Les rêves de guerre de François Médéline

Le livre : Les rêves de guerre de François Médéline. Paru le 5 mai 2014 à la Manufacture de livres. 20€90 ; (327 p.) ; 23 x 14 cm.

Réédité le 7 janvier 2016 chez Point. 7€90 ; (381 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

J’aurais pu le buter, premièrement pour être arrivé dans ma télé, deuxièmement pour avoir parlé de la maman comme ça, troisièmement pour qu’il me jure sur sa putain de supériorité mentale que c’était faux, quatrièmement pour avoir parlé de la maman comme ça, cinquièmement pour avoir le nom du passeur, le Suisse, là, qu’elle suçait le soir, sixièmement parce qu’il avait une sale gueule et puait l’alcool, septièmement au cas où quelqu’un d’autre que moi ait reconnu la maman, huitièmement pour le flinguer, parce qu’il serait juste qu’il crève, et y’a pas de lois pour le dire, c’est la justice, la vraie, celle qui n’est jamais rendue ici bas.

Il a toussé, la fille lui a caressé le dos. Il a repris sa respiration.

Sur les rives du lac Léman, Michel Molina, flanqué de son collègue l’inspecteur Grubin, navigue entre seconds couteaux illuminés, membres du grand banditisme et politiques taiseux près de cette gigantesque masse d’eau prisonnière des montagnes… Manipulations, résilience, sexe, pouvoir, honneur : la petite histoire va percuter la grande. De Mauthausen, son bordel, aux routes froides de Savoie, entre enquête policière et mise en abyme, Les rêves de guerre nous questionnent sur le sens de l’écriture et sur les mécanismes qui conduisent des hommes à prendre la vie des autres.

L’auteur : Naissance à Tassin-la-Demi-Lune le 10 septembre 1977. Cadet d’une fratrie de trois garçons, natif de la banlieue lyonnaise, François Médéline est élevé par sa mère, dans le village de Vernaison au sud de Lyon. Il émigre à Romans-sur-Isère à onze ans. Il y suit ses études secondaires et fait son apprentissage du rugby et du grec ancien. Diplômé de l’Institut d’Étude politique de Lyon où il a été chargé d’enseignement et de recherche (en particulier en sociologie politique), il aime pêcher la perche au bord du lac Léman, ramasser des trompettes de la mort et jouer à la belote coinchée. Il est avec la même fille depuis vingt ans et a deux enfants. Il vit et mange politique. Il a commencé à écrire sérieusement à vingt ans quand il a lu Le Grand nulle part de James Ellroy même s’il en avait envie depuis ses onze ans, et la lecture de L’Étranger d’Albert Camus. Petit lecteur, ses goûts littéraires sont variés : Mort à crédit de Céline, Demande à la poussière de John Fante, Pas d’orchidées pour Miss Blandish de James Hadley Chase, Premier amour de Tourgueniev, Bel ami de Maupassant, Le Dernier baiser de James Crumley, Journal d’un vieux dégueulasse de Charles Bukowski. Il a vu une quinzaine de fois Il était une fois en Amérique de Sergio Leone, adore Mulholland drive de David Lynch. Il n’a aucune culture musicale.

 

 Extrait : « Des pauvres, il en tombe tous les jours à la carrière, au revier, dans les baraques, les wagons, dans les tunnels, sur la route, à l’appel. Des numéros, des riches aussi, les riches tombaient vite, tous pauvres. Des centaines : chaque jour, tous les jours, depuis le premier et jusqu’au dernier, jusqu’aux volutes qui s’échappaient de la cheminée pour le firmament de nos peines. Un riche pèse lourd, un pauvre pèse lourd, un Juif pèse lourd, un pédé pèse lourd, les Russes étaient grands, les Russes pesaient lourds. « 

 

Le post-it de Ge

Les rêves de guerre de François Médéline : un « presque coup de coeur »

Les rives du lac Léman, à la fin des années 1980. Une enquête criminelle force le policier Michel Molina à affronter ses zones d’ombre et un lourd passé familial, remontant à 1943, quand sa mère devait se prostituer au dispensaire du camp de Mauthausen.

Avec ce second titre, François Médéline confirme tous le bien que l’on pense de lui, enfin de son travail d’écriture.

Car Médéline c’est un style, percutant, vif, alerte. Une écriture acérées qui transperce les pages. C’est aussi une histoire qu’il maîtrise de bout en bout. Nous faisons traverser les décennies en nous bousculant. Le tout est assuré à la perfection.

Les personnages aussi sont ciselés, travaillés dans leur moindre faille. Avec Médéline rien n’est laissé au hasard.

Plus qu’un roman noir,  » les rêves de guerre » est une réflexion sur l’humanité, sur les Humanités. Sur la littérature aussi est son rôle salvateur.

Médéline met en scène une effroyable mécanique. Une mécanique qui va vous broyer, vous bousculer, vous malmener. Vous allez douter,

vos convictions vont voler en éclat. Car ce roman est un choc. Un choc frontal qui plus est.

Et pourtant parfois, l’auteur me laisse l’impression de vouloir en faire trop. De s’écouter écrire. C’est sans doute ce qui me fait dire que ce titre est « un presque coup de cœur ».

Mais que cela ne vous empêche surtout pas de lire ce titre car la voix singulière de François Médéline ne vous laissera pas indifférent.

14 réflexions sur “Les rêves de guerre de François Médéline

Vous avez la parole, laissez un commentaire, ça fait toujours plaisir.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s