Savoir sur quelles flingueuses compter

Saint Valentin Spéciale Flingueuse.

Cécile crie son amour au reste des Flingueuses


Savoir sur quelles flingueuses compter

par Cécile Pellault

 

Quatre heures du matin, quelque part en banlieue, une colonne d’intervention d’une vingtaine d’hommes investit un quartier paisible. Seuls la lune, le réverbère et le chat du voisin sont les témoins de cette scène fort inhabituelle dans ces rues proprettes. Quatre hommes se détachent du groupe pour s’approcher de la porte, un bélier en main. Une autre partie du groupe fait le tour du pavillon slalomant entre les géraniums et les rosiers pour couvrir toutes les issues. Le signal est donné, la porte tombe. Une dizaine d’hommes rentre dans la maison. Bien renseignés, ils grimpent les escaliers et s’approchent du lit conjugal. Les  canons de quelques carabines d’assaut accueillent le réveil en sursaut d’une auteure ébouriffée.

« Cécile P ?

-Oui ?

-Je vais vous demander de vous lever doucement les mains sur la tête et de bien vouloir nous suivre sans opposer de résistance.

– D’accord, d’accord mais vous êtes sûrs que c’est moi que vous recherchez ? C’est mon mari, le barbu aux origines exotiques !

-Putain, Cécile, arrête tes conneries!

-Madame, veuillez me suivre !

Un flash jaillit derrière l’une des épaules en noir des policiers.

« Maman, Maman, je peux poster sur Insta !!

-Môman, je pourrai quand même aller chez Gaëtan cet après-midi ?

-Veuillez reculer les enfants ! Allez, Madame, suivez-nous maintenant !

-Mais je ne peux pas sortir en pyjama Hello Kitty, j’essaie de percer dans le Thriller, moi !

-Redoine a bien été photographié hagard en burqa, on est pas à un chaton rose près !

– Qu’est-ce que tu as encore foutu, Cécile ? Avec tes histoires de cadavre toute la journée aussi !

******

Frigorifiée quelque part dans les locaux de la DGSI, Cécile avance dans un couloir bordé de cellules. Par les meurtrières des deux premières, elle aperçoit le dos d’une chemise fleurie très colorée puis le profil d’une amie. Les policiers la font entrer dans une pièce nue avec seulement un lit en fer et une couverture. La porte de la cellule se referme.

-Psst, Michael, Nathalie ? Vous savez ce qu’on fait là ?

-Hier, je me suis fait choper par un réparateur avec sur mon portable des pages sur les différents calibres d’armes et sur Sumatra et, apparemment, je suis fiché jusqu’au cou chez eux depuis un bout.

– Moi, ils me soupçonnent de vous fournir en logos avec des messages subliminaux d’appel aux meurtres. Notre dernière conversation sur FB les aurait mis en émoi. Et ils auraient été tuyautés anonymement sur notre action imminente.

-Putain, hier, j’ai passé mon temps à surfer sur des sites russes ! Vous avez déjà été interrogés par la DGSI ?

-Oui, souvent, entre deux patients ! Non, à ton avis !

-Oh putain, j’ai une résistance ridicule à la douleur, je vais avouer n’importe quoi.

-Déconne pas Cécile. Y a bien quelqu’un qui va nous sortir de là.

-Ce n’est pas Lou qui arrive ?

******

Geneviève suivie d’Ophélie pénètre dans le QG des flingueuses.

« C’est joli aussi la bibliothèque la nuit ! souligne Ophélie»

Fanny et Eppy, des casques de moto à la main arrivent à leur tour.

« Désolée, j’ai eu un peu du mal à convaincre Eppy que ma Ducati serait plus rapide pour traverser trois départements franciliens.

-Vous êtes mignonnes, je suis en convalescence, moi !

-Alors, Geneviève, l’urgence vitale ?

Sylvie pousse les portes de la bibliothèque. Quelques instants plus tard, Maud et Jean-Paul débarquent essoufflés.

« Désolée, je sors des soirées d’Albin Sud, de Fleuve Rivage,  d’Acte Noir et j’ai attrapé Jean-Paul à sa soirée Rock and Roll & Crochets au passage. Nous avons fait aussi vite qu’on a pu.

– J’appelle Mamie Danièle et Isabelle et on peut commencer notre réunion, les informe Geneviève en activant l’appel vidéo de son ordinateur via Messenger.

– Je suis là et prête, répondit Danièle dès que son visage apparaît sur l’écran.

– En direct de Corée, présente ! réplique Isabelle

– Bon tous, voilà l’histoire ; Cécile, Michael, Nathalie et Lou se sont faits arrêter par la BRI. Leurs dernières activités sur le net semblent les incriminer dans un projet d’attentat

– Ils sont mal, ils sont mal. Faut qu’on les sorte de là.

– Je vous ai réunis pour ça. Il nous faut un plan sans accroc, confirme Geneviève.

– Ok, moi, je peux faire marcher mes contacts pour voir où ils sont retenus. Voir appeler Sacha pour confirmer ! propose Ophélie

– Il nous faudrait un plan des locaux pour les faire évader, renchérit Sylvie.

– Sur le dark web, il doit y avoir ça. Je contacte le petit Nikos, une bière et il nous fait ça, ajoute Eppy.

– J’ai ce qu’il faut en motards pour organiser la fuite, offre Fanny.

– Moi, j’ai ce qu’il faut en planque dans des communautés peu enclines à fraterniser avec les autorités ! Je faisais ça que vous n’étiez pas nés, clame Danièle.

– Avec ma palette graphique, je peux peut-être tenter des faux papiers ! s’enthousiasme Jean-Paul

– Sinon, les flingueuses,  je peux aussi juste interpeller mes contacts dans la presse pour alerter sur cette situation ridicule, les stoppe Isabelle. Je peux vous préparer un communiqué de presse à la virgule près.

-Oui, on s’emballe peut-être un peu vite. J’aurai bien envie d’un Mojito, pas vous ?! temporise également Maud.

-Oui, les collègues ne sont pas des abrutis. Ils vont vite se rendre compte. On parle tout de même de Cécile, de Michaël, de Lou  et de Nathalie. Tu gardes où ton rhum, Geneviève ?  acquiesce Ophélie.

– Oui au pire, ils auront de la matière pour créer. Rien de tel qu’un petit passage à la BRI dans la vie. Dans le tiroir de droite, Ophélie ! indique Geneviève.

-Vous avez de la chance,  j’ai pensé à amener des petits produits du Périgord ! salive Eppy.

-Je propose un toast ! A nos auteurs, et à notre graphiste sans qui nous ne serions pas là aujourd’hui en train de trinquer ! Santé et pleins de bébés littéraires !

******

– Tu es sure Nathalie que quelqu’un va venir nous aider ? Michaël, tu me prêtes ta chemise, j’ai froid ! S’il vous plait, j’avoue tout, je dénoncerai qui vous voulez ! Pour commencer, tout est de la faute de Jean-Marc ! S’il vous plait, je veux rentrer chez moi ! J’écrirai plus que des Tchoupi, je vous promets !

 

24 réflexions sur “Savoir sur quelles flingueuses compter

  1. J’ai bien ri devant mon ordi ! J’ai adoré ta nouvelle, Cécile. Je propose d’en faire une vidéo, on pourrait jouer notre propre rôle. Les mojitos seraient authentiques, et la prison haute en toc ! 😉

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