La GAV : @Samuel Delage sous le feu des flingueuses, 3e audition. 3/4

La GAV : @Samuel Delage sous le feu des flingueuses, 3e audition. 3/4

Suite de la Garde à vue de monsieur

Samuel Delage

3e interrogatoire par Miss Aline

La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Nous allons vous proposer la retranscription de ces 4 interrogatoires sur 2 jours, 1 en matinée et un le soir entre ce matin et demain  après-midi

Allez place à la GAV de Samuel Delage


Miss Aline : Bonjour à toutes.
Bonjour Samuel.


Samuel : Bonjour à toutes !

 Geneviève : Nous ne sommes que tous les 3


Miss Aline : Prêt Samuel ?

Samuel : Reaaaadyyyy 😉

Miss Aline : je voudrais connaitre tes rituels d’écriture : lieu, ambiance, moment…

Samuel : Les rituels ! Ils sont très importants. Pour moi comme pour de nombreux auteurs. C’est véritablement une mise en marche et de saines habitudes à développer et entretenir.

Miss Aline : En ce qui te concerne TOI …

Samuel : L’écriture dès le matin c’est important pour moi, et pour la rendre plus performante, je prépare mon chapitre à venir depuis la veille. Un peu comme la pédale d’un vélo prête pour le démarrage. C’est mon premier rituel.
Ensuite, j’alterne avec des courtes pauses entre chaque scène, comme une sorte de respiration pour mieux replonger.
Un peu d’activité physique tous les jours juste avant midi, soit un footing soit des exercices au sol. Et l’après midi, je reprends l’écriture sur le même rythme, jusqu’à 17h. Là, longue pause pour ne reprendre que vers 20h / 21h puis lecture et séries TV 😉
J’aime écrire majoritairement à mon bureau. A 80%

Et les 20% restant, soit dans les transports où les lieux de mes romans 😉

Miss Aline : tes journées sont donc bien cadrées.Te donnes tu un nombre de pages ou de mots à absolument écrire par jour ?

Samuel : Les journées sont très cadrées, elles sont trop courtes, comme les semaines d’ailleurs 😉
Et le week-end, c’est juste une semaine un peu au ralenti, mais l’écriture est aussi présente que possible.
Sauf en cas de salon ou événements personnels
Mais comme je nourri plusieurs projets en même temps, roman en cours et projets TV, et futurs romans… il y a toujours à faire 😉

Miss Aline : Que penses-tu des recommandations sur le métier d’écrivain de Stephen King dans son livre Ecriture mémoire d’un métier ?

Samuel : J’allais justement en toucher un mot. Ce livre est un trésor, il est toujours présent dans ma bibliothèque, la plus proche de moi, sur mon bureau. L’expérience de cet auteur, qui pour moi est probablement le plus important et le plus influent sur mon travail, m’apporte beaucoup.

Miss Aline : beaucoup d’auteur y font référence, je l’ai moi même lu.

Samuel : Son parcours d’auteur est riche d’enseignement, d’essaies, d’expériences et de bons conseils. Je me retrouve dans certaines façon qu’il a d’aborder l’écriture. C’est à la fois rassurant et en même temps très stimulant.

Miss Aline : il y a le talent et le travail.

Samuel : Les rituels évoluent et s’adaptent au fil des années. J’affine à chaque roman, un peu comme on cherche à trouver la position la plus confortable dans un fauteuil.
Il y a en effet le travail et aussi un certain talent. Et c’est avec le travail qu’un auteur peut offrir le meilleur profil de son talent.

Miss Aline : tu es d’accord pour dire : on ne nait pas écrivain on le devient ?

Samuel : Chaque détail compte et quand on aime son activité, on a à cœur de toujours progresser et proposer de meilleurs récits. C’est tout le plaisir que j’ai à chaque roman, avancer pas à pas.

Miss Aline : tu écris avant tout pour toi ou pour tes lecteurs ?

Samuel : Pour moi, chacun de nous peut écrire, mais, si la passion est là, alors cela fera toute la différence. Car l’exercice de l’écriture est tellement exigeant à tous les niveaux qu’il faudra l’aimer très fort pour combattre les frustrations, les critiques, les sacrifices et beaucoup d’autres contraintes encore.
J’écris pour les deux en même temps, main dans la main, moi et les lecteurs. Il faut que ça marche à fond pour moi pour espérer satisfaire les lecteurs.

