ITW Sériale Lectrices spéciale flingueuse, Ge est avec Florence Labbé


ITW Sériale Lectrices spéciale flingueuse

 Ge est avec Florence Labbé.

Salut mes polardeux,

Si vous avez suivi l’affaire, lors de notre bilan 2018, je vous prévenais que j’allais recruter de nouvelles Flingueuses.

Et bien voilà c’est chose faite. 2 nouvelles têtes dans la team.

Et la première à se présenter à vous c’est Florence.

Mais je ne vous en dis pas plus, je vous laisse découvrir notre première stagiaire Flingueuses

Allez hop c’est parti


GVL : Bonjour Florence, es-tu prêt(e) à être soumise à la question ?

 Flo : Euh, non, mais je vais faire de mon mieux J .

GVL : Alors, peux-tu te présenter ? je veux tout savoir, ta scolarité, ton parcours pro, ton âge, ta vie

 Flo : Petite fille qui a bien aimé l’école. Scolarité dans l’école de quartier, bonne élève.

Scolarité dans un collège-lycée plus éloigné mais qui permettait d’avoir un enseignement sérieux, de l’avis de mes parents. Donc cursus allemand renforcé en 1ère langue, puis anglais, latin.

Pas très douée en maths et encore moins en physique-chimie. Orientation vers un bac littéraire avec des maths quand même et option bio. J’aurais voulu faire médecine mais pas possible avec mes résultats. Bac A1 mention bien. Puis DUT compta-gestion avec orientation gestion des ressources humaines. Chouette formation. 19 ans à la sortie de l’IUT, envie de partir, donc direction la banlieue de Glasgow comme assistante de français pendant 1 année scolaire. Très beau pays, souvenirs mitigés toutefois car j’ai souffert du mal du pays enfin c’est surtout parce que j’étais éloignée de mon petit ami rencontré juste avant mon départ.

De retour en France chez mes parents, l’envie de quitter le nid familial et de privilégier ma vie amoureuse m’a amenée à partir à Grenoble où je me suis inscrite en 1ère année de Deug de Psychologie (pas d’équivalence). J’ai enchainé mes cinq années et en suis sortie avec un DESS de Psychologie du travail (Master 2 aujourd’hui). Après, j’ai galéré pour trouver un emploi (les années 90 étaient dures) et j’ai démarré comme formatrice en insertion professionnelle dans une asso grenobloise. Puis j’ai fait un remplacement de congé mat de ma responsable de stage de DESS, comme coordinatrice de formation dans un Greta. Puis toujours au GRETA, j’ai occupé différents postes : conseillère en bilan orientation (jeunes de – 26 ans, publics illettrés ou FLE,  formatrice en insertion auprès de toutes sortes de publics plutôt précaires y compris en maison d’arrêt. Ensuite j’ai été promue, coordinatrice puis responsable d’un site de formation. J’ai fait ça pendant 7/8 ans environ. C’était passionnant mais aussi épuisant. Et puis j’ai eu un souci avec une collègue au moment de mes congés maternité. J’ai failli y laisser ma santé, j’ai préféré tout mettre en œuvre pour partir plutôt qu’intenter quelque chose. Progressivement j’ai pu partir à mi-temps puis démissionner complètement pour rejoindre une association d’accompagnement à l’insertion dans le secteur de l’aide à domicile puis après 3 années, j’ai démissionné pour retourner vers la formation continue (coordinatrice de formation). J’avais des groupes de formation en Isère mais partout en Isère donc souvent à 70 bornes de Grenoble). Epuisant, beaucoup d’inégalités dans l’équipe, usée par le secteur de l’économie sociale et solidaire qui est tout sauf sociale et solidaire. Alors j’ai candidaté comme conseillère en bilan de compétences au CIBC de l’Isère, mon premier CDI de ma vie, payée des miettes mais avec une super directrice et des collègues géniales.

