Assignée à résidence : L’interview bracelet électronique 9, Frédéric Mars


Assignée à résidence : L’interview bracelet électronique 9, Frédéric Mars

L’interview « bracelet électronique »,  vous connaissez maintenant, non ?

C’est une mesure d’aménagement de peine permettant de réaliser une interview de longue haleine sans obliger l’auteur à être incarcéré. Juste  » Assigné à résidence »

Contrairement à la GAV qui est bien délimitée dans le temps, l’interview bracelet électronique est plus « libre ». Elle peut se dérouler sur plusieurs jours.

Le neuviène auteur ayant dû vivre son quotidien avec le bracelet électronique est…

Frédéric Mars mais pas que.   

Mo Malo aussi !

Lundi 7h30

Miss Aline : Bonjour Frédéric, bonjour Mesdames. Commence aujourd’hui l’assignation  à résidence de Frédéric Mars. 
Frédéric,  si vous pouviez vous présenter pour les lecteurs.

Frédéric : Je suis Frédéric Mars, auteur de romans (mais pas que) sous cette identité (mais pas que) depuis environ 15 ans (et déjà un peu plus que ça encore). Je ne serai sans doute pas votre « client » le plus facile à interroger, par la faute justement de mes activités et mes identités très diverses. Bref, je suis un peu le Keyser Soze de la littérature populaire contemporaine 😉 Jamais tout à fait QUI ni LA où on l’attend.

Dany : Bonjour Frédéric, bonjour Aline Gorczak

Frédéric : Bonjour 😉

Miss Aline : Bonjour Danièle.

Geneviève : Bonjour tout le monde, je ne fais que passer, ne vous soucier pas de moi, poursuivez comme si de rien n’était !

Dany : Justement, avant d’être atteint de schizophrène littéraire, il était comment le petit Frédéric ?

Geneviève : 👍

Frédéric : Déjà difficile à maintenir sur terre, constamment dans ses rêves 😉La fiction m’a très tôt semblé bien plus riche, structurée et intéressante que la supposée réalité. Dès que je le pouvais, donc, je m’échappais de l’une pour me réfugier dans l’autre. Je donnais notamment beaucoup d’importance à mes rêves.

Dany : ses rêves … il se les fabriquait seul ou il lisait …

Frédéric : Les deux mon général ! Je lisais beaucoup, regardais beaucoup de films, et même si je n’écrivais pas tant que ça je passais beaucoup de temps à rêvasser, à imaginer d’autres réalités alternatives possibles.

Dany : Chez toi, c’était bien accepté ?

Frédéric : Ah oui, très, mon père était un peu pareil, d ‘ailleurs la maison débordait de livres, de disques, de peintures, mon père peignait des toiles genre Magritte érotique (sic !), donc l’imaginaire était quelque chose de très valorisé chez mes parents.

Miss Aline : Tous les enfants devraient grandir dans un environnement ou l’imaginaire à une vraie place.

Frédéric : Je suis bien d’accord 😉

Miss Aline : du rêve à l’écriture, c’est quoi le déclic ?

Frédéric : Eh bien, à l’école, je dois à deux profs, l’une en CM2, puis l’autre en 6e, d’avoir détecté chez moi une relative facilité de plume, et de m’avoir encouragé par de petits compliments. Ce fut très léger, et peu fréquent, mais ça a suffi pour qu’en tire l’idée (encore diffuse) que j’avais ma place là, dans la construction d’histoires avec des phrases, et pas ailleurs.

Miss Aline : tu écris n’importe où  ou vous faut-il un cadre bien précis (lieu, musique etc) ?

Frédéric : D’une manière générale il me faut une bulle de calme absolu : pas de bruit, pas de musique, pas de mouvement autour de moi. Mais, ceci étant posé, ça peut être n’importe où, même si évidemment c’est plus simple chez moi. Mais je suis incapable de travailler sérieusement dans les cafés ou le train, comme certains de mes confrères/consoeurs. J’admire et j’envie cette capacité !

Dany : Quelles étaient tes lectures d’enfant, d’ado ?

Frédéric : Beaucoup de choses très différentes, et pas forcément de mon âge ! 😉 Classiques de la BD (Tintin, Astérix, Gaston Lagaffe, Achille Talon, Bicot, etc.), mais aussi des Jules Verne, et tout ce qui traînait dans la bibliothèque paternelle. Il y avait notamment de la SF (type Asimov) et des anthologies de textes éditées par la revue Planète dans les années 60-70 qui me fascinaient.

Dany : et quels héros étaient tes modèles ?

Frédéric : Aucun en particulier, franchement. Je n’ai jamais adulé ni un héros ni un auteur précis. Ce qui m’a toujours plu s’est justement la diversité des personnages, des destins des histoires, ce réservoir imaginaire infini. C’est sans doute pour ça que je suis aujourd’hui si versatile et diversifié moi même dans ma production. Pourquoi se limiter à un genre et un univers, quand il y en a tant de différents disponibles ? 😉
Chez mes parents il y avait vraiment de tout, et par la suite j’ai cultivé ce goût de la diversité et du grand écart. A 17 ans, je relisais encore de la SF type « Le monde des A » ou Philip K. Dick et en même temps, cette année, là, je me souviens que j’ai lui tout Shakespeare !!!

