Kawa Littéraire # 8


 

KAWA littéraire du 17/05/18

17 lecteurs présents

Sophie Maurer (l’auteure en résidence à la bibliothèque Parmentier), a ponctué notre « club littéraire » par des lectures d’extraits de textes choisis en amont par les lecteurs.

 

BIBLIOGRAPHIE

Monique :

Marie Richeux/ Climat de France

Climats de France

Richeux, Marie

Wespieser éditeur

En 2009, sur les hauteurs de Bab el-Oued, Marie est subjuguée par la cité construite par l’architecte Fernand Pouillon entre 1954 et 1957. Saisie par la nécessité de comprendre l’émotion qui l’étreint, elle se replonge dans son passé. Une succession de récits qui s’entrelacent comme autant de fragments d’une même histoire dont l’auteure traque le motif entre l’Algérie et la France. Premier roman.

Jean-Baptiste Andrea/ Ma reine

 

Lioudmila Oulitskaia/ Médeé et ses enfants

Médée, calme et lumineuse, un centre mystérieux autour duquel gravite une immense famille, des gens ballottés de-ci de-là, aux destins parfois tragiques. Contrairement à sa célèbre homonyme, Médée Mendès est une porteuse de vie, qui soutient, réconforte et pardonne.

 

 

 

 

 

 

 

 

Lioudmila Oulitskaia/ De joyeuses funérailles

«Il faisait une chaleur torride, cent pour cent d’humidité. On aurait dit que l’énorme ville tout entière, avec ses immeubles inhumains, ses parcs magnifiques, ses gens et ses chiens multicolores, était parvenue à la limite de la phase solide – encore un peu, et les êtres à demi liquéfiés allaient se mettre à flotter dans l’air transformé en bouillon.»

C’est dans son loft d’artiste à Manhattan, dans une ville écrasée de chaleur, qu’Alik, peintre juif russe émigré, va mourir. Et il n’est pas de mort annoncée qui ne soit aussi drôle et, paradoxalement, un tel hymne à la vie que celle d’Alik. Entouré de sa femme Nina et de ses anciennes maîtresses, l’agonisant souhaite que la fête continue, alors que Nina ne pense qu’à sauver son âme. Un prêtre orthodoxe et un rabbin vont ainsi se succéder au chevet du mourant, et leur rencontre est le point d’orgue, d’une drôlerie irrésistible, de ces funérailles pas tout à fait ordinaires. Dans un vrai tour de force romanesque, Oulitskaïa nous prouve ainsi que les interrogations métaphysiques sur la mort et l’appartenance religieuse ne sont pas, en littérature, incompatibles avec l’humour.

Quatrième ouvrage de Ludmila Oulitskaïa traduit en français, De joyeuses funérailles renoue avec la veine de Sonietchka (Prix Médicis Etranger 1996). De Ludmila Oulitskaïa, les Editions Gallimard ont également publié un recueil de nouvelles, Les pauvres parents (1993), et le roman Médée et ses enfants (1998). L’auteur vit à Moscou.

 

Jean-Michel Guenassia/ Le club des incorrigibles optimistes

Michel Marini avait douze ans en 1959. C’était l’époque du rock’n’roll et de la guerre d’Algérie. Lui, il était photographe amateur, lecteur compulsif et joueur de baby-foot au Balto de Denfert-Rochereau. Dans l’arrière-salle du bistrot, il a rencontré Igor, Léonid, Sacha, Imré et les autres. Ces hommes avaient passé le Rideau de Fer pour sauver leur peau. Ils avaient abandonné leurs amours, leur famille, trahi leurs idéaux et tout ce qu’ils étaient. Ils s’étaient retrouvés à Paris dans ce club d’échecs d’arrière-salle que fréquentaient aussi Kessel et Sartre. Et ils étaient liés par un terrible secret que Michel finirait par découvrir. Cette rencontre bouleversa définitivement la vie du jeune garçon. Parce qu’ils étaient tous d’incorrigibles optimistes.