Et j’ai démissionné après 4 ans … en 2013 car mon mari a eu une super opportunité professionnelle mais à Paris. Hors de question de passer à côté, j’étais prête de mon côté à changer de voie. On a vendu la maison achetée 3 ans plus tôt, recherché et trouvé un endroit en RP qui nous plaisait (mon mari habitait à Pontoise quand on s’est connus) et je me suis inscrite au chômage  recherches d’offres, de structures auprès desquelles postuler (missions locales, organismes de Bilan, structures d’accompagnement à l’insertion professionnelle, etc.). Je prends très vite conscience que le bassin d’emploi est différent de Grenoble, je n’ai pas de réseau professionnel ici, il y a très peu d’offres. En parallèle, mon plus jeune fils entre en CM2, le groupe scolaire cherche des parents pour s’investir dans la bibliothèque de l’école. Lectrice depuis toujours, je me dis que cela me permettra de sortir de la maison, je ne connais personne ici, …

Je démarre en sept 2013 avec 4/5 autres parents. Il faut réorganiser la bibliothèque, les collections, etc. C’est un grand chantier. Il y a aussi les prêts aux élèves qui viennent avec leur instit pour emprunter, rendre les livres, etc. L’école héberge 3 bibliothécaires qui travaillent  dans des locaux au 1er étage. Ils constituent les collections de la future médiathèque d’Osny. La bibliothécaire qui s’occupe de la section jeunesse nous explique comment réorganiser la BCD (bib de l’école) en s’alignant sur le classement de la future MéMO. Je me suis régalée dans ces activités (couvrir les livres, refaire les cotes, faire les modifs sur le logiciel de prêt de la BCD, le relationnel avec les enfants et les instits. J’ai posé des questions, proposé ma dispo pour des animations. Bref, j’ai commencé à me renseigner sur le métier, j’ai demandé une EMT (évaluation en milieu de travail à Pôle Emploi), avec l’idée de me réorienter. Une formation m’ayant été conseillée, je me renseigne et j’opte pour le MASTER 2 Littérature de Jeunesse parcours bibliothèque, à distance en 1 an (pour rester dispo / aux enfants) et je demande un financement dans le cadre du DIF. Mon dossier VAP est accepté pour une entrée en MASTER 2 en septembre 2014.  Mon stage se fera avec la Médiathèque de Saint-Ouen l’Aumône et mon mémoire sur les livres animés, leur histoire, etc. J’obtiens le Master 2 à la session de sept, à l’issue d’une année bien remplie ! (cours à distance, devoirs à rendre, stage, mémoire,  et en // bénévolat à la BCD).

La MéMO va recruter seulement 3 agents et 1 directeur au 1er sept. 2015 et le recrutement va se faire en interne. Par chance, les candidatures pour la section jeunesse et multimédia ne conviennent pas, je peux alors postuler et suis recrutée comme agent contractuel suite à un entretien en mai 2015.

Je débute donc le 1/09/2015 et je suis à ce jour toujours contractuelle. Depuis janvier 2018, je m’occupe des fonds polars, Sf, romans jeunesse et romans ados sous l’autorité de la responsable des collections. Je fais partie de l’équipe organisatrice de polar’Osny, avec une complice de choc, Isabelle Bourdial.

 

GVL :  Isabelle Bourdial, tiens ce nom me dis quelque chose…. Mais bon reprenons. Dis-moi : Quelle place avait la lecture dans ton milieu familial ?

Mon père avait quelques bouquins, plutôt en lien avec la résistance, la déportation, la 2ème guerre mondiale, je les ai lus aussi ceux-là.

J’ai toujours aimé lire, d’aussi loin que je m’en souvienne même si mes parents lisaient pu de livres finalement (plutôt le journal pour mon père et des revues pour ma mère).

GVL : Comment abordait-on le livre chez toi ?

 Mes parents en achetaient peu et m’en achetaient un peu. J’en ai eu en cadeaux par des oncles, tantes. Parfois avec ma mère, en rentrant de son travail, nous passions devant le bureau de tabac maison de la presse de notre quartier, et c’est là que j’ai eu je pense toutes mes bibliothèques roses et vertes et que j’ai acheté mes Agatha Christie.

