Assigné à résidence : L’interview bracelet électronique 6, Mickaël Koudero

Nouvelle innovation au collectif Polar : l’interview « bracelet électronique ».

C’est une mesure d’aménagement de peine permettant de réaliser une interview de longue haleine sans obliger l’auteur à être incarcéré. Juste  » Assigné à résidence »

Contrairement à la GAV qui est bien délimitée dans le temps, l’interview bracelet électronique est plus « libre ». Elle peut se dérouler sur plusieurs jours.

Le sixième auteur ayant dû vivre son quotidien avec le bracelet électronique est…

Mickaël Koudero


Lundi 6h52

Miss Aline : Bonjour Mickaël, nous commençons ici ton assignation à résidence.
Le bracelet électronique est enclenché !
Peux – tu te présenter, en quelques mots, aux lecteurs ?

Mickaël : Bonjour Aline, Danièle et Geneviève

 

Miss Aline : 👍

Dany : Bonjour Mickaël

Mickaël : Me présenter en quelques mots? Mickaël, 36 ans, auteur et scénariste. J’écris depuis tout petit. J’aime aussi les voyages, le cinéma et tout ce qui touche à la culture.

Miss Aline : « Écrire depuis tout petit » ça veut dire quoi exactement ?

Mickaël : J’avais huit ans quand je suis allé pour la première fois au cinéma. Je suis ressorti de la salle, j’ai su que c’est ce que je voulais faire : écrire, divertir, raconter des histoires. J’ai commencé par des scénarios que je m’amusais à tourner avec des copains de l’époque… et j’ai continué ainsi. Je regardais énormément de films, essayé de comprendre leurs fabrications, etc.

Miss Aline : tu es scénariste avant d’être auteur ?

Mickaël : j’essayais de comprendre leurs fabrications, la manière de procéder du réalisateur et du scénariste.
Aline, oui, au tout début, j’ai commencé par la réalisation. J’ai tourné des clips, quelques pubs, des courts métrages. J’ai aussi fais une école de cinéma (ESRA). Sorti de l’école, j’ai travaillé quelques temps comme monteur et réalisateur indépendant. Mais très vite, j’ai compris que seule l’écriture me passionnait réellement. J’ai travaillé comme scénariste à la TV et c’est bien plus tard que je me suis mis à écrire des romans. J’ai cette double casquette : scénariste et romancier.

Miss Aline : Deux professions complémentaires.
Ton roman « La faim et la soif » est sorti récemment. Comment t’es venu l’idée de ce roman ?

Mickaël : Depuis quelque temps, j’avais envie de centrer un roman sur le mythe des vampires . C’est naturellement que je me suis tourné sur la Roumanie (les Carpates, Dracula). Je me suis documenté sur ce pays, ses coutumes et ses traditions. De fil en aiguille, je me suis intéressé à Ceaușescu et les horreurs de sa dictature. À mesure que je me plongeais dans les horreurs commises par lui et la Securitate (sa police politique), je savais que je tenais le sujet de mon roman. L’endoctrinement, le vampirisme, la perte des identités…

Dany : Comment peut-on qualifier ce roman « horreur » ou « thriller » ?

Mickaël : Danièle, à mon sens, c’est un roman de genre Thriller avec quelques touches d’horreur. Pour mes futurs romans, j’ai de plus en plus envie de procéder ainsi : partir sur une base de genre Thriller et flirter avec l’horreur/ le fantastique/ le paranormal selon le sujet du roman ou son ambiance. Ne plus me restreindre à un seul genre défini.

Miss Aline : Lors de ma lecture, j’ai tout de suite été charmée par Raphaël, il est très charismatique. Comment as-tu construit ce personnage ? Est-il ce que tu voulais qu’il soit ou t’a-t-il échappé pour vivre sa propre histoire ?

Mickaël : Merci ! Raphaël appréciera le compliment. 🙂 J’ai procédé avec lui comme avec tous mes personnages. Je calque leurs caractéristiques physiques, leurs gestuelles, etc., à l’acteur ou l’actrice que je pense idéal pour incarner mon personnage à l’écran. Ensuite, je déroule le fil de son histoire, son passé, son passif. Les petits détails qui font une existence. Les premiers temps sont toujours un peu délicats. Je tâtonne, je reviens plusieurs fois sur le parcours de mon personnage, son historique de vie, son CV… Je ne sais pas vraiment comment l’expliquer mais je cherche sa couleur, sa tonalité. Ça prend du temps… Une fois que j’ai trouvé mon personnage, c’est à ce moment qu’il m’échappe. Qu’il me lance sur de nouvelles pistes d’écriture, qu’il me raconte des détails de vie que je n’avais pas pensés…

Dany : Qu’est-ce qui arrive en premier quand tu veux écrire : un personnage, un contexte historique ou politique, une histoire ?

