Pour le bien de tous de Laurent Scalese

Le livre : Pour le bien de tous de Laurent Scalese – Paru le 14 mars 2019 aux éditions Belfond dans la collection Thrillers.20 €  ( 320 pages) ; format 14 x 22  cm

 

4ème de couverture :

Sur une route de campagne, un homme est percuté par une voiture. Mort sur le coup, ce n’est pourtant pas la collision qui l’a tué mais les balles qu’il a reçues dans le dos. Si la victime n’a pas de nom ni de papiers, son identité semble précieuse, puisque le véhicule des pompes funèbres qui le transporte est braqué, et le corps enlevé…
Les deux flics chargés de l’enquête forment le tandem le plus mal assorti de l’histoire de la police. Mélanie Legac est jeune, brillante, nerveuse. Le commandant Joseph Schneider a la soixantaine bien tapée, il ne peut plus courir après personne, et ce  » croulant « , comme elle l’a baptisé, pourrait être son père. C’est la première fois qu’ils travaillent ensemble et ils vont vivre la pire affaire de leurs carrières.
Laurent Scalese s’empare d’un grand drame de l’actualité dans ce thriller noir comme le monde. Heureusement qu’il existe des hommes et des femmes à l’image des héros dont l’auteur a le secret, attachants et drôles, profondément humains, et qui tentent de se battre POUR LE BIEN DE TOUS

 L’auteur : Né à Avignon, le 30/11/1967, Laurent Scalese est auteur de romans policiers et scénariste pour la télévision et le cinéma.
Il a une enfance sans histoire. Il ne porte pas l’école dans son cœur, même si il est loin d’être le plus mauvais élève de la classe. Il préfère les dictées et les rédactions aux mathématiques et aux sciences, physiques et naturelles.
Attiré très vite par la lecture, il dévore Agatha Christie, Conan Doyle, Isaac Asimov ou encore Stephen King, fasciné par le côté effrayant des intrigues.
Après quelques tentatives d’écriture tirant vers le fantastique, il entame une carrière professionnelle dans le prêt-à-porter mais la plume le démange toujours…
En trois ans, il rédige quatre romans de SF ainsi qu’un recueil de nouvelles d’anticipation. Heureux d’être classé parmi les dix premiers d’un concours de nouvelles policières organisé par LE SEUIL, il décide d’approfondir et se lance dans la rédaction d’un polar: son premier roman, Le Samouraï qui Pleure, paraît en 2000, puis dans la foulée L’ombre de Janus, une histoire du tueur en série, qui le rapproche un peu plus des éditeurs et élargit son public.
Son quatrième roman policier, Le Baiser de Jason (Belfond, 2005), a reçu le prix Sang d’Encre des lycéens. Prix du balai de bronze en 2016 pour La voie des âmes (Belfond 2015). Il entame une série avec son personnage névrosé et hypocondriaque Samuel Moss en 2016 avec Je l’ai fait pour toi, toujours chez Belfond.
Il est aujourd’hui un scénariste reconnu pour la télévision. Il est le co-créateur de la série Chérif tournée à Lyon et diffusée sur France 2.
Depuis sa création en 2008, il appartient à la très honorable Ligue de l’imaginaire. Ce collectif d’écrivains a pour étendard l’imaginaire et parmi ses membres, on trouve Maxime Chattam, Eric Giacometti, Franck Thilliez, Bernard Werber…
Extrait :
« Âgé de quarante-huit ans, il était doté d’un physique intimidant. Après une courte carrière dans l’armée, il avait œuvré en tant que mercenaire pendant une dizaine d’années, au sein d’une SMP – société militaire privée – baptisée Fractal. À cette époque, il jouissait d’une excellente réputation dans le milieu. Ses principaux employeurs, multinationales et gouvernements qui privatisaient une partie de leurs opérations extérieures, le rémunéraient en conséquence, à prix d’or. Dans les zones de conflit, il avait pour mission de former les soldats et les policiers, de sécuriser les sites pétroliers et gaziers, ainsi que l’accès des populations aux ressources naturelles. Le complexe militaro-industriel des États-Unis l’avait souvent engagé pour mener des actions secrètes, et illégales, comme entretenir le chaos dans les régions les plus instables du monde, ceci afin de favoriser le trafic d’armes.
Armes vendues par les Américains via des sociétés-écrans.
Bref, Jason était loin d’être un enfant de chœur, il avait exploré les ténèbres tant de fois qu’il n’avait plus peur du noir. Les choses qu’il avait vues et faites durant cette période susciteraient l’incompréhension et l’effroi du commun des mortels. »

 

La chronique jubilatoire de Dany

Laurent Scalese : Pour le bien de tous

Contrairement à ce que dit la 4ème de couverture, les duos d’enquêteurs atypiques, comme ceux qui délaissent leurs familles, sont fréquents dans le monde du polar et pourtant cette fois, ça n’est pas une débutante qui se coltine un vieux routard, mais une mère de famille en instance de divorce qui doit faire équipe avec un préretraité arthrosique ! Ces deux-là vont nous entraîner dans une enquête à haut-risque, bien ciselée et rencontrer de méchants pervers, libertins pour certains, comme il est de coutume avec Laurent Scalese.