Sinon, j’ai lu des Mickey, Picsou, des BD classiques (Tintin, Astérix, …). Je lisais tout le temps dans la voiture le week-end, ou pour les départs en vacances.

L’un de mes meilleurs souvenirs de lecture, c’est un emprunt à l’école primaire d’un roman illustré. C’était Robinson Crusoë, un grand et gros livre et un souvenir à vie pour moi !

 

GVL : Veux-tu bien me montrer ta/tes bibliothéque (s) :

 Ci-dessous, quelques cases de ma bib perso. Elle est dans ma chambre, de mon côté du lit. J’ai une autre bib familiale, au salon mais il y a surtout les BD, les guides de voyages, livres de cuisine, de loisirs créatifs, les classiques, les DVD.

 

 

 

Ma bib pro, le rayon polar de la MéMO, c’est là que je puise la grande majorité de mes lectures !

 

GVL : Et m’expliquer comment elles fonctionnent, comment elles sont rangées ?

 J’ai récemment fait du vide J’avais bcp de poches. J’ai viré (donné) tous ceux d’auteurs étrangers que je ne relirai jamais. Les français qui m’avaient moyennement plu. Et j’ai gardé le reste. Dans les cases de gauche, il y a les auteurs étrangers, Connelly, Denis Lehane, etc. A droite les cases pour les auteurs français, et en bas à droite les livres que j’ai récemment achetés ou qui m’ont été offerts et que je n’ai pas lus (ma CAL).

GVL : Et le livre et la lecture pour toi c’est quoi ?

 Un moyen de s’évader, il me faut du suspense, une jolie plume. Lire, c’est la cerise sur mon gâteau quotidien. C’est rare que je me couche sans avoir lu ne serait-ce qu’une page.

GVL : Es-tu papier ou numérique ?

Plutôt papier, j’ai essayé la lecture sur ma tablette (je me suis inscrite sur netgalley) mais je ne ressens pas le même plaisir qu’avec un livre papier dans les mains.

 

GVL ; En parlant de bibliothèque, vas-tu ou es-tu allée en bibliothèque ?

J’ai des souvenirs de livres en école élémentaire que je ramenais à la maison mais pas si c’était une bibliothèque dans l’école. Au collège/lycée, j’y allais régulièrement pour travailler, pour emprunter un peu aussi. Mes parents ne fréquentaient pas les bibliothèques. Après mon retour d’Ecosse, j’avais 20 ans, j’ai fréquenté assidûment l’une des bib de Grenoble où j’ai lu toute la collection Spécial Suspense d’Albin Michel ainsi que de la SF. Ensuite j’ai arrêté pendant les études de psycho puis repris le chemin des bib avec mes enfants.

 

GVL : Si oui qui as-tu trouvé, que t’ont-elles apportée ?

Dans l’une des bibs de la commune où nous habitions (à Villard-Bonnot en Isère), il y avait en fait 3 annexes, et certains mercredis après-midis, nous en faisions 2 avec les enfants. Une des bibliothécaires était super chouette, on discutait polar !!

 

GVL : As-tu une librairie attitrée ? Une ou plusieurs d’abord. Une ou tu achètes tes bouquins ?

J’ai beaucoup été cliente des Fnac, depuis longtemps car j’ai acheté une grande majorité de ce que j’ai lu, et c’était surtout des poches. Depuis que j’habite à Osny, c’est plutôt la libraire du Grand cercle, grande librairie à Eragny où j’aime m’approvisionner. C’est surtout chez eux aussi que je commande pour mes lecteurs.

 

GVL : Où achètes-tu principalement tes bouquins. (ça peut-être dans différent lieu, par exemple, moi c’est dans ma librairie de quartier, dans les librairie où je vais voir des auteurs, des librairie que je visite en vacances. Et aussi énormément sur les festivals et les salons où je vais. Parfois même c’est dans ma bibliothèque quand je reçois des auteurs…mais là c’est une libraire qui vient vendre les bouquins à la biblio pour l’occasion).

