Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (31)


Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (31)

Bonjour, si vous le voulez bien nous pouvons rentrer tout le suite dans le vif du sujet. Tout d’abord, je vous laisse vous présenter.

Bonjour, je m’appelle Cameron. Je ne vous donne pas mon nom de famille, car j’en ai déjà porté trois. Et c’est peut-être pas fini… J’ai été enlevé lorsque j’avais cinq ans et dressé à devenir un tueur. Mais mes compétences vont bien au-delà de ça.

Dressé ? Quels sont les qualités premières d’un tueur selon vous ?

J’ai dû apprendre à m’adapter. C’est sans doute mon trait de caractère le plus marqué. Je suis un caméléon qui s’ajuste à son environnement et à ses interlocuteurs. Cela peut poser des difficultés face à des personnes fragiles ou observatrices. Max m’a aussi appris à être autonome et rigoureux. Je suis un battant et je ne baisse pas les bras. Ma survie est ma priorité numéro 1.

Votre créatrice a donc bien défini votre caractère. Vous pensez qu’elle y a inséré des parts d’elle-même ?

Sincèrement, j’espère pour elle que non ! Je suis un tueur, un manipulateur, avec une personnalité fluctuante. Si vous insistez, je vous dirai juste qu’on aime cuisiner, que nous aimons tous les deux les livres et le cinéma. Mais dans l’ensemble, elle est beaucoup plus fréquentable que moi !

Je suis capable de vivre au sein de votre société tout en m’affranchissant de ses règles morales.

Vous partagez tout de même des choses avec elle. Vous vous côtoyez sans doute depuis longtemps… Quand avez-vous investi sa tête ?

Je n’en sortirai jamais totalement. Et ça me va. Il y a plein de gens comme moi là-dedans. Il y a de l’ambiance !

De l’ambiance, je veux bien le croire ! Pourtant, elle ne vous épargne pas. Vous accumulez les actions moralement limites. Vous ne le regrettez pas parfois ?

Si je n’avais pas eu à faire ces trucs pas jojo, je n’aurais jamais existé. Et puis, c’est toute la différence entre une existence normale et un destin extraordinaire comme le mien. Je suis un survivant. Max a parfaitement réussi son challenge en faisant de moi un super prédateur. Je suis capable de vivre au sein de votre société tout en m’affranchissant de ses règles morales. Pouvez-vous me dire que votre vie à vous est aussi excitante ?

Ces derniers temps, avec toutes les rencontres que je fais, je dois dire que c’est pas mal… Mais pour en revenir à vous, vous dites que vous vous intégrez dans notre société. Comment faites-vous quand Claire Favan ne dicte plus vos faits et gestes ?

J’existe pour chaque lecteur qui ouvre « dompteur d’anges », c’est un destin fabuleux. Mon auteur m’a créé et conduit là où elle le voulait. Depuis, elle m’a libéré et je peux désormais poursuivre ma route seul.

C’est tout le mal qu’on vous souhaite en définitive. Vous avez peut-être une question à poser à votre créatrice ?

Bon alors, mon prochain frangin tueur, il arrive quand ?

Je crois que vous n’êtes pas le seul à l’attendre !

Voilà, je crois que l’entretien touche à sa fin. Je vous laisse conclure ?

Il paraît que mon histoire reflète une réalité de chez vous : l’endoctrinement. Je souhaite à tous les gars qui ont subi cette saloperie d’ouvrir les yeux comme moi j’ai fini par le faire.

Dans la toile de Vincent Hauuy


Le livre Dans la toile de Vincent Hauuy. Paru le 2 mai 2019 aux Editions Hugo Thriller. 19€95. (352 pages) ; 14 x 21cm

4ème de couverture :

Isabel Gros est une miraculée. Seule survivante d’une fusillade, elle a passé deux semaines dans le coma. Contrainte d’abandonner sa carrière de critique l’art et ne supportant plus la vie citadine, elle quitte Paris avec son mari, pour s’installer dans leur nouveau chalet, au cœur des Vosges. Souffrant de graves séquelles, Isabel pense se reconstruire grâce à la peinture. Mais le malaise qu’elle ressent dès son arrivée va rapidement se transformer en terreur.

 

 

 

L’auteur : Vincent Hauuy vit au Portugal avec sa famille. Concepteur de jeux vidéo, il aime créer des puzzles, tisser des intrigues et donner vie à des personnages. Son premier livre, Le tricycle rouge, a remporté le pris VSD-RTL du meilleur thriller français 2017, présidé par Michel Bussi (plus de 122 000 exemplaires vendus toutes éditions confondues). La sortie de Dans la toile coïncidera avec celle de son deuxième thriller, Le brasier, au Livre de poche.
Extrait :
«  J’ai toujours vécu en me préparant au pire. Pour moi, se réveiller chaque matin revenait à glisser une balle dans le barillet du destin et passer sa journée à jouer à la roulette russe. « 

 

 L’accroche de Miss Aline :

Dans la toile de Vincent Hauuy

 

Isabel annonce à son psychiatre qu’elle déménage. Elle a besoin de reprendre le contrôle de sa vie loin de Paris. Oublier la fusillade dont elle est la seule rescapée. Franck, son époux, a trouvé un chalet dans les Vosges. Elle va pouvoir reprendre la peinture, se recentrer sur elle, loin de l’agitation de la capitale.

Plainfaing, pourquoi ce chalet isolé ? Enfin pas tout à fait puisqu’il y a une maison d’architecte dont les habitants sont d’une discrétion !

Plainfaing, une forêt de sapins, un chien qui rode. Qui sont ses maitres ?

Plainfaing, des angoisses qui surgissent, des faits qui perturbent, des souvenirs qui resurgissent.

Plainfaing, est-ce une si bonne idée pour reprendre goût à la vie, tourner la page ?

 

Dans la toile thriller psychologique où la narration se fait à la première personne et où le questionnement est constant. Pourquoi Franck a-t-il choisi cet endroit ? A-t-il avoir avec les frayeurs de sa femme ? Elle semble parfois stone, y est-il pour quelque chose ? Que fait ce chien dans les parages ? Il semble n’être relié à rien ni à personne dans cette histoire.

L’auteur cherche-t-il à nous perdre dans ce huis-clos oppressant ? Comme Isabel on ne va pas pourvoir fuir. L’auteur nous oblige à le suivre et vivre les frayeurs, les doutes d’Isabel. Avec elle, Vincent Hauuy, va nous mener au combat des démons qui rodent à chaque page.

L’intrigue est complexe et menée avec brio. L’auteur est aux commandes indéniablement. Vincent Hauuy a l’art et la manière de te transporter, te bousculer, te ramener là où il veut. Les fils s’emmêlent et se démêlent pas toujours comme je le voudrais. J’entrevoie une fin qui ne sera absolument pas celle que l’auteur me réserve.

Impossible d’en dire plus afin de laisser ce roman vous prendre et vous perdre dans sa toile.

Dans la toile ne se lit pas, ne se raconte pas. C’est un récit qui se vit.

Merci aux Editions Hugo thriller pour ce SP prenant. Merci à Vincent Hauuy de me démontrer que l’on peut encore être surprise par une intrigue, par une écriture.