Papote d’auteur : Mamie Danièle était avec Cédric Blondelot

Il y a deux jours Mamie Danièle nopus parler du premier roman de Cédric Blondelot.

Tolbiac Juillet : la fenêtre de Dieu

Aujourd’hui elle nous propose son interview.


Papote d’auteur : Mamie Danièle était avec Cédric Blondelot

Dany : Bonjour Cédric, ou peut-être faut-il t’appeler Tobiac Juillet ? 

Cédric : Bonjour, vous pouvez m’appeler Cédric, ça me va.

Tolbiac je l’aime bien, on peut même dire que nous sommes plutôt potes, mais il n’existe en général que lorsque l’écran s’allume. Étant scénariste par ailleurs, j’ai eu l’occasion de développer de nombreux personnages très différents ; de la femme flic, au chef d’entreprise devenu décroissant en passant par un génie de 13 ans qui ne sait toujours pas faire ses lacets… Il y a certes un peu de moi en chacun d’eux, mais mon apport est finalement minoritaire. Chaque personnage est une boule à facettes, il y a  potentiellement un peu de chaque personne croisée. En revanche ce qui compte, c’est le long et fastidieux travail de caractérisation du personnage : qui est-il ? Son parcours, dans quel terreau a-t-il poussé, s’il  préfère manger ses frites avec les doigts ou à la fourchette, comme réagit-il devant un pervers en imperméable, ou si sa voisine lui demande de garder son boa constricteur ? Il faut le soumettre aux situations dérangeantes pour en mesurer la résistance, la sensibilité, l’aplomb, fouiller son cœur et son âme. 

Dany : Peux-tu te présenter rapidement, sachant que le blog a publié récemment une chronique sur ton premier roman ?  

Cédric : Au lycée, le français, la philo, ne me parlait pas. Ce sont les chiffres que j’aimais. Comprendre, établir un résonnement, démontrer, résoudre. J’ai gravi les échelons, sans pour autant être un génie des mathématiques, mais j’ai travaillé. Je viens d’une famille modeste, mes parents étaient ouvriers. Ils avaient beaucoup de cœur, mais pour ce qui était de résoudre une équation j’ai dû me débrouiller seul. Je n’avais pas non plus de projet professionnel précis, j’ai obtenu un DEA de chimie de l’atmosphère et physique de l’environnement. Ensuite il y a eu des jobs dans le contrôle et l’analyse et je suis resté quelques années dans un grand laboratoire en tant qu’ingénieur en pollution atmosphérique. Bref l’environnement continue de me passionner, mais à un moment j’ai dû faire un choix. Car depuis un petit moment déjà j’écrivais des scénarios dans mon coin. J’ai toujours aimé le cinéma, et très vite il y a eu un réel intérêt pour le scénario, son architecture et l’art du dialogue. Je me suis formé seul pour l’essentiel. Le côté autodidacte c’est assez naturel dans la famille. Mon père travaillait divinement le bois alors qu’il n’avait jamais fait de formation d’ébéniste. Alors j’ai bossé : j’ai beaucoup lu sur la dramaturgie et des scripts aussi, puis via des rencontres avec des scénaristes professionnels.Voilà comment dans ma trentième année, j’ai quitté le laboratoire. Et là encore, pas de conte de fées, juste beaucoup de boulot, de la patience et une certaine endurance… Il y a eu depuis beaucoup de rencontres avec des producteurs et des co-auteurs, pour des projets TV, ciné, un peu tous les formats avec plus ou moins de réussite, mais qui ont contribué à me faire progresser.

Dany : Parlons de Tolbiac … Combien de temps le personnage est-il resté en « projet » ? Est-ce qu’il existait en dehors de cette aventure du tome 1 ? ou veux-tu avant tout faire vivre ton personnage ? 

