Avis d’Expert : Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher. Episode 4

Avis d’Expert : Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher. Episode 4

 

Avis d’Expert : Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher. Episode 4

Souvenez-vous il y a deux semaines  Sylvie nous présentait son mémoire en Criminologie appliquée à l’expertise mentale.

Et puis on plongeait dans la folie.

Enfin la semaine dernière nous abordions l’histoire de la psychiatrie

 

Aujourd’hui avec Sylvie-Sacha nous faisons connaissance avec Joseph Vacher

Allez c’est parti pour l’épisode 4


Avis d’Expert

Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher.

Par Sylvie Buttard

Episode 4 : L’AFFAIRE JOSEPH VACHER DU POINT DE VUE DE LA PSYCHATRIE

L’AFFAIRE JOSEPH VACHER
JUSTICE ET PSYCHIATRIE DE LA FIN DU 19e
SIECLE
SERAIT-IL JUGE RESPONSABLE DE SES
ACTES AUJOURD’HUI ?

II/ L’AFFAIRE JOSEPH VACHER DU POINT DE VUE DE LA
PSYCHATRIE

A/ La biographie de Joseph Vacher.

Joseph Vacher, que la presse de l’époque appelait aussi « l’éventreur du sud-est » en rappel à l’affaire récente de Jack l’éventreur à Londres, ne fut condamné que pour un seul meurtre, et pourtant, c’est bien à un tueur en série que la France a eu à faire en cette fin de 19e siècle.
Sa personnalité hors norme et l’affaire judiciaire qui en découla donna tout son intérêt à l’expertise pratiquée par les trois médecins aliénistes désignés par le Juge Emile Fourquet.
Les Docteurs LACASSAGNE, PIERRET et REBATEL signeront une expertise des
plus modernes pour l’époque, car ils marièrent l’état psychique du sujet et la
responsabilité pénale qui en découla.

Le docteur Alexandre Lacassagne (1843-1924), professeur titulaire de la chaire de médecine légale

Joseph Vacher est né le 16 novembre 1869 à Beaufort et fait partie d’une fratrie de seize enfants. Son frère jumeau décède à l’âge de 8 mois par étouffement, une grosse boule de pain coincée dans la gorge. On peut se poser la question de savoir si, aussi jeune fut-il, n’a-t-il pas pu ressentir ce premier traumatisme comme un élément déclencheur d’un désordre mental ?
Ses parents sont cultivateurs. Sa mère était très croyante et sujette aux visions et apparitions à tendance religieuses. Le jeune Joseph Vacher vit donc ses premières années sous influences mystiques. L’histoire ne dit pas si sa mère souffrait d’une pathologie mentale ou si elle jouait sur ses croyances religieuses, mais c’est ce qui rythmera sa vie d’enfant.

D’après certaines rumeurs, il se montre parfois violent ou emporté durant son enfance, notamment sur ses frères et sœurs même s’ils sont plus âgés et plus forts.

A l’âge de six ans, il se fait mordre par un chien enragé, et à partir de neuf ans, son comportement devient pour le moins étrange. Il fait preuve de cruauté envers les animaux (leur coupe les pattes). Quand on connaît son parcours meurtrier, on ne peut s’empêcher de penser à l’un des trois éléments de la Triade des symptômes qui caractérise vulgairement le tueur en série, en général.
Son comportement apparaît étrange pour ses camarades de classe, qui feront de Vacher un souffre-douleur, autre élément loin d’être anodin aux vues de son parcours futur.
Il commence à travailler à l’âge de quatorze ans, et il est même fort possible que sa carrière criminelle ait débuté elle aussi au même âge, traduite par le meurtre d’un enfant de 10 ans, violé et tué dans une grange d’Eclose, en Isère. Mais la question ne se posera que des années plus tard, ainsi que pour d’autres crimes non élucidés.

Il ne s’entend pas avec ses parents, et les accuse de l’empêcher de faire des études.Il est à noté également, que sa sœur aurait présenté des troubles mentaux.