 

 

 

 

Anne-Marie :

Tanguy Viel/ Article 353 du code pénal

Pour avoir jeté à la mer le promoteur immobilier Antoine Lazenec, Martial Kermeur vient d’être arrêté par la police. Au juge devant lequel il a été déféré, il retrace le cours des événements qui l’ont mené là : son divorce, la garde de son fils Erwan, son licenciement et puis surtout, les miroitants projets de Lazenec.

Article 353 du code pénal, septième roman de Tanguy Viel, est porté par la très belle voix de cet homme floué, quinquagénaire comme vieilli avant l’heure par le poids des infortunes et des échecs. Un homme las dont les mots s’emploient à construire la pensée, à tenter de comprendre l’agencement fatal des circonstances qui l’ont mené au meurtre. Des mots, des phrases par lesquels il cherche désespérément à tracer, dans l’espace sonore du bureau du juge, pour lui-même autant que pour le magistrat, « la ligne droite des faits ». […]

De multiples passerelles relient Article 353 du code pénal aux précédents opus de Tanguy Viel. Ce n’est pas dire que l’écrivain se répète. Au contraire, il bouge, il change, il se déploie. Dans un même mouvement, il approfondit sa méditation sur le choix moral, la responsabilité individuelle, le destin, et précise son geste romanesque en prenant ses distances avec les codes des littératures (et du cinéma) de genre dont il a naguère beaucoup usé. Délaissant quelque peu l’ironie au profit d’un réalisme virtuose et d’un humanisme pleinement assumé, il s’appuie sur ses personnages pour irriguer son roman d’une réflexion toute métaphysique sur le mal en l’homme.

-Lecture d’un extrait par Sophie Maurer
Extrait :
Toute cette histoire, a repris le juge, c’est d’abord la vôtre. 
Oui. Bien sûr. La mienne. Mais alors laissez-moi la raconter comme je veux, qu’elle soit comme une rivière sauvage qui sort quelquefois de son lit, parce que je n’ai pas comme vous l’attirail du savoir ni des lois, et parce qu’en la racontant à ma manière, je ne sais pas, ça me fait quelque chose de doux au cœur, comme si je flottais ou quelque chose comme ça, peut-être comme si rien n’était jamais arrivé ou même, ou surtout, comme si là, tant que je parle, tant que je n’ai pas fini de parler, alors oui, voilà, ici même devant vous il ne peut rien m’arriver, comme si pour la première fois je suspendais la cascade de catastrophes qui a l’air de m’être tombée dessus sans relâche, comme des dominos que j’aurais installés moi-même patiemment pendant des années, et qui s’affaisseraient les uns sur les autres sans crier gare.

Camille :

Depardieu/ Lettres volées

Depardieu/ Lettres volées

«J’ai eu la chance de ne pas avoir de « famille », d’avoir seulement une Lilette sauvage et un Dédé apache. Ils n’ont pas phantasmé sur moi. Je n’ai pas été programmé, déterminé. Julie et Guillaume, mes enfants, j’essaie, Dieu sait que parfois c’est dur, de ne jamais toucher à leurs rêves, j’essaie seulement de les aimer… »

Lettres volées de Gérard Depardieu, vingt-cinq textes pour autant de visages aimés, d’aventures fracassées, ou d’amitiés indestructibles.

Lettres volées, des confessions, des aveux, des secrets. Des mots tendres et des mots durs, des mots qui comptent double. Un livre qui va droit au coeur.