Dany : Aujourd’hui est-ce que tu lis encore ?

Frédéric : Oui, mais moins paradoxalement. Mes lectures sont plus documentaires, pour nourrir mes propres écrits. Les lectures « plaisir » sont beaucoup moins nombreuses, faute de temps. Pour en avoir parlé avec nombre de mes confrères auteurs, je sais que je ne suis hélas pas le seul. Et puis, quand on passe comme moi ses journées entières à écrire ses propres textes, le soir on a peu de cerveau dispo pour lire encore pendant des heures. Quelques pages, oui, mais pas une soirée complète de lecture.

Dany : Les soirées … les nuits … c’est pour les lecteurs ! La doc on vous la laisse et on vous fait confiance les auteurs …

Frédéric : Ah ah merci 😉

Miss Aline : Les marcheurs , d’où en vient l’idée ?

Frédéric : De deux articles lus dans la presse anglaise : l’un parlait d’implants mammaires explosifs comme une possibilité crédible d’attaque terroriste, et l’autre d’une attaque bien réelle où un opposant au régime saoudien s’était introduit une charge explosive dans le rectum pour s’en prendre au ministère de l’intérieur de son pays. Mais, par chance, il avait été maitrisé avant que la charge n’explose…

Dany : Sur ce sujet il y a aussi le Prix du quai des orfèvres2018 Tension extrême de Sylvain Forge  ...

Frédéric : J’avoue ne pas l’avoir lu 😉 Même si je vois de quoi il s’agit.

Miss Aline : Le monde est fou !

Dany : Alors après l’article… une histoire …

Frédéric : Oui, mais ces articles et cette histoire datent pas mal, en l’occurrence de 2010 (la première édition du livre est sortie fin 2011). J’ai alors eu l’idée, je ne sais plus bien comment, de la marche continue comme  condition sine qua non : s’ils ne marchent plus, ils explosent. Ça m’a semblé un facteur de tension accrue. Et à partir de là, je n’ai eu qu’à dérouler les parcours croisés de mes principaux protagonistes, et des institutions qu’ils représentent.

Dany : Plus qu’à … avec méthode tout de même … laquelle ?
Un plan, une fin connue dès la 1ère ligne ?
Un grand tableau… plein de post it

Frédéric : Toujours pareil : à partir de l’idée de départ je note tout ce qui me semble pouvoir faire partie du périmètre de l’histoire, puis je me documente beaucoup, et enfin je monte un script très détaillé, scène par scène, qui peut faire entre 30 et 50 pages, voire plus. Dans le cas des marcheurs, le scénario est particulièrement tortueux et complexe, donc ça m’a pris pas mal de temps et de travail.
Un mélange de tout ça : je commence par un grand cahier où chaque page est découpée en 3/4 lignes dramatiques principales (en gros une par personnage principal), et où je colle des post-it qui correspondent aux scènes ou aux idées d’action en général. Comme ça je peux déplacer mes « briques » à l’envi. Et, à partir de là, je peux écrire mon script détaillé. Ça peut sembler fastidieux, mais de mon point de vue, c’est me seul moyen de rester tendu et cohérent à la fois.

Dany : c’est surtout complexe 
Quand tu écris, c’est un genre à la fois ou plusieurs romans ou scénarios en parallèle ?

Frédéric : Pardon, je ne suis pas sûr de comprendre ta question : est-ce que j’écris plusieurs livres en parallèle ? Si c’est bien ça, la réponse est non. J’ai besoin de m’immerger complètement dans un sujet. J’ai du mal à zapper d’un univers à l’autre au cours d’une même période. Mais une fois cet univers refermé, je n’ai aucun problème à sauter dans un univers très différent.

Dany : C’était tout à fait ma question

Frédéric : OK 😉

Lundi 11:12

Dany : A regarder la « méthode », on peut donc dire que l’histoire prime sur les personnages … c’est ça ?

Frédéric : Ca pourrait laisser penser ça en effet, mais à l’intérieur de ce scénario très précis, je laisse une grande autonomie à mes personnages. Bien souvent, je modifie d’ailleurs des aspects de l’histoire en fonction de la manière dont ils évoluent en cours d’écriture. Je les crée, mais très vite ce sont eux qui prennent le pouvoir !

Dany : donc l’histoire n’est pas « arrêtée » avec les premières lignes, toi-même tu peux t’étonner ?

Frédéric : Exactement ! Je définis une histoire avec une fin, mais la manière dont on y parvient peut en effet me surprendre en partie moi-même 😉

Dany : au-delà de l’histoire, de l’intrigue,les valeurs qui te sont chères (du moins je le suppose) et les messages « sociétaux » sont-ils essentiels ?

