Heimaey, Ian Manook

Le livre: Heimaey, Ian Manook. Sorti le 26 septembre 2018 aux Editions Albin Michel. 22 euros; 464 pages; format 15,5 x 3,2 x 22,5 cm.

 

4ème de couverture:
Quand Jacques Soulniz embarque sa fille Rebecca à la découverte de l’Islande, c’est pour renouer avec elle, pas avec son passé de routard. Mais dès leur arrivée à l’aéroport de Keflavik, la trop belle mécanique des retrouvailles s’enraye. Mots anonymes sur le pare-brise de leur voiture, étrange présence d’un homme dans leur sillage, et ce vieux coupé SAAB qui les file à travers déserts de cendre et champs de lave… jusqu’à la disparition de Rebecca. Il devient dès lors impossible pour Soulniz de ne pas plonger dans ses souvenirs, lorsque, en juin 1973, il débarquait avec une bande de copains sur l’île d’Heimaey, terre de feu au milieu de l’océan.
Un trip initiatique trop vite enterré, des passions oubliées qui déchaînent des rancœurs inattendues, et un flic passionné de folklore islandais aux prises avec la mafia lituanienne.
L’auteur:  Ian Manook (de son vrai nom Patrick Manoukian) est un journaliste, éditeur et écrivain. Grand voyageur dès l’âge de 16 ans, il parcourt les États-Unis et le Canada pendant 2 ans. Sous le pseudonyme de Ian Manook, il écrit Yeruldelgger (2013), un polar qui se passent en Mongolie et qui remporte le Prix SNCF du polar 2014, puis Les temps sauvages et enfin La mort nomade, suite des aventures de l’inspecteur Yeruldegger, (2015). Il nous régalera par la suite avec Mato Grosso en 2017.
En mai 2018 il signe Hunter sous le pseudonyme de Roy Braverman chez Hugo Thriller.
Il revient à son style de prédilection avec Heimaey en ce mois de septembre 2018, chez Albin Michel.
Ian Manook est membre de la Ligue de l’Imaginaire.
Extrait:
« Te voilà dans un pays où les routes contournent certains rochers parce que les elfes du Peuple Caché y vivent peut-être et où on découvre encore de nouvelles cascades, et dans le même temps on y chasse la baleine avec des harpons explosifs dont la charge perce l’animal pour y enfoncer un tripode qui se déploie dans son corps et le ferre à mort. Comme quoi on peut aimer quelque chose d’odieux et de généreux à la fois. »

 

 

La folie de Nick

Heimaey, Ian Manook

Ian Manook est un baroudeur, un fouleur de planète. Mais pas de ceux qui passent, boulimiques de kilomètres, et mesurent leur plaisir en termes de distance. Parce qu’il a dû faire sienne cette vérité simplissime : la destination n’est rien, seul le chemin compte. Il le disait déjà dans un autre titre : il croit en la vertu de l’étape. Bien sûr je m’étais déjà immergé dans Yeruldelgger, j’avais déjà goûté les immensités, les décalages, les paradoxes, les oppositions mêmes de la Mongolie. J’étais conquis à cette plume forte et terriblement efficace. Alors j’abordais l’Islande d’Heimaey sous cet augure. Hypocritement je pensais y trouver un Yeruldelgger 4, rebaptisé. Et c’est là que le paradoxe tourne à plein régime. Oui j’ai pu me gonfler de cette écriture si puissante avec l’évidence de ses descriptions, l’omniprésence non pompeuse de la culture, la justesse des sentiments de l’instant. Parce que Manook ne pontifie jamais, il raconte. Il n’étale pas. Il glisse en douce une petite information, un détail dont vous vous souviendrez, une vérité qui deviendra la vôtre. Il sait mettre ce qu’il faut de suspens, de violence et d’humour. Mais je me trompais en espérant les mêmes ficelles délocalisées de la Mongolie à l’Islande. Car cette histoire à cela de puissant qu’elle est ancrée au sol. Kornélius n’est pas Yerul. Il y a quelques clins d’œil pour qu’on retrouve nos marques (dont ce goût partagé pour les médecins légistes), c’est la seule concession entre les deux héros. Si ce n’est un amour sans faille à la terre, au recoin de planète qui les voit évoluer. Kornélius, le héros islandais, a ses failles, ses incohérences, ses talons d’Achille, mais ils ne doivent rien à ceux de Yeruldelgger. Yeruldelgger avait la force de la nouveauté, Heimaey en possède une autre. Il s’agit de la présence d’un guide. C’est une trouvaille absolue. Parce qu’un guide, c’est frustrant, ça sait tout, c’est blasé ou emphatique, ça se met entre vous et la beauté pour raconter avant de ressentir. Sauf que Soulniz (mais à quel point n’est-ce pas Manook lui-même ?) est un guide qui évolue dans une autre Islande. Il se souvient, il redécouvre et finalement il se tait. Soulniz ne fait que nous conduire pour nous amener au bon endroit. Heimaey est un roman immersif, un polar entre glacier et volcan. C’est une histoire prenante en équilibre entre une réalité qui court devant et une certaine nostalgie. Heimaey est un roman sur l’incroyable beauté des forces primordiales de la nature, où, parfois, quelques minuscules êtres humains s’agitent pour essayer d’y vivre, d’y aimer et de ne pas trop y mourir.

32 réflexions sur “Heimaey, Ian Manook

  1. Bonne fin de semaine gente dame,
    Autant j’avais aimé Yeruldelgger, même adoré, autant je n’ai pas aimé ce livre ci. J’ai retrouvé le style d’écriture. Je n’ai pas aimé le récit trop lent et auquel je n’ai pas accroché du tout. Dans ce livre j’ai retrouvé toutes les indications, mots entendus dans les documentaires sur l’Islande, un pays que nous rêvons de visiter. J’ai pourtant mis dans ma liste les deux derniers sortis sous un autre pseudo 🙂
    Bises. Geneviève alias brindille33 😉

    Aimé par 2 personnes

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