 

 

-Lecture d’une lettre adressée à François Truffaut, et une autre adressée à Barbara, par Sophie Maurer
Extraits : lettre à Barbara
Tu te rends compte  » si c’est pas sûr , c’est quand même peut être » Avec un truc pareil on peut continuer à marcher longtemps . C’est ta voix qui rythmait mes fugues, je marchais comme un forcené avec tes chansons dans ma tête. (…)
Tout à l’heure, au téléphone, j’ai deviné
ta voix trembler. 
Tu as souvent peur qu’elles s’évanouisse comme dans ces contes. 
où une fée capricieuse vous prête un don provisoire et fragile. 
Et parfois, c’est vrai qu’elle fout le camp, que tu ne peux plus chanter. 
Tu cesses d’être en harmonie.  (…)
Toi que j’ai souvent cherché
A travers d’autres regards
Et si l’on s’était trouvé 
Et qu’il ne soit pas trop tard
Pour le temps qu’il me reste à vivre
Stopperais-tu ta vie ivre
Pour venir vivre avec moi
Sur ton île aux mimosas.

Emma Healey/ L’oubli

Un thriller inoubliable.
Elizabeth a disparu. Maud ne cesse de retrouver des bouts de papier dans ses poches, avec ce simple message. Elizabeth a disparu. Le plus troublant : c’est sa propre écriture. Mais elle ne se souvient pas avoir écrit ces mots. Maud ne se souvient d’ailleurs plus de grand-chose ces derniers temps. Elle ne se souvient plus de l’heure, ni si elle a mangé ni si sa fille est venue la voir. Ce qu’elle sait, en revanche, c’est qu’elle n’a pas vu sa vieille amie Elizabeth depuis longtemps. Trop longtemps. Lorsqu’elle tente d’alerter ses proches, elle a droit à des sourires indulgents, personne ne la prend au sérieux, elle est septuagénaire et on la traite comme une enfant de 4 ans. Malgré tout, Maud est de plus en plus persuadée que quelque chose est arrivé à Elizabeth. De la même façon que quelque chose est arrivé, cinquante ans plus tôt, à sa propre sœur aînée, Sakey, dont la disparition ne fut jamais élucidée. Maud ferait-elle un transfert inconscient ? Confondrait-elle le passé et le présent ? Mais n’y a-t-il pas tout autant de mystères autour d’elle aujourd’hui qu’à l’époque ? Maud va bientôt devoir remettre en question ses rares certitudes afin de faire la vérité sur son passé… et sur son présent.

Avec ce roman phénomène faisant preuve d’un incroyable suspense psychologique, Emma Healey nous transporte littéralement dans l’esprit de Maud, atteinte de la maladie d’Alzheimer, avec une empathie et une justesse peu communes. Tout comme son inoubliable héroïne, le lecteur sera confronté, dans ce thriller irrésistible, à une perte totale de repères pour tenter de reconstituer un puzzle aussi captivant que complexe.

Edgar Hilsenrath/ Le nazi et le barbier

1933. Max, le fils bâtard de la pute Minna Schulz, s’enrôle dans les SS à l’arrivée d’Hitler au pouvoir.

Affecté dans un camp d’extermination, où disparaissent son meilleur ami (juif) et toute sa famille, il décide à la fin de la guerre de se faire passer pour juif… et endosse l’identité de son ami assassiné. Max Schulz, devenu Itzig Finkelstein, épouse la cause juive, traverse l’Europe et rejoint la Palestine, où il devient barbier et sioniste fanatique.

Le Nazi et le Barbier fut, trente ans avant Les Bienveillantes, le premier roman sur l’Holocauste écrit du point de vue du bourreau. L’humour (noir) en plus.

 

Edgar Hilsenrath/ Nuit

 

1941. C’est la nuit permanente sur le ghetto de Prokov. Au fil des jours, égaré dans un décor apocalyptique, Ranek lutte pour sa survie.

Réduits à des ombres, comme s’ils n’avaient plus ni âme ni corps, les personnages baignent dans le brouillard. Pourtant, les scènes d’amour hâtives, de solidarité ou de naissances au milieu du ghetto montrent que, même plongée dans l’horreur, l’humanité s’accroche.

Grande fresque de la cruauté et du grotesque, Nuit est le point de départ de l’oeuvre d’Hilsenrath. Resté occulté en Allemagne près de vingt ans, il est aujourd’hui considéré comme son chef d’oeuvre.