Frédéric : Je ne parlerais pas vraiment de « message » car je ne fais pas de politique, et je ne cherche à délivrer aucune morale. En revanche, je me passionne pour l’état de notre société, et en offrir une photographie à mes lecteurs (certes un peu déformée par la fiction) est en effet une motivation forte pour moi. C’était le cas avec les Marcheurs, s’agissant du terrorisme, mais ça va être encore plus le cas encore avec La lame, mon roman qui sort chez Métropolis fin mai, où il est beaucoup question d’un sujet très actuel, et pour part polémique : l’immigration sub-saharienne en Europe, et en quoi celle-ci représente un enjeu politique et économique mondial pour les décennies à venir.
PS : tout ça sous la forme d’un thriller, je te rassure 😉

Dany : Quand tu pourras nous en dire plus que la 4ème de couverture, nous t’attendons avec plaisir sur Collectif Polar … à moins que dès maintenant …

Frédéric : Je peux juste donner un pitch pour l’instant, qui correspond à  une grosse 4e. Je ne sais pas si ça peut intéresser le collectif en l’état…

Dany : Essaye toujours …
Petite réflexion perso : Ring pas de bol pour mon arthrose du poignet , il ne fait pas de numérique !

Frédéric : Ah oui, je sais, mais c’est délibéré de la part de David Serra, je crois, pour éviter le piratage d’une part, et de l’autre pour que l’objet livre reste un bel objet, un produit noble.
Pitch de LA LAME, donc :

8 octobre 2031, Avignon, sur le célèbre pont Saint Bénezet.
Le président de la République, Bako Jackson, le « Obama français », en lice pour sa propre réélection, rencontre une délégation des migrants nigérians parvenus sur la Côte d’Azur suite au tsunami qui les a chassés de Lagos, à travers toute l’Afrique puis la Méditerranée. Mais de la foule, jaillit une main anonyme qui plante une lame blanche dans son ventre. Le président s’écroule.
Huit jours plus tôt, le 30 septembre, dans la cité « la Soli » des quartiers nord de Marseille, l’officier de PJ Simon Mardikian découvre le cadavre d’une jeune prostituée noire, Joy, alias Queen, sans identité définie. Son enquête dans les bas-fonds de la prostitution marseillaise et des réseaux migrants-prostituions-drogue commence.
Le lendemain, 1er octobre, à Lagos, dans le bidonville flottant de Makoko, l’instituteur Sékou Williams tient tête au dealer Kaza qui cherche à recruter de revendeurs parmi ses élèves. Mais soudain, une immense vague-submersion venue de la mer voisine emporte tout sur son passage.
Le même jour, à l’Élysée, le président Bako Jackson annonce sa candidature à sa propre réélection. Il en profite pour annoncer aussi le renforcement du dispositif Frontex. C’est sa fermeté sur les questions migratoires qui a valu à ce métis, fils d’un pasteur nigérian, de ravir le pouvoir à l’extrême droite en 2027. Il achève à peine son allocution qu’on lui annonce la catastrophe climatique de Lagos.
Ce qu’il ignore, c’est qu’au tsunami maritime va succéder une lame migratoire comme la France n’en a jamais connue en aussi peu de temps. Une vague qui en annonce d’autres. Ce qu’il ignore, c’est que quelque part en Afrique, une lame de couteau s’apprête à croiser sa route. La seule chose qu’il perçoit, c’est cette lame de tarot qui lui prédit un drame d’envergure inédite.
Comment ? Pourquoi ? Quel rapport avec le vaste réseau de trafic narcotique et humain qui a déjà déferlé sur nos côtes ? Qui agit dans l’ombre pour déstabiliser une Europe en proie à des flux migratoires incontrôlables ?

Voici le parcours de la lame qui va changer l’histoire de notre pays.


Lundi 12:39

Frédéric : PS : je risque d’être moins dispo durant deux petites heures (dej et trajet en voiture).

Geneviève : 👍, oui notre auteur même assigné à résidence à le droit de dejeuner😉

Lundi 14:22

Miss Aline : Beaucoup d’auteurs disent que leur personnages prennent le contrôle , qu’ils vivent leurs vies. Peux tu expliquer ce processus ?
Ça reste très abstrait.

Frédéric : Et pour nous assez difficile à faire partager comme sensation 😉
Mais disons qu’au même titre que des proches qu’on côtoie au quotidien, ces personnages qui entrent dans notre vie et y restent pendant des mois, parfois même des années, finissent par avoir sur nous une forme d’influence. En tout cas, ce ne sont pas de simples marionnettes qu’on range sagement le soir, quand on arrête d’écrire. Ils continuent à vivre en nous. On y pense. On se demande comment ils se comporteraient dans telle ou telle situation qu’on rencontre, etc.

Lundi 16:57

Dany : Comment fais-tu concrètement pour vivre avec tout ce monde dans ta tête … une journée de schizophrène se passe comment ?

