Papote d’Auteur, Maud était avec Amélie de Lima


Papote d’Auteur, Maud était avec Amélie de Lima

Bonjour Amélie de Lima,

Maud : Je vous remercie d’avoir accepté cet entretien qui va nous permettre de mieux vous connaître. Ne vous inquiétez pas, il ne s’agit pas d’un interrogatoire, pas besoin de témoins ou d’avocat.

Pouvez-vous nous parler un peu de vous ? Nous sommes très curieux

Amélie : Bonjour Maud et merci pour cette interview  J’ai fait des études de lettres modernes, j’ai un master de prof de secondaire mais la vie m’a fait basculer vers le côté obscur de la publicité…je travaille dans une agence marketing depuis un peu plus de 5 ans et en même temps, je suis formatrice dans la même entreprise.

Mes passions ? L’écriture, la lecture (même si en ce moment j’ai très peu de temps pour lire ☹), le cinéma, les voyages et les virées de dernière minute, le train, j’adore le train ! la mode (j’avoue), la nature, découvrir de nouvelles cultures, parler plusieurs langues, rire et bien sûr mon petit rayon de soleil, Elsa.

Mes goûts musicaux ? J’ai toujours été plus branchée rock / Indie / Folk / soul et pour écrire, généralement j’écoute une playlist qui s’appelle Peaceful Piano.

Mes loisirs ? Profiter de la plage le dimanche, me balader, le ciné et les vieux films en noir et blanc, voir mes amies, boire du café (beaucoup de café) pas de sport car je n’en ai jamais fait mais si je devais m’y mettre, ce serait Self defense.

Pour l’écriture, ça a toujours été une évidence pour moi. J’écris depuis que j’ai 10 ans. Bien souvent dans ma bulle, j’en profitais pour m’évader en écrivant…

Maud : Parlons de vos ouvrages, Le Silence des Aveux et A fleur de Bruine sont vos deux polars qui où l’on retrouve le personnage Véronique de Smet. Comment ont germé ces histoires ? Ces personnages ?

Amélie : Je dois faire une confidence…je pense que j’ai dû l’avouer une seule fois…à la base, Le silence des Aveux devait s’appeler La vie d’Élise et ce n’était pas un thriller mais une romance ! oui, oui  J’ai commencé à l’écrire durant mon année au Maroc.

Et puis un jour, je venais de déménager à Barcelone et j’avais un long trajet à faire en train pour aller au boulot. Du coup, je suis entrée dans une petite librairie et j’ai demandé au libraire un livre pour passer le temps, un livre sans prise de tête. Et il m’a mis dans les mains un roman de Gillian Flynn, ça a été un déclic ! C’était ça ma voie, le thriller psychologique !

Le personnage de Véronique n’était pas censé être un personnage récurrent mais après avoir lu le premier, tout le monde m’a demandé une suite, alors, je l’ai gardée. Véronique c’est un peu le mix entre deux amies à moi.

Je visionne énormément de reportages, documentaires sur les serials killer, les disparitions non élucidées alors je trouve souvent l’inspiration là-dedans. Pour À Fleur de Bruine, tout a commencé suite à l’histoire des jeunes hommes retrouvés noyés dans la Deûle et dont l’affaire n’a toujours pas été résolue…

On m’a déjà demandé si je comptais changer de cadre pour mes romans, alors je peux le dire, non, je ne changerai pas de cadre. Je suis lilloise, expatriée mais lilloise et pour moi cette ville est comme un personnage. Elle est aussi importante que Véro, Élise ou Bettina.

J’aime la froideur et en même temps la chaleur humaine de cette ville, j’aime son côté sombre, mystérieux, son architecture, son histoire. Bref, c’est la ville de mes romans.

Maud : Une anecdote sur ces opus en particulier ? Lors de l’écriture ou retour de lecture ?

