La chance du perdant de Christophe Guillaumot

Le livre : La chance du perdant de Christophe Guillaumot – Paru le 05 octobre 2017  aux éditions Liana Levi dans la collection collection Policiers –  19 € ; (336 pages) ;   14x 21 cm

4ème de couverture :

Renato Donatelli, dit le Kanak, a quitté la Nouvelle Calédonie il y a des années pour le SRPJ de Toulouse. Un mètre quatre-vingt-dix-neuf, tout en muscles et gentillesse, ce gardien de la paix donne du « gros chameau » à ceux qu’il aime et des « gifles amicales » à ceux qui lui barrent le chemin. Il vient d’être mis au placard à la section des courses et jeux en compagnie du jeune lieutenant Cussac, mais tous deux prennent très à cœur leurs nouvelles missions. La mort d’un homme dans un compacteur à déchets inaugure une série de disparitions frappant des accros aux jeux d’argent. Tous les cadavres sont retrouvés porteurs d’une énigmatique dame de pique. Alors que le Kanak plonge dans l’univers des cercles clandestins et des paris truqués, il aimerait bien éclaircir une autre énigme : pourquoi sa vieille amie et compatriote, Diamant Noir, s’est-elle autrefois éloignée de son grand-père, le roi de l’île de Pins ? Hélas, il est plus facile de se retrouver dans les méandres des tripots que dans ceux de l’âme humaine.

L’auteur : Christophe Guillaumot, né à Annecy en 1970, est capitaine de police au SRPJ de Toulouse, responsable de la section « courses et jeux. Il passe à 20 ans, après une année de droit, le concours d’entrée dans la police. Ses dix-neuf années d’ancienneté l’ont conduit de Paris à Grenoble, puis Châteauroux et Toulouse où il est capitaine de police depuis septembre 2009.
En 2008 il prend six mois de congés sans soldes pour se lancer dans l’écriture d’un roman policier. Il décroche le Prix du Quai des Orfèvres 2009 avec son premier polar, Chasses à l’homme (Fayard, 2008). Conjuguant cet investissement avec sa vie de policier, il revient naturellement à l’écriture et publie en 2015 son second roman. Avec Abattez les grands arbres (éditions Cairn, 2015) et La Chance du perdant (en 2017), il impose une série mettant en scène le personnage de Renato Donatelli, dit le Kanak, librement inspiré d’un collègue aujourd’hui décédé.
Depuis son arrivée dans le Sud-Ouest, il a rejoint l’équipe de sélection du Prix de l’Embouchure, attribué chaque année à un roman policier écrit par un auteur du Sud-Ouest de la France. La désignation du lauréat est faite par les policiers toulousains. Depuis 2010, Christophe Guillaumot est membre de l’organisation du festival Toulouse Polars du Sud.

Extraits :

 « La France est victime du terrorisme, les attentats se multiplient, les règlements de comptes foisonnent entre les caïds des cités, pour des histoires de stupéfiants, de territoires à défendre, de prostituées. Alors je vais vous dire le fond de ma pensée, que des paysans parient trois francs six sous sur la bouse d’une vache, tout le monde s’en contrefiche. »
« Vingt-trois années passées à la Criminelle, à respirer du cadavre fourré aux asticots, ça vous blinde l’odorat. Alors les déchets de la benne à ordures, c’est presque du parfum pour un type comme lui. »

 

 

La chronique jubilatoire de Dany

La chance du perdant de Christophe Guillaumot

Les jeux d’argent sont interdits en France donc on peut parier sur tout mais ça se passe en Chine même si les mafieux européens sont aux manettes. Quand un Calédonien s’y colle avec comme chef un dépressif, victime d’une maladie rare, affublés tous deux d’un magicien et d’un retraité borderline, c’est une immersion au sein de la brigade « courses et jeux » que nous propose l’auteur. L’action se déroule à Toulouse et vous ne regarderez jamais plus votre poubelle comme hier …

« la Saccharomyces cerevisiae, comme l’appellent les médecins, capable de transformer l’amidon contenu dans les pommes de terre, les pâtes ou bien le riz en alcool » nous dit l’auteur fait que Jérôme peut s’alcooliser aux lasagnes ! Il ne s’en prive pas quand la dépression l’envahit à cause du terrorisme.

Kanak se débat entre soucis professionnels et domestiques, attentionné envers son Diamant Noir, idole déchue du Music Hall et qui l’a élevé.

Roman très riche au ton cependant léger. Les situations cocasses côtoient la rigueur de la vie quotidienne, où la mort d’une vache peut être une bavure parce qu’elle était la reine du loto bouse !  Bref j’ai beaucoup aimé cette découverte

J’ai une la chance de faire la connaissance de Christophe Guillaumot alors qu’il venait d’être primé au salon « Lire en Poche » pour Abattez les grands arbres, avec le même personnage de Calédonien intègre.  Il m’a dit « profiter » de son rôle d’auteur pour dénoncer quelques faits scandaleux dans les pratiques hiérarchiques policières. Ainsi le passage sur les indicatifs radio en dit long sur le respect interne à cette profession

Enfin je vous souhaite à tous de lire ce roman et d’avoir la chance du perdant, celle qui consiste à perdre lors de votre première mise et qui vous guérit de l’envie de remettre le couvert !

Lu en version numérique.  – epub 14.99 €

Extraits :
« Il reste médusé par les indicatifs radio. Il a toujours refusé de communiquer par ce système. Pourquoi les hautes autorités portent-elles des noms de dieux ou de philosophes grecs tandis que le reste de la troupe – les flics de terrain – doit accepter d’être affublé de noms de pièces de moteur, de prénoms ridicules ou d’espèces de poissons ? Le Kanak aimerait tenir entre ses mains le type qui est à l’origine de ce répertoire. Pourquoi ce mépris des sans-grade ? Quelle est leur faute ? Préférer patrouiller plutôt que passer des concours ? Renato se sait plus utile que tous ces ronds-de-cuir qui s’emploient à réglementer sa vie professionnelle. Alors, jamais il ne répondra à l’indicatif de « Sardine », « Frein », ou « Clef à molette ». »
« Détenu ou visiteur, c’est toujours avec plaisir que l’on retrouve sa liberté : poser un pied dehors et entendre la porte blindée se refermer derrière soi, sentir le vent frapper son visage, respirer l’air vivifiant et oublier cette sensation d’enfermement. Quiconque n’a pas connu cette ambiance oppressante est incapable de comprendre ce que représente une journée de prison et encore moins d’évaluer une peine juste et adéquate en punition d’une infraction. »
« Lui, le jeune policier qui se voulait respectueux des règlements, obéissant au doigt et à l’œil à la hiérarchie, est en train de devenir un flic, un vrai, tourmenté par ses démons, obsédé par la résolution d’enquêtes, prêt à tout pour atteindre son but. »

14 réflexions sur “La chance du perdant de Christophe Guillaumot

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