Miss Aline : on écrit pour être lu certes mais ton moteur premier c’est « sortir » une histoire ou « offrir » une histoire ?

Samuel : Je ne sais pas lequel passe avant l’autre. L’histoire doit sortir, mais elle ne sortira pas si ce n’est pas pour l’offrir.
… ça me rappelle l’œuf et la poule cette histoire 😉

Miss Aline : un peu oui…qui est ton/ta/tes premiers lecteurs ?

Samuel : Tout le plaisir de l’écriture prend son sens dans celui d’offrir une histoire… en même temps que la nécessité de l’écrire.
Ma première lectrice était au début ma compagne. Puis, sans doute par crainte d’intervenir sans être éditrice, elle préfère découvrir mon travail comme une lectrice au final, en librairie. A présent, ma première lectrice globale de mon travail est mon éditrice 😉
Je donne toutefois à lire quelques chapitres à une ou deux personnes de mon entourage, juste pour un premier ressenti. Mais comme le texte évolue beaucoup, c’est  juste pour avis et premiers retours.

Miss Aline : puisqu’on parle de lecteurs. quel est ton rapport aux lecteurs et à leurs remarques (bonnes ou mauvaises) ?

Samuel : Les lecteurs sont très importants pour moi. C’est le sel de ma passion pour l’écriture. J’aime les gens, je suis bavard (très), alors j’aime énormément rencontrer et échanger avec les lecteurs, et pas seulement sur mes livres, mais aussi beaucoup d’autres ainsi que sur leur vie et la passion de la lecture que nous partageons. Il est donc indispensable pour moi d’aller à leur rencontre en librairie et sur des salons ou d’animer des conférences. C’est toujours riche en surprises, et chacun apporte sa différence, j’adore. Je trouve ainsi des noms de personnages, parfois des histoires également.

Miss Aline : la passion du livre (écrire, lire, promouvoir etc) t’habite complètement. Tu es plus dans l’humain, l’émotion que le scientifique ?

Samuel : J’aime toute la chaine du livre. La phase de recherche, d’écriture, de travail avec l’éditeur, puis l’aventure de la publication, avec les représentants, les libraires, le lancement. Tout cela repose sur l’humain, la passion et les émotions. Et si un début de succès est là, c’est une récompense et un encouragement pour le travail de chacun.

Miss Aline : tu parles toujours collectif « travail de chacun » « pour moi comme pour beaucoup d’auteurs »… c’est important la communauté ?

Samuel : Un livre c’est un long cheminement qui est le fruit du travail de beaucoup d’intervenants. Si la passion de l’auteur est le premier maillon de la chaine, il en faut beaucoup d’autres pour le livre, avant d’arriver dans les mains des lecteurs. Et c’est l’énergie de chacun de ces maillons qui donne sa chance au livre. La communauté est fondamentale, et les blogueurs sont des maillons importants de cette chaine.

Miss Aline : seul on avance, à deux/plusieurs on va plus loin.

Samuel : 👍 Le maillon qui est sans doute le plus dans l’ombre est sans doute celui des représentants qui chaque jour présentent les nouveautés à venir dans les 3 à 6 mois aux libraires. Ils sont vitaux.

Miss Aline : ils font la pluie et le beaux temps ?

Samuel : Quand un éditeur mise sur un auteur, ce dernier a la chance de travailler très étroitement avec les représentants.
C’est une relation de confiance. Sans la confiance, on avance mal.
Les représentants doivent défendre beaucoup de livres parmi leurs catalogues. Et généralement plusieurs éditeurs en même temps. Ainsi, pour qu’un livre émerge, il faut que les représentants y croient et disposent d’un solide argumentaire et d’atouts que l’éditeur sera prêts à faire valoir pour lancer le livre.
La confiance, c’est le mot juste en effet.
Et au final, si la chance est donnée à un livre, c’est le libraire qui pourra le repérer et le propulser.

Miss Aline : c’est plus qu’un partage la confiance. La chance est le mot juste également.
Il y a des auteurs bourrés de talents qui ne parviennent pas à émerger. quel dommage.

Samuel Il y a toujours une part de chance. C’est la magie du livre. Tant mieux d’ailleurs, sinon tout serait très industrialisé.