Mickaël : Ça dépend. Ça peut être une scène, un dialogue, un sujet, une exposition… Par exemple pour Des visages et des morts, c’est la punchline qui m’a lancé sur l’écriture : Nous ne sommes pas face à un tueur en série mais à une série de tueurs. Pour La faim et la soif, c’était le mythe du vampire qui fut à la base du roman.

Miss Aline : Parle nous te tes rituels d’écriture : à quel moment écris, où, musique ou pas, tous les jours …?

Mickaël : J’écris en moyenne 7 ou 8 heures tous les jours. Parfois plus, parfois beaucoup moins. Quand j’arrive à la fin d’un roman, les horaires explosent. Mes rituels sont toujours les mêmes. Avant de me lancer dans un roman je sélectionne cinq à huit bandes originales qui tourneront en boucle durant tout le processus d’écriture. J’écris toujours en musique, ça m’aide à poser mes ambiances, définir mon rythme, installer un univers. Aussi, je n’ai pas de plan d’écriture. Bien souvent j’ai deux ou trois scènes marquantes – les bascules de l’histoire – et un semblant de fin qui connaîtra des dizaines de variantes au fil des jours. Et je me lance. Tous les soirs avant de me coucher, je me repasse visuellement le fil de ce que j’ai écrit et je réfléchis à la suite… Je marche beaucoup avec les images, les dialogues, le rythme. Le fait de ne pas avoir de plan d’écriture figé, m’oblige à repasser souvent sur mon texte afin de peaufiner ce qui a été écrit et de m’assurer que tout tient la route.

Dany : Est-ce que les personnages sont forts au point de pouvoir devenir récurrents ?

Mickaël : Récurrent, non. J’ai du mal avec les personnages que l’on retrouve livre après livre (c’est purement subjectif). Par contre, je pense que certains personnages méritent d’avoir leur propre roman. Par exemple le commandant Philippe Toussaint. J’ai une idée qui fait son chemin. Ce n’est pas pour tout de suite mais il est probable qu’on le retrouve un jour au centre d’une histoire.

Dany : Entre la Roumanie et la Belgique, tu procèdes à des repérages ? Bientôt un roman au Canada ?

Mickaël : Dans la mesure du possible, j’essaye de me rendre sur place pour m’imprégner des lieux et des ambiances. Sinon, je me plonge dans les livres, les guides touristiques ou je regarde des documentaires traitant du pays en question. Pour le prochain roman, effectivement, l’histoire se passera  au Canada.

Miss Aline : On ne va te rendre à ton temps d’écriture, on se retrouve demain pour d’autres questions.
Merci à toi et bonne après midi.

Dany : Bonne soirée 😉😉

LUNDI 21:06

Mickaël : Merci à vous les filles pour cette première salve de questions ! 🙂

Miss Aline et Dany😍👍

Mardi 13:08

Dany : Bonjour Mickaël, pas trop handicapé par le bracelet ?

Miss Aline : Bonjour Mickaël

Dany : Alors 2 romans publiés en France, y en a-t-il un manuscrit qui traîne dans un tiroir et dont tu te dis « un jour … » ?

Mickaël : Bonjour Danièle, bonjour les filles. Le bracelet me démange un peu, mais je tiens bon !
Oui, deux romans publiés en France pour le moment. D’autres viendront. Il faut les écrire. À ce jour, je n’ai pas de roman dormant dans un tiroir… Par contre, j’ai quelques scénarios -long métrage et  court métrage- qui dorment dans les tiroirs de certains producteurs.

Miss Aline : Quelques auteurs se sont essayés au quatre mains… l’aventure te tenterait ?

Mickaël : S’il s’agit d’écrire un roman à quatre mains, non. Je n’en suis pas capable. J’aurai trop de mal à m’adapter au rythme d’une autre personne, à sa vision, sa façon de procéder, etc.  Et puis, je n’en éprouve ni l’envie, ni le besoin.

Miss Aline : Un auteur favori ?

Mickaël : Plusieurs même. En premier, il y a Jean-Christophe Grangé.  Il est le point de départ de beaucoup de choses. Que ce soit par son style, ses histoires, ses personnages, ses ambiances, et le reste, c’est lui qui m’a donné cette envie d’écrire des thrillers. C’est ma référence. Après, j’ai une très grande affection pour Thomas Harris.

Miss Aline : Hannibal Lecter , te verrais faire naître un personnage aussi noir.