 

 

Patrick Deville/ Taba-Taba

Taba-Taba

Le roman commence à Mindin, en face de Saint-Nazaire, au début des années 1960, dans un lazaret devenu hôpital psychiatrique : un enfant boiteux, dont le père est administrateur du lieu, se lie d’amitié avec un des internés, un ancien de la marine qui, se balançant d’arrière en avant, répète sans cesse la même formule énigmatique : Taba-Taba. À partir de là, Patrick Deville déroule le long ruban de l’Histoire, en variant le microscope et le macroscope. Car la France, ce n’est pas seulement l’Hexagone : le narrateur se promène autour de la planète pour rappeler l’épopée coloniale avec ses désastres mais aussi ses entreprises audacieuses (canal de Suez, de Panamá).

Cette grande fresque romanesque va de Napoléon III aux attentats qui ont ensanglanté récemment le pays, en passant par la Grande Guerre et ses tranchées, puis par le Front populaire, la Débâcle, l’Occupation, la Résistance, le Vercors, la Libération.

Patrick Deville/ Peste et choléra

Peste & choléra

Parmi les jeunes chercheurs qui ont constitué la première équipe de l’Institut Pasteur créé en 1887, Alexandre Yersin aura mené l’existence la plus mouvementée. « Ce n’est pas une vie que de ne pas bouger », écrit-il. Très vite il part en Asie, se fait marin, puis explorateur. Découvreur à Hong Kong, en 1894, du bacille de la peste, il s’installe en Indochine, à Nha Trang, loin du brouhaha des guerres, et multiplie les observations scientifiques, développe la culture de l’hévéa et de l’arbre à quinquina. Il meurt en 1943 pendant l’occupation japonaise.

Pour raconter cette formidable aventure scientifique et humaine, Patrick Deville a suivi les traces de Yersin autour du monde, et s’est nourri des correspondances et documents déposés aux archives des Instituts Pasteur.

 

Michèle :

Camille Laurens/ La petite danseuse de 14 ans

La petite danseuse de quatorze ans

« Elle est célèbre dans le monde entier mais combien connaissent son nom ? On peut admirer sa silhouette à Washington, Paris, Londres, New York, Dresde ou Copenhague, mais où est sa tombe ? On ne sait que son âge, quatorze ans, et le travail qu’elle faisait, car c’était déjà un travail, à cet âge où nos enfants vont à l’école. Dans les années 1880, elle dansait comme petit rat à l’Opéra de Paris, et ce qui fait souvent rêver nos petites filles n’était pas un rêve pour elle, pas l’âge heureux de notre jeunesse. Elle a été renvoyée après quelques années de labeur, le directeur en a eu assez de ses absences à répétition. C’est quelle avait un autre métier, et même deux, parce que les quelques sous gagnés à l’Opéra ne suffisaient pas à la nourrir, elle ni sa famille. Elle était modèle, elle posait pour des peintres ou des sculpteurs. Parmi eux il y avait Edgar Degas. »
Camille Laurens

A 14 ans, Marie Geneviève Van Goethem, danseuse de l’Opéra, fut le modèle de la célèbre sculpture d’E. Degas, une oeuvre décriée lors de sa présentation au Salon des Indépendants car le public la jugea laide et repoussante. L’auteure revient sur la vie difficile de l’adolescente contrainte de travailler, ce qui lui coûta sa place, ainsi que sur la réception de la statue et ses diverses fortunes.

Sarah :

Karen Blixen/ Les voies de la vengeance

Lucan Bellenden et Zozine Tabbernor, deux jeunes Anglaises, se retrouvent toutes deux dans la misère et sont adoptées par le pasteur Pennhallow et sa femme, qui les emmènent dans leur propriété de Sainte-Barbe, dans le Languedoc, et s’emploient – à merveille – à parfaire leur éducation. Sur la maison, plane un certain mystère. Sur le vieux couple, courent d’inquiétantes rumeurs. Ni Lucan ni Zozine ne songent à approfondir ces questions : elles sont occupées à aimer, l’une le marin anglais Noël Hartranft, la seconde, Thésée de Valfonds. Jusqu’au jour où Pennhallow est interrogé par un juge sur la disparition de jeunes filles qu’il aurait recueillies, et qu’il aurait vendues en Amérique latine. Le pasteur demande à ses dernières filles adoptives de témoigner en sa faveur.