Cédric : Tolbiac était un projet de série TV à la base. Mais il faut savoir que dans le métier de scénariste les retournements sont brutaux. Tout peut s’arrêter du jour au lendemain selon l’humeur du producteur, la tendance, un conseiller de programme… Cela a été le cas, on a lâché Tolbiac et je me suis retrouvé avec ce personnage de magicien pickpocket sur les bras.Alors j’ai continué de le développer, essentiellement pour moi au début, en apportant une touche plus littéraire à l’écrit, ce qui me manquait dans le scenario. Et j’ai aimé ça.

Dany : Quand tu te mets à écrire, as-tu une idée précise de l’intrigue et le personnage s’y colle en fonction des circonstances ?

Cédric : Concernant l’intrigue, je travaille rigoureusement l’arche narrative peut-être parce que je viens des sciences. Je la traite comme une équation. On ne peut passer d’un paragraphe à un autre sans que ce soit irréprochable dans la mécanique. Avec une base solide et une direction précise, il reste d’autant plus de places entre les lignes pour toute la fantaisie et la part d’imprévu.

Car oui, même si l’intrigue est bétonnée, il ne faut pas oublier une chose, et même l’accepter avec plaisir quitte à changer son fusil d’épaule en cours de route si nécessaire… Un personnage fort peut vous entraîner où il veut. Ce n’est pas moi qui en suis l’auteur, c’est un Anglais assez peu connu du grand public . Un certain Hitchcock il me semble, qui dans sa correspondance avec Truffaut évoquait le travaille du personnage et la possibilité que celui-ci lui échappe.

Dany : Merci Cédric, alors passons au tome 2… peux-tu en dire un peu plus que la 4ème de couverture ?

Cédric : Le tome 2 est divisé en deux parties. 

D’abord il y a une fuite, une reconstruction. Tolbiac entreprend un tour du monde de la magie, à moins que ce ne soit avant tout un tour de lui-même… Vous savez ce qu’on dit, lorsqu’on fait un long voyage, c’est le voyage qui vous défait. Il fera de nombreuses rencontres, de riches et intrigantes rencontres, dont l’écho résonnera encore longtemps après son départ. 

La seconde partie fête son retour à Paris… il y a les retrouvailles, l’amitié y est célébrée, la gestion de son secret reste une préoccupation et de nouvelles portes s’ouvrent, jusqu’au final dans le palais de toutes les trahisons.

Dany : Pour finir, peux-tu donner au lecteur qui ne te connait pas 3 bonnes raisons de faire connaissance avec Tolbiac Juillet ?

Cédric : On m’a souvent dit Tolbiac est inclassable, c’est un brassage, un OLNI ( Objet Littéraire Non Identifié) …

Je dirais pour tout cela. 

1) S’autoriser une sortie de piste fantasque.

2) Pour la dé-signalisation du scénario. Ici vous ne trouverez pas de pancartes pour vous indiquer le chemin.

3) Pour Tolbiac  : antihéros par excellence, magicien, pickpocket, l’humour prêt à fleurir sur les cicatrices.

Dany : Tu as parlé de ton activité de scénariste… dans quelles productions peut-on lire ton nom au générique ? Seulement si tu veux bien aborder ce volet de ton activité sinon on passe à la suite

Cédric : J’ai écrit plusieurs épisodes, d’une mini-série qui a bien fonctionné ; Les semaines de Lucide.

Également des formats courts sur M6 ( Scène de ménage, etc. ) Des pitchs pour TF1, des bibles d’unitaires ou de séries qui ont fait l’objet de développements avec des producteurs.

Dany : Alors maintenant quelle est ton actu (salons notamment) et tes projets ?

Cédric : En ce moment je finalise le synopsis du tome 1 de Tolbiac pour une adaptation cinéma. Je continue de promener mon statut d’auto-édité à travers la France pour des séances de dédicaces et je vais bientôt entrer dans les corrections du tome 3, déjà écrit. 

Dany : Merci Cédric pour ces confidences. Pour ma part j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir le tome 1 et je m’apprête à plonger dans sa suite … A bientôt !

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