Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (30)


Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (30)

Bonjour, merci d’avoir accepté cette rencontre. D’ordinaire je laisse à l’invité le soin de se présenter…

Gauthier H. Esclavagiste. Officiellement, je dirige d’une main de maître un complexe hôtelier tout près de la Suisse, dans une région tranquille pour qu’il n’y ai aucun grabuge, mais officieusement, je fais construire des logements pour quelques clients richissimes triés sur le volet, avides de pouvoir expérimenter des choses interdites sur du bétail (comprenez, je ne parle pas d’animaux quand je parle de bétail). Je suis très exigeant et sais me montrer très doux quand il faut « mater » un nouvel esclave.

Voilà qui est direct ! Ça fait partie de vos traits de caractère ?

J’aime exploiter, dominer, réduire mes convives à l’état d’objet. Je suis un collectionneur. Mais un collectionneur de qualité. J’aime les gens qui viennent de l’Est. Je suis très maniaque et j’aime l’ordre dans toutes ses formes.

C’est assez perturbant comme psyché… On se demande d’ailleurs comment Loana Hoarau a pu vivre avec vous. Vous êtes resté longtemps dans sa tête ?

Bien un an. Au début, j’étais plutôt un perso sympathique parce qu’elle aime ce prénom. Mais elle m’a vite transformé en monstre pour me donner une constance.

Elle est donc pleinement responsable de ce virage selon vous. Vous pensez qu’il y a des parts d’elle dans votre personnalité ?

Je pense que oui. Elle adore les verres de lait.

J’aime faire du mal.

Au-delà de ça, une telle construction vous mets dans une position qui n’est pas particulièrement enviable, lui en voulez-vous ?

Au contraire. J’aime faire du mal. Je trouve même qu’elle n’est pas allée assez loin dans le délire. Ça manquait un peu de nécrophilie. Mais apparemment, elle va vite se rattraper dans un autre livre !

Au-delà des péripéties du roman, parlez-nous de votre vie propre. Comment occupez-vous votre temps libre ?

Je prépare mes petites potions magiques pour droguer mes convives. Enfin, je les fais préparer, mais ça, je n’en parle pas.

Pour l’instant, une seule aventure assume votre présence. Vous avez d’autres projets ?

J’aimerais bien revenir dans un autre bouquin. Je sais qu’elle m’aime bien comme perso. Qu’elle aimerait encore m’exploiter.

L’avenir le dira donc… Il nous reste à conclure, je vous laisse le soin de le faire.

Entrez donc découvrir mon univers. Je ne mords pas tout de suite. Surtout si vous êtes un beau jeune homme. Voulez-vous un verre de lait ?

Les Anges de Babylone de Ghislain Gilberti


Les Anges de Babylone de Ghislain GilbertiLe livre : Les Anges de Babylone, la trilogie des ombres, Tome 2 de Ghislain Gilberti. Paru le 18 avril aux Editions Metropolis.  22 € ; 624 pages ; 15 x 23 cm .

 4ème de couverture :

Débarquée de l’enquête sur Borderline, Cécile Sanchez revient sur le terrain lorsqu’une guerre des ombres éclate entre de nouveaux caïds et le Réseau Fantôme. Prêt à tout détruire, l’un des leaders de la corporation de tueurs, bien plus dangereux et instable que ses coreligionnaires, vient de sortir de prison après une décennie passée à l’isolement.

Au centre de cette guerre pour le contrôle global, les Anges de Babylone, une nouvelle unité qui a grandi dans l’ombre de Borderline, s’apprête à prendre le ciel et s’étendre aux périphéries du territoire. Avec toujours la mystérieuse Voix pour guider leurs actions, leurs pensées et leurs bras armés.
C’est dans cette zone que la nature est à nouveau sauvage. Les Anges feront la guerre pour l’Homme. Même les anges déchus auront leur croisade et celle qui ouvre la porte au grand chaos balaiera tout sur son passage : il n’y aura pas le moindre quartier.

Suite virtuose de Sa Majesté des Ombres, révélation polar de l’année 2018, Prix des Géants du Polar 2018 et salué unanimement par les lecteurs, Les Anges de Babylone est le second volume apocalyptique de La trilogie des Ombres.

 

 

anoghislain-gilberti
L’auteur : Ghislain Gilberti a 41 ans. Ancien tireur de précision pour l’armée de terre, père de trois enfants, il se consacre à l’écriture.

 

 

 

Extrait :
« La tension est à son maximum, les index sont crispés. Le reste du monde a disparu. Il n’y a plus qu’elles, ainsi que la faucheuse qui tourne dans les ombres et arbitre ce duel, attendant avec impatience d’emporter avec elle l’un des deux âmes en Enfer.
Les deux si possibles. »

 

 

L’accroche de Miss Aline :

Les Anges de Babylone de Ghislain Gilberti 1

Les Anges de BabyloneLa trilogie des ombres – tome 2, Ghislain Gilberti

Prologue : Surtensions. Epilogue : Disjonction. Entre les deux, 600 et quelques pages où pas un instant ton attention se relâche. Immersion immédiate et totale dans le monde des narcotrafiquants. Une guerre sans merci pour récupérer un territoire. C’est sanglant, violant, sans fioritures. On passe a tabac, on torture, on tue. Le tout dans une chorégraphie parfaitement maitrisée. Tout est planifié, orchestré de manière  méthodique. Pas de place pour le hasard. Si ton dernier souffle s’échappe c’est que les Borderline l’ont décidé ainsi. Les Ombres semblent toujours aussi insaisissables.

 La commissaire Sandrine Torterotot de la DCRI va tout faire pour réintégrer Sanchez à l’enquête. Une autre guerre sans merci commence : force de l’ordre contre trafiquants. Sans oublier les guerres intestines de chaque côté. Les égos sont exacerbés, chauffé à blanc, ne supportant pas le moindre obstacle.

Sanchez aura une fois de plus fort à faire pour avancer dans son enquête.  Quel sera le prix  à payer pour voir justice rendue ? Peu-on s’en sortir indemne face à une bande de psychopathes ne reculant devant rien pour faire aboutir leur plan ?

Avec Les Anges de Babylone, Ghislain Gilberti nous livre un roman dense. Certes, c’est un pavé de 624 pages mais pas que. Les personnages y sont nombreux, complexes aussi bien chez les Borderline ou du côté flic. Rien n’est tout noir ou tout blanc.

Les Anges de Babylone c’est une encyclopédie du mal. Ghislain Gilberti dissèque le monde de la drogue pour nous en donner une description au plus juste. Il va décortiquer pour nous les rouages d’une organisation borderline dirigée par des psychopathes. L’être humain y est décrit dans toute sa splendide noirceur.

Sa plume est aiguisée et trempée dans un acide corrosif. Chaque mot est à sa juste place. Il hypnotise. Tu ne lis pas, tu es au centre d’une scène en 4D. Immersion totale. Tu assistes, impuissante, au carnage. Une touche émotionnelle vient te cueillir au fond du gouffre dans lequel l’auteur te fait descendre un peu plus à chaque page. Tu restes sur le carreau. Il t’embarque et te montre le monde côté pile. Va-t-il te laisser une lueur d’espoir ? Ou l’espoir n’est-il qu’une illusion de l’esprit pour mieux supporter une réalité morbide ?

Ghislain Gilberti est un magicien des mots. Encore une fois, j’ai été happé par ma lecture. Encore une fois je salue la force d’écriture, le travail colossal de l’auteur pour nous livrer son Œuvre.

Un très grand merci aux Editions Metropolis pour ce SP et ce moment livresque grandiose.