 

 

 

Marguerite Audoux/ Marie-Claire

Cette autobiographie romancée d’une fille du peuple reflète, selon Charles-Louis Philippe, « tout ce que peut contenir de malheur matériel et de douleurs morales la vie des pauvres ». Petit chef-d’œuvre remarquable par la pureté d’expression et le ton direct, « Marie-Claire » émeut par le simple récit de la vie de l’auteur. La mort de sa mère, l’abandon par son père alcoolique à l’âge de trois ans, son enfance triste et terne dans un orphelinat de Bourges, son placement à treize ans comme bergère dans une ferme, une idylle contrariée, la fuite à Paris à dix-huit ans puis le travail à la journée comme couturière, luttant contre la misère et la faim. Malgré ce destin peu banal relaté avec une grande finesse, une poésie qui annonce celle du « Grand Meaulnes » fait le charme de « Marie-Claire ». Le livre, couronné par le Prix Femina, a été loué par Alain-Fournier, Octave Mirbeau, Léon-Paul Fargue, André Gide et Anna de Noailles. 

L’enfance d’une bergère orpheline en Sologne au début de la IIIe République. Marie-Claire n’a que 3 ans lorsque sa mère meurt de tuberculose. Après la fuite de son père, accablé par le chagrin et l’alcool, Marie-Claire et sa soeur aînée, Madeleine, sont placées dans un orphelinat religieux. Elles y apprennent que la méchanceté des enfants vaut bien celle des adultes. Prix Femina 1910.

-Lecture d’un extrait par Sophie Maurer
Extrait :
– Vous savez pourquoi je vous ai fait appeler ?
Nous avons décidé de vous placer dans une ferme de la Sologne. Vous serez bergère, mademoiselle !
La mère supérieure ajouta, en appuyant sur les mots :
– Vous garderez les moutons.
Je dis simplement :
– Bien, ma Mère.
(…)
Pendant que je cherchais à reconnaître de quel côté se trouvait la ferme, les moutons contournèrent le bois, et ils se trouvèrent bientôt sur un chemin bordé de haies. Le brouillard s’épaississait encore, et il me sembla que je marchais entre deux hautes murailles. Je suivais les moutons sans savoir où ils me menaient. Ils quittèrent brusquement le chemin pour tourner à droite, mais je les arrêtai aussitôt : je venais d’apercevoir l’entrée d’une église. Les portes en étaient grandes ouvertes, et de chaque côté on voyait deux lumières rouges qui éclairaient la voûte grise. D’énormes piliers se rangeaient en lignes droites, et tout au fond on devinait les fenêtres à petits carreaux qu’une lumière éclairait faiblement. J’avais beaucoup de mal à empêcher les moutons d’aller vers cette église, et tout en les repoussant, je m’aperçus qu’ils étaient couverts de petites perles blanches. Ils se secouaient à tout instant, et cela faisait comme un léger bruit de cliquetis.

Priscilla :

Lilian Jackson Braun/ Le chat qui lisait à l’envers

Pour Jim Qwilleran, ancien chroniqueur criminel, un poste de rédacteur artistique est une véritable gageure étant donné qu’il ne connaît rien à la question. Très rapidement, il se rend compte que son véritable travail consiste à contre-balancer celui d’un féroce critique d’art, attaché au même journal et détesté de tout le monde. Pourtant la maison de celui-ci est un véritable musée, sa table celle d’un fin gourmet et l’homme lui-même est brillant et satirique. Il possède aussi un chat siamois aristocratique, Kao K’o Kung – Koko pour Qwilleran – qui apprécie les vieux maîtres et sait lire à l’envers les manchettes de journaux. Dans le monde apparemment paisible des beaux-arts, trois morts brutales se produisent et c’est grâce au flair de Koko que Qwilleran découvrira la vérité.