Amélie : Certainement au sujet de certaines scènes « hot » des romans, les influences de la romance perdurent… J’ai eu un peu de mal à les faire lire au début car j’ai eu peur de l’interprétation qu’on pouvait en faire mais finalement, ça s’est bien passé…

Maud : Vos plus belles joies en tant qu’auteur ? Vos « pires » moments ?

Amélie : Les plus belles joies, voir que mes romans plaisent. Moi qui pensais que seuls ma famille et mes amis les liraient…joies aussi lorsque je lis les messages privés ou publics des lecteurs, les mots réconfortants qu’ils t’adressent pour te soutenir, les petites attentions, que du bonheur.

Les pires moments, sans aucun doute, les premiers mois de la sortie du silence des aveux. J’étais perdue, j’avais publié un livre sans passer par la correction pro et du coup, évidemment, les commentaires ont été incendiaires à ce sujet. J’ai rectifié le tir et je l’ai fait corriger, ouf !

Maud : Après l’écriture, passons à la lecture, quelle lectrice êtes-vous ?

Amélie : Je suis à la base une très grande lectrice mais ces derniers temps un peu moins. Mon genre de prédilection était la littérature française, les grands classiques et puis petit à petit je me suis tournée vers le thriller et plus précisément, le thriller psychologique. J’adore lire et écrire à la tombée de la nuit.

Maud : Pouvez-vous nous parler du recueil qui vient de sortir Projet 666 ?

Amélie : Éric m’a contactée il y a quelques mois et m’a proposée de participer à ce projet, je n’ai pas hésité une seule seconde ! C’est un recueil de 6 nouvelles sombres, écrites par 6 auteur(e)s et dont les bénéfices seront reversés à Innocence en danger. La préface a été écrite par Angélina Delcroix.

Maud : Vous avez écrit Voix Nocturnes également dont j’espère nous aurons l’occasion de reparler ensemble. Etes-vous déjà sur d’autres projets ? Oui oui, là c’est lectrice impatiente que je suis qui s’exprime  

Amélie : Alors Voix Nocturnes a été un coup de tête pour moi, je l’ai écrit très vite en un mois ou deux je crois, je devais l’écrire cette histoire…En fait, elle provient d’une histoire vraie que m’a racontée ma coiffeuse et je l’ai romancée à ma manière…

Je suis en cours d’écriture pour le prochain roman, un thriller psychologique également qui devrait être terminé avant cet été (si tout va bien) On retrouvera Véronique pour une nouvelle affaire qui va être vraiment glauque…

 

Maud : Merci beaucoup Amélie de nous avoir accordé ces instants, je vous laisse le mot de la fin :

Amélie : Je voulais simplement vous remercier pour cette interview, remercier ma famille, mes ami(e)s, mes lecteurs et lectrices qui me soutiennent depuis le début et qui font partie de ma vie maintenant. Merci aux groupes de lecture, aux partages, aux avis et retours que vous prenez le temps de rédiger tout simplement pour nous aider, nous les auteurs.

Alors merci une fois de plus et à bientôt pour de nouvelles aventures lilloises !

Ps : La fille de Lille.

Les Mains vides – Valerio Varesi


Les Mains vides  de Valerio Varesi. Traduit de l’italien par Florence Rigollet. Paru le 4 avril 2019 chez Agullo Editions dans la collection Agullo noir. 21€. (258 p.) ; 20 x 14 cm

4e de couv

« Vous parlez comme un curé ou un communiste. Vous pensez vraiment que les gens la veulent, la liberté ? »

Dans la chaleur humide et gluante du mois d’août à Parme, Francesco Galluzzo, un marchand du centre, a été battu à mort. Le commissaire Soneri, chargé de l’enquête, écarte rapidement le motif du vol pour se concentrer sur un usurier, Gerlanda, qui tire toutes sortes de ficelles dans l’ombre depuis des années.