Frédéric : Avec pas mal de migraines !!! 😉 J’ai l’air de plaisanter, mais parfois mes proches s’étonnent du fait que j’oublie certains détails de notre vie bien réelle… pour la simple et bonne raison que ma conscience  est déjà fort encombrée par toutes ces vies fictionnelles ! Tout ça fait beaucoup d’informations, sans doute trop, et les deux univers se télescopent de temps à autre ! 😉

Lundi 19:54

Dany : Merci pour aujourd’hui… Je reprends les hostilités demain… Bonne nuit!

Frédéric : Avec plaisir ! 😉 Bonne soirée et à demain !

Miss Aline : Bonsoir à tous.

Mardi  08:49

Dany : Bonjour tout le monde ! Frédéric,  j’espère que tu as pu te reposer malgré le port du bracelet …
Revenons à ton métier d’auteur et ta façon d’écrire.
Est-ce que tu prépares toutes tes munitions et ensuite tu te lances dans l’écriture d’une traite ? Combien d’heures pas jours ? Papier crayon ou ordi ?
Oui, oui on veut tout savoir !!!!!!!!!!!!!

Geneviève : 👍

Frédéric : Bonjour à tous ! J’ai mal dormi, mais le bracelet n’est pas en cause je pense 😁 Juste trop d’idées qui tournaient en tête !

Geneviève : Bonjour les flingueuses et bonjour Frédéric Mars. Je ne fais que passer pour vous soutenir dans ces instants délicats d’une assignation à résidence. Allez belle audition à vous !

Frédéric : Alors oui je prépare tous mes documents, en particulier ce long scénario dont je parlais hier. Et aussi une fiche par personnage principal, toute la documentation concrète pour les lieux, etc.
Une fois tout ceci préparé, j’écris sur ordinateur presque exclusivement. Je complète juste un peu par des notes ponctuelles que je prends en cours de projet sur des post-it ou sur mon téléphone (via Evernote).
J’écris un minimum de cinq à six heures par jour, jusqu’à 10 maxi, en moyenne plutôt 7 à 8 h.
Je suis surtout performant le matin. Moins l’après midi et pas du tout le soir ou la nuit.
On est très loin du mythe de l’auteur qui écrit la nuit à la bougie 😉

Dany : Tout comme de l’auteur maudit …
Et tu te fais relire en cours d’écriture ?

Frédéric : Quand mon projet est complexe, comme Les Marcheurs ou la Lame, je tiens durant toute la durée de l’écriture un « journal de bord », sur lequel je reporte tous les soirs les petites trouvailles ou inflexions dans mon scénario qui ont jailli en cours de journée. Histoire de garder une cohérence maximale, et ne rient laisser en plan pour le lecteur. Que tout ce que je pose soit 100% utile à mon récit.
Assez peu (pour la relecture). Tant que j’écris, j’ai besoin qu’on me fiche la paix 😉 Généralement je soumets juste les premières pages à mon éditeur pour qu’on soit bien raccord sur le ton général et la direction, et ensuite je lui demande de me faire confiance et de me laisser travailler peinard. Si vraiment on est à la bourre, je lui envoie une partie de chapitres, par paquets, au fur et à mesure que je progresse.
Mais même dans ce cas, et  à moins qu’il identifie un gros problème sur le texte, je lui demande de garder ses remarques pour la fin, quand je lui ai tout remis.
A partir de là, pas de souci, je suis ouvert à toutes les remarques et toutes les modifs. Mais pas en cours de route… sinon, ça me « coupe les pattes » !!! 😉

Dany : Ton entourage n’est pas sollicité ?

Frédéric : Ça arrive mais c’est assez rare. J’ai tendance à ne faire confiance qu’à mon éditeur / éditrice. L’entourage proche est toujours « trop ». Soit trop indulgent soit trop cassant, mais rarement juste et technique. Trop dans l’affect et pas assez dans l’économie du récit.
Je ne l’ai fait que quand ce que j’écrivais impliquait plus ou moins directement le/la proche en question/
Pour qu’il / elle ne se sente pas trahi.

Miss Aline : Réseaux sociaux, salons… incontournables pour l’auteur aujourd’hui. Quel est ton rapport avec tes lecteurs ?
Autant que faire se peut écoutes-tu leurs remarques pour tes prochains travaux ?

Frédéric : Je suis assez présent sur les Réseaux Sociaux je pense, même si c’est très consommateur de temps, et que ma multiplicité d’identités rend la tâche plus ardue encore. Mais j’aime bien ce rapport direct oui.
Alors oui j’écoute ce qu’on me dit. Ça peut m’aider à corriger certains détails pour des tomes suivants. Mais au final, je me laisse toujours emporter par mon imaginaire… qui n’est pas forcément le leur ! 😂

Miss Aline : Je suis d’accord l’imaginaire et le ressenti sont propres à chacun.
En dehors de l’écriture, une passion ?