En librairie (voir plus haut)  et en salon (du livre pour la jeunesse de Montreuil, SMEP, Polar’Osny J, Nemours). J’achète les livres que je veux pour ma petite bibliothèque perso, avec des dédicaces, parce que j’ai rencontré l’auteur, que l’on a discuté.

Parfois en grande surface, dans ces cas-là, c’est un achat non prémédité.

 

GVL ; Bon passons aux choses sérieux, tu es toujours prêt(e) ?

Flo : Oui, ça y est.

 

GVL : Combien de livre lis-tu par semaine, par mois, par ans ?

Ça dépend (de la grosseur du livre, si je suis fatiguée, si j’adhère au livre). 1 livre par semaine en moyenne, voire un peu plus.

 

GVL : Tiens-tu décompte précis de tes lectures ?

 Oui, j’enregistre mes livres sur Babelio. Ça me permet de garder une trace mais je ne le fais que depuis 2 ans.

 

GVL : As-tu une PAL ?

Oui, une case dans ma bibliothèque contient tous les livres que je voudrais lire. C’est donc une CAL. J’ai une petite PAL sur ma table de chevet. Ceux qui vont-être lus dès que le livre en cours est fini.

 

GVL : Combien de livre dans ta PAL ?

 Une vingtaine, peut-être plus.

 

GVL : Pour toi c’est quoi ta PAL, quelles relations entretiens-tu avec elle ? Comment la vis-tu ?

C’est ambivalent, mon rapport à ma PAL. Un trésor et en même temps un sentiment de culpabilité, une pression car elle monte plus qu’elle ne descend.

GVL : Alors…..Et le polar dans tout ça ? Pourquoi tu en lis ? as-tu un rapport particulier avec le genre. (J’entends par polar tout ce qui a attrait aux littératures policières, du roman de procédure, au roman noir en passant par tous les types de thrillers…)

C’est le seul genre dont je ne me suis jamais lassée ! Romans noirs, polars, thrillers …

Toute petite, j’ai lu le club des cinq, les compagnons de la Croix-Rousse (forcément en étant à côté de Lyon), Alice. J’ai adoré regardé les brigades du tigre les vendredis soirs avec ma mère.  Ma mère écoutait Pierre Bellemare à la radio en début d’après-midi, j’ai écouté ses histoires extraordinaires pendant des années, j’adorais ce suspense. J’ai beaucoup regardé les policiers classiques français avec Delon, Gabin, tout ce qui passait le soir pendant les années 80. Ma mère aimait ces films et m’autorisait à les regarder avec elle mais quand il y avait des scènes difficiles, je me bouchais les yeux et les oreilles. J’ai lu aussi tous les Agatha Christie, certains romans d’Arthur Conan Doyle. Puis j’ai laissé un peu les romans policiers pour aller vers la Fantasy (quelques Tolkien sans enthousiasme, Barbara Hambly, Marion Zimmer Bradley), la SF (Philip K Dick, Van Vogt, Herbert, Dan Simmons, puis l’épouvante, le fantastique (Stephen King, Graham Masterton, Anne Rice et sa sage des sorcières, extraordinaire !). Puis retour au polar, d’abord américain (Mary Higins clark, Patricia MacDonald, Kellerman, Connellt, Coben, etc.). J’ai parfois fait des pauses, occupée à d’autres choses (ma vie de patachon dans les années 90). Je suis revenue à la lecture noire à la fin des années 90 et depuis je n’ai rien lâché.

 

GVL :, dis-nous, quels sont tes auteurs favoris ?

 J’ai longtemps aimé les auteurs classiques du polar, thriller américain : Coben, Clark, Kellerman, Connelly, Connolly, Gardner, Slaughter,

Puis les auteurs français ont pris le pas : Minier, Japp, Giebel, Thilliez, Lemaître dans un premier temps.