A 16 ans, il aurait aimé devenir enseignant, avoir de l’autorité au sein de sa
congrégation, parfaire son éducation chez les Frères Maristes de Saint-Genis-Laval.
Mais il n’y parvient pas par manque d’argent. De ce fait, il incrimine encore
davantage ses parents.

En 1888, il travaille dans une brasserie de Grenoble, et sa fréquentation accrue des prostituées lui fera contracter une maladie vénérienne. Celle-ci entraînera le 11 février 1889 une intervention chirurgicale durant laquelle il subira l’ablation d’une partie d’un testicule.
Ce morceau de virilité, une fois enlevé, ne s’ajoute-t-il pas à un sentiment de
frustration déjà bien présent chez Joseph Vacher ?

En 1890, il effectue son service militaire au 60e régiment d’infanterie de Besançon durant lequel son caractère violent et à la fois renfermé s’affirme. Les moqueries s’accumulent, faisant ressortir chez Vacher, aux dires de ses supérieurs, un personnage « psychiquement troublé, atteint d’idées noires et de délires de persécution » Ses compagnons de troupe en vinrent à le craindre, et malgré son bon classement à l’école des élèves caporaux, il est recalé et déclaré « inapte au commandement ».
Vacher est complètement intolérant à la frustration et, pour le montrer, il tente de se trancher la gorge. Ce qui lui vaudra son tout premier examen mental.
C’est le colonel du régiment, qui lui accordera tout de même son galon, car il le pense lui, contrairement aux autres, apte à commander une troupe. Et ce, malgré l’autoritarisme dont il fait preuve.

En juin 1893, après avoir obtenu son grade de sergent, en proie à des délires de persécution, il est envoyé en congé. C’est pendant cette période qu’il tente de convaincre Louise Barant, une jeune domestique, de l’épouser. La jeune femme refuse. Joseph Vacher la blesse alors en lui tirant trois coups de revolver dans la tête, puis retourne l’arme contre lui, tentant de se donner la mort en se tirant deux balles dans la tête.

Il en réchappe, et Louise Barant aussi. Mais il en gardera de lourdes séquelles physiques : une surdité complète de l’oreille droite avec une purulence continue, une paralysie faciale droite. Son œil droit est fixe et souvent injecté de sang. Ce qui entraîne à partir de cette période une asymétrie faciale, et un rictus permanent. Ses liens sociaux déjà difficiles, le deviennent encore davantage.
La mauvaise odeur émanant de sa plaie à l’oreille droite, ainsi que ce rictus perpétuel lui attirait souvent les moqueries des gens.

A l’issue de son séjour à l’hôpital pour soigner ses blessures physiques, il est envoyé à l’asile d’aliénés de Dôle en juillet 1893. Là, il est mis en observation pour « troubles psychiques caractérisés par des idées de persécution ».
Après une tentative d’évasion, il est de nouveau interné et envoyé à l’asile de Saint Robert.
Le 1er avril 1894, il sort de l’institution avec un certificat de complète guérison.
Dans le même temps, la justice le poursuit et ouvre une information judiciaire pour « tentative d’assassinat » sur la personne de Louise Barant.

Il part alors sur les routes et mène une vie de vagabond, effectuant des petits travaux ici et là. Il mendie également, agressant les passants, méthode somme toute banale à cette époque-là. En revanche, concernant Joseph Vacher, cette agressivité n’était que le symptôme d’une réalité beaucoup plus sombre et sanglante.

Le 19 mai 1894, il commet son premier meurtre à Beaurepaire, en Isère. La victime, une femme de 21 ans, est tuée et mutilée.
Puis, il reprend sa route et le 20 novembre 1894, il tue à nouveau. C’est une jeune fille de 18 ans qui fera les frais de cette sauvagerie.

Une nouvelle instruction est ouverte par le Juge Emile Fourquet, dans le cadre de la procédure pour le meurtre de Victor Portalier à Bénonces, en Août 1895. Durant cette nouvelle instruction, le rapprochement est fait entre Vacher et un vagabond recherché dans le cadre de cette procédure.

Fin de l’épisode 4

 

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