Frédéric : Voilà ! Tout ce qu’on peut espérer est tant qu’auteur, c’est que la manière dont on raconte son histoire puisse embarquer le lecteur, y compris celui qui n’avait pas de goût a priori pour notre univers. C’est le plus beau compliment qu’on ait pu me faire notamment sur les Marcheurs : » d’habitude je déteste les romans sur le terrorisme, mais j’ai quand même aimé ton histoire ». 😉

Miss Aline : 👍

Geneviève : 👍


Frédéric : Le cinéma !!! J’y vais (en salles) entre 120 et 150 fois par an. Je suis totalement accro. 2-3 jours sans séance et je suis en état de manque. C’est vraiment ma seule drogue (avec le chocolat et quelques autres gourmandises)

Miss Aline : Ah le chocolat !

On est d’accord que le ressenti c’est la somme de notre vécu, les émotions au moment T, nos peurs, nos espoirs.
En va-t-il de même pour l’écriture : aujourd’hui auriez-vous écrit les marcheurs de la même façon ?

Frédéric : Oui, chaque livre est vraiment le produit de ce que l’on est à un instant T, c’est tout à fait ça. Et donc non, évidemment, je n’écrirais pas Les marcheurs de la même manière aujourd’hui, pas plus que mes autres livres. Et c’est tant mieux comme ça 😉

Miss Aline : Le livre que tu aurais aimé écrire et pourquoi ?

Frédéric : Difficile de répondre à cette question, car quand je suis lecteur, je suis vraiment lecteur, je débranche en partie mes automatismes d’auteur pour apprécier pleinement ce que je lis. Et c’est d’autant plus difficile que j’ai des goûts très éclectiques, je lis des choses TRES différentes. Mais s’il faut n’en retenir qu’un, je dirais REPLAY de Ken Grimwood, un livre à la structure vertigineuse et dont je suis forcément un peu jaloux. L’un des rares romans que je connaisse qui arrive à faire rimer suspense et métaphysique.
Ah, et au titre de mes passions j’ai oublié la photo aussi. J’en fais moins actuellement, mais je suis toujours très amateur. Mon tout premier job, il y a près de 25 ans, était d’ailleurs dans un magazine photo.

Dany : Est-ce qu’il est des sujets que tu t’interdis d’aborder … pas peur, par conviction, par « timidité » ?

Frédéric : Franchement, quasiment jamais, et ce n’est pas pour me faire plus tête brûlée que je ne suis. Mais au contraire, plus un sujet me semble sensible ou polémique, et plus j’ai envie d’y aller. Je pense que LA LAME va en être une bonne illustration d’ailleurs. Le sujet en est à la fois contemporain, sensible ET objet de polémiques.  Ce sont plutôt les éditeurs qui me disent « tout doux bijou » que moi qui m’autocensure. Comme on dit familièrement, je serais prêt à toutes les audaces pour le plaisir d’une histoire que je trouve intéressante à raconter. 😉 Pour moi, la fiction justifie tout ou presque ! 😁
Si vous saviez les délires que j’ai dans mes cartons, vous auriez froid dans le dos 😂

Miss Aline : Des délires que tu pourrais sortir et développer ?

Frédéric : Pour certains d’entre eux oui. Je ne peux pas encore en parler de manière précise, car c’est un projet non signé pour l’heure, mais il est notamment question que je sorte un contre-livre de Noël politiquement très incorrect en fin d’année 😁

Mardi 11:06

Dany : Y a-t-il des causes pour les quelles tu es prêt à t’engager ?

Frédéric : Au risque de décevoir, pas vraiment. Je me méfie toujours des embrigadements quels qu’ils soient, même mus par de bonnes intentions. Les causes que je pourrais défendre sont plus « philosophiques’ que réellement humanistes. Je défends par exemple mordicus le droit à ne pas être drôle, à ne pas être léger, à être différent de cette époque qui subit la dictature du fun. je défends aussi celui à ne pas s’engager en noir ou blanc, justement. A avoir des positions nuancées, voire ambiguës ou contradictoires. Je suis toujours effaré de constater que la plupart des individus, aujourd’hui, vous veulent AVEC ou CONTRE eux, et si vous n’êtes pas AVEC eux, ils vous classent d’emblée CONTRE eux. Bref, je milite pour le droit à ne pas penser comme les autres sans pour autant devenir leur ennemi. Et pour le devoir de laisser son prochain en paix, si le seul « crime » du prochain en question est de penser différemment de vous. Bref, ce n’est pas avec ça que je vais mobiliser des foules ni créer un parti politique 😂

Dany : Ca a le mérite de la sincérité sans opportunisme …
Pourquoi tous ces pseudos ? Ne craints-tu pas d’y perdre en visibilité ?