Miss Aline : comment tu vois l’avenir du livre dans ce monde qui court après lui même, toujours plus connecté mais toujours plus seul.?

Samuel : Nous vivons actuellement dans une best-sellerisation. C’est à dire une forte, très forte mise en avant des auteurs déjà au sommet et un abaissement de tous les autres. Ainsi, il est difficile de voir émerger de nouveaux auteurs. L’édition est une économie complexe.
En ce moment nous voyons tout de même fleurir quelques articles à ce sujet. Les éditeurs publient beaucoup, sans doute trop et ne donne pas assez de moyens à chaque livre. Les libraires sont noyés sous les nouveautés, elles-mêmes écrasées par les auteurs déjà au sommet.

Miss Aline : toi qui est plein d’optimisme, tourner vers les autres, solaire… que penses tu de la remarque d’un auteur avec qui nous avons peigné la girafe qui disait « qu’un bon auteur est un auteur qui souffre, sinon il n’a rien a dire ».

Samuel : Je pense que ce n’est pas une nécessité. Pour certains, sans doute, mais heureusement qu’on peut être aussi un auteur sans souffrance. Stephen King n’est pas un écorché de la vie par exemple. Il a eu quelques passages délicats, mais il est très solaire cet auteur et prolifique tout en étant multi-plumes (fantastique, polar…).
Les auteurs de livre dont le fond est basé sur le développement personnel ou certaines stars dans le domaine de la comédie ne sont pas des auteurs en souffrance. Ce serait réducteur de cataloguer l’activité d’auteur avec l’absolue nécessité de la souffrance. Certains en ont besoin, mais certains seulement.

Miss Aline : tu as dis que l’écriture c’était ton espace de liberté. Peux tu nous parler de cette « liberté » ? Quelle est-elle ?

Samuel : L’écriture offre une liberté sans limite, comme les rêves. C’est une façon de dessiner le monde, de le faire vivre autrement, de changer les codes et les règles si on le souhaite. La liberté est sans doute ce qui compte le plus pour moi. C’est ce qui se conjugue le mieux avec notre quotidien, pour soi et pour les autres. C’est vivre l’instant présent et ne pas le laisser s’échapper sans le considérer avec importance.

Miss Aline : 👍 « pour que cet instant compte » comme dirait un célèbre acteur.

Samuel : 👍 C’est pour moi une des plus belles valeurs que nous savons garder en France. J’aimerais tellement que d’autres pays puisse la connaître ainsi. Le monde se porterait bien mieux. Je regrette seulement qu’en France on ne sache pas mieux se satisfaire de ce que nous avons.

Miss Aline : 👍

Samuel : Quand on a la santé, la paix, tous les projets d’avenir sont possibles, même à très petite échelle.

 

Miss Aline : je suis tout à fait d’accord.
je vais te libérer Samuel.
(je dois partir travailler)

Samuel : ça marche ! C’était un très bel échange ! Comme à chaque fois.
Franchement, j’adore !

Miss Aline : On te remercie pour ta disponibilité, ce beau moment de partage.

Samuel : bonne journée à toutes et énergie et courage pour le travail !
bises

Miss Aline : Geneviève te retrouve ce soir vers 18 h pour ton dernier interrogatoire.

Samuel : Ca marche pour 18h !
Rasé, lavé, et avec ma plus belle chemise 😉

Miss Aline : lol

Samuel : … et un slip propre comme dirait les potes 😉 Classe

Miss Aline : chacune ayant du partir pour des raisons diverses et variées depuis quelques minutes, je te transmets leurs bises.

Samuel : 👍

 

Miss Aline : Merci encore Samuel, ce fut un réel plaisir.
Bonne journée à toi.
Fin de cette cession de GAV.

Geneviève : Alors fin de cette 3e audition.  Et oui on se retrouve à 18h ou un peu avant pour la dernière. 

En attendant  profite de ce repos qui t’est accordé  pour réfléchir à ce que tu vas vouloir ajouter à tout ce que tu as déjà dit jusqu’à présent.

Samuel : 👍

Geneviève : Je t’envoie mon double maléfique 😉 😉 😉

Mais avant cela j’en profite pour rappeler les titres de tes romans à nos lecteurs

Et le dernier

RDV 18h ou un peu avant pour la suite et la fin de cette GAV

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