Emaillé de références à ses précédents romans et agréablement bienvenues, dans ce dernier thriller, l’auteur confronte ses lecteurs à deux problèmes sociaux bien actuels : l’exploitation des migrants et la montée de l’extrémisme de la droite radicale avec la théorie du grand remplacement tristement d’actualité. Toute ressemblance avec … n’est pas du tout fortuite. Ciel, il faut bien 320 pages pour en parler !
De la violence … oui mais pas que, sans voyeurisme ! De la quête du respect humaniste … oui mais pas que !

Un très bon moment de lecture, une écriture fluide et une fin qui laisse penser que malheureusement les problèmes sociétaux ne sont pas résolus avec l’élucidation de l’affaire.

Je remercie les éditions Belfond et NetGalley pour la confiance qu’ils m’ont témoignée en me confiant cette lecture.

 Lu en version numérique.- epub 13.99 €

Autres Extraits :
« On avait assuré à ces gens que le périple n’excéderait pas quinze heures.
Le cauchemar – car ç’avait été un cauchemar – avait duré quatre jours.
Le départ pour le Vieux Continent avait eu lieu mi-novembre, autant dire que les conditions météorologiques étaient loin d’être favorables à un voyage en mer. Serrés les uns contre les autres comme des sardines, brisés de fatigue, les occupants du canot avaient essuyé grain sur grain et failli être renversés par les vagues à plusieurs reprises.
Lorsqu’ils n’avaient plus pu se retenir, ils avaient fait leurs besoins sur eux. Ils avaient ressenti les morsures du froid glacial de la nuit et somnolé tout contre les morts – les plus faibles n’avaient pas survécu à des conditions aussi extrêmes. Quand l’odeur des cadavres était devenue insupportable, ils s’étaient décidés à les jeter par-dessus bord. Les oreilles saturées par les pleurs des enfants et les prières des mères, ils avaient cru perdre leurs derniers repères et sombrer dans la folie. Ceux qui avaient eu la chance de s’en sortir entendraient longtemps les éclats de rire que les Libyens lâchaient chaque fois que le zodiac disparaissait derrière la houle, avant de ressurgir dans un concert de cris terrifiés. »
« Mélanie l’observait à la dérobée pendant qu’il déblatérait. Si la tenue de motard rebelle, la boule à zéro de skinhead et le tatouage guerrier étaient des signes extérieurs d’appartenance à la mouvance extrême-droitiste, ils pouvaient induire en erreur sur ses origines et laisser supposer qu’il avait été élevé dans un milieu social défavorisé. Or le niveau de langue, le respect des négations, le vouvoiement, la façon d’argumenter, tout cela attestait qu’il était issu d’une famille bourgeoise et diplômé d’une grande école. À l’instar des « gauchos » qu’il accablait, le comble de l’ironie ! Ce qui les différenciait, c’était leur perception de l’autre, de l’étranger. La teneur de ses propos établissait qu’il avait grandi sous l’empire de la paranoïa, avec la certitude profondément ancrée en lui que l’immigré débarquait sur le sol français dans le seul et unique but de le déposséder de son identité, de sa culture et de ses biens. La lueur exaltée dans son regard indiquait qu’il était prêt à mourir pour défendre ses convictions.
— C’est la faute de ces branleurs si le grand remplacement… »
… clin d’œil à la voie des âmes :

« — Il y a ce flic, Richard Neville…
— Le fameux Richard Neville.
— On raconte qu’il lui suffit de toucher une personne décédée pour reconstituer ses derniers instants. J’ai eu l’occasion de le rencontrer à Paris, lors d’un séminaire sur la criminalité urbaine. Il m’a parlé de la « voie des âmes », un passage qui permettrait aux âmes des défunts de monter au ciel. Vous y croyez ? »
 
«  Pendant que j’y pense, il y a un truc dans votre dossier que j’aimerais éclaircir. Vous êtes antisémite, antisioniste, vous prônez le boycott des produits en provenance des colonies, et à côté de ça vous pratiquez le krav-maga, la méthode de self-defence israélienne. Et pas en amateur, au plus haut niveau. Si j’ai bien lu, la semaine dernière vous avez obtenu votre ceinture noire, troisième darga.
Elle le fixa pour le mettre mal à l’aise.
— Une contradiction – une parmi tant d’autres – qui nuit à votre crédibilité.
Joseph eut un mouvement de menton approbateur.
— C’est vrai, Jean-Marc, l’accabla-t-il, un chouïa théâtral. Comment voulez-vous qu’on vous prenne au sérieux ?
Le tatoué ouvrit la bouche pour se défendre, elle l’en empêcha :
— Et ne nous dites pas que c’est un point de détail !
La réplique le laissa ahuri. Les flics quittèrent la pièce. »
«  Avec elle, j’avais l’impression d’être une vieille peau.
Une expression songeuse se peignit sur ses traits.
— Si je voyais les choses ainsi, je deviendrais folle.
De l’index, elle désigna sa figure flétrie par l’âge.
— Ce ne sont pas des rides, ce sont des préjugés, lâcha-t-elle d’un ton affirmatif. Et les préjugés sont des abstractions, ils n’ont rien de réel, ils n’existent qu’à travers le regard des autres.
Une vague amertume l’étreignit un instant.
— Et le mien, lorsque j’ai la faiblesse de m’observer dans la glace.
Elle repoussa mentalement ce sentiment.
— Je n’ai jamais eu qu’une seule ride…
Incapable de rester debout plus longtemps, l’octogénaire contourna le fauteuil et s’y installa avec précaution.
— … et je viens de m’asseoir dessus, compléta-t-elle dans un soupir. »

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