Frédéric : Au début, et encore aujourd’hui, les pseudos m’ont été imposés par mes différents éditeurs, pour faire un distinguo qu’ils estimaient nécessaire entre mes différentes productions. Et puis, avec le temps , même si je n’ai rien voulu de tout ça ni calculé cette apparente schizophrénie, je dois avouer que cela s’est mis plutôt à me plaire. Aujourd’hui j’aime changer de costume en fonction de ce que j’écris, comme le ferait un comédien. Après tout, on n’imaginerait pas un acteur montant sur scène dans son costume de ville ! On trouve normal qu’il endosse une identité différente à chaque rôle. Eh bien moi c’est pareil, j’endosse l’identité qui colle avec chacun des univers que j’ai envie d’explorer. Et comme ils sont nombreux… ma « garde robe » peut encore contenir pas mal d’autres costumes ! 😃
PS : si l’ imagination d’un auteur ne lui sert pas à se réinventer lui-même, franchement à quoi sert-elle ? 😉

Geneviève : Personnellement je me t’ai rencontré qu’une seule fois avec mon amie Caroline Noëlle. à l’occasion de la sortie de vos livres respectifs chez Charleston. Je t’ai rencontré et tu t’appelais Emma Mars😉. Hahaha

Miss Aline : Pour l’entourage déstabilisant où tu remets le costume « vrai toi » quand tu sors de l’écriture ?

Frédéric : Jusqu’ici mon entourage a toujours suivi le mouvement avec beaucoup de bienveillance et de compréhension, justement parce qu’il existe un « vrai Frédéric » dans l’intimité et qu’ils le connaissent et le reconnaissent. En tout cas, je pense…  Mais il m’arrive tout de même  de faire des emprunts à mes autres identités dans le quotidien, quand cela se justifie ou me semble amusant.

Dany : Un acteur même s’il endosse des rôles différents a un nom de scène … même Tanguy a un nom !

Frédéric : C’est vrai, mais (voir ci-dessus), mon entourage sait qui je suis vraiment, au-milieu de toute cette diversité (parfois contradictoire et un peu déroutante), et c’est l’essentiel pour moi 😉

Dany : Mais je me place du côté du lecteur, celui qui apprécie Frédéric  ne connait pas ne connait pas Mo Malo alors que Quaanaaq a eu un bon lancement !
Mais … tu as de illustres prédécesseurs …

Frédéric : C’est en effet le risque et la limite… Mais une fois de plus, ces choix là relèvent généralement plus de la volonté des éditeurs que celle des auteurs. L’auteur, en tout cas dans mon cas, ne programme pas sa « carrière » selon un plan bien défini. Il va un peu là où on veut bien de lui 😉 A moins d’être une star de l’édition, et encore, c’est rarement lui le maître du jeu.
Très illustres oui, et je compense sans doute leur renommée et leur talent par la multiplicité de mes identités 😂😅

Dany : Dans ta bio il est dit que tu étais scénariste TV … tu peux nous en dire plus ou est-ce encore un pseudo 😂?

Frédéric : Oui, sous pseudo aussi 😉 Mais ce fut des expériences assez brèves et assez peu concluantes me concernant

Dany : Des projets TV ou ciné ?

Frédéric : je rêverais évidemment que certains de mes ouvrages soient adaptés, évidemment. Des intérêts ont déjà été manifestes, et encore actuellement. Mais rien n’a abouti pour l’instant. Car, il faut bien le dire, j’imagine des scénarios assez complexes, ou situés dans des lieux pas très accessibles, donc peu économiques … et donc hors de portée de la plupart des productions françaises. Mais bon, si David Fincher m’appelle pour adapter les Marcheurs, je ne refuserai pas ! 😂

Miss Aline , Dany et Geneviève : 👍 👍

Dany : Allez … pause déjeuner … Bon appétit !
On se revoit dans quelques heures

Frédéric : Ca marche ! A tout à l’heure ! Bon appétit 😉

Mardi 14:56

Miss Aline : As tu déjà écris à quatre mains ? Si non est-ce une expérience que tu aimerais tenter?

Frédéric : Oui, je l’ai déjà fait, et encore assez récemment, sous un autre pseudo. Ce n’est pas mon exercice préféré, mais quand on trouve un(e) partenaire très autonome, comme c’était le cas il y a peu, ça peut devenir franchement excitant et enrichissant. Ce qui n’est pas tenable, c’est quand l’un « bouffe » l’autre ou assume tout à sa place, ce qui hélas arrive assez souvent…

Miss Aline : Comment s’inscrit ton avenir d’auteur sur le long terme ?

Frédéric : Je n’en ai aucune idée ! 😉 Comme dit précédemment, nous auteurs proposons des choses, et les éditeurs disposent. Aucun auteur ne peut prétendre avoir la main sur son avenir. La seule chose dont je suis sûr, c’est que voilà déjà 15 ans que je vis de ma plume… et que j’ai bien l’intention de poursuivre dans cette voie aussi longtemps que possible 🙂 C’est épuisant, mais c’est aussi ce que je connais de plus exaltant sur cette terre !

Miss Aline : Nous avons abordé beaucoup de choses dans cette ITW. Y a-t-il quelque chose que tu voudrais dire et dont on aurait pas parlé ?

