Le bûcher de Moorea de Patrice Guirao

Les auteurs à Saint Maur en Poche 2019

Patrice Guirao

 

Le livre : Le bûcher de Moorea, Une enquête de Lilith Tereia de Patrice Guirao. Paru le 16 mai 2019 chez Robert Laffont dans la collection La Bête Noire. 19€ ; (391 p.) ; 23 x 14 cm.

4e de couv :

Derrière chaque paradis, il y a un enfer. Bienvenue en Polynésie !

Dans le lagon de Moorea, les eaux calmes et bleues bercent quelques voiliers tranquilles. Les cocotiers dansent au vent. Les tiarés exhalent leur parfum. Pourtant, à l’abri de la forêt, des flammes se fraient un chemin vers le ciel. Lilith Tereia, jeune photographe, tourne son appareil vers le bûcher. Devant son objectif, des bras, des jambes, des troncs se consument. Et quatre têtes.

Pour quels dieux peut-on faire aujourd’hui de tels sacrifices ? Avec Maema, journaliste au quotidien de Tahiti, Lilith est happée dans le tourbillon de l’enquête. Les deux vahinés croiseront le chemin d’un homme venu de France chercher une autre vie. Un homme qui tutoie la mort.

 

L’auteur : Patrice Guirao arrive à Tahiti en 1968, à l’âge de quatorze ans. Il ne quittera plus son île. Aiguilleur du ciel, puis parolier, il collabore avec les plus grands et enchaîne en toute discrétion les tubes avant de s’adonner à l’écriture de comédies musicales à succès et de romans policiers.

 

 

 

Extraits :
« Tous les hommes se battent pour leurs libertés. Mais rappelle-toi bien une chose, ma petite Lilith. Il n’y a pas de liberté sans oppresseurs, sinon cela s’appelle la vie. »
« Il n’aimait pas le téléphone, qu’il comparaît à une antichambre du mensonge. Il utilisait les cabines. Avant, quand on se rendait visite, disait-il, la surprise faisait partie du plaisir de la rencontre. Aujourd’hui, arriver à l’improviste chez quelqu’un est considéré comme un manque de correction. « Tu aurais dû appeler… J’aurais ajouté un couvert. » Avant, on ajoutait un couvert. On préparait une chambre. On offrait sa demeure. Aucun contrat implicite avant la visite n’était conclu, contrairement à aujourd’hui : « Je passe te voir cinq minutes », « Viens pour l’apéritif », et autres accords de principe limitant les visites à des cadres bien codés préalablement établis par téléphone. Pourquoi faudrait-il être informé de la visite d’un ami ? »

 

Le post-it de Ge

Derrière chaque paradis, il y a un enfer

Le bûcher de Moorea de Patrice Guirao

Lilith, une jeune photographe, et Maema, journaliste, travaillent toutes deux pour le quotidien de Tahiti. Un jour, dans la forêt, l’objectif de Lilith saisit un spectacle terrifiant : un bûcher enflammé avec, entremêlés aux morceaux de troncs, des bras et des jambes surmontés de quatre têtes coupées. Les deux collègues mènent alors leur enquête sur cette horrible scène de sacrifice.

Nous allons vivre au rythme des tahitiens et des locaux, on va entrer en contact avec les esprits de ces terres ultramarines. Patrice Guirao va faire battre notre cœur à l’unisson avec celui de Lilith qui aime marché pied nu pour mieux ressentir les forces telluriques et se sentir plus libre encore.

Mais pour autant la carte postal idyllique va se trouver brouiller par des événements terribles et des préjugés qui ont la vie dure.

En cause Nael, un mec chelou, au comportement bizarre, un métropolitain débarqué d’on ne sait où. Un type au passé trouble, venu à Tahiti pour tenter de retrouver son passé. Il y a aussi Gaspard, le double de Neal, un double un peu spécial, carrément barré.

Et puis il y a ses crimes terribles qui trouble la sérénité de l’île, qui dérange le Mana, cette force supérieure répandue dans la nature, habitant certains êtres et certaines choses. Ce mana qui confère à certain être un pouvoir spirituel, irrationnel et exceptionnel. Ce dons quasi surnaturels tenant à la fois du sacré et de la magie qui le rend plus intelligent, plus fort, plus adroit, plus calme, mieux adapté aux épreuves.

Et puis il y a les hommes, toujours plus avide de pouvoir et de fric, prêts à spolier les ressources locales quitte à écraser les plus faible. L’Homme et sa cupidité, son avidité, son égoïsme, son envie de possession, de richesse et de pouvoir.

Il y a aussi la réalité sociale de ces îles, où la jeunesse est désœuvrée, le chômage, la drogue faisant parti de leur quotidien. Le trafic de drogue pour sortir de la pauvreté. L’alcoolisme pour oublier sa condition.

Nous sommes bien là dans un roman noir.

Un roman noir azur nous dit l’auteur, un roman policier qui n’est pas seulement une histoire qui se passe sous des cieux tropicaux, mais qui est l’expression d’une réalité de la vie sous ces cieux tropicaux.

Avec ce roman policier, Patrice Guirao s’ouvre à une nouvelle forme d’écriture, là encore intimement liée à cette Polynésie qui visiblement coule dans ses veines.

Et il nous entraîne avec lui dans cette quête de rédemption. Il y distille une ambiance moite, pressante, oppressante servi par une écriture au cordeau, ciselée à merveille avec juste ce qu’il faut d’onirisme. Il nous embarque dans une aventure littéraire sensorielle de laquelle nous sortant sonné mais tellement plus vivant.

Bref une sacrée belle découverte, un énorme coup de cœur.

20 réflexions sur “Le bûcher de Moorea de Patrice Guirao

  1. Merci Geneviève pour cette très belle chronique. Je suis vraiment touché que ce roman vous ait plu. C’est toujours un bonheur pour un auteur de savoir qu’il n’a pas déçu ceux qui lui ont offert de leur temps pour le lire. PG

    Aimé par 2 personnes

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