La vérité a mille visages, et Soneri, malgré sa répugnance pour les méthodes de l’usurier, comprend bien vite que Gerlanda et consorts ne sont que les vestiges d’un monde qui disparaît. Une nouvelle pieuvre déguisée en sociétés irréprochables a décidé de dévorer sa chère ville de Parme, et rien ne semble pouvoir l’arrêter. Pas même l’acharnement désespéré du commissaire…

 


L’auteur :  VALERIO VARESI est né à Turin le 8 août 1959 de parents parmesans. Diplômé en philosophie de l’Université de Bologne, journaliste notamment à La Stampa et La Repubblica, il est l’auteur de treize romans mettant en scène le commissaire Soneri, dont Le Fleuve des brumes, La Pension de la via Saffi et Les Ombres de Montelupo parus aux éditions Agullo. Les enquêtes du commissaire Soneri, amateur de bonne chère et de bons vins parmesans, sont traduites en huit langues. Prix Violeta Negra 2017 pour La Pension de la via Saffi

 

Extrait:
Soneri bouillait de colère. Il ne reconnaissait plus sa ville ni le peuple de sa ville. Sa nature polémiste, sa rebelion anarchiste, son intolérance à tous les injustices et son goût pour les barricades, où étaient ils passés? Ses yeux de commissaire voyait défiler une communauté réduite en bouillie , et la chaleur n’était plus qu’une représentation physique d’une dérive bien plus profonde.

 

Le petit avis de Kris

« Les mains vides » est le quatrième volume des enquêtes du commissaire Soneri, désormais bien connu des lecteurs français. Valerio Varesi continue avec maestria à arpenter les rues de Parme, les bas-fonds et l’histoire tourmentée.
La chaleur humide et gluante du mois d’août à Parme reflète la situation du commissaire Soneri, aux prises avec une affaire poisseuse. Francesco Galluzzo, un marchand du centre, a été battu à mort dans sa maison par des agresseurs inconnus. Le vol semble un motif évident, mais les premières investigations pointent plutôt vers une  » leçon  » qui s’est mal terminée. D’autres recherches conduisent le commissaire à un usurier connu, Gerlanda, à qui la victime devait de l’argent. Mais la vérité a mille visages, et Soneri trébuche bientôt sur une piste qui sent la cocaïne. Peu à peu, le policier réalise que la mort de Galluzzo ne représente qu’un détail, un détail presque insignifiant dans une image plus grande où la vraie victime est la ville elle-même. Un nouveau type de criminels, déguisés en sociétés financières et immobilières irréprochables, a remplacé la vieille garde, composée de gars comme Gerlanda, tout juste bon, désormais, pour la retraite. Avec amertume, Soneri ne peut que constater que sa chère ville de Parme s’est perdue : elle a remplacé Dieu par Mammon, idole toute-puissante qui ne vit que pour l’instant présent, et ne refuse pas quelques sacrifices… humains ?

Quel bonheur de suivre le Commissaire Soneri dans les rue de Parme. On calque nos pas sur les siens et on découvre le seul Parme connu des Parmesans.

Des brumes des précédents opus on passe à la canicule qui s’abat en même temps que Parme a un sursaut de réveil.

Avec le Commissaire Soneri les enquêtes ne sont pas que de banales enquêtes policières comme on en lit ici ou là, non, c’est beaucoup plus que ça ! C’est une atmosphère, avant tout, un état d’esprit, une ambiance, des constats sur notre société. Et puis quel bon vivant qui sait apprécier les bons petits plats et les vins raffinés, un personnage vraiment.

Et toujours l’éternelle lutte du pot de terre contre le pot de fer !

C’est truculent, poétique et attachant. Et alors les « via Garibaldi », « borgo del Parmigianino », « Borgo della Posta » et autres « via Farini » et « Borgo Antini » chantent tellement bien à nos oreilles qu’on aurait presque envie de visiter Parme.

Un véritable régal !!

 – avec Valerio Varesi.