Depuis que je découvre la richesse de la littérature noire, avec mon travail mais surtout Polar’Osny, la liste de mes auteurs favoris s’est allongée et s’allongera encore à mon avis. En citer veut dire en oublier, mais c’est le jeu : Jacques Saussey, Hervé Le Corre, Marin Ledun, Mattias Köping, Sandrine Collette. J’ai adoré lire Fabrice Pichon, Sandra Martineau, David Coulon, Armelle Carbonel, Isabelle Villain, Mattias Köping, Hervé Commère, Niko Tackian, Lou Vernet, Danielle Thiery, etc. La liste est longue.

 

GVL : Peux-tu nous parler de 5 livres qui t’auraient marqué ces dernières années

Des nœuds d’acier, de Sandrine Collette. Un roman terrible, une longue descente aux enfers.

Partir de Tina Seskis. Un roman qui m’a bluffée. Ecriture très fluide, une héroïne que j’ai suivie avec plaisir et que j’ai eu du mal à lâcher.

Je serai le dernier homme de David Coulon. Un style d’écriture qui m’a plu immédiatement, un anti-héros, et des décisions malheureuses qui s’enchaînent.

Maudite, de Denis Zott. Un rythme d’enfer, une héroïne qu’on a envie de secouer, c’est graveleux mais jubilatoire aussi. Un auteur qui a osé ne pas appuyer sur le frein. Je n’irai jamais dans les quartiers de Marseille …

Le manufacturier de Mattias Köping. Une lecture incroyable. Plus de 500 pages lues très rapidement, c’est noir, violent, monstrueux même mais en même temps, ça ne semble pas si fictionnel !  Une plongée dans ce que l’homme a de plus vil. Drogue, prostitution, conflits ethniques, magouille des politiques. Et l’écriture est juste magnifique.  Un grand grand roman.

Un 6ème pour le sujet qu’il aborde, c’est Enfermé.e de Jacques Saussey Pour des raisons personnelles mais aussi parce que l’écriture est magistrale. Et qu’il a su clore son livre par une scène inoubliable.

GVL : Fréquentes-tu les festivals et autres salons…Si oui depuis quand ?

Les salons du polar, festivals, depuis 1 an seulement.

GVL : Que t’apportent ces salons, ces rencontres ?

 Quand j’aime un livre, j’avoue que rencontrer l’auteur permet de le lui dire, mais aussi de chercher à savoir comment il écrit, depuis quand. Et puis il y a des auteurs qui sont de vraies perles, que j’adore en tant que personne, pour leur gentillesse, leur simplicité, leur jovialité. Là, je peux ne pas forcément être super fan, avoir tout lu, c’est plutôt l’individu que j’ai plaisir à rencontrer et à retrouver dans des salons.

GVL : Peux-tu partager une anecdote avec nous, un truc rien qu’à toi !

Oui, ma rencontre à SMEP avec Jacques Saussey que je voulais féliciter pour « principes mortels » que j’avais lu récemment et que j’avais beaucoup aimé. Il avait un signet sur son roman à venir, c’était pour Enfermé.e et il me sort un couplet sur la transidentité, le pourcentage de personnes qui seraient concernées et là, je n’ai pas pu m’empêcher de parler de ma situation de maman d’un ado trans. C’était une scène étrange, je me dis parfois que la vie organise des rencontres qui ne sont pas si fortuites. Jacques Saussey m’a gentiment proposé de recevoir son livre. Je l’ai lu  et je l’ai chroniqué bien sûr.

GVL : Sinon…rien à ajouter ?

 J’ai dit beaucoup de choses …

 

GVL : Tu es certaine que c’est ton dernier mot ?

 Oui cheffe !

GVL : Allez un petit coup de gueule. ET Un gros coup de cœur… ?

