Tout le bonheur du monde (tient dans la poche) de Frédéric Mars

Les auteurs de Saint Maur en Poche 2019

Le livre : Tout le bonheur du monde (tient dans la poche) de Frédéric Mars. Paru le 15 mars 2018 chez French Pulp Editions. 18€. (331 p.) ; 21 x 14 cm.

4e de couv :

Tout le bonheur du monde (tient dans ta poche)

Certains récupèrent les chats, d’autres les suicidés. Alors qu’il s’apprête à effectuer le grand saut, Fred est sauvé in-extremis par deux petites mamies aussi muettes qu’adorables. Chez elles, il va découvrir une communauté de suicidaires drôles et désabusés, ne cherchant tous qu’une seule chose : retrouver le goût de vivre.

En injectant tendresse et légèreté pour parler d’un sujet aussi grave, Tout le bonheur du monde (tient dans ta poche) réussit un tour de force, celui de nous faire redécouvrir les petites merveilles de l’existence à travers les yeux de quelqu’un qui réapprend à vivre. Euphorie assurée.

Côtoyer des suicidaires, le meilleur moyen d’aimer la vie.

L’auteur : Frédéric Ploton dit Frédéric Mars est un auteur français de romans de genres très divers (thriller, roman historique, fantastique…). Il a passé son enfance en région parisienne, où il a suivi des études de lettres et de journalisme. Un temps rédacteur dans la presse magazine, photographe, « ghost writer » et même scénariste pour la télévision, il se consacre à l’écriture de romans depuis de nombreuses années.

 

 

Extrait :
« Voilà ce que ça donnait, une colo de suicidaires, coupés du monde, sans infos, ni journaux, ni télé… Si concentrés sur eux et l’origine de leur mal qu’ils ne percevaient aucun autre signal en provenance du dehors. Étanches à toute nouveauté, à ce qui aurait pu diluer leur lubie funeste dans les scandales politiques, les meurtres en série ou les tsunamis. Ils s’amusaient, comme disait Rodrigo, oui mais avec leur propre mort. Vous parlez d’une distraction…
Tu connais le mot le plus utilisé dans les suicide notes ? a poursuivi le casseur de guitare.
« Ainsi, puisqu’un malade sous trithérapie pouvait faire l’amour sans risque réel pour son partenaire, pourquoi continuait–on à considérer les personnes contaminées par le VIH comme des pestiférés ? Pourquoi la plupart d’entre eux vivaient–ils dans un ghetto sans intimité, sans sexualité, sans amour ? 2007, avait–il dit. Une décennie s’était bientôt écoulée depuis cette découverte et pourtant rien n’avait changé. 
–T’es sûr qu’elle est fiable, au moins, son étude ?
–Je crois pas qu’elle ait jamais été remise en cause. Alors tant que je déconne pas avec mon traitement, elle l’est, oui. »

La chronique jubilatoire de Dany

Fred a bien tenté le coup du plongeon, incapable qu’il est de gérer un deuil et une paternité. C’était sans compter sur les deux mamies mutiques qui ont choisi de constituer une bien étrange communauté juste à côté d’un spot pour candidats au suicide. Un huis clos éventé où Fred le narrateur devient Luc et essaye d’endosser une nouvelle personnalité.

Ce roman n’est pas un thriller ni encore moins un polar. Il est le fruit d’un auteur aux multiples facettes et multiples pseudos. Ce n’est pas vraiment un feel good mais une espèce de méditation sur la vie et ses hypothétiques petits plaisirs au quotidien.

Extraits : 
« Je ne sais plus où j’ai lu ça, un jour : dès l’âge de vingt ans, les femmes mentent sur leur poids. À trente ans, parfois même plus tôt, elles commencent à mentir sur leur âge. À quarante ans, elles mentent sur le plaisir qu’elles connaissent au lit, et à cinquante sur leur recours à la chirurgie esthétique. À soixante ans, elles mentent sur tout cela à la fois. Et pour finir, après soixante–dix ans, elles n’éprouvent plus le besoin de mentir sur quoi que ce soit, car plus personne n’est dupe. Tout le monde s’en fout, aussi, elles comprises. Moralité, les hommes ne peuvent se fier qu’aux septuas, aux octos ou aux nonas. Ce sont elles qu’il faudrait courtiser en priorité. »
« Rodrigo n’était pas qu’un vieux prof de français intransigeant et excentrique. Ce que je voyais à travers ses biffures rouge sang, c’est à quel point chacune des bévues langagières de ses élèves le blessait personnellement. Chaque faute de français commise sous ses yeux constituait pour lui un pas de plus vers la mort. Il considérait la culture comme l’ultime rempart face à l’inéluctable, et il ne supportait pas qu’on puisse y renoncer avec autant de désinvolture. Écrire correctement, s’instruire, donner du style et du sens à l’absurdité de nos destins, voilà ce qu’était vivre. Tout le reste n’était qu’un chaos abêti. »

3 réflexions sur “Tout le bonheur du monde (tient dans la poche) de Frédéric Mars

Vous avez la parole, laissez un commentaire, ça fait toujours plaisir.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s