Frédéric : Eh bien, sans jouer mon syndicaliste de base ni faire pleurer Margaux, oui je voudrais alerter sur la précarité de plus en plus critique des auteurs, et sur le travail mené par La ligue des auteurs professionnels qui se bat depuis quelques mois pour améliorer notre situation. J’invite à ce propos tous les auteurs, à partir d’un seul livre publié à compte d’éditeur, à adhérer à ladite Ligue (la cotisation annuelle n’est que de 5 euros). Une réforme de fond du statut d’auteur doit être menée en France. Et même si je doute voir les choses évoluer de mon vivant, j’ai tout de même bon espoir que les choses finissent par évoluer. C’est peu su, mais en France l’édition est le premier secteur culturel en valeur (devant le cinéma, le théâtre ou la musique), et c’est le seul d’entre eux où ceux qui produisent le matériau de base, les auteurs, ne peuvent quasiment pas vivre de leur travail. Comme aurait dit le grand William, il y a là quelque chose de « pourri au royaume de Danemark » qu’il est urgent de corriger.

Dany : Un coup de cœur pour conclure ?

Frédéric : Lecture, film, autre ?

Dany : Oui …. tout !

Frédéric : Côté livre je vais la jouer « corpo », mais c’est aussi sincère, car c’est un thriller prodigieux, je veux parler du Manufacturier de Mattias Köpping chez Ring. En plus, ce qui ne gâche rien, Mattias est un garçon passionnant et adorable.

Miss Aline : Sacré bouquin en effet.

Dany : What else ?

Frédéric : Et puis, un coup de cœur musical récent, le nouvel album (soul) de Durand Jones & the indications, intitulé American Love Call.
J’ai été très rock par le passé, mais j’écoute de plus en plus de folk et de soul.

Miss Aline : Merci beaucoup pour cette ITW , pour ce moment de partage, Frédéric. Rendez-vous au prochain roman.

Dany : Pour ma part je n’ai rien à ajouter. Pour le moment je n’ai lu que Tout le bonheur du monde (tient dans la poche) donc je crains, comme je le disais, pour mon arthrose du poignet et la santé de ma carte bleue 😂😇
Merci beaucoup pour ces échanges et tout le temps que tu as accepté de nous consacrer. A bientôt sur un salon !!

Geneviève : 👍

Geneviève : Beau travail les flingueuses.  Merci à Frédéric de s’être si bien prêté au jeu.
Très beaux échanges. 
Je sens que comme moi les lecteurs de Collectif Polar vont adorer.

Frédéric : Merci à vous trois pour ce moment partagé, et la pertinence de vos questions 😉  j’ai beaucoup aimé l’exercice !

Miss Aline, Dany et Geneviève : 👍

Frédéric : Juste une info et une question : LA LAME sort donc le 28 mai chez Metropolis Noir, et la question : notre dialogue sera mis en ligne quand ? 😉

Geneviève : Moi je n’y suis pas pour grand chose. C’est nos deux  flingueuses qui ont bien bossé.  Merci Miss Aline et merci Mamie Danièle.
Il faut dire aussi que notre auteur à été un client parfait.

Et pour répondre à ta question je ne sais pas encore exactement début mai, dans la première quinzaine juste avans la sortie de La Lame ton prochain roman, promis.

Et moi Frédéric je t’avais découvert avec ce livre (enfin avant qu’il ne soit en poche :

Et je serai ravie de te revoir à nouveau à SMEP, Saint Maur en Poche

Allez Fin de cette assignation à résidence et je me permets d’enlever le bracelet électronique de Messieurs Frédéric Marc et Mo Malo.

 

Demain c’est loin de Jacky Schwartzmann


Le livre : Demain c’est loin de Jacky Schwartzmann. Paru le 12 octobre 2017 chez Seuil dans la collection Cadre Noir. 17€.  (182 p.) ; 21 x 14 cm.

Réédité en poche chez Point le 11 octobre 2018. 6€60 . (182 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

 » J’avais un nom de juif et une tête d’Arabe mais en fait j’étais normal.  » Voici François Feldman, originaire de la cité des Buers à Lyon, plus tout à fait un gars des quartiers mais n’ayant jamais réussi non plus à se faire adopter des Lyonnais de souche, dont il ne partage ni les valeurs ni le compte épargne. Il est entre deux mondes, et ça le rend philosophe. Juliane, elle, c’est sa banquière. BCBG, rigide et totalement dénuée de sens de l’humour, lassée de renflouer le compte de François à coups de prêt.  » Entre elle et moi, de sales petites bestioles ne cessaient de se reproduire et de pourrir notre relation, ces sales petites bêtes contre lesquelles nous ne sommes pas tous égaux : les agios.  » Mais le rapport de force va s’inverser quand, un soir, François lui sauve la mise, un peu malgré lui, suite à un terrible accident. Et la banquière coincée flanquée du faux rebeu des cités de se retrouver dans une improbable cavale, à fuir à la fois la police et un caïd de banlieue qui a posé un contrat sur leurs têtes. Pour survivre, ils vont devoir laisser leurs préjugés au bord de la route, faire front commun. Et c’est loin d’être gagné.

