Écouter le noir ouvrage collectif sous la direction d’Yvan Fauth

Le livre : Ecouter le noir  sous la direction d’Yvan Fauth- Paru le 16/05/2019 aux éditions Belfond – collection Thrillers –  18.50 €. (278 p.) ; 23 x 14 cm

 

4ème de couverture :

Les grands noms du thriller français mettent nos sens en éveil.
Treize auteurs prestigieux de noir sont ici réunis et, si chacun a son mode opératoire, le mot d’ordre est le même pour tous : nous faire tendre l’oreille en nous proposant des récits qui jouent avec les différentes définitions de l’audition.

Dans ces nouvelles, ils ont donné libre cours à leur noire imagination pour créer une atmosphère, des personnages inoubliables et une tension qui vous happeront dès les premiers mots… et jusqu’à la chute.

Éclectique et surprenant, ce recueil renferme onze expériences exceptionnelles de lecture.
Laissez-vous chuchoter à l’oreille, venez Écouter le noir.

 

Le directeur de collection
Un blogueur, adepte du polar et du noir, partageur d’émotions,  a invité ses potes à parler de ce que l’on ne peut pas entendre …

 

Extraits : 
«  Cloîtré dans le silence de sa peine, il a pris le temps de rassembler ses forces. Quand il l’a enfin regardée, il a suivi la danse de ses mains, pour savoir. »
« Étrangement, la sépulture ne recelait pas d’autres objets, comme des glaives, des statuettes dédiées aux dieux que l’on peut observer habituellement. Non, uniquement ces vingt-huit urnes funéraires qui présentaient pour seule particularité un trait unique sur leur pourtour, qui faisait de nombreuses fois le tour de la poterie en montant. »
« En revanche, dans cette salle conçue pour percevoir des sons inaudibles dans des conditions normales, tu peux entendre battre ton cœur, l’air circuler dans tes poumons et même le flux sanguin dans tes artères. Je te dis, plus d’un astronaute a craqué. Des journalistes, aussi. »
« Une sorte de fièvre le prend comme il commence à entendre les notes résonner dans son esprit. Il a, bien entendu, apporté son violon, il ne le quitte jamais, mais il n’ose pas le sortir de son étui. Il voit, il sent toute l’âpre virtuosité de l’œuvre en découvrant la partition. »
« Certains penseraient que l’homme s’était fait tirer dessus, d’autres qu’il avait été poignardé, une personne serait certaine qu’il avait été percuté par une voiture qui passait et projeté contre la devanture du restaurant. Ce serait cette dernière qui aurait raison, même si aucun d’entre eux n’avait vu l’accident de ses yeux. »
« C’est de la diffamation, monsieur… Lieutenant. J’ai demandé à Sandra, qui était ma secrétaire à l’époque, de rester un peu plus tard parce que j’avais un courrier à lui dicter. Et me voilà accusé de… d’agression ? On donne du travail aux gens et… Mais où va-t-on ?
Sandra n’y tint plus.
— OÙ VA-T-ON ? répéta-t-elle. MAIS VOUS AVEZ DÉCHIRÉ MON CHEMISIER, VOUS M’AVEZ EMBRASSÉE DE FORCE ET VOUS… »
« Je me croyais imperméable au coup de foudre avec bientôt un demi-siècle dans les pattes, un couple ancré dans la routine, ma sexualité en étuve. Ton désir me porte aux enfers. Tu t’es imposé comme un ours se dresse sur le chemin, en plein bouclage du journal – tu ne pouvais trouver pire moment. Combien sont-ils, amis, collègues de travail, passés dans le panoramique de mon regard, redressés en une fraction de seconde, redessinés par ma logique de femme mariée, délestés de toute intention charnelle ? »
« Il n’entend pas ses camarades lorsqu’ils parlent en même temps, il perd le fil. Il voudrait suivre les conversations mais les voix se confondent alors il abandonne et se réfugie à l’intérieur de sa tête, dans ce coin calfeutré bien à lui où personne ne pénètre. 
Dans la cour, on l’observe de loin, lui qui joue souvent tout seul, qui chuchote les aventures des Playmobil usés qu’il sort de sa poche pour les manipuler doucement.
Il n’a pas vraiment d’amis, tous le trouvent bizarre, un peu à part. Dérangeant. C’est cela finalement, il les met mal à l’aise. »
« Essayer de dormir dans une discothèque, au centre même de la piste de danse, c’est un peu l’impression qu’eurent les deux amoureux lorsqu’ils terminèrent dans les draps rêches du lit. Néanmoins, fatigués par l’avion puis la voiture, ils s’endormirent bientôt, non sans que Tarzan ait crié une nouvelle fois. »
« Pour identifier quelqu’un, il faut l’avoir vu et/ou entendu. Cette logique l’incita à ne pas parler. Sa voix pouvait s’imprimer dans la mémoire de la fille et le trahir par la suite. À condition qu’elle respire encore. Il était possible qu’elle n’ait pas survécu à la collision, qu’elle ait déjà emprunté la Voie des âmes, ce couloir censé mener au ciel, auquel cas Xavier n’avait pas à s’inquiéter. Quoi qu’il en fût, il n’avait pas l’intention d’aller vérifier si elle était vivante ou morte. S’il la touchait, il laisserait forcément sur elle des traces susceptibles de l’incriminer. »
« Bande de connards.
Il leur a répété, il leur a juré, tout s’est passé trop vite. Il a eu beau courir, tomber, se redresser, défoncer presque la porte de la cuisine pour lui porter secours, il n’y avait plus personne quand il est arrivé. »

 

 La chronique jubilatoire de Dany

Écouter le noir recueil de nouvelles sous la direction d’Yvan Fauth

D’habitude le format nouvelle ne m’attire pas, sauf pour la BA annuelle de 13 à table … et là c’est cette affiche incroyable qui m’a séduite … Je les connaissais tous (sauf un faut-il l’avouer ?), ceux qui ont dit chiche à Yvan Fauth pour nous faire à leur manière approcher la différence. Soit la différence de point de vue quand des témoins se mettent à décrire une situation qu’ils ont vécue ou pu observer au cours d’une audition, soit la différence liée au handicap plus ou moins subit ou encore la panique quand le handicap s’abat par surprise et que vous vous dites qu’il est maintenant et pour toujours, avec vous.Bref notre incapacité à communiquer …

A quatre mains pour celles de nos auteures qui ouvrent le bal et on reconnait bien les apports de l’une et de l’autre …en se disant « vraiment pas de chance ! » mais ainsi va la vie… et la mort aussi. Tantôt surréalistes et empreintes d’imaginaire, tantôt militante et intimiste, voire totalement hilarante, tantôt encore bourrée de références aux autres romans de l’auteur : 12 nouvelles, 12 bijoux, 12 cadeaux.

J’ai donc découvert Romain Puértolas …gros doute… noir ou pas noir ?

Merci les polardeux d’avoir accepté ce contribuer à cette variation sur un thème imposé, dans un genre où l’on ne vous rencontre pas souvent. C’était un très agréable moment de lecture, surprenant comme le veut la nouvelle. Merci Yvan Fauth d’avoir osé et aux éditions Belfond et à NetGalley de m’avoir fait confiance pour cette lecture toute en nuance !

#EcouterLeNoir #NetGalleyFrance

Lu en version numérique.

 

9 réflexions sur “Écouter le noir ouvrage collectif sous la direction d’Yvan Fauth

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