Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (24)

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (24)

Bonjour. Comment doit-on dire ? Mon adjudant ? Monsieur ? Je vous laisse vous présenter…

Bonjour, je m’appelle Walter Brewski, mais c’est très rare qu’on dise Walter, le plus souvent c’est par le diminutif de Walt que l’on me hèle. Je suis en effet adjudant de gendarmerie, j’ai pas mal bourlingué, je commence à être un vieux de la vieille dans la boutique. J’aime le son des moulins des Alfa Roméo, le sport, Bruce Springsteen, le sexe, la nature, le café, et je suis fasciné par le philosophe Marc-Aurèle.

Voilà qui est assez éclectique et finalement cohérent. Cela représente aussi votre caractère ?

Je suis fidèle en amitié et en amour et je ne pardonne pas la trahison. On me dit très pugnace et je reconnais une rancune tenace. Mais je me soigne (enfin j’essaie). J’avoue que j’ai parfois du mal à contenir une certaine violence qui sommeille en moi.

Ce qui n’exclue pas une certaine complexité, en fait. Une telle psyché doit prendre du temps à concevoir, vous êtes restés combien de temps dans la tête de votre créateur ?

Je crois qu’il me portait depuis longtemps en lui, mais je dirais qu’il n’en a eu conscience que quelque chose comme quatre mois avant que les premiers mots jaillissent sur le clavier. Je pense qu’il ne m’a lâché dans la nature que lorsqu’il m’a senti prêt.

Il avait peut-être peur de se révéler lui-même… Il y a des parts de lui en vous ?

Ça c’est sûr, le salaud, il n’a pas pu s’en empêcher. Je suis son premier personnage de polar, alors il s’est inquiété, c’est normal, je peux comprendre ça. Du coup il m’a donné des choses qu’il considère comme des atouts ; la ténacité, le plaisir de lire, sa dévotion pour « Le Boss », sa sale manie d’aller courir et de faire des pompes, des trucs comme ça. Et sa rancune séculaire aussi, mais pour cette dernière, je n’arrive pas à me dire que c’est mal. Heureusement qu’il ne m’a pas refilé sa sensibilité et sa putain d’empathie qui lui font piquer les yeux assez régulièrement. Vous imaginez si je me mettais à chialer pendant un interrogatoire ?

Vous en êtes quand même assez loin… D’ailleurs, il vous met dans des situations peu recommandables. Lui en voulez-vous ?

Non, enfin…sur le coup oui, mais après réflexion je comprends qu’il n’avait pas le choix parce que c’est à cause de moi. D’une certaine manière, souvent, je lui force la main, c’est un peu moi qui lui souffle ce qu’il doit me faire faire, j’en fais un peu rien qu’à ma tête.

Il m’a donné des choses qu’il considère comme des atouts ; la ténacité, le plaisir de lire, sa rancune séculaire aussi…

Il vous a conçu un avenir ou cette aventure n’a été qu’une distraction dans votre quotidien ? Comment on occupe son temps libre dans cette situation ?

Au début de WOORARA j’ai cru que j’étais enrôlé pour une aventure, mais maintenant je sais qu’il compte me faire rempiler dès le mois de novembre prochain, et comme si ça ne suffisait pas, il est en train de cogiter sur une troisième histoire. Ce type est dingue, dommage que je sois gendarme sinon je me serais syndiqué. Donc sachant ça, je prends du bon temps tant que je peux. Je glande pas mal, je me laisse pousser les cheveux, j’astique mon Alfa Roméo, je conchie le temps qui passe, je bois des bières avec des potes pas fréquentables, je vais voir des matchs de rugby et aussi du volley-ball féminin, ces gonzesses me foutent une trique d’enfer ! Mais surtout, quand il me fout la paix, je ne fais pas de sport.

Vous dialoguez avez lui ? Je vous en donne l’occasion : posez-lui une question !

Sébastien, pourquoi tu ne m’as pas fait shérif dans un coin perdu des Etats-Unis, le Wyoming, le Montana ou même le Dakota, nord ou sud je m’en fous. J’aurais adoré ça.

A défaut de déménagement, je vous offre le mot de la fin.

Chères lectrices (ouais parce que j’suis pas fou, je sais que le plus souvent le lecteur est une lectrice) chers lecteurs, vous êtes les bienvenus dans mon univers, vous pouvez me suivre partout si vous le souhaitez, mais ne me chiez pas dans les bottes, ça me fout en rogne et je vous rappelle que je suis rancunier et spécialiste des armes et de self-défense. La région où je bosse, la Corrèze, est magnifique et calme la plupart du temps. Mais parfois, alors que je ne m’y attends pas, il se passe des trucs de fou. Alors à bientôt hein ?!

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