Une Vie de Simone Veil

Le livre : Une Vie de Simone Veil. Paru le 31 Octobre 2007 aux Editions Stock. 22.90 euros. 416 pages. 13,7 x 3,5 x 21,4 cm- Paru le 26 Août 2009 aux Editions Livre de Poche. 7.60 euros. 352 pages. 10,9 x 1,8 x 17,5 cm

4ème de couverture :
Simone Veil accepte de se raconter à la première personne.

Personnage au destin exceptionnel, elle est la femme politique dont la légitimité est la moins contestée, en France et à l’étranger ; son autobiographie est attendue depuis longtemps.
Elle s’y montre telle qu’elle est : libre, véhémente, sereine.

L’auteur : Simone Veil est née en 1927 à Nice. Agée de 17 ans, elle est déportée à Auschwitz. Des études à l’Institut d’Etudes Politiques et à la Faculté de droit la conduisent à entamer une carrière de magistrate. En 1974, elle entre au gouvernement comme Ministre de la Santé et fait voter la loi de légalisation de l’avortement. Elle devient en 1979 la première femme présidente du Parlement Européen. Elle poursuit depuis une carrière politique hors du commun. Elle a été membre du Conseil constitutionnel de 1998 à 2007. Elle a été reçue à l’Académie française en avril 2010.
Extraits :
«Les photos conservées de mon enfance le prouvent : nous formions une famille heureuse. Nous voici, les quatre frère et sœurs, serrés autour de Maman ; quelle tendresse entre nous ! Sur d’autres photos, nous jouons sur la plage de Nice, nous fixons l’objectif dans le jardin de notre maison de vacances à La Ciotat, nous rions aux éclats, mes sœurs et moi, lors d’un camp d’éclaireuses… On devine que les fées s’étaient penchées sur nos berceaux. Elles avaient noms harmonie et complicité. Nous avons donc reçu les meilleures armes pour affronter la vie. Au-delà des différences qui nous opposaient et des difficultés qu’il nous fallut affronter, nos parents nous offrirent en effet la chaleur d’un foyer uni et, ce qui comptait plus que tout à leurs yeux, une éducation à la fois intelligente et rigoureuse.
Plus tard, mais très vite, le destin s’est ingénié à brouiller des pistes qui semblaient si bien tracées, au point de ne rien laisser de cette joie de vivre. Chez nous comme dans tant de familles juives françaises, la mort a frappé tôt et fort. Traçant aujourd’hui ces lignes, je ne peux m’empêcher de penser avec tristesse que mon père et ma mère n’auront jamais connu la maturité de leurs enfants, la naissance de leurs petits-enfants, la douceur d’un cercle familial élargi. Face à ce que furent nos vies, ils n’auront pu mesurer la valeur de l’héritage qu’ils nous ont transmis, un héritage pourtant rare, exceptionnel.»
« Dès le retour des camps, nous avions ainsi entendu des propos plus déplaisants encore qu’incongrus, des jugements à l’emporte-pièce, des analyses géopolitiques aussi péremptoires que creuses. Et puis combien de fois ai-je entendu des gens s’étonner : ‘Comment, ils sont revenus ? Ça prouve bien que ce n’était pas si terrible que ça’. Quelques années plus tard, en 1950 ou 1951, lors d’une réception dans une ambassade, un fonctionnaire français de haut niveau, pointant du doigt mon avant-bras et mon numéro de déportée, m’a demandé avec le sourire si c’était mon numéro de vestiaire !! »

Les Lectures de Maud :

Réédité en poche, 7€60 ; (343 p.-pl.) ; illustrations en noir et en couleur ; 18 x 11 cm.  A ce prix là ce serait dommage de me pas lire cette grande dame

 

 

Une vie -Simone Veil


En ce jour du 8 Mars 2019, j’ai décidé de mettre cette Femme à l’honneur. En lisant ce livre, Simone Veil a eu plusieurs vies en une seule. Des vies connues et d’autres un peu moins.

