Aucune pierre ne brise la nuit de Frédéric Couderc

Frédéric coudercLe livre : Aucune pierre ne brise la nuit de Frédéric Couderc. Paru en poche le 9 mai 2019 chez Le Livre de Poche. 7€90. (329 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Aucune pierre ne brise la nuit

Longtemps expatriée, Ariane mène à Paris une existence bien remplie. Le coup de foudre avec Gabriel, réfugié argentin, balaie tout sur son passage et fait naître un terrible soupçon : et si Clara, sa fille adoptée vingt ans plus tôt à Buenos Aires, était l’un des cinq cents bébés volés sous la junte militaire et recherchés par les fameuses Grands-mères de la place de Mai ?

Sur fond de guerre conjugale, les amants comprennent alors qu’il n’est de salut que dans une quête implacable de vérité.

Frédéric Couderc livre un récit inspiré de faits réels, assis sur les multiples complicités de la France et de la sanglante dictature argentine, qui entremêle secrets de famille, machinations politiques et intrigue sentimentale.

 

frédéric couderc portraitL’auteur : Ancien grand reporter, Frédéric Couderc vit entre Le Cap et Paris. Il se consacre désormais à l’écriture et enseigne au Labo des histoires. Un été blanc et noir (Flammarion, 2013) a reçu le prix du Roman populaire.  Le jour se lève et ce n’est pas le tien, est paru aux Éditions Héloïse d’Ormesson en 2016. Le Cap, La Havane, Buenos Aires : du genre voyageur-enquêteur littéraire totalement maniaque, il ancre ses fictions dans l’Histoire de pays meurtris.

 

Extrait :
« Certaines rencontres ont l’air programmées, comme si la roue du destin nous téléguidait, mais  c’est une illusion Oui, des cascades de coïncidences peuvent profondément changer une vie, peut-être même qu’elles obéissent  à leur propre logique, mais inutile de les interpréter. On doit juste se débrouiller avec ça, à l’instinct. »

Le post-it de Ge

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Sur un rythme effréné, porté par un souffle romanesque puissant, Aucune pierre ne brise la nuit explore les cicatrices et les silences laissés par la junte militaire et rend un sublime hommage aux disparus, à leurs proches et à ceux qui œuvrent à la reconstruction du pays.

En 1998, Gabriel et Ariane se croisent dans un musée du Havre, face à un figuratif argentin. Ils l’ignorent encore, mais l’Argentine et l’amour viennent de se poser là, entre eux.

Chacun croit reprendre le cours de son existence. Pourtant Gabriel va voir ressurgir les douloureux fantômes, qu’il croyait avoir abandonnés à Buenos Aires, vingt ans plus tôt.

Quant à Ariane, femme de diplomate, qui a vécu aux quatre coins du monde, Buenos Aires –; loin de la violence qui frappait alors le pays –; représente, jusque là, le plus doux des souvenirs : celui de la maternité tant espérée.

Mais en cette fin des années 90, l’annonce de la réouverture des enquêtes liées aux trente mille disparus sous la dictature de Videla, ajouté à l’attitude trouble de son mari, lui font soudain craindre le pire. Ariane, n’aura d’autres choix que de plonger dans l’histoire familiale, entraînant avec elle Gabriel, enfin prêt à faire éclater la vérité.

Une fois encore après le très beau « Le jour se lève et ce n’est pas le tiens »  Frédéric Couderc se pose à la croisée des genres, entre quête identitaire et polar sentimental.

Il pose avec finesse des mots sur l’indicible et l’horreur.

On découvre là les abominations de la « guerre sale ». Celle menait par Jorge Rafael Videla. Quand la junte militaire réprima brutalement l’opposition de gauche au nom d’un anti-communisme aveugle.  Quand les militaires s’attaquèrent aux opposants civils, aux famille et aux amis de ceux-ci. Quand la dictature argentine fit disparaitre plus de 30 000 personnes.

On a tous en tête ces mères et ces grand-mères de la place de mai. On a entendu parlé des Desaparecidos, victimes de disparition forcée, qui ont été secrètement arrêtées et tuées en Argentine pendant cette « guerre sale ». On a lu quelque part que lorsqu’une opposante était enceinte, l’accouchement avait lieu en prison, et le bébé était placé dans une famille de policiers ou de militaires. Les mères assassinées.

Mais ici le roman de Frédéric Couderc rend toutes ses victimes palpables, presque vivantes. Elles leur rends leur forme et leurs couleurs  dans cette Argentine des année 70/80.

Et puis peut-être ce que l’on savait moins c’est la complicité passive des états occidentaux et parfois même active de certains d’entre eux !

Un magnifique roman poignant, douloureux  et bouleversant.

Aucune pierre ne brise la nuit

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