 Je n’ai pas aimé Meurtre pour rédemption de Karine Giebel, un jour peut-être je réessayerai. De la violence carcérale qui m’a semblée « surjouée », une héroine qui m’a laissée de marbre, un roman trop long, une histoire d’amour peu crédible comme le personnage de Marianne, une fin bof. Bref tout ça pour quoi, le message il est où ? Enfin c’est mon avis (lecture il y a 7/8 ans je dirais).

Gros coup de cœur : c’est dur ! Allez 2 coups de coeur : Enfermé.e de Jacques Saussey, pour des raisons personnelles et pour Jacques Saussey, car j’adore son écriture ! Dernier coup de cœur en date « Le manufacturier » de Mattias Köping. Violent, hyper violent même, mais il y a un message et une écriture extraordinaire. J’ai dévoré les 500 et quelques dizaines de pages. J’ai pu discuter avec Mattias Köping à Nemours, c’est un homme génial, une vraie belle personne.

GVL :  Merci pour ces petites confidences, et à très vite sur collectif Polar

Voilà cher Polardeux, vous en savez autant que moi sur notre petit nouvelle.

Maintenant ne lui reste plus qu’à faire ces preuves pour devenir une Flingueuse à part entière.

Allez à très vite

Dieu n’habite pas La Havane de Yasmina Khadra


Le livre : Dieu n’habite pas La Havane de Yasmina Khadra. Paru le 18 août 2016 chez Julliard. 19€50 ; (312 p.) ; 21 x 14 cm
Rééditer en poche chez Pocket le  7 septembre 2017. 6€95 ; (257 p.) ; 18 x 11 cm
4e de couv :

À l’heure où le régime castriste s’essouffle, « Don Fuego » chante toujours dans les cabarets de La Havane. Jadis, sa voix magnifique électrisait les foules. Aujourd’hui les temps ont changé et le roi de la rumba doit céder la place. Livré à lui-même, il rencontre Mayensi, une jeune fille « rousse et belle comme une flamme », dont il tombe éperdument amoureux. Mais le mystère qui entoure cette beauté fascinante menace leur improbable idylle.

Chant dédié aux fabuleuses destinées contrariées par le sort, Dieu n’habite pas La Havane est aussi un voyage au pays de tous les paradoxes et de tous les rêves. Alliant la maîtrise et le souffle d’un Steinbeck contemporain, Yasmina Khadra mène une réflexion nostalgique sur la jeunesse perdue, sans cesse contrebalancée par la jubilation de chanter, de danser et de croire en des lendemains heureux.

La plupart des romans de Yasmina Khadra sont traduits dans une quarantaine de langues. Certains ont aussi été adaptés en bandes dessinées, à la scène et au cinéma (Morituri ; Ce que le jour doit à la nuit ; L’Attentat). Les Hirondelles de Kaboul est en cours de réalisation par Zabou Breitman.

 

Yasmina Khadra avec la patronne

L’auteur : Yasmina Khadra est né est l’auteur de la trilogie Les Hirondelles de Kaboul, L’Attentat et Les Sirènes de Bagdad. La plupart de ses romans sont traduits dans une cinquantaine de pays. L’Attentat (prix des Libraires 2006) et Ce que le jour doit à la nuit (meilleur livre 2008 pour le magazine Lire) ont déjà été portés à l’écran et une adaptation des Hirondelles de Kaboul  en film d’animation. 

Extrait : 
« Qui rêve trop oublie de vivre », disait Panchito.
J’incarne mon propre rêve, pourtant je croque la vie à pleines dents sans en perdre une miette.
Je cherche toujours le bon côté des choses car elles en ont forcément un. Je vois le verre à moitié plein, une forme de sourire par-dessus la grimace, et la colère comme un enthousiasme dénaturé.
Le monde n’est pas obligé d’être parfait, mais il nous appartient de lui trouver un sens qui nous aidera à accéder à une part de bonheur. Il y a immanquablement une issue à n’importe quelle mauvaise passe. Il suffit d’y croire. Moi, j’y crois. Mon optimisme, je le cultive dans mon jardin potager.
Je me suis éveillé à la joie de vivre dès l’âge de cinq ans ; quant aux années qui précèdent, je ne m’en souviens pas – je suis certain qu’elles furent formidables,puisque mes parents l’étaient.

