuite, j’ai façonné mes personnages, – Malone, Rodríguez, Sanders, Gordon Wade et la sénatrice McGovern. Je voulais raconter cette histoire à leur hauteur, avec leur propre personnalité.

Donc c’est un peu par hasard que Blackstone est né. Une anecdote sur ce livre lors de l’écriture ou un retour de lecture ? 

Disons que Blackstone n’était pas une œuvre de commande contrairement à Opération Khéops.

J’ai plusieurs anecdotes : le chapitre 19 relate une opération aérienne menée par le major Bennett contre un groupe naval chinois. Il s’agit d’une simulation d’attaque qui a pour objectif de montrer à la République populaire que les États-Unis d’Amérique n’ont pas l’intention de se laisser impressionner par le déploiement de navires chinois en mer de Chine méridionale.

Le Général de brigade aérienne Jean-Vincent Brisset, qui m’a apporté quelques conseils (notamment pour les F-22 Raptor), a réagi à la lecture de ce chapitre en me disant que cette simulation d’attaque ne lui paraissait pas crédible. Or, quelques mois plus tard, Le Monde a publié un article qui relatait très exactement la même opération menée par l’aviation russe… La réalité venait de rejoindre la fiction.

Un ami qui voyage très souvent en avion pour son travail, m’a également raconté qu’il avait vécu une scène d’interception comparable à celle que je décris dans Blackstone au chapitre 8. Et un lecteur m’a dit qu’il avait fait des recherches sur Robert Hill, pensant qu’il s’agissait d’un tueur en série qui avait réellement existé.

J’aime beaucoup ces différentes anecdotes que me rapportent des lecteurs. Cela signifie qu’ils sont vraiment entrés dans mon livre.

Je comprends vos lecteurs, Blackstone a été pour moi un coup en 2017. Vos plus belles joies en tant qu’auteur, vos pires moments ?

 Les pires moments se sont les moments de doute. Ce peut être très difficile à surmonter. Voire insurmontable…

Un grand moment de joie, c’était celui de l’annonce en direct par Philip Le Roy de la sélection de Blackstone pour le Grand Prix de la Littérature Policière 2017. Quel souvenir ! Je n’en revenais pas.

Je citerai également le moment où j’ai découvert l’excellente critique de Blackstone publiée dans la revue cultissime L’Écran fantastique. Un moment très fort.

 Après les moments forts en tant qu’auteur, pourriez-vous dire quel lecteur vous êtes ?

 Je lis en moyenne un à deux livres par semaine, et au risque de vous surprendre, je ne lis que très rarement des polars.

Parmi les livres que j’ai lus et aimés, parus à l’occasion de la rentrée littéraire, il y a le sublime premier roman de Pauline Delabroy-Allard, Ça raconte Sarah (Minuit), qui a obtenu le Prix du Style 2018, ou encore le bouleversant récit de Jean-Michel Espitallier, La Première année(Inculte). J’ai d’ailleurs eu le plaisir de m’entretenir avec eux pour La Fringale Culturelle, un magazine auquel je collabore en tant qu’intervieweur depuis cet été.

Je citerai également le très bon Leurs enfants après eux (Actes Sud) pour lequel Nicolas Mathieu a obtenu le Prix Goncourt. Vous pourrez d’ailleurs découvrir prochainement mon entretien avec ce romancier dans La Fringale et dans mon blog.

Dans un tout autre registre, le roman d’espionnage La Guerre est une ruse de Frédéric Paulin (Agullo) est également très réussi. Le tome deux doit paraître en mars 2019. J’aurai le plaisir de m’entretenir avec Frédéric Paulin à cette occasion.

Je lis partout, dans le train, dans le métro. Mais je préfère lire confortablement installé dans mon lit ou au coin du feu !

 

 Des auteurs qui lisent j’adore ! Je vais terminer par une indiscrétion, un projet de nouveau roman ou autre ? Oui, oui, là c’est lectrice impatiente que je suis qui s’exprime !

 Je ne comprends pas comment un écrivain pourrait ne pas lire. Quand Stephen King rencontre quelqu’un qui lui explique qu’il veut devenir écrivain, il lui demande : « Et que lisez-vous ? »

Tous les écrivains ont commencé par lire les histoires écrites par d’autres. Mais au-delà des histoires, ce qui importe véritablement, c’est l’écriture. Ce n’est pas le tout d’avoir un bon sujet. Encore faut-il savoir écrire. Et ça, ce n’est pas à la portée de n’importe qui.

Pour en revenir à votre question, le 8 novembre dernier a paru chez le Cherche midi éditeur Rock Fictions. C’est un livre de la talentueuse photographe Carole Épinette qui, depuis plus de vingt ans, saisit sur le vif, en coulisses et sur scène, pour LibérationLe MondeRolling Stoneet Rock & Folk, les plus grandes légendes du rock : AC/DC, Amy Winehouse, Alain Bashung, David Bowie, Iggy Pop, Marilyn Manson, les Stones, Coldplay, Sex Pistols, Anna Calvi, Metallica, Arthur H, Motörhead, James Brown, The Cure, Pete Doherty, Louis Bertignac.

Vingt-et-un auteurs et autrices, – écrivains, poètes, journalistes -, ont choisi une de ses photographies pour composer une nouvelle : Jérôme Attal, Jean-Luc Bizien, Émilie Blon-Metzinger, Xavier Bonnet, Franck Bouysse, Sonja Delzongle, Benoit Deschodt, Manon Fargetton, Erwan Larher, Nicolas Lebel, Gilles Marchand, Agnès Mathieu-Daudé, Bernard Minier, Amélie Nothomb, Olivier Rogez, Cédric Sire, Adrien Tomas, Thomas VDB, Thomas Vinau, Sigolène Vinson et moi-même.

J’ai pour ma part choisi une sublime photographie d’Anna Calvi qui a d’ailleurs sorti un nouvel album, Hunter, cet été. Mon texte s’appelle Érosion. C’est un récit beaucoup plus personnel que tout ce que j’ai pu écrire jusqu’à présent.

Quel recueil, un magnifique livre qui a rejoint ma bibliothèque !!!! Je vous remercie de vous être gentiment rendu disponible afin de nous en apprendre un peu plus sur vous. Et je vous laisse, si vous le voulez bien, le mot de la fin :

 Soyez curieux. Sortez de votre zone de confort.

  

Encore mille fois merci !

 Merci à vous,  Maud ! Cela fait plaisir de savoir que des lectrices et des lecteurs ont aimé Blackstone et que l’on parle encore de ce livre plus d’un an après sa parution.

19 réflexions sur “Papote d’auteur Maud était avec Guillaume Richez

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