Son enfance enjouée, entourée de ses sœurs, son frère et ses parents. De Paris à Nice, jusqu’à son arrestation et sa déportation. Son témoignage est à la fois poignant et humble, elle nous raconte sa vie dans les camps, ses joies, ses peines, ses moments de doutes. Connaissant cette partie historique, j’ai surtout été très surprise par son récit sur le retour en France, une fois libérée. C’est effrayant de voir l’accueil des français face à ses rescapés qui ont connu l’enfer sur Terre. J’ai été choqué par certains passages…

Sa vie de femme combattante est bien sûre puisée par sa terrible expérience en tant qu’adolescente, mais aussi par le discours de sa mère qui lui a toujours conseillée d’être indépendante et de travailler. Simone a vu sa mère très peinée d’avoir dû arrêter ses études lors de son mariage. Revenue en France, mariée par amour, elle poursuivra ses études en élevant ses enfants, le tout de front malgré les réticences de son mari.

Magistrate, elle s’est vue attribuée comme premier poste, le suivi des centres pénitentiaires en France et en Algérie. Aux lendemains de la guerre, ils étaient surpeuplés et en piteux état, elle-même ayant vécu l’enfermement elle ne va avoir de cesse d’améliorer les conditions de vie des prisonniers. Le Gouvernement et l’opinion publique à l’époque devant faire face à la famine et au problème de logement, ne voyaient pas d’un très bon œil qu’on s’occupe d’abord des prisonniers. C’est un combat qu’elle mènera et aura des résultats, elle le poursuivra même lorsqu’elle sera à d’autres postes. Elle gardera toujours un œil sur les prisonniers français. De ce combat, de sa fermeté à le mener contre vent et marée, elle sera repérée pour sa pugnacité.

Ensuite Ministre de la Santé, elle va porter la légalisation de l’IVG aux Assemblées. J’ai remarqué que d’un point de vue politique, la loi de légalisation était plutôt bien acceptée (ils avaient compris que des femmes mouraient lors d’avortements clandestins ou celles qui avaient le plus de moyens, partaient à l’étranger) ; elle devra surtout faire face à l’opinion publique qui n’était pas du tout favorable à ce projet, un grand nombre de femmes s’y sont même opposées.

Pendant cette période, elle soutiendra les associations de lutte contre le SIDA, en France et Afrique. Elle rencontrera les différents émissaires religieux afin de faire admettre que le préservatif pouvait sauver des vies. Elle se disait que si les messages passaient par tous les canaux possibles, il serait entendu.

Première Femme présente à la Commission Européenne puis Première Présidente du Parlement Européen. Des fonctions qu’elle a embrassées car elle voulait une Europe unie et surtout « un plus jamais ça » en faisant référence à la seconde guerre mondiale. Elle s’est élevée à faire en sorte que les pays s’entendent afin d’élaborer une structure qui ferait face en cas de conflit. Malheureusement, elle n’aura pas le soutien de la France qui vit en vase clos, elle nous relate que même jusque dans les années 2000, les gouvernements et les français ne se sentent pas concernés par l’Europe. Pour preuve le taux d’absentéisme très élevé lors des réunions et les méconnaissances des dossiers par les représentants français. Elle sera reconnue dans le monde entier pour les avancées qu’elle a mise en place.

Elle terminera sa carrière professionnelle exemplaire comme son commencement en tant que magistrate, membre du Conseil Constitutionnel, de même elle y marquera son passage par une certaine forme d’évolution et une ouverture sur le l’Europe.

En parallèle, elle sera Marraine ou Présidente de plusieurs associations ou fondation juives, afin de mener à bien la restitution des biens spoliés par les nazis.

Dans les dernières pages elle regrette que dans bien des domaines les choses reviennent en arrière, le retour des tabous, ce qu’elle perçoit comme un danger un venir. Le recul de l’Education, de la Médecine suite à des restrictions budgétaires est à ses yeux la mauvaise solution.

J’ai été touchée, émue par cette Femme qui a mené bien des combats que certains sont malheureusement peu évoqués. Elle reconnait en toute simplicité, que certaines fonctions lui ont été attribuées car elle était une femme, que les messages seraient mieux entendus et les dossiers plus étoffés. Avec beaucoup de recul elle fait une analyse de notre société. Cette lecture m’a ébranlée mais m’a permis d’en apprendre beaucoup plus sur certaines périodes historiques non évoquées car trop récentes. Après avoir perdu ses parents et son frère pendant la guerre, elle perdra un de ses fils. Je souhaitais aujourd’hui vous parler d’une grande Dame qui avait une vision au-delà de sa condition personnelle.

Version lue : Numérique

13 réflexions sur “Une Vie de Simone Veil

Vous avez la parole, laissez un commentaire, ça fait toujours plaisir.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s