La Kronik d’Eppy Fanny

DIEU N’HABITE PAS LA HAVANE DE Yasmina KHADRA

J’avais besoin, pour accompagner ma semaine de vacances, de la musique des mots qu’offre la poésie. C’est donc Yasmina Khadra et son talent qui m’ont tenu compagnie.

Ce roman attendait sagement dans ma bibliothèque depuis plus de 4 ans. Comme quoi la patience est toujours récompensée.

L’histoire nous transporte à la Havane, nous dépeint avec talent une époque, un contexte, un pays. Nous découvrons Juan Del Monte Jonava, un chanteur dont la voix extraordinaire lui a valu le surnom de « Don Fuego ». Une gloire vieillissante, tout comme le régime castriste. Le Buena Vista a changé de propriétaire et Juan, à 60 ans, est remercié et cours le cachet.

Il ne vit que pour sa musique, et lui qui a chanté devant les plus grands ne comprend pas que l’on ne veuille plus de lui. Il traîne, déambule dans cette ville de la Havane qui est sienne depuis toujours.

Extrait p.61 : « Sans la musique, je ne suis qu’un écho anonyme lâché dans le vent. Je n’ai plus de veines, et donc plus de sang ; je n’ai plus d’os pour tenir debout ni de face à voiler. »

Il vit chez sa sœur Serena où s’empilent divers membres de la famille (sa sœur, le mari de cette dernière, leurs 3 enfants, la belle-sœur de Serena avec son mari et leur bébé, une cousine). Il y partage d’ailleurs sa chambre avec son fils, Ricardo, cet inconnu. Sa fille, elle vit avec sa mère. A la Havane, il est courant que les familles vivent à plusieurs dans un logement.

Extrait p.50 : « Depuis 1959 et la révolution castriste, la population a centuplé, mais la ville n’a pas bougé d’un poil, comme si une malédiction la retenait captive d’un passé aussi flamboyant que l’enfer. »

Lors de ses déambulations, « Don Fuego » croise une jeune fille, sa cadette de 40 ans.

Mayensi à la chevelure aussi rouge que le soleil se couchant sur l’océan. Mayensi si mystérieuse. Et le feu de Don Fuego se rallume pour cette belle, ce dernier amour, ce dernier tour de piste. Pour elle il veut briller. Encore. Décrocher la lune. Toujours. Mais les apparences peuvent être trompeuses ; voire mortelles. Son ami Panchito l’a pourtant mis en garde …

Extrait P.96 : « Tu vas te gargariser et crier sur tous les toits que tu n’es pas une marionnette, poursuit-il comme s’il lisait dans mes pensées. Pour preuve, tu montres que tu n’as pas de ficelles aux bras ni aux pieds. N’empêche, tu es plus à plaindre que les poupées en chiffon car le marionnettiste qui te manipule, c’est toi, et tu ne le sais pas. »

Mais même flirter avec la mort vaut la peine, lorsque cela permet de vivre et croire encore… Même un instant. Et puis la mort, en le rejetant, lui a rendu sa fille. Et ça c’est un vrai cadeau !

Et ce n’est pas le seul. A 64 ans voilà notre Juan sur les routes, chanteur d’un groupe….

Extrait p.255 : « Il faut faire une croix sur ce qui est fini si l’on veut se réinventer ailleurs. Panchito savait de quoi il parlait. Il m’a fallu du temps pour l’admettre, mais j’y suis parvenu. Après tout, qu’est-ce que la vie sinon une interminable mise à l’épreuve. Celui qui se relève de ses faux pas aura gagné l’estime des dieux. De toutes les couleurs qu’on lui en a fait voir, il construira un arc-en-ciel. »

C’est beau, c’est triste, c’est nostalgique.

L’espoir et l’amitié brillent à travers les mots et leurs échos.

Merci à Yasmina pour ce roman.