Mickaël : Je ne me suis jamais posé la question 🙂 Mais, oui. Créer un personnage aussi noir, intelligent, marquant, est quelque-chose d’unique. De mémoire, je ne connais pas ou peu de tueurs aussi emblématique que le Dr Lecter. Aussi révulsant que fascinant. Sans compter l’interprétation d’Anthony Hopkins qui lui a donné une voix, un visage, un charisme…

Miss Aline : Difficile d’imaginer un autre acteur dans ce rôle .

Mickaël : Complètement. La performance de Hopkins est bluffante. Ses yeux, ce regard… Son phrasé… flippant !

Miss Aline : Surtout le regard .

Revenons sur ton travail d’écrivain. 
Entre le moment où une idée pointe le bout de son nez, tes recherches, l’écriture…. combien de temps ? Qui est ton ou ta première lectrice / lecteur ?

Mickaël : En tout, il faut compter 8 à 10 mois (documentation, écriture, relecture et correction). La faim et la soif a pris un peu plus de temps car j’ai fait un petit break de quelques mois pour voyager . Une fois que j’ai une version présentable terminée, je confie le manuscrit à ma compagne, Mélanie. C’est elle m’a première lectrice. Ensuite arrivent mon éditeur et un petit comité de lecture (3 à 4 personnes). Des personnes qui viennent de différents horizons de lecture. D’ailleurs j’en profite une nouvelle fois pour remercier Valerie Dätwyler (Sangpages) et Anaïs Michelon (Anaïs Serial lectrice) qui ont accepté d’être mes bêtas-lectrices sur La faim et la soif.

Miss Aline : Que fais tu de leurs avis, leurs ressentis, leurs observations ?

Mickaël : J’écoute, je prends des notes, je réfléchis, mais avant tout je m’écoute. Je corrige que si réellement je juge que c’est nécessaire.
D’accord.

Miss Aline : Pourrais-tu écrire un tout autre genre ? Un feel good par exemple ou un polar pour enfant. ?

Mickaël : Ouh là 😀! Non, vraiment pas. Je crois même que j’en suis incapable. On écrit toujours un peu sur ses angoisses, ses peurs, ses terreurs. Sur les choses qui nous frappent. Quand je réfléchis à l’écriture d’un roman, ce sont  des idées noires qui me viennent à l’esprit… des sujets sombres… Donc, non, pas de feel good à l’horizon ou de polar jeunesse 🙂

Miss Aline : Ok n’effrayons pas les jeunes esprits ! 😊
Quels liens entretiens-tu avec tes lecteurs (je parle de ceux qui te lisent après publication)?

Mickaël : Dans la mesure du possible, je réponds à tous les messages que je reçois, les mentions et autres. J’essaye d’être disponible au maximum, c’est important pour moi.

Dany : Alors, parole d’une non lectrice (pour le moment) : Peux-tu me donner 3 bonnes raisons pour que je lise tes romans ?

Mickaël : Le piège! 😄Je dirai que, si tu aimes quand la fiction rejoint le réel, ou l’inverse, si tu aimes avoir peur, frissonner, mais aussi te divertir, et si tu aimes apprendre deux-trois trucs, mes romans peuvent te plaire…

Dany : Ca me va … on règlera nos comptes après s’il y a tromperie sur la marchandise 😉😇😂

Miss Aline😆

Dany : Dernière question : y a-t-il un roman que tu aurais aimé écrire ?

Mickaël : haha ! 😁

Dany : Ceci n’est pas un titre !!

Mickaël : 🙂 Un roman que j’aurai aimé écrire ? Aucun. Chacun roman est unique comme son auteur.

Dany : Belle pirouette l’auteur … Merci de tes réponses et de ta confiance.

Mickaël : 😉 Merci à vous les filles !

Miss Aline : Mickael nous allons te rendre ta liberté. Nous avons été ravies de cet échange avec toi. Merci pour ta disponibilité, et ta gentillesse.
on te souhaite le meilleur pour ton prochain roman que nous aurons grand plaisir à lire.
Excellente journée à toi.

Mickaël : Merci à vous ! J’ai passé un très bon moment ! Un grand bravo pour ce que vous faites et votre implication. Et longue vie au collectif Polar ! À bientôt! ✨

Geneviève : Merci à nos deux flingueuses pour ces auditions et merci à notre auteur Mickaël Koudero pour ces réponses précises.

Je vous rappelle le livre de Mckaël Koudero, La faim et la soif.

Et si vous voulez d’autre précisions rapelez-vous Maud était en papote avec Mickaël Koudero

2 réflexions sur “Assigné à résidence : L’interview bracelet électronique 6, Mickaël Koudero

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