 

 

 

 

Voilà encore un beau café littéraire.

Des envies de lectures plein la tête.

Vivement le prochain Kawa

 

A Fleur de Bruine d’Amélie de Lima


A FLEUR DE BRUINELe livre : A Fleur de Bruine d’Amélie de Lima. Paru le 1er Octobre 2018 aux Editions Independently published.9.99 euros. 272 pages. 13 x 20 cm

4ème de couverture :
Quand le passé revient pour se venger, quand les vieux secrets ressurgissent, la mort ne peut être que la seule échappatoire…Lille, septembre 2016.Six ans après la terrible affaire de la Deûle, des corps de jeunes hommes sont retrouvés la bouche scarifiée, pieds et mains liés, immergés dans un canal. Qui sont-ils et pourquoi les a-t-on tués ? C’est ce que Véronique De Smet et Bettina Rosco tenteront de découvrir, dans une enquête complexe dont elles ne sortiront pas indemnes…

Amélie de Lima Auteur
L’auteur : Amélie De Lima est originaire de Lille, actuellement expatriée à Barcelone. Elle est rédactrice web et formatrice en entreprise. Elle a toujours été passionnée par la lecture et l’écriture, raison pour laquelle, elle s’est plongée dans les études littéraires.
Elle écrit depuis l’âge de 10 ans, en commençant par des nouvelles policières, fantastiques et des poèmes. Fin 2015, elle a décidé de sauter le pas et d’écrire son premier roman en auto-édition.

 

Extraits :
«Il était si doux, si attentionné, si passionnel. Maintenant, il n’était plus qu’une âme sombre, emprisonnée dans son propre corps.
Si seulement… si seulement rien de tout ça n’était arrivé, si seulement elle pouvait gommer le passé comme on gomme une phrase raturée. Juste un mot, juste une fraction de seconde, un mouvement. Remonter dans le temps, c’est tout ce dont elle aurait besoin pour récupérer l’homme qu’elle avait tant aimé.»

Les Lectures de Maud :

A Fleur de Bruine d’Amélie de Lima

A Fleur de Bruine d’Amélie de Lima bandeau

Nous voici de nouveau aux abords de Lille. De meurtres sans lien apparent refont surface. Leur point commun : la mise en scène. Une enquête rude qui ne va laisser aucun répit à Véronique de Smet et à sa collègue pour l’occasion Bettina Rosco. Des indices vont les emmener loin dans le passé qui resurgit en pleine face à Véronique. Le mobile n’étant pas apparent il va leur falloir ruser afin de démêler cette enquête.
Véronique de Smet, personne découvert dans Le Silence des Aveux, pense que le passé est derrière elle avec un bon couvercle dessus. Personnage à vif, elle est toujours à la limite de sombrer. Et pourtant elle va se rendre compte que les blessures vont se ré-ouvrir et la replonger dans sa très sombre période.
Bettina Rosco, nouveau personnage, qui de prima-bord semble tout à fait à l’aise ; va se révéler avoir elle aussi un passé très douloureux.
Ensemble, elles vont se découvrir, même si les débuts vont être houleux, elles vont s’écouter et s’unir afin de retrouver ce meurtrier qui terrifie la région.
L’auteur a fait un réel travail d’écriture ici, la fluidité est de mise. Les éléments s’enchaînent naturellement et sans lourdeur. Ses personnages sont très bien présentés et évoluent. Le mélange vie personnelle et enquête est très bien dosé. L’intrigue est bien amenée, ficelée et très efficace. Une fin très surprenante. J’espère qu’un troisième volet est en route afin de retrouver Véronique dans une nouvelle enquête.

Je remercie l’auteur pour sa confiance

Version lue : Numérique