L’auteur : À vingt ans, Jacky Schwartzmann a lu tout Arthur Rimbaud et connaît tout de NTM. Puis les petits boulots s’enchaînent, autant pour gagner sa vie que pour vivre la vie des travailleurs normaux. Éducateur, barman, libraire à Lyon, puis assistant logistique chez Alstom, expérience qui lui inspire son roman Mauvais Coûts (La Fosse aux ours, 2016 et Points, 2017).
Avec Demain c’est loinJacky Schwartzmann signe un polar sous haute tension, violemment drôle et d’une belle humanité.
Extrait :
Si on proposait aux gens de pouvoir tarter impunément quelqu’un dans leur vie, je parie qu’il y aurait pas mal de banquiers qui s’en prendraient une. Y aurait des assureurs, des députés, peut-être un ou deux chauffeurs de taxi, mais il y aurait surtout des banquiers. C’est pour ça qu’ils embauchent que des têtes à claques pour ces jobs, ça doit être un prérequis.

 

la Kronik d’EPPY FANNY

DEMAIN C’EST LOIN de Jacky SCHWARTZMANN aux Editions du Seuil

Suite aux conseils d’Ida Mesplède, lors d’un dîner, j’ai découvert l’auteur, Schwartzmann Jacky lors de TPS et y ai fait l’acquisition de ce roman. Eh bien je n’ai pas été déçue !

Ce roman policier-sociétal déjanté est un délice.

L’histoire :

Celle de François Feldman, non, pas le chanteur, juste un mec à la ramasse avec une tête de beur et un nom juif. Ce n’est pas le tiercé gagnant. Il est clair que les fées ont oublié de se pencher sur son berceau.

François, il a grandi dans la cité des Buers à Lyon. Une cité qui craint grave. Il y a tellement traîné avec les arabes de la cité qu’il a comme surnom le Rebeu blanc en plus du Juif. Puis comme il a été bien nourri par la cuisine orientale des mères de ses potes on l’appelle aussi « le Gros ». Là, pas d’ambiguïté, ça colle nickel !

Pour trouver sa place dans la société et devenir un vrai Français, il a quitté la cité et s’est installé à Lyon où il a monté sa boutique. Il y vend des T-shirt avec de fausses citations de son cru :

Extrait P.16 : « Une de mes préférées était : « on est bon, avec les nouveaux freins ? Ayrton Senna. » J’avais aussi : « Mais puisque je vous dis que ça passe ! Capitaine du Titanic. » Enfin voilà ce genre de trucs. »

Une boîte sur le déclin qui lui vaut d’être convoqué régulièrement par sa banquière, Juliane Baccardi. Un monde les sépare. Même si, à la grande surprise de François, ils ont en commun la cité des Buers, où Juliane œuvre dans une association d‘aide aux pauvres.

François fait un petit tour chez Fouad, son coiffeur, et voilà notre pied nickelé avec une nouvelle idée de génie. Il lui faut la financer d’urgence. Oui mais , bernique niveau banque pour un prêt. Faut dire que c’est pas malin de confondre la Banque Populaire avec une succursale des pompes funèbres Algériennes !

Une solution, comme une évidence : aller taper son pote Saïd, le caïd de la cité. Oui mais voilà la mort c’est sacré chez les rebeus et l’accueil n’est pas celui espéré.Voilà notre François qui repart la queue entre les jambes.

Puis une belle journée de merde comme celle-ci ne peut que se terminer en apothéose.

Une Audi A3 écrase le cousin de Saïd contre un mur, au volant se trouve sa banquière, et, comme un con, il saute dans la voiture. Tant qu’à lui sauver la peau à cette conne ce sera contre le prêt dont il a besoin. Faut pas confondre Feldman avec l’abbé Pierre.

Les voilà en fuite pour sauver leur peau. C’est que pour Saïd la famille c’est sacré !

Un répit de quelques heures chez Brigitte et Chonny (j’en pleure encore de rire), mais à l’impossible aucun étalon n’est tenu et tant pis si Juliane gueule.

Puis l’idée : l’agence immobilière du père de Juliane et ses clés de maisons vides à disposition… Ouf ! Enfin ouf c’est vite dit…

Cette histoire nous entraîne dans un road movie hilarant où l’on croise des êtres humains de tous horizons, où les truands les plus futés ne sont pas tous dans les cités, où il fait bon se mettre au vert du côté d’Alger. Où les sentiments, bons comme mauvais, sont présents et parfaitement décrits, et où l’humour, par moments, a un goût de pudeur.

Une excellente peinture sociale de la vie en cité et une peinture au vitriol de notre Sté actuelle. Un roman où l’on appelle un chat, un chat et une chatte, une chatte. Jubilatoire.

Je me suis régalée de ce roman qui m’a donné envie de découvrir les autres écrits de Jacky. Ida, mon banquier ne te dit pas merci. Moi oui !