Apocryphe de René Manzor. 

En ce jour de mon anniversaire, j’ai choisi de vous proposer la chronique d’un de mes coup de coeur 2018.

Et en plus c’est une Flingueuse Légiste qui m’a offert cette chronique, autant dire que je suis gâtée et vous aussi par la même occasion.

Allez, je ne vous embête pas plus longtemps et vous laisse découvrir l’avis d’Isabelle

Le livre : Apocryphe de René Manzor. Paru le 3 octobre 2018 aux Éditions, Calmann Lévy dans la collection Calmann Levy Noir. 19,90€ ; 400 p. ; 15,3 x 23,5 cm.

4ème de couverture :

Jérusalem. An 30.

Un petit garçon regarde avec rage son père agoniser sur une croix.

Son nom est David de Nazareth, et ceci est son histoire.

Un adolescent en quête de justice et de vérité,

Une fresque épique, violente et émouvante, un thriller biblique à couper le souffle

Relecture stupéfiante de l’histoire officielle.

L’auteur : Né avec le goût de construire des histoires, René Manzor a d’abord donné corps à cette envie au cinéma. Ses deux premiers films, Le Passage et 3615 Code Père Noël, le font remarquer par Steven Spielberg qui l’invite à Hollywood. Voilà le jeune Français lancé à Los Angeles, scénariste et réalisateur, ghost writer pour les grandes productions. Dans les années 2000, René Manzor quitte les États-Unis et renoue avec le cinéma français (Dédales). En 2012, son premier roman, Les Âmes rivales, a révélé une plume au rythme vif et un univers mystérieux. 

 

Extrait  :
« Si Yeshua avait réchappé à la mort grâce à la science d’Arimathie, pourquoi n’avait-il pas cherché à revoir une dernière fois son fils avant son exil volontaire ? Ne pouvait-il pas lui consacrer une seule de ces quarante journées ? Avait-il revu ses parents ? Sa femme ? Quel genre d’existence pouvait-on mener après avoir abandonné les siens ?
Alors les paroles de son père lui revinrent en mémoire :
 Je sais que tu vas m’en vouloir terriblement pour ce que je dois accomplir, David. Mais… le Souffle de Dieu est plus important que l’amour d’un père pour son fils ou d’un fils pour son père. »

 

 Chronique d’une flingueuse

Les pépites d’Isabelle

Apocryphe de René Manzor. 

Apocryphe, le titre est bien choisi, je dirais même diablement malin. Un écrit apocryphe met en scène des événements et des acteurs bibliques, sans être conforme à la tradition reconnue par l’Eglise. Il propose une alternative à sa vérité, un autre possible accepté parfois par de nombreux fidèles.  Le texte de René Manzor est-il à sa façon un apocryphe ? Ou bien l’auteur a-t-il écrit un thriller très documenté qui sonne vrai ? Le livre cultive l’ambiguïté. C’est une œuvre de fiction sans aucun doute, mais elle s’appuie sur le dogme. Il ne s’agit pas d’un acte de foi, l’auteur prend soin de le souligner. Il le présente tout de même comme une relecture de l’histoire officielle. Alors, apocryphe ou thriller biblique ? Quatre petites phrases en 4e de couverture brouillent un peu plus les pistes  : Jérusalem. An 30. Un petit garçon regarde avec rage son père agoniser sur une croix. Son nom est David de Nazareh, et ceci est son histoire. Quelques mots qui vous harponnent et vous aspirent dans le récit, quelles que soient vos convictions en matière de religion.

Très vite, la trame est posée. Jésus Christ aurait eu un fils, élevé dans le plus grand secret par sa mère, Marie Madeleine. Le garçon intéresse au plus haut point les Romains, qui occupent la Judée, les autorités juives de Jérusalem, les Zélotes et d’autres courants du judaïsme. Pour les uns, il représente un danger potentiel, une arme politique qui ne doit pas tomber entre les mains des agitateurs, les autres le perçoivent comme un prolongement du Messie, une relique de sa chair, et placent en lui leurs espoirs de liberté. Et lui, sait-il vraiment qui il est ? Comment porte-t-il cet héritage et que compte-t-il en faire ? C’est là tout l’objet du roman.

Le contexte a beau être archi connu, l’histoire n’en demeure pas moins palpitante. Ses personnages ne sont pas communs : ils ont pour nom Ponce Pilate, Tibère, Caligula, Pierre, Judas, Barrabas… et ne sont pas là pour jouer les figurants, Manzor leur donne une vraie épaisseur. Leur caractère, leurs paroles et leurs actes contribuent à leur crédibilité. Le décor est lui aussi particulièrement bien planté. Lieux et monuments sonnent familièrement à nos oreilles. Qumrân, le temple de Jérusalem, le Golgotha, Bethléem…sont décrits avec force détails. L’imagination du romancier comble les blancs. Tout contribue à rendre le récit plausible, y compris la note en fin d’ouvrage qui révèle le destin de certains des personnages.

Lorsque les fictions sont à ce point documentées et s’appuient sur un corpus majeur de la culture judéo-chrétienne, que l’on soit ou non croyant, on a envie de connaître les sources de l’auteur. J’avoue avoir ressenti une petite frustration face à l’absence de toute information à ce sujet. Mais Manzor ne souhaitait pas se poser en exégète, et les sources historiques disponibles sont de toute façon sujettes à caution. Il reconnaît en revanche s’être inspiré de notre époque actuelle, à travers son questionnement sur le terrorisme fanatique, le pouvoir et l’usage de la foi, le dessous des guerres de religion.

Apocryphe, thriller ? Si l’on s’est posé la question, ne serait-ce qu’un instant, c’est que René Manzor a réussi son pari. Il le doit à son indéniable talent de conteur. Ainsi, dans les ultimes pages du roman, il réussit la prouesse de lâcher son lecteur, d’inciter son esprit à cheminer seul pour arriver précisément là où il l’attend.

33 réflexions sur “Apocryphe de René Manzor. 

  1. Isabelle, je suis entièrement d’accord avec toi et je suis sûre que l’auteur le serait tout autant, pour en avoir longuement discuté avec lui. Oui thriller très riche pour la mécréante que je suis, très contemporain aussi dans le ton et les événements. C’est le genre de roman que l’on peut relire pour y découvrir d’autres facettes que le suspense, en nous entraînant, a gommé.
    Merci

    Aimé par 2 personnes

    • C’est justement lui qui m’a poussée à écrire cette chronique après un long échange, à Nemours, Chevalier ! J’avais beaucoup aimé votre papote avec Aline autour du roman. Tu as raison, on est loin d’avoir épuisé le sujet